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EPSTEIN/BRUNEL EN FRANCE (21) : RÉVÉLATIONS SUR LES 30 PAGES DE L’ORDONNANCE D’AOÛT 2023 RESTÉE SECRÈTE

Ouest-France vient de révéler une pièce judiciaire restée cachée :

L’ordonnance classant – de façon inexplicable – l’affaire et interrompant des investigations qui d’évidence auraient dû être menées.

De Paris aux îles Vierges, l’ordonnance révèle l’effroyable mécanique Brunel.

L’ordonnance de 30 pages évoquée par Ouest‑France est une ordonnance de non‑lieu datée du 28 août 2023, qui met officiellement fin aux poursuites visant le Français Jean‑Luc Brunel dans le dossier Epstein en France, en raison de son décès en détention en février 2022, ce qui éteint l’action publique en application de l’article 6 du code de procédure pénale.

Ce document, resté dans les archives du tribunal judiciaire avant d’être exhumé, constate que les poursuites ne peuvent plus se poursuivre du seul fait de la mort du mis en examen, sans trancher sur le fond des accusations, comme c’est le cas pour toute extinction de l’action publique pour décès.

Cette ordonnance clôt l’instruction ouverte à l’été 2019 suite à des signalements d’associations (Innocence en danger, Femme et libre) évoquant des complicités françaises dans le réseau Epstein, avec une plainte pour viol remontant aux années 1980 contre Brunel.

L’enquête, confiée à l’OCRVP, synthétisait des auditions américaines : Brunel, ami proche d’Epstein, offrait des jobs à de jeunes filles pauvres et commettait des actes sexuels avec des mineures aux États-Unis, Îles Vierges, Paris et sud de la France.

LES TÉMOIGNAGES CIRCONSTANCIÉS ET ÉPOUVANTABLES

L’ordonnance recense une quinzaine de témoignages accablants, décrivant un système industriel d’exploitation sexuelle sur quatre décennies :
• Viols violents dans un « petit château » en Normandie (émergence de Brunel d’un placard reliant des chambres), propriétés à Saint-Tropez, appartements de luxe place de la Bourse à Paris.
• Soirées avec femmes mineures, mannequins exploitées et « envoyées » aux États-Unis ; lieux comme châteaux transformés en sites de viols, sans perquisitions systématiques des propriétés ou invités impliqués.

L’ordonnance révèle des complicités occultées sous un vernis de glamour

Bien que procéduralement close, l’ordonnance révèle des complicités occultées sous un vernis de glamour ; le parquet de Paris a annoncé en février 2026 une réanalyse intégrale du dossier pour réexploiter les pièces dans de nouvelles enquêtes sur des Français impliqués.

UNE SIMPLE CLÔTURE MALGRÉ 15 PLAINTES

Cette décision est rendue environ 6 mois après le suicide de Brunel en prison (19 février 2022), délai raisonnable pour finaliser la synthèse des 15 témoignages et pièces américaines recueillis par l’OCRVP depuis 2019 ; aucune autre personne n’étant mise en examen, le dossier s’arrête là.

LES FAILLES DE L’ENQUÊTE : LES LIEUX MENTIONNÉS NON PERQUISITIONNÉS , LES PERSONNES VISÉES ( PROPRIÉTAIRES, VISITEURS ) NON RECHERCHÉES

Le document est resté « dans les archives du tribunal » jusqu’à sa révélation en 2026, et révèle les failles de l’enquête (lieux non perquisitionnés).

Sans expliquer les raisons de l’interruption des investigations, le parquet de Paris a annoncé, en février 2026, une réanalyse intégrale du dossier pour extraire des pièces exploitables contre d’autres Français potentiellement impliqués, suite aux documents Epstein publiés aux États-Unis ;

Cela confirme que la clôture, en 2023, et surtout le renoncement à des investigations complémentaires contre d’autres protagonistes que Brunel n’était pas une décision évidente.

