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RETOUR SUR LES MUNICIPALES – PERCÉE DE LFI; NETTE PROGRESSION DU RN; STABILITÉ DU CENTRE; NET RECUL DES SOCIALISTES, ÉCOLOGISTES, ET RÉPUBLICAINS

ARTICLE – Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026

Les dernières élections municipales ont été marquées par une percée de La France insoumise, une nette progression du Rassemblement national, une bonne tenue des forces centristes ainsi que par un net recul des Écologistes, des socialistes et des Républicains.

La gauche a globalement reculé en nombre de villes, ce qui est assez original pour des forces politiques dans l’opposition face à un gouvernement très impopulaire. Elle ne s’est jamais remise de sa très lourde défaite lors des municipales de 2014 (voir mon article sur cet épisode dans Commentaire). De plus en plus concentrée dans les métropoles à forte proportion de populations diplômées et culturellement libérales et de Français d’origine extra-européenne, elle décline fortement dans le reste du pays, où le RN tisse sa toile.

P. M.

La conjoncture nationale

Les élections législatives des 30 juin et 7 juillet 20241, provoquées par la décision d’Emmanuel Macron, annoncée le soir des élections européennes du 9 juin, de dissoudre l’Assemblée nationale, ont été marquées par un fort recul de la majorité sortante et une absence de majorité. Alors que l’alliance de gauche (Nouveau Front populaire) arrivait en tête avec 193 sièges sur 577 contre 176 pour la majorité sortante, 143 pour le Rassemblement national (RN) et ses alliés et 47 pour Les Républicains (LR), Emmanuel Macron a refusé de nommer un Premier ministre issu de ses rangs et a finalement choisi le 5 septembre2 l’ancien commissaire européen Michel Barnier (LR) pour Matignon.

Le nouveau gouvernement Barnier marquait l’élargissement de l’ancienne majorité à LR, qui revenait au gouvernement pour la première fois depuis 2012 avec 10 ministères sur 39, dont le ministère de l’Intérieur, attribué au chef de la majorité de droite au Sénat, Bruno Retailleau. Cependant, même élargi à LR, le « socle commun3 » ne disposait que d’une majorité relative à l’Assemblée nationale. Ce gouvernement a été finalement renversé par une motion de censure votée par la gauche et le RN, le 4 décembre 2024, après avoir voulu faire adopter le budget de la Sécurité sociale avec le 49.3.

François Bayrou a été nommé à Matignon le 13 décembre 2024, après avoir menacé Emmanuel Macron d’emmener le Mouvement démocrate (MoDem) dans l’opposition si celui-ci lui préférait le ministre des Armées Sébastien Lecornu. Il a formé son gouvernement le 23 décembre avec l’objectif, en accord avec le Président, de parvenir à un compromis de non-censure avec le Parti socialiste (PS), LR conservant 6 ministères dont l’Intérieur avec Bruno Retailleau.

Si le rapprochement avec le PS a permis l’adoption du budget en janvier 2025, la situation du gouvernement s’est rapidement détériorée. Fragilisé par « l’affaire Bétharram4 », François Bayrou a vu ses rapports avec les socialistes se dégrader après l’échec du conclave sur les retraites entre les partenaires sociaux et son refus d’abandonner la réforme des retraites que les socialistes exigeaient. Il a également dû renoncer à faire adopter la représentation proportionnelle pour les élections législatives face à l’opposition des partis de sa propre majorité. De plus, après l’élection de Bruno Retailleau à la présidence de LR le 18 mai5, les polémiques se sont accrues au sein de la majorité entre celui-ci, partisan d’une politique plus ferme vis-à-vis de l’Algérie6 et plus répressive concernant l’immigration clandestine et la criminalité, et des responsables de Renaissance et du MoDem. Dans ces conditions, la volonté de François Bayrou de limiter la dérive des comptes publics devenue hors de contrôle7 l’a conduit à demander un vote de confiance à l’Assemblée nationale, vote qu’il a perdu le 8 septembre (194 pour et 364 contre), et à présenter la démission de son gouvernement le lendemain.

Sébastien Lecornu a été nommé à Matignon le jour même, avec pour mission de parvenir à un accord de non-censure avec les socialistes. Après que celui-ci a été trouvé (au moyen d’un renoncement au 49.3, du report de la réforme des retraites et de l’accroissement de la fiscalité sur les « riches »), la formation du gouvernement les 6 et 7 octobre a donné lieu à un vaudeville avec Les Républicains. Alors qu’elle avait initialement décidé d’y participer, la direction du parti derrière Bruno Retailleau s’y est opposée et les 6 ministres LR finalement nommés au gouvernement ont été mis en congé du parti.

