
Le silence, en France, de l’administration, de la justice, de l’exécutif… (et la timidité des médias)
… alors que chaque jour depuis fin janvier – plus d’un mois déjà – des informations sont communiquées par les médias sur la boîte mail d’Epstein, le contenu de la perquisition des locaux d’Epstein, les victimes et plaintes enregistrées à l’époque, les plaintes ignorées … les auditions …
Le président de la République, Emmanuel Macron, a déclaré le 9 février 2026 : « C’est une affaire qui concerne surtout les États-Unis d’Amérique ».
En 48 heures, l’association «Innocence en danger» a reçu 15 nouveaux témoignages de potentielles victimes françaises ( mineures à l’époque )
L’association avait déjà été à l’origine d’un signalement en 2019, qui avait conduit à l’ouverture d’une enquête préliminaire contre Jean-Luc Brunel, …
Pourquoi les affaires Epstein et Brunel connues dans le détail ( victimes, responsables, rabatteurs, clients, complices ) n’ont pas eu de suite judiciaires ?
Pourquoi les dossiers Lang – et d’autres ( SIAD, AIDAN, CHASLIN… ) – n’avaient ils pas été traitées en 2019/22 ?
Quelles ont été les manquements administratifs et politiques ( saisine du Parquet, enquêtes administratives, inspections, contrôles fiscaux, enquêtes parlementaires … )
Quelles procédures concernant Aidan avaient-elles été initiées, puis clôturées ?
Quelles ont été les reportings du parquet en direction de l’exécutif ?
Quelles sont les affaires connues durant les années passées qui vont faire l’objet d’une ré analyse promise, et comment se fera le tri ?
Quelles ont été les auditions ? Les affaires abandonnées ou déclarées sans suite ?
En France la macronie s’oppose à toute enquête par le Parlement …
Aux US le Parlement conduit des investigations et des auditions – Les Clinton sont auditionnés et ils demandent que TRUMP le soit également
La pedocriminnalité est elle un TABOU FRANÇAIS ?
Entre 2017 et 2024, 178 300 personnes ont été mises en cause pour viol ou agression sexuelle sur mineur
Moyenne annuelle : 22 300), dont 37% pour viol (8 200/an) et 63% pour agression sexuelle (14 100/an).
Le nombre a bondi de 56% entre 2020 (18 800) et 2024 (29 000), avec +84% pour les viols et +41% pour les agressions
IL Y A BIEN UNE AFFAIRE FRANÇAISE, CELLE D’UNE CERTAINE OMERTA
Rappelons que Jean-Luc Brunel a été placé en garde à vue le 16 décembre 2020 des chefs de
– viols et agressions sexuelles,
– viols et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans,
– viols et agressions sexuelles sur mineur de plus de 15 ans,
– harcèlement sexuel,
– associations de malfaiteurs et
– traite des êtres humains au préjudice de victimes mineures aux fins d’exploitation sexuelle ».
Les proches de Brunel et complices n’ont pas été inquiétés, ni ceux qui sachant n’ont pas dénoncé…
Epstein lui même n’a jamais – sauf si cela est resté caché – été inquiété par la justice française pour les actes commis en France
La justice française s’expliquera t elle sur les ratées des années passées ( 1988, 2019 … ) ?
On apprend qu’une victime lanceuse d’alerte n’a jamais été contactée par la police et la justice. Les médias, en 2019 puis 2020, avaient publié sur les agressions sexuelles qu’elle a subies à Paris.
Par ailleurs, les premières alertes sur les méthodes des agents de mannequins à Paris ont été faites il y a près de quarante ans.
En effet, à Paris, des tops models américaines ont témoigné dans l’émission 60 minutes sur CBS dès 1988. Son témoignage n’a jamais été exploité par les enquêteurs.
Ce que la justice détenait concrètement
Lors de l’enquête ouverte en France en 2019 sur Jean‑Luc Brunel, une perquisition à Paris (appartement d’Epstein) et l’exploitation du matériel informatique ont permis d’identifier le compte Gmail « jeevacation@gmail.com », présenté comme étant celui de Jeffrey Epstein.
Dans une demande d’entraide pénale internationale adressée aux autorités américaines, le parquet de Paris indique que ce compte « était analysé » et que « 4 500 e‑mails étaient appréhendés ».
Ces messages contiennent, selon la formulation reprise par Marianne, des références à :
• Jean‑Luc Brunel,
• des échanges en lien avec les accusations visant Epstein,
• des femmes (potentielles victimes, recruteuses, etc.),
• des rendez‑vous (agenda relationnel et mondain).
Autrement dit, la justice française détenait depuis 2019 un corpus massif de mails susceptible d’éclairer le réseau relationnel d’Epstein, ses déplacements et liens avec des acteurs français, notamment via Brunel.
Ce que « savait » la justice française
Le fait même que la demande d’entraide pénale précise que le compte était « analysé » implique que les enquêteurs français avaient connaissance du volume, de la nature générale des échanges et de la présence d’éléments relatifs à Brunel, aux accusations sexuelles, à des femmes et à des rendez‑vous.
La chronologie est la suivante :
2013 : camouflage de l’affaire Aidan ( exfiltré des EU vers la France par les autorités diplomatiques ) soupçonné de pedocriminalité
2016 : publication de l’ouvrage sur le Quai d’Orsay remettant dans l’actualité AIDAN ( pedocriminalité )
2019 : ouverture d’une information judiciaire en France, perquisition à Paris, saisie du matériel et identification du Gmail, demande d’entraide où sont mentionnés les 4 500 mails déjà « appréhendés ».
2019–2022 : poursuite de la procédure contre Brunel jusqu’à son suicide en détention provisoire, – sans traiter des responsabilités des affaires associées pourtant documentées et nombreuses – ce qui entraîne l’extinction de l’action publique à son encontre.
Fin janvier 2026 : mise à disposition de nombreux documents Epstein aux États‑Unis, qui provoque un emballement médiatique, alors que la France possédait depuis six ans un important lot d’e‑mails d’Epstein.
Fevrier 2026 : la justice lance enfin des investigations ( y compris sur certains dossiers ou soupçons de 2013, 2016, 2019, 2022…)
Un hiatus entre l’ampleur des pièces détenues par la justice française dès 2019 et l’absence de mise en lumière publique ou de suites visibles à la hauteur du potentiel probatoire de ces e‑mails.
PROPOSITION DE RÉSOLUTION – ASSEMBLÉE NATIONALE
Article unique
En application des articles 137 et suivants du Règlement de l’Assemblée nationale, il est créé une commission d’enquête de trente membres chargée de faire la lumière sur les implications en France de l’affaire Epstein, notamment sur les points suivants :
1° Mettre en lumière la nature des réseaux de Jeffrey Epstein, entendus au sens large, comprenant notamment les réseaux pédocriminels, prostitutionnels, de traite des êtres humains, d’ingérences et de financements opaques ;
2° Identifier les ressortissants français ayant participé à ces réseaux et les faits criminels ou délictuels commis sur le territoire de la République française afin de transmettre les informations recueillies à la justice et lui permettre d’engager des poursuites ;
3° Identifier les soutiens logistiques et politiques éventuels dont a pu bénéficier Jeffrey Epstein en France ;
4° Participer à faire émerger la parole des victimes, particulièrement en auditionnant celles qui souhaiteraient rendre public leurs témoignages ou témoigner à huis‑clos devant la commission d’enquête ;
5° Évaluer les éventuelles défaillances de services de renseignements et d’enquête en France relatifs à cette affaire.