PLUSIEURS LIEUX IDENTIFIÉS MAIS NON PERQUISITIONNÉS – POURQUOI ?

L’ordonnance du 28 août 2023 relative à recense plusieurs sites liés aux faits reprochés, dont certains n’ont jamais fait l’objet de perquisitions en France malgré les témoignages.
Petit château en Normandie : Décrit comme lieu de viols violents, avec Brunel émergeant d’un placard reliant deux chambres ; aucun détail de perquisition mentionné dans l’ordonnance.
Propriétés à Saint-Tropez (sud de France) : Utilisées pour des actes sexuels avec mineures, sous couvert de shootings photo ; non perquisitionnées selon le document judiciaire.
Appartements de luxe place de la Bourse à Paris : Siège d’exploitation de mannequins mineures et soirées ; bien que l’agence Karin Models (proche) ait été perquisitionnée en 2019, cet appartement spécifique ne l’a pas été.
Appartements avenue Hoche et avenue Haussmann à Paris (liés à des viols signalés dans les années 1990) : Témoignages d’anciennes mannequins droguées, mais sans perquisitions systématiques rapportées.
Propriétés Epstein aux États-Unis et Îles Vierges : Hors juridiction française, mais fournissant les principaux éléments d’enquête via échanges avec la justice US.

La justice, le parquet et l’OCRVP se sont limités à des auditions et analyses documentaires, sans exploiter ces sites physiques en France

Ces omissions sont soulignées par Ouest-France comme révélant des failles : malgré 15 témoignages concordants sur un « système industriel », les enquêteurs de l’OCRVP se sont limités à des auditions et analyses documentaires, sans exploiter ces sites physiques en France.

Aucun ( hors Brunel ) des suspects n’ont fait l’objet d’une identification en France. Les juges n’ont pas requis d’opérations lourdes comme des fouilles immobilières.

POURTANT UN « SYSTÈME INDUSTRIEL «  ÉTAIT DÉCELÉ

Ouest-France critique un “système industriel” sous-estimé : malgré 15 témoignages concordants, l’enquête s’est limitée à des échanges avec la justice US, sans mobilisation massive pour des perquisitions risquant d’être infructueuses (propriétaires tiers, délais légaux) ; la mort de Brunel en 2022 a accéléré la clôture sans approfondissement.

Les témoignages anonymes mentionnées dans l’ordonnance évoquent des « soirées » à Paris avec consommation d’alcool/cocaïne, des « invités » non identifiés, et un « système industriel » impliquant mannequins d’Europe de l’Est/Amérique latine, sans noms précis d’autres complices français dans ce document ; les associations Innocence en danger et Femme et libre sont à l’origine des signalements initiaux.

La réanalyse bien tardive annoncée en février 2026 – un mois après les révélations nouvelles ( dont certaines delà connues de la justice en 2024 ) – vise justement à exploiter ces pièces pour d’éventuelles perquisitions futures contre d’autres impliqués.

DEPUIS FEVRIER : AUCUNE EXPLICATION ET DE SIMPLES ANALYSES DOCUMENTAIRES

Le parquet de Paris s’est limité, depuis février 2026, à une réanalyse intégrale du dossier Brunel pour extraire des pièces exploitables contre d’autres Français potentiellement impliqués, suite aux documents Epstein publiés aux États-Unis ; aucune opération matérielle (perquisitions, saisies) n’a été annoncée ou confirmée publiquement.

3 nouvelles procédures ouvertes – RIEN SUR LES PROPRIÉTAIRES, OCCUPANTS, VISITEURS


• Signalement Fabrice Aidan (10 février 2026) : Secrétaire des affaires étrangères mentionné dans les documents US ; une enquête préliminaire est en cours pour recueillir des éléments.
• Plainte contre Daniel Siad (11 février 2026) : Recruteur de mannequins lié à Epstein, accusé de viol en France en 1990 par une Suédoise ; analyse en parallèle du dossier Brunel.
• Plainte contre Frédéric Chaslin (12 février 2026) : Chef d’orchestre, visé pour harcèlement sexuel en 2016 (dessaisissement de Thonon) ; procédure reçue et en analyse.

