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LA FIN DE LA MAJORITÉ ABSOLUE PERMETTRAIT UN RESPECT DES PRÉROGATIVES PARLEMENTAIRES

MALGRÉ L’ABSENCE D’UNE VOLONTÉ DE L’EXÉCUTIF DE RENFORCER LE PARLEMENT,

…C’EST LE VOTE AUX LÉGISLATIVES QUI RESTITUERAIT A L’ASSEMBLÉE NATIONALE SES PREROGATIVES

Metahodos, qui plaide pour la réhabilitation des assemblées en charge du vote de la loi et du contrôle de l’exécutif et de l’administration, est convaincue que la fin d’une majorité absolue et docile devrait contribuer à ce renouveau démocratique.

Rappelons par ailleurs, comme le développe Metahodos, que d’autres actions ou pratiques doivent en parallèle être développées, notamment la démocratie participative, la démocratie directe, une gouvernance équilibrée associant les parties prenantes, une réforme d’institutions comme le Conseil D’Etat, le Conseil Constitutionnel, ou la Cour des Comptes, et un certain nombre de réformes parmi lesquelles, celles du statut des élus ou de la comptabilité publique.

Une majorité relative aux élections législatives « ne rendrait pas le pays ingouvernable » selon la politologue Virginie Martin dans l’entretien que nous publions ci contre.

Virginie Martin, politologue, estime, en effet, qu’une majorité relative à l’issue des législatives représenterait un « gain double : cela ne rendrait pas le pays ingouvernable du tout et cela renforcerait la démocratie au sein de l’Assemblée nationale ». 

Virginie Martin, née en 1967, est une politologue française, professeure chercheuse à Kedge Business School. Elle est co-présidente du Conseil Scientifique de la Revue politique et parlementaire.

Son dernier ouvrage paraît en août 2021 ; il y est proposé une plongée dans le monde des séries. L’auteure offre une lecture sociologique voire politique du mondes séries. L’essai « le charme discret des séries » est publié chez Humensciences.

Elle a été créatrice et présidente du Think Tank Different, laboratoire politique créé en 2012. Elle est par ailleurs membre du Conseil économique, social et environnemental en tant que personnalité associée à la Section de l’éducation, de la culture et de la communication.

Voir également notre récente publication :

VERS UN RETOUR DU PARLEMENTARISME ? https://metahodos.fr/2022/06/10/vers-un-retour-du-parlementarisme/

ENTRETIEN

Législatives : « Si la majorité n’obtient qu’une majorité relative, cela redorera le blason de l’Assemblée nationale »

Publié le 10/06/2022 LA DÉPÊCHE

Le dernier sondage donne la Nupes en tête, au coude à coude avec LREM, que se passerait-il si ce dernier n’obtient qu’une majorité relative à l’issue des élections législatives ?

Si cela arrive, il faudra que LREM aille chercher des alliances légèrement à gauche et légèrement à droite, ce qui ne sera pas forcément difficile étant donné le positionnement qu’Emmanuel Macron a adopté depuis 2017. Ces alliances seront ce qu’on pourrait appeler des coalitions sur enjeux. Autrement dit, elles se forgeront au cas par cas et selon les sujets. Par exemple, des membres des Républicains peuvent être d’accord avec la majorité sur certains enjeux, comme la réforme des retraites. Au gré des sujets, on pourra découvrir des coalitions fluctuantes, qui se feront en fonction des opportunités, sans que cela ne soit définitif.

Ce jeu stratégique compliquera-t-il la tâche de la majorité ?

Je ne le crois pas. Cela ne rendrait pas le pays ingouvernable, même s’il est vrai qu’une majorité relative limiterait certaines volontés d’aller trop loin dans une politique sur tel ou tel sujet. La conséquence principale sera le ralentissement des processus : si 200 élus de la Nupes siègent à l’Assemblée, cela amènera à beaucoup d’amendements, de discussions. Cela laissera donc des coudées moins franches à la majorité actuelle.

Toutefois, même si le processus est ralenti, les lois passeront quand même. Et puis, le gouvernement peut toujours avoir recours au 49.3, comme ce fut le cas lors des quinquennats précédents, même si, il faut le rappeler, cet usage peut avoir un impact négatif sur la perception de l’action du gouvernement : si l’opposition est nombreuse dans l’Assemblée, elle ne se privera pas de dire combien le gouvernement dirige de manière autoritaire.

Justement, concernant les partis d’opposition, une majorité relative leur donnerait-elle davantage de poids ?

Une majorité relative permettrait effectivement à des oppositions de se construire et de se faire entendre. Elles pourraient avoir une force de frappe médiatique plus importante et auraient ainsi plus de poids que lors du dernier quinquennat, ce qui pourrait permettre de contenir, en quelque sorte, la majorité. Tout ceci serait, d’un point de vue démocratique, très intéressant : cela donnerait lieu à une Assemblée nationale qui résiste et qui se fait entendre. Ce qui redorerait son blason, lui donnerait du poids.

*Mais il faut garder à l’esprit que la principale force d’opposition, au vu des sondages actuels, la Nupes, peut également se fragmenter. Rappelons que les tractations et discussions pour faire émerger cette coalition ont été longues et que des points de divergence persistent. Tout dépendra donc de leur capacité à s’entendre pour faire exister cette « nouvelle union ». 

Caroline Pain

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