L’accord avec les socialistes et le renoncement de fait à lutter contre la dérive des comptes publics ont également provoqué des remous à Horizons (HOR)8. Les négociations avec le PS ont permis au Premier ministre de faire adopter le budget de la Sécurité sociale (avec le gel de la réforme des retraites) le 16 décembre 2025 (pour 247, contre 232, abstentions 90) grâce au vote positif des socialistes et à l’abstention des Écologistes (LÉ), la majorité des députés LR et HOR s’abstenant ou votant contre avec LFI, le Parti communiste (PCF), le RN et l’Union des droites pour la République (UDR). Le Premier ministre a également pu obtenir une entente de non-censure avec les socialistes qui a permis de faire adopter le budget de l’État au 49.3 le 3 février 20269. Des mécontentements sectoriels (agriculteurs, médecins, policiers) se sont manifestés durant cette période, sans se coaguler dans un mouvement d’ensemble.

Le mois de février a été marqué par l’éclatement de l’affaire Epstein10 qui a conduit à la démission de Jack Lang, ancien ministre socialiste, de la présidence de l’Institut du monde arabe le 7 février. Après le meurtre de Quentin Deranque, jeune militant nationaliste, dont sont accusés des militants d’extrême gauche liés à la Jeune Garde11 à l’occasion d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan le 12 février à Sciences Po Lyon, Jean-Luc Mélenchon et LFI ont été vivement critiqués par les autres forces politiques pour leur refus de se désolidariser de la Jeune Garde, puis pour les propos à caractères antisémites tenus par Jean-Luc Mélenchon12. Toutefois, les autres responsables de gauche – Écologistes, communistes et socialistes – ont refusé de s’engager à ne pas s’allier avec LFI pour les municipales, même si la direction du PS a déclaré refuser tout accord national avec LFI pour le second tour13.

À la veille de ces élections, le pouvoir national restait massivement impopulaire, avec 80 % d’insatisfaits (contre 20 % de satisfaits) pour Emmanuel Macron et 69 % d’insatisfaits (contre 30 % de satisfaits) pour Sébastien Lecornu selon le baromètre CSA-JDD14. Pour la première fois sous la Ve République, le gouvernement et le président de la République se sont tenus complètement à l’écart de ces élections. À la demande du Premier ministre, la quasi-totalité des ministres candidats aux municipales ont quitté le gouvernement fin février-début mars, dont la ministre de la Culture Rachida Dati, tête de liste à Paris (soutenue par LR et le MoDem), et la consigne a été passée aux ministres de ne pas intervenir dans la campagne nationale. La guerre au Moyen-Orient, à la suite de l’offensive aérienne déclenchée le 28 février par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran, a dominé l’actualité durant la fin de la campagne électorale avant le premier tour.

Les stratégies des forces politiques et l’offre électorale

Avec 5,5 listes en moyenne sur les 268 villes métropolitaines de plus de 30 000 habitants, l’offre électorale était en recul sur celle de 2020 (6,1 listes) et 2014 (5,9), retrouvant le niveau de 2008 (5,3). Les principales forces politiques ont adopté, en vue du premier tour, des stratégies différentes de celles qui avaient été mises en œuvre pour les municipales de mars 202015.

À gauche tout d’abord, alors qu’en 2020 les écologistes et les socialistes s’affrontaient souvent au premier tour, ils se sont alliés à de rares exceptions près, comme à Lille, Montpellier ou Strasbourg. Après l’inversion du rapport de forces avec les socialistes entre les européennes de 2019 et celles de 202416, les écologistes étaient sur la défensive. LFI, qui s’était très peu investie lors des précédentes municipales, soutenant surtout des listes « citoyennes », avait cette fois décidé d’une présence autonome au premier tour dans un maximum de villes, et concentré ses efforts sur les villes de plus de 100 000 habitants.

Au centre, contrairement à 2020, Renaissance et le MoDem se sont efforcés d’obtenir des places sur les listes des maires sortants de droite ou du centre ou derrière des personnalités susceptibles de l’emporter, ne présentant que rarement des listes autonomes. Outre la défense de ses sortants, après avoir obtenu le ralliement d’un nombre significatif de maires de grandes villes depuis 2019, Horizons n’a pas hésité à présenter des listes autonomes, notamment à Paris, Grenoble et Strasbourg.

À droite, LR, qui participe au gouvernement depuis 2024, a soutenu des listes d’union avec des divers droite et les forces du centre gouvernemental, présentant nettement moins de listes autonomes qu’en 2020. Le RN, en alliance avec l’UDR, s’est efforcé à une présence plus systématique qu’en 2020, avec le double objectif de conquêtes de villes et d’accroissement de son influence dans les conseils municipaux en vue des élections sénatoriales de septembre 2026. Si LR a refusé toute alliance avec le RN au premier ou au second tour, la volonté affichée des socialistes de se distinguer de LFI a connu un certain nombre d’exceptions, car dans 21 villes de plus de 30 000 habitants en métropole des listes d’union ont été réalisées dès le premier tour comprenant le PS et LFI. Cela a conduit Place publique (PP), le parti de Raphaël Glucksmann, à réaffirmer qu’il ne ferait aucune alliance avec LFI et à suspendre ceux de ses membres qui figuraient sur des listes avec LFI.

