
Un président de la République qui évoque dans l’hémicycle corse le meurtre d’Yvan Colonna et non celui du préfet Erignac
EXTRAITS DE L’ENTRETIEN (1) CI CONTRE
« Que le président de la République entre en négociation après cela, et qu’il n’évoque dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse que le meurtre d’Yvan Colonna et non celui du préfet Erignac, montre un total alignement sur la rhétorique des nationalistes »
« Gérald Darmanin avait déjà commencé il y a quelques mois, en comparant Yvan Colonna et Samuel Paty. Pour quelqu’un qui est censé être le gardien des institutions et de la République, c’est sans précédent. »
MARSEILLE VILLE D’ATTERRISSAGE POUR ANCIEN PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ?
L’intérêt du président sortant pour Marseille et la région n’aura échappé à personne… mais personne ne semble extrapoler.
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MARSEILLE « EN GRAND » : PROMESSES (22) TENUES ? …29 juin 2023 — Plan de Macron pour Marseille : sécurité, un bilan en trompe-l’oeil… … AUTOMNE STUDIEUX AVEC METAHODOS : RELATIVISME ET UNIVERSALITÉ DES VALEURS.
Comment expliquer un tel virage présidentiel à 180 degrés ?
Comment expliquer ce virage à 180 degrés d’Emmanuel Macron par rapport à son premier déplacement sur l’île en 2018?
« Autonomie de la Corse : Macron fait du Macron »
Titre Le Point qui poursuit : « Le président accorde aujourd’hui à la Corse ce qu’il lui refusait résolument hier. Des promesses qui n’engagent que ceux qui les reçoivent ? »
MARSEILLE CAPITALE DE LA CORSE ?
Marseille peut être surnommée la capitale de la Corse car plus de 150 000 corses y vivent.
Le premier quartier d’immigration fut celui du Panier mais ils sont aujourd’hui dispersés dans tous les quartiers de la ville. Les corses représentent plus d’un quart des chirurgiens, docteurs, fonctionnaires, avocats…. de Marseille.
Les principales causes de cette migration des Corses vers Marseille sont bien sûr la proximité de la grande ville phocéenne par rapport à l’île et le pôle d’attraction que constitue une communauté déjà installée et offrant un réseau d’accueil.
LA FORCE DES CORSES DE L’EXTÉRIEUR
Sur les 2 millions d’insulaires installés dans le monde, plus de 240 000 se trouveraient dans la cité phocéenne et dans la région.
Ils sont plus nombreux encore à Paris et en Île de France.
Le continent offre de plus une plus grande potentialité d’emplois souvent à l’issue d’études qui ne peuvent se faire qu’en dehors de l’île. ( d’autres sujets corses ont une dimension « sud de France » et « internationale « , comme la délinquance )
LES ENJEUX :
PARADIS FISCAL À VENIR
SÉCURITÉ ET DÉLINQUANCE ( CORSE / MARSEILLE / ÉTRANGER )
EXISTE T IL UNE ALTERNATIVE À UNE ÉCONOMIE ESSENTIELLEMENT DOMINÉE PAR LA CONSOMMATION DES TOURISTES ET DES RÉSIDANTS SAISONNIERS
SANTÉ ( la Corse est la seule région de France sans CHU )
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ( même phénomène que pour les soins dispensés en région PACA (SUD)
TRÈS FORTE DÉPENDANCE DES FINANCES NATIONALES ET EUROPÉENNES
PART CONSIDÉRABLE DES EMPLOIS PUBLICS
COMMENT REFUSER LA DÉCENTRALISATION AUX RÉGION ET TERRITOIRES ET OFFRIR BIEN PLUS À LA CORSE ?
BRETAGNE
Le président de la région de Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, a déclaré vouloir « la même chose » arguant sur X (ancien Twitter) que le chef de l’État « ne doit pas oublier les autres collectivités de France ».