RAPPEL DES FAITS RESTÉS SANS SUITE JUDICIAIRE


Viols collectifs et brutaux : Brunel, aidé d’autres personnes non nommées, aurait agressé sexuellement des jeunes mannequins mineures ou vulnérables dans des chambres communicantes via un placard ; un témoignage clé relate Brunel « émergeant du placard » pour participer aux actes, dans un contexte de soirées arrosées et droguées.
Exploitation organisée – Proxénétisme et traite : Ces actes s’inscrivent dans un système de rabattage de filles pauvres vers Epstein, sous couvert de shootings photo, avec violences physiques décrites comme « industrielles » sur plusieurs décennies.
Viols aggravés sur mineures : Témoignages décrivent Brunel et complices non nommés agressant sexuellement de jeunes mannequins vulnérables (souvent mineures ou issues de milieux modestes) dans des chambres communicantes via un placard secret ; Brunel « émerge du placard » pour participer aux actes brutaux.[ouest-france]
Violences physiques répétées : Actes qualifiés d’« industriels » sur plusieurs décennies (1980-2000), impliquant plusieurs victimes dans une même nuit, sans consentement.

Les faits, basés sur 15 témoignages concordant (dont certains français), n’ont même pas été qualifiés pénalement


Ces faits, basés sur 15 témoignages concordants (dont certains français), n’ont pas été jugés au fond. Les complices, participants, propriétaires, locataires n’ont pas été recherchés.

L’ordonnance s’est bornée à constater l’extinction de l’action publique sans trancher la qualification pénale.

ARTICLE – Affaire Epstein : de Paris aux îles Vierges, l’effroyable mécanique Brunel racontée dans une pièce judiciaire inédite

Une ordonnance de 30 pages que Ouest-France a pu lire révèle une réalité accablante : loin d’être un prédateur isolé, le patron d’agence de mannequins proche de Jeffrey Epstein était au cœur d’un système industriel d’exploitation. Châteaux transformés en lieux de viols, mannequins mineures exploitées et « envoyées » aux États-Unis, complicités occultées : pourquoi cette enquête documentée a-t-elle été si vite enterrée ?

Ouest-France Arnaud Wajdzik 09/03/2026 

C’est un document de trente pages, daté du 28 août 2023, qui dormait dans les archives du tribunal judiciaire de Paris. Cette ordonnance de non-lieu clôt officiellement les poursuites contre Jean-Luc Brunel, décédé en prison en février 2022. Un motif strictement procédural : « l’action publique s’éteint par la mort du prévenu »,conformément à l’article 6 du code de procédure pénale.

Mais l’enquête américaine et française qu’elle laisse derrière elle agit comme un puissant révélateur : elle dresse la cartographie précise, brutale et documentée d’un système d’exploitation sexuelle ayant prospéré durant quatre décennies, sous le vernis du papier glacé. Laquelle s’ancre au cœur de la France, dans des châteaux et des appartements de prestige.

Une quinzaine de témoignages de femmes décrivent le « système Brunel » avec une régularité glaçante. On y lit des scènes de crimes présumés au cœur de la France. Une ex-mannequin raconte ainsi avoir été conduite dans un « petit château » après un voyage sous pression. Elle y décrit un viol brutal après que Brunel a surgi d’un « placard »communiquant entre leurs chambres (N.D.L.R. : cette femme est sortie du silence il y a quelques jours en précisant que les faits avaient eu lieu dans un château en Normandie).

L’ordonnance mentionne également des soirées avec des jeunes femmes dans une propriété « du sud de la France », « à Saint-Tropez » ou dans des appartements de luxe parisiens, notamment celui de Jean-Luc Brunel, situé place de la Bourse.

Pourquoi ces lieux, et surtout les propriétaires ou invités qui les fréquentaient, n’ont-ils pas fait l’objet d’une enquête ? …

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