La situation dans les 40 villes de plus de 100 000 habitants en métropole illustre la transformation de l’offre électorale au premier tour entre les municipales de mars 2020 et celles de mars 2026. À gauche, alors que Les Verts et les socialistes étaient en concurrence dans 26 villes en 2020, ils ne l’étaient plus que dans 10 en 2026. LFI, qui ne présentait que 23 listes en 2020, en a présenté 39 cette fois-ci avec de nombreuses candidatures de députés. À droite et au centre, alors que LR et Renaissance s’affrontaient dans 30 villes en 2020, ce n’était plus le cas que dans 10 en 2026, illustrant l’inclusion de LR dans la majorité gouvernementale depuis les législatives de 2024. Le RN a présenté 36 listes contre 32 en 2020, avec de nombreux députés tête de liste. Finalement, une concurrence Verts/PS en 2020 a été remplacée par un affrontement LFI/PS à gauche en 2026, et une concurrence majorité/LR/RN par un affrontement socle commun/RN. À cette structure de base de l’offre électorale se sont ajoutées les traditionnelles listes d’extrême gauche, des listes dissidentes à gauche, au centre et à droite, ainsi que la présence nouvelle de Reconquête, avec notamment 7 listes dans les villes de plus de 100 000 habitants dont celle menée par l’eurodéputée Sarah Knafo à Paris.

Dans un contexte marqué depuis plusieurs années par une forte pression de la délinquance et l’explosion du narcotrafic, la sécurité des biens et des personnes s’est imposée comme la principale préoccupation des électeurs pour ce scrutin17 et a dominé les campagnes électorales locales (armement et augmentation des effectifs des polices municipales, vidéosurveillance). L’importance de cet enjeu a donné un avantage aux listes RN, LR et centristes par rapport à celles de la gauche, cette dernière étant perçue comme trop laxiste et moins crédible sur cette question.

Notons enfin que la loi électorale a été modifiée dans deux types de communes : dans les trois villes à secteurs (Paris, Lyon et Marseille), le conseil municipal est maintenant élu dans une seule circonscription (la commune)18 et, dans les communes de moins de 1 000 habitants, le panachage a été supprimé et les candidats doivent se présenter sur une liste complète.

Les résultats du premier tour

Avec 57,1 % de votants, la participation électorale est en très net redressement sur celle de 2020 (44,7 %), au moment de l’épidémie de Covid, mais en recul sensible par rapport à celle de mars 2014 (63,5 %), s’inscrivant ainsi dans un mouvement continuel de baisse depuis 40 ans (78,9 % en 1977). Ce recul sur 2014 s’explique en partie par l’occultation médiatique de l’élection par l’actualité au Moyen-Orient, mais aussi par la modification du mode de scrutin dans les petites communes qui a le plus souvent abouti à la présence d’une seule liste de candidats.

Comme les autres fois, dans la très grande majorité des communes (95 %) l’élection s’est jouée dès le premier tour avec une réélection quasi systématique des listes des maires sortants. Il en a été différemment dans les grandes villes, où l’élection est plus disputée et a plus de signification nationale, même si les facteurs locaux y restent dominants dans le choix des électeurs. L’observation des résultats dans les 40 villes de plus de 100 000 habitants en France métropolitaine illustre cette plus forte compétitivité avec seulement 3 élections au premier tour. Et, sur l’ensemble des 268 villes métropolitaines de plus de 30 000 habitants, seules 98 (37 %) ont connu une élection au premier tour.

L’observation des premiers tours des municipales depuis 2008 dans ces 268 villes (voir le tableau 1) incite tout d’abord à nuancer très fortement les discours sur la baisse de la participation. Elle a ici presque retrouvé son niveau de 2014 malgré l’occultation médiatique du scrutin par la guerre au Moyen-Orient. La chute de la participation sur l’ensemble du pays résulte quasi exclusivement des petites communes, où la réforme électorale à presque toujours restreint le choix à une seule liste sans panachage.

Les résultats des forces politiques montrent une petite progression de la gauche, avec en son sein une percée de LFI et un fort recul des écologistes. On observe également une stabilisation du centre (Renaissance, Horizons, MoDem, UDI et divers centre) et un fort recul de la droite (LR-divers droite). Le RN a nettement progressé, retrouvant son niveau de 2014, avec cependant moins de listes qu’alors. La progression des autres droites radicales provient de la présence nouvelle de Reconquête. Une analyse détaillée des résultats montre une situation contrastée pour l’ensemble des forces politiques.