Et d’ajouter : « On ne peut avoir des élus avec plus d’autonomie d’action en Corse, et maintenir les autres dans un centralisme inefficace et d’un autre âge. »
L’année dernière, le conseil régional de Bretagne avait demandé à l’État l’ouverture des discussions en vue d’une autonomie législative et fiscale de l’ancienne région Armorique. Le texte présenté en avril 2022 demandait aux gouvernements « d’entamer des discussions pour la définition d’un possible modèle d’autonomie pour la Bretagne, incluant une part de pouvoir législatif et réglementaire
« Il n’y a pas des élus matures et responsables d’un côté qui peuvent avoir des droits d’agir au quotidien pour leurs habitants et d’autres élus qui vont rester dans un centralisme passéiste », a insisté Loïg Chesnais-Girard, qui a profité de la venue de la Première ministre Élisabeth Borne pour lui remettre un rapport détaillant ses souhaits pour « une plus forte décentralisation ».
ALSACE
L’Alsace ne revendique pas une autonomie mais un statut spécifique. Le retour à une région Alsace institutionnelle. Une revendication qui a crû depuis la fusion des régions dans le cadre de la réforme territoriale en 2014.
En 2021, les deux départements alsaciens ont constitué une collectivité locale, un statut lui permettant notamment de mettre en avant des particularités culturelles régionales. Un premier pas vers un statut alsacien.
En mai dernier, des élus corses avaient annoncé déposer une motion pour soutenir l’Alsace dans sa volonté de quitter la région Grand Est. Dans ce texte rédigé à l’initiative du conseiller de Corse autonomiste Pierre Ghionga, les élus corses déclarent reconnaître la « situation particulière » de l’Alsace « de par son histoire et sa position transfrontalière qui ont forgé une identité propre ».
OCCITANIE, MARTINIQUE… PAYS BASQUE
La présidente d’Occitanie aimerait « davantage d’autonomie », la Martinique a également formulé ses attentes …
MAJ 3 OCTOBRE 23
« Autonomie de la Corse : le risque de la déception »
Titre l’Express qui poursuit :
Faire mine d’avancer sur le statut de l’île tout en écartant les principales prétentions des autonomistes est risqué.
« Vous venez de gagner un voyage aux Maldives. » On connaît ces publicités tapageuses, dont on s’aperçoit, en consultant les passages en petits caractères, qu’elles ne disent pas vraiment ce qu’elles prétendent. Le phénomène existe aussi en politique. Aux yeux des concernés, l’engagement d’Emmanuel Macron en faveur d’une autonomie de la Corse pourrait en relever. Ce 28 septembre, le chef de l’Etat a affirmé depuis l’Assemblée de Corse, à Ajaccio, qu’il était favorable à une révision constitutionnelle concernant le statut de l’île de Beauté. Déclaration ouvrant tous les espoirs côté autonomiste. Parmi leurs principales revendications, allant plus loin que celles de leur modèle – la Nouvelle-Calédonie -, que la langue corse puisse être utilisée à la place du français dans l’administration ou qu’une « préférence corse » soit créée dans l’accès au logement, grâce à un statut de résident. Or le président Macron s’est plusieurs fois opposé à ces dispositions.null
Pas de ligne rouge mais…
« Il n’y a pas de ligne rouge », promet le président de la République dans sa déclaration d’Ajaccio, mais il annonce aussi que « ce ne sera pas une autonomie contre l’Etat, ni une autonomie sans l’Etat ». Pas de citoyenneté corse, donc. Emmanuel Macron imagine un nouvel article de la Constitution, créé spécialement pour la Corse, qui reconnaîtrait les « spécificités » de sa « communauté insulaire, historique, linguistique et culturelle ». Concrètement, cela placerait l’île au niveau constitutionnel des collectivités d’outre-mer, des pouvoirs réglementaires élargis seraient octroyés à l’Assemblée de Corse. Le bilinguisme, en particulier, devrait être encouragé. « Il nous faut donner plus de place à la langue corse, dans l’enseignement comme dans l’espace public », a plaidé Emmanuel Macron.
