
Pour un apprentissage rénové de l’éducation civique
Le président de l’association Parlons démocratie, Eric Buge, et son président d’honneur, Jean-Louis Nadal, soulignent dans une tribune au « Monde » le rôle indispensable de l’enseignement dans la formation des jeunes citoyens et appellent à la mobilisation des hauts fonctionnaires dans le cadre d’un apprentissage rénové de l’éducation civique.
ARTICLE
Le Monde – Extraits Eric Buge président de l’association Parlons Démocratie. Jean-Louis Nadal président d’honneur de l’association Parlons Démocratie
L’abstention, qui était de 15 % au second tour des élections législatives de 1978 et de 40 % à celui de 2002, a atteint 54 % dimanche 19 juin. Cette évolution dramatique pour la démocratie, quand elle est considérée d’un point de vue général, l’est encore davantage pour les jeunes. Plus de deux tiers des 18-34 ans n’ont pas participé au dernier scrutin législatif, contre seulement un tiers des électeurs âgés de plus de 70 ans. C’est ainsi toute une génération qui n’a pas pris part au scrutin.
Cette situation n’est pas sans effets politiques, à un moment où les enjeux de long terme, auxquels les plus jeunes sont les plus sensibles, deviennent essentiels dans la vie collective. Elle n’est pas non plus sans effets démocratiques, la légitimité des élus reposant directement sur la participation populaire aux élections.
Comme l’ont montré sociologues et politistes, les causes de cette abstention tendanciellement croissante sont nombreuses : défiance accrue vis-à-vis des responsables et des partis politiques, préférence pour d’autres formes d’engagement, désenchantement quant à la capacité ou à la volonté des élus à changer les choses. Les jeunes en particulier n’hésitent pourtant pas à s’engager pour les causes auxquelles ils croient.
Mais l’abstention trouve aussi l’une de ses sources dans l’éloignement ou la méconnaissance de nos institutions démocratiques. Si la participation aux élections municipales est habituellement plus importante que pour les élections départementales ou régionales, c’est que les rôles du maire et du conseil municipal sont davantage connus que ceux de leurs homologues départementaux et régionaux.
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