LFI a nettement progressé par rapport à 2020 où elle s’était faiblement investie. Elle a bousculé le PS en lui prenant Saint-Denis, la deuxième ville de région parisienne par la population, et en le devançant à Toulouse et à Limoges. Alors qu’elle n’avait aucun sortant, elle pouvait se maintenir au second tour dans 55 villes dont 2 où elle était arrivée en tête, Roubaix et La Courneuve. Cependant, ces bons résultats doivent être nuancés : en effet, alors que LFI s’est très fortement impliquée dans cette campagne, ils sont rarement supérieurs à ceux des élections européennes de 2024, où le parti n’avait obtenu que 9,9 % des suffrages au niveau national, et sont même très souvent inférieurs.

Le premier tour n’a pas été très bon pour les socialistes. Si ceux-ci pouvaient se féliciter d’arriver nettement en tête à Paris et de la première place du maire sortant Benoît Payan (DVG) devant le RN à Marseille, ils n’obtiennent la réélection au premier tour que de 11 de leurs 46 mairies, soit seulement 24 %. De plus, ils perdent Saint-Denis au profit de LFI, avec assez peu de perspectives de conquêtes au second tour. Les alliances avec les Écologistes se sont avérées peu payantes pour leurs maires sortants à Nantes et à Rennes : une bonne partie des électeurs écologistes des municipales de 2020 relevait en fait de la gauche radicale et a rejoint LFI.

Les Écologistes sont le parti qui a obtenu les plus mauvais résultats à ce premier tour : sur ses 11 municipalités sortantes, aucune n’a été conservée au premier tour. De plus, plusieurs ont été en ballotage défavorable ou très incertain (Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Lyon, Colombes), avec de rares perspectives de gains dans des villes de moindre importance. Ces résultats s’expliquent par l’incapacité des maires écologistes sortants à rassembler au-delà de leur équation de départ, contrairement à la plupart des autres maires à l’issue de leur premier mandat19. Les communistes ont conservé 6 de leurs 18 mairies (33 %), et, bien que devancés à La Courneuve par LFI, ils pouvaient se féliciter d’avoir conservé dès le premier tour Saint-Amand-les-Eaux (Nord) avec leur secrétaire général Fabien Roussel et espérer prendre Nîmes et Aubagne à la droite au second tour.

Le centre et la droite ont bien tenu, conservant 70 de leurs 169 mairies dès le premier tour (41 %), Horizons gagnant également une ville sur la gauche (Annemasse, en Haute-Savoie) mais LR en perdant une au profit du RN (Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes). Pour le centre et la droite, l’enjeu du second tour s’annonçait comme important et incertain dans de nombreuses villes en balance avec la gauche dont Paris, Lyon, Toulouse, Limoges, Bordeaux, Brest et Clermont-Ferrand. Pour Horizons, le plus important était que son chef, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, conserve Le Havre, condition de sa candidature présidentielle en 2027 ; à Nice, Christian Estrosi, pour sa part, a été nettement devancé par Éric Ciotti allié au RN.

Avec LFI, le RN est l’autre grand vainqueur de ce premier tour. Il retrouve ses 3 villes de plus de 30 000 habitants dès le premier tour, dont Perpignan où Louis Alliot a progressé de 14,9 points sur 2020 (50,6 % contre 35,7 %), et gagne Cagnes-sur-Mer. Il a, de plus, de bons espoirs de gains à Douai sur le PS, mais surtout sur la droite à Nîmes et Carcassonne et plus difficilement à Châtellerault, Castres et Menton où il arrive en tête. Il a fortement progressé dans de nombreuses villes du Nord et de l’Est de la France dont Lens (46,5 % contre 22,8 % en 2020) et Liévin (40,4 % contre 16 %) dans le Pas-de-Calais, ou Sarreguemines (37,1 % contre 9,8 %) en Moselle. Le RN est arrivé second à Marseille (en forte progression avec 35 % contre 19,4 % en 2020) derrière le maire sortant divers gauche (DVG ; 36,7 %), en devançant très nettement Martine Vassal (12,4 %), présidente de la métropole, qui était soutenue par toute la droite et le centre. Ses alliés de l’UDR étaient bien placés pour conserver Montauban et surtout pour l’emporter à Nice. Au total, le RN et l’UDR pouvaient se maintenir dans 83 villes de plus de 30 000 habitants sur les 173 en ballotage, soit 48 %.

L’offre électorale pour le second tour

Les socialistes, ainsi que Les Écologistes et les communistes, ont passé alliance avec LFI pour le second tour partout où ils l’ont estimé nécessaire, donnant raison à Jean-Luc Mélenchon (« Ils ne nous coûteront pas cher »). Ces alliances, qualifiées d’« alliances de la honte » par LR, ont été immédiatement dénoncées par Raphaël Glucksmann, qui a annoncé retirer l’investiture de Place publique à tous ses candidats qui accepteraient d’y prendre part. C’est ainsi, entre autres, que les socialistes, avec le soutien de leur direction nationale, se sont rangés derrière LFI à Limoges, Toulouse et Argenteuil, et ont intégré LFI sur leurs listes20 à Nantes (dont la maire sortante, Johanna Rolland, est la nº 2 du PS), à Brest, Avignon, Clermont-Ferrand ou Clichy. Les Écologistes ont intégré LFI sur leurs listes notamment à Lyon, Tours, Strasbourg, Besançon, Grenoble et Poitiers et se sont rangés derrière LFI à Metz.