Dans le meilleur des cas, le camp autonomiste prendra acte de la bonne volonté du gouvernement, se contentera de ce verre à moitié plein et il faudra saluer l’audace victorieuse du président de la République. Reste qu’il est risqué de faire mine d’avancer sur l’autonomie de la Corse tout en écartant les principales prétentions des autonomistes. Un sentiment de déception aux conséquences imprévisibles pourrait s’emparer des militants insulaires. Si du moins le projet aboutit. Via le Sénat, les Républicains disposent d’un droit de veto. Ils ont déjà expliqué qu’ils s’opposeront à tout statut similaire à celui de la Nouvelle-Calédonie.
1. ENTRETIEN
Benjamin Morel : « Emmanuel Macron s’exprime comme les nationalistes corses »
Propos recueillis par Etienne Campion MARIANNE
D’après le constitutionnaliste Benjamin Morel, en proposant jeudi 28 septembre « une autonomie dans la République » à la Corse, Emmanuel Macron a agi de façon irresponsable. Et si, à la suite de l’échec de ce processus, des violences devaient avoir lieu, il en porterait la responsabilité historique et morale, estime l’auteur de « La France en miettes » (Cerf), analyste des montées des particularismes régionaux et des revendications indépendantistes.
Marianne : Sur quels fondements Emmanuel Macron s’avance-t-il vers les revendications corses ? Cède-t-il aux nationalistes ?
Benjamin Morel : Il y a la forme et le fond. Sur la forme, la démarche d’Emmanuel Macron répond aux violences commises il y a un an et demi par des jeunes lycéens, proches et soutenus par les mouvements nationalistes, en pleine campagne présidentielle. La collectivité a alors mis ses drapeaux en berne en l’honneur d’Yvan Colonna, assassin du préfet de la République. Que le président de la République entre en négociation après cela, et qu’il n’évoque dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse que le meurtre d’Yvan Colonna et non celui du préfet Erignac, montre un total alignement sur la rhétorique des nationalistes.
Ce jeudi 28 septembre, un président de la République française s’est exprimé comme un nationaliste corse. Gérald Darmanin avait déjà commencé il y a quelques mois, en comparant Yvan Colonna et Samuel Paty. Pour quelqu’un qui est censé être le gardien des institutions et de la République, c’est sans précédent.
Dans un premier temps qui est contre le principe de la décentralisation, pas grand monde. Mais cette indépendance de gestion ne peut aller qu’avec …
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2. ARTICLE
Autonomie de la Corse: « Le président contre la République ? »
Par Benjamin Morel
Ce jeudi à Ajaccio, le chef de l’État a promis une «autonomie à la Corse dans la République». Pour l’universitaire Benjamin Morel, Emmanuel Macron, pourtant garant des institutions, ouvre ainsi la porte à la «dislocation» du pays.
Benjamin Morel est président du conseil scientifique de la Fondation Res Publica et maître de conférences en droit public à l’Université Paris II Panthéon-Assas. Il a publié La France en miettes – Régionalismes, l’autre séparatisme (Le Cerf, 2023).
Le discours du président de la République hier devant l’Assemblée de Corse marquera l’histoire, quelle qu’en soit la concrétisation. En effet, il y a loin de la coupe aux lèvres, tant il est vrai que les termes ambigus utilisés peuvent conduire à bien des mésinterprétations. Entre les nationalistes qui ont cru entendre l’obtention d’un statut à la néo-calédonienne et la droite insulaire voyant la consécration de son projet visant à adapter les lois aux circonstances locales, la distance est grande. Non, la rupture du discours d’Emmanuel Macron est peut-être plus grave et plus profonde ; elle révèle qu’une grande partie de la classe politique a définitivement rompu avec la République.
La République, c’est d’abord l’universalité de la loi, qui est…
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