En revanche, LR, Renaissance, le MoDem et Horizons ont refusé toute alliance avec le RN. À Paris, où le PS, arrivé très nettement en tête, et LFI sont restés en confrontation, les listes LR-MoDem (Rachida Dati) et Horizons-Renaissance (Pierre-Yves Bournazel) ont fusionné21, tandis que la liste Reconquête menée par Sarah Knafo s’est retirée au profit de Rachida Dati, bien que cette dernière ait refusé de négocier avec elle22. À Marseille, où le maire sortant Benoît Payan (DVG), arrivé en tête, a refusé de s’allier avec LFI qui pouvait se maintenir (11,9 %), LFI a finalement retiré sa liste, ne pouvant prendre le risque d’être responsable d’une victoire du RN. À Strasbourg, l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann, arrivée en tête (25,9 %), a fusionné avec la liste Horizons (5,1 %) pour contrer l’alliance LÉ-LFI (19,7 % et 12,7 %). La direction nationale du PS lui a alors retiré son investiture, et celle d’Horizons a appelé à voter pour la liste LR, arrivée seconde (24,4 %). Dans les 170 villes de plus de 30 000 habitants restant en jeu en France métropolitaine au second tour, on a observé 40 duels, 79 triangulaires, 45 quadrangulaires et 6 quinquangulaires.

Les résultats du second tour

Le second tour a été marqué par la victoire de la gauche dans les trois plus grandes villes où elle était arrivée en tête au premier tour. Les socialistes ont gardé Paris derrière le député Emmanuel Grégoire, qui a nettement battu Rachida Dati. À Lyon, le maire écologiste sortant, Grégory Doucet, a été réélu de peu face à l’homme d’affaires Jean-Michel Aulas. À Marseille, le maire sortant Benoît Payan (DVG) l’a nettement emporté face à Franck Allisio (RN).

Dans les autres grandes villes, les résultats de la gauche ont été moins brillants. Le PS a bien résisté, gagnant Amiens et Saint-Étienne sur le centre et la droite et Strasbourg sur Les Écologistes, mais a perdu Clermont-Ferrand et Brest vers la droite et le centre. Le PCF a gagné Nîmes dans une triangulaire face au RN et à LR. Les Écologistes ont lourdement chuté, perdant Annecy, Besançon, et Bordeaux vers le centre et la droite23 et Strasbourg vers le PS, ne conservant que Lyon, Grenoble et Tours. Les alliances LFI-PS ou PS-LFI n’ont en général pas marché, la gauche échouant lourdement derrière LFI à prendre Limoges, Toulouse et Argenteuil à la droite et au centre et le PS à conserver Brest et Clermont-Ferrand.

Au total, la gauche, qui détenait 22 villes de plus de 100 000 habitants sur 40 (PS : 14, LÉ : 7, DVG : 1), n’en a plus que 20 (LFI : 1, PCF : 1, PS : 14, LÉ : 3, DVG : 1). La droite et le centre, qui en avaient 17, en ont maintenant 18 après en avoir conquis 5 sur la gauche, mais aussi perdues 3 vers la gauche et une vers l’UDR (Nice).

Quant au RN, s’il peut se féliciter de l’élection d’Éric Ciotti à Nice, il ne peut qu’être déçu par ses échecs au second tour à Toulon24 et à Nîmes.

L’observation des résultats sur l’ensemble des 268 villes de plus de 30 000 habitants confirme ce léger recul de la gauche (voir le tableau 2). LFI (+7) et le RN (+9 avec l’UDR), même si leur influence reste modeste, sont les grands vainqueurs de ces élections dans les grandes villes. Les différentes forces du centre, souvent alliées à LR, ont aussi globalement progressé (+4). Le PCF, globalement stable, a pris Nîmes et Aubagne à la droite mais LFI lui a pris La Courneuve et Vénissieux. En revanche, la droite LR-DVD (-12) et le PS (-5) ainsi que Les Écologistes (-5) ont sensiblement reculé.

Mais il faut aussi noter que, si le recul de la gauche en termes de villes est resté limité dans les municipalités de plus de 30 000 habitants, où elle est passée de 35,1 % (94) à 34,7 % (93) de l’ensemble de ces villes, il n’en va pas de même dans les plus petites, où le recul a été beaucoup plus fort. Dans les 188 villes de 20 000 à 30 000 habitants, elle est passée de 31 % à 23 % des mairies25 : on peut ainsi parler d’une défaite de la gauche. Dans ces deux catégories de villes (plus de 30 000 habitants et de 20 000 à 30 000), l’évolution sur 2020 en nombre de mairies est nettement plus favorable à la gauche dans la région Île-de-France que dans les autres, où son recul est particulièrement marqué et où le RN s’implante progressivement. Dans plusieurs villes (Mantes-la-Jolie, Le Blanc-Mesnil, Creil, Vaulx-en-Velin), les victoires au second tour de candidats LFI ou proches ont été marquées par des violences verbales et du harcèlement lors de la proclamation des résultats contre les élus sortants LR et PS.

La nouvelle implantation municipale de LFI s’est faite dans ses zones de force de la présidentielle de 2022 et des européennes de 2024, dans les banlieues populaires à forte proportion d’immigration extra-européenne comme Saint-Denis et La Courneuve en Seine-Saint-Denis, Sarcelles dans le Val-d’Oise, Vaulx-en-Velin et Vénissieux dans la banlieue lyonnaise, Roubaix dans l’agglomération lilloise ou Creil dans l’Oise. De même, c’est dans ses zones de force aux élections nationales et européennes que le RN s’est imposé lors de ces municipales : en PACA avec Six-Fours-les-Plages dans le Var, Nice en soutien à Éric Ciotti (UDR), Menton et Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, Carpentras dans le Vaucluse ; dans le Languedoc avec Agde (Hérault) et Carcassonne (Aude) ; dans le bassin houiller du Pas-de-Calais avec Liévin. Les gains de Renaissance, Annecy (Haute-Savoie) et Bordeaux, les victoires de nombreux divers centre et la résistance de l’implantation d’Horizons et de l’UDI ont fait plus que compenser le recul du MoDem et ont marqué une progression de l’implantation du centre libéral.

Finalement, la progression des trois forces LFI, RN et centre a manifesté une dynamique de reconnexion des élections municipales aux élections nationales après la forte déconnexion marquée par les municipales de 202026. Elle a également illustré, malgré le caractère très local de ces élections, l’influence de la dynamique de tripolarité qui travaille la vie politique française entre un pôle de gauche radicale, un pôle centriste libéral et un pôle conservateur-identitaire27. Toutes les forces qui, contrairement à LFI, au centre gouvernemental et au RN, ne s’inscrivent pas clairement dans ces trois pôles déclinent, ce qui explique les reculs de LR, du PS et aussi des Écologistes.

Les causes de la défaite de la gauche

Les résultats dans les grandes villes où des fusions de listes avaient eu lieu entre les deux tours entre les socialistes et LFI ont été mauvais, particulièrement là où LFI menait la liste. Ce refus d’une partie de l’électorat PS du premier tour de voter pour une liste menée par LFI au second est lié à la très forte impopularité de ce parti28. Cependant, ces situations d’alliances PS-LFI au second tour, pour médiatisées qu’elles aient été, ne concernaient qu’une petite minorité de ces villes restant en ballotage. De même que la mauvaise image des maires écologistes, elles ne peuvent, loin de là, expliquer la dynamique d’ensemble plutôt défavorable à la gauche au second tour. Il faut aller chercher ailleurs.

Alors que le pouvoir politique national n’a jamais été aussi impopulaire, comment se fait-il que la principale force d’opposition au niveau des élections locales, la gauche, n’ait pas fait de la sanction de ce pouvoir son principal thème de campagne ? C’est une situation sans précédent.

Que les partis du pouvoir ou associés (centristes, LR) n’aient pas voulu nationaliser l’élection, c’était de bonne guerre. Mais pourquoi la gauche, et singulièrement le PS, ne l’a-t-elle pas fait ? Probablement parce que, depuis les législatives de 2024 et le « Front républicain29 », nous nous trouvons dans une situation inédite où l’opposition de gauche est responsable du maintien au pouvoir des centristes (Renaissance, MoDem, Horizons, UDI) auxquels LR s’est rallié. De plus, si le PS avait appelé à sanctionner le gouvernement dans les urnes, beaucoup auraient eu beau jeu de lui demander pourquoi il ne l’a pas renversé par une motion de censure.

De fait, l’opposition de gauche, principale concurrente du pouvoir gouvernemental au niveau des municipales, a été frappée d’« impuissance oppositionnelle ». Comme Les Écologistes ne votent les motions de censure que parce qu’ils savent qu’elles ne passeront pas (à cause du PS) et que LFI n’est pas et ne veut pas être une opposition démocratique crédible, seul le RN pouvait occuper ce terrain, mais il avait une présence encore faible au niveau local. Ainsi, du fait de l’attitude de la gauche, ce sont les enjeux locaux qui l’ont emporté dans le vote sur les enjeux nationaux, et ce terrain n’était en général pas favorable à la gauche. En effet, comme vu plus haut, le thème de l’insécurité a été la principale motivation de vote à ces élections, car c’est à la fois une préoccupation très forte dans la population et un enjeu de politique municipale. Cela a défavorisé la gauche qui est peu crédible sur cette question, aussi bien face à l’alliance du centre et de LR que face au RN. Ce phénomène expliquait déjà ses résultats un peu décevants au premier tour.

En Corse, la stabilité l’a emporté, les autonomistes ayant conservé Bastia et Ajaccio étant restée à Horizons.

En outre-mer, la continuité a dominé en Martinique. En Guadeloupe, la défaite à Baie-Mahault d’Ary Chalus, président de la région mis en cause dans diverses affaires, a été le fait dominant. La stabilité a été aussi la règle en Guyane, où cependant l’ancien député centriste Lénaïck Adam s’est imposé à Saint-Laurent-du-Maroni face à la sortante de droite Sophie Charles. À La Réunion, la gauche de la présidente de la région Huguette Bello (Union des forces progressistes, proche de LFI) a renforcé ses positions en prenant à la droite Le Tampon et Sainte-Marie. La droite n’a plus que 3 villes de plus de 30 000 habitants sur 12, alors que le PS a conservé Saint-Denis, la commune la plus peuplée. À Mayotte, LR a conservé Mamoudzou au premier tour et renforcé ses positions. En Nouvelle-Calédonie, la droite anti-indépendantiste a accentué sa domination à Nouméa et ses environs alors que, chez les indépendantistes, le FLNKS est affaibli par ses défaites à Koné et Canala. En Polynésie, les autonomistes ont infligé une large défaite aux indépendantistes proches de LFI.

Bilan et perspectives

LFI a gagné son pari en conquérant un nombre significatif de villes de banlieue de grandes agglomérations et en restant au centre du discours médiatique. Le RN est l’autre gagnant de ce scrutin : il conserve toutes ses municipalités sortantes et réalise des gains significatifs, lui donnant une implantation sans précédent dans un scrutin qui lui était défavorable. Même si ses résultats dans les très grandes villes sont décevants, avec ses échecs au second tour à Marseille, Toulon et Nîmes, il peut être satisfait d’avoir marginalisé la droite et le centre à Marseille que LR détenait jusqu’en 2020, et d’avoir contribué à la victoire d’Éric Ciotti à Nice. Il a développé plus particulièrement son implantation en PACA, dans le Languedoc et dans le Pas-de-Calais après ses victoires législatives.

Les succès de la gauche au second tour à Paris, Lyon et Marseille cachent sa situation nationale défavorable. Profondément divisée par la poussée de LFI qui se fait principalement aux dépens des autres forces de gauche (6 villes sur 7 prises au reste de la gauche), souvent dans un violent climat d’affrontement, la gauche ne donne pas l’image d’une alternative nationale crédible pour 2027. LFI ne le recherche pas, n’ayant qu’une stratégie de premier tour, et le PS est profondément divisé entre les partisans d’une union à gauche et ceux d’une stratégie alternative avec Raphaël Glucksmann30. Les Écologistes, quant à eux, ont été sonnés par leurs défaites et sont toujours divisés sur la stratégie à suivre entre s’allier avec le PS et ne pas rompre les ponts avec LFI. À cela il faut ajouter la candidature prévisible de Fabien Roussel pour le PCF après son succès à Saint-Amand-les-Eaux.

Au centre et à droite, le paysage commence à se dégager avec le succès d’Édouard Philippe réélu au Havre, qui doit cependant compter avec la concurrence prévisible de Gabriel Attal pour Renaissance et la candidature annoncée de Bruno Retailleau pour Les Républicains. Le RN est, pour sa part, dans l’incertitude du verdict de la Cour d’appel le 7 juillet concernant le procès de Marine Le Pen et sa possibilité d’être candidate en 2027. Ajoutons que c’est seulement à l’occasion des élections sénatoriales de septembre 2026 que nous pourrons vraiment mesurer les effets de ces municipales sur l’orientation politique des élus des petites communes.

Notes et références

  1. Voir P. Martin, « Les élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 »Commentaire, nº 187, 2024/3, p. 549-560.
  2. Jusque-là, le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal (Renaissance) et son gouvernement expédiaient les affaires courantes.
  3. Expression de Michel Barnier qui désigne l’ensemble des forces du centre (Renaissance, le MoDem, Horizons, l’UDI) et LR.
  4. L’établissement d’enseignement privé Notre-Dame-de-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques) a été accusé d’avoir été le lieu de violences et d’agressions sexuelles sur mineurs durant des années et François Bayrou a été soupçonné d’avoir couvert les faits dont il aurait été au courant.
  5. Avec 74,3 % des votes des adhérents contre 25,7 % à Laurent Wauquiez.
  6. Notamment concernant les obligations de quitter le territoire (OQTF) et l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal qu’Alger refusait de libérer.
  7. Ce qui avait été caché aux Français par le pouvoir avant la dissolution.
  8. Édouard Philippe se prononçant en faveur d’une élection présidentielle anticipée dans Le Figaro du 8 octobre 2025.
  9. Loin de mettre fin à l’incontinence budgétaire française, celui-ci prévoit un déficit de 5 % du PIB.
  10. Aux États-Unis, la publication de millions de documents par le Département fédéral de la Justice, le 30 janvier 2026, a mis en évidence l’ampleur des complicités dont le financier américain Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019, a bénéficié au sein des élites mondiales et plus particulièrement occidentales, dans le cadre de ses activités de fraudes fiscales, de délits d’initiés, de corruption et d’exploitation sexuelle de jeunes femmes dont des mineures.
  11. La Jeune Garde est une milice d’extrême gauche dissoute le 12 juin 2025 en conseil des ministres. Elle est dirigée par le député LFI Raphaël Arnault, dont trois collaborateurs sont mis en examen à la suite du meurtre de Quentin Deranque.
  12. En ironisant à plusieurs reprises sur la prononciation des noms de Jeffrey Epstein et de Raphaël Glucksmann.
  13. Ce qui a valu aux socialistes cette réplique de Mélenchon devant ses militants à Pantin, le 5 mars : « C’est des gros combinards. Ils ne vont pas nous coûter trop cher à acheter pour le deuxième tour » (Le Figaro, 6 mars 2026, p. 8).
  14. Enquête réalisée les 17 et 18 février et publiée dans Le Journal du dimanche du 22 février 2026.
  15. Voir P. Martin, « Les municipales de mars 2020. Un mauvais tour ? »Commentaire, nº 170, 2020/2, p. 281-288.
  16. Aux élections européennes de 2024, Les Écologistes ont obtenu 5,5 % et la liste Glucksmann-PS 13,8 %, contre respectivement 13,5 % et 6,2 % à celles de 2019.
  17. La sécurité a été la motivation de vote principale pour ces élections (44 %), loin devant le maintien des services publics de proximité (28 %), le dynamisme économique de la commune (27 %), l’accès à la santé (27 %) et le niveau des impôts locaux (26 %), selon l’enquête électorale française 2026 IPSOS-BVA pour le CEVIPOF, la Fondation Jean-Jaurès et Le Monde réalisée du 27 février au 5 mars 2026 sur 10 927 personnes, p. 35.
  18. Mais avec une prime de seulement 25 % des sièges pour la liste qui l’emporte contre 50 % dans les autres communes.
  19. Ce qu’illustre la comparaison entre les résultats de deux maires sortants élus en 2020 et qui avaient les mêmes soutiens partisans en 2026 : Michaël Delafosse (PS avec PCF) à Montpellier, qui a progressé de 16,7 % à 33,4 %, et Pierre Hurmic (LÉ avec PS et PCF) à Bordeaux, qui a reculé de 34,4 % à 27,7 %.
  20. Il s’agissait de « fusions techniques », sans aucun accord programmatique, LFI refusant de participer à l’exécutif municipal avec les socialistes et même de siéger dans la majorité.
  21. Cependant, cette fusion s’est mal passée, Pierre-Yves Bournazel refusant de figurer sur la liste d’union et plusieurs de ses soutiens appelant à voter pour le candidat socialiste.
  22. De fait, Sarah Knafo, qui avait fait toute sa campagne sur « l’union des droites », ne pouvait politiquement prendre le risque de faire gagner la gauche.
  23. Ainsi que la métropole de Lyon.
  24. Où sa candidate a cependant obtenu 47,5 % face à la maire sortante soutenue par le centre et la droite.
  25. Y compris les villes préfectures, même si elles comptent moins de 20 000 habitants. Sur ces 188 communes, le centre et la droite sont passés de 128 à 139 villes, la gauche de 58 à 43 et le RN de 2 à 6. Source : Le Monde, cahiers des résultats des premier et second tours.
  26. Voir P. Martin, « Les municipales de mars 2020. Un mauvais tour ? », article précité.
  27. Voir P. Martin, Crise mondiale et systèmes partisans, Les Presses de Sciences Po, 2018, p. 255-271.
  28. LFI est, de tous les partis, celui qui fait la moins bonne impression. 82 % des personnes interrogées ont déclaré avoir une mauvaise image de LFI (dont 66 % une très mauvaise image) contre 71 % du MoDem, 70 % de Renaissance, 69 % d’Horizons, 65 % du PS, 62 % des Écologistes, 60 % des Républicains et 57 % du RN selon l’enquête IPSOS-BVA précitée.
  29. Avec des désistements réciproques quasi systématiques entre les candidats de gauche et ceux de la majorité sortante pour le second tour face au RN arrivé en tête au premier.
  30. Son parti, Place publique, n’a pas eu de bons résultats à ces élections pour ses rares listes autonomes. De plus, il a perdu sa seule ville de plus de 30 000 habitants (Saint-Brieuc), n’obtenant que la mairie du 20e arrondissement de Paris.
Pierre Martin

Pierre Martin

Politologue au laboratoire Pacte de l’IEP de Grenoble. Il a notamment publié Crise mondiale et systèmes partisans (Les Presses de Sciences Po, 2018).

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