
LIRE L’imposture Macron, Un business model au service des puissants
PRÉSENTATION DE L’OUVRAGE :
L’illusion d’une sortie de la crise actuelle par des politiques néolibérales est-elle nouvelle ? C’est ce que prétend incarner Emmanuel Macron, en voulant créer une mystique salvatrice via ses réformes économiques et sociales. Un an après son élection, Attac et la Fondation Copernic décryptent dans cet opus les impasses d’une politique qui se prétend résolument moderne alors qu’elle n’a de cesse de prendre des mesures issues de l’ «ancien monde».
À l’illusion du «en même temps» se sont adossés un rapport au pouvoir parfaitement éculé (car conçu comme autoritaire et vertical), et surtout la mise en place d’une politique de fuite en avant néolibérale, où remise en cause des droits sociaux et cadeaux aux plus riches participent à renforcer le pouvoir de ceux qui l’ont déjà.
Cette nouvelle gestion froide et cynique de la chose publique se met en place au sommet de l’État avec l’arrivée d’un contingent de jeunes bureaucrates : les Macron’s Boys and Girls. Ils sont à la base d’une nouvelle machine technocratique alimentée par des réformes où progrès social et écologie sont les grands absents.
Un business model, qui se prétend dénué de toute idéologie, est mis en place dans la start-up nation France. La Macronie s’est dotée d’une novlangue faussement innovante et porte aux nues un illusoire salut néolibéral où seuls les premiers de cordée, les puissants et la nouvelle «noblesse d’État libéral» trouveront grâce.
Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron parie sur l’anesthésie de la société. Mais le réveil risque d’être douloureux. Face à une telle visée, voici un ouvrage qui propose à tous ceux qui ne se résignent pas, un projet porteur d’une autre vision de la société…
PRÉCÉDENTE PUBLICATION :
IMPOSTURE : UN STIGMATE DE NOTRE TEMPS – MACRON EN ILLUSTRATION ET SPLENDEUR ?
https://metahodos.fr/2025/09/07/imposture/
Le plaisir de dire, conjugué à
l’illusion de plaire et à
l’ennui de faire
METAHODOS VOUS PROPOSE UN CERTAIN NOMBRE D’ARTICLES RELATIFS À L’IMPOSTURE
1 ARTICLE . Emmanuel Macron, le dernier avatar de l’imposture en politique ?
2. ARTICLE – Macron se référant à de Gaulle : une imposture !
3. ARTICLE – L’imposture macronienne
4. Article – Dr. Emmanuel et M. Macron: chronique d’une imposture écologique
5. ARTICLE – Emmanuel Macron, la démission et l’ombre de De Gaulle
6. MACRON SOCIALISTE OU PAS SOCIALISTE ? RÉPONSE : OUI BIEN SŪR 🙃
7. ARTICLE – Macron ou l’ultime symptôme de la crise de régime
8. ARTICLE – «C’est pas ma faute ! Ce sont les autres » : le leitmotiv d’Emmanuel Macron
1. ARTICLE – Emmanuel Macron, le dernier avatar de l’imposture en politique ?
Olivier Marleix publie « Les liquidateurs » aux éditions Robert Laffont. Dans cet essai, Olivier Marleix fait un bilan sans concession des années En Marche. Il nous dit ainsi combien il est urgent d’en finir avec le macronisme, au risque sinon de voir notre souveraineté défaite et notre pays et ses industries définitivement liquidés. Extrait 2/2.
Olivier Marleix. ATLANTICO
Olivier Marleix, récemment décédé , était député (LR) d’Eure-et-Loir. Il a reçu, en 2020, un Prix éthique de l’association Anticor.
Emmanuel Macron aura incarné une des pires impostures politiques de notre histoire. « Imposture : Action de tromper autrui, notamment par de fausses apparences ou en se faisant passer pour un autre. » Pour qui M. Macron s’est-il fait passer ? Pour l’homme qui allait rompre avec le « système », pour l’homme qui allait incarner une « révolution », puisque c’est le titre du livre-programme qu’il a publié à la veille de sa conquête du pouvoir.
Pour être exact, il est doué d’un vrai talent pour ressentir ce que les gens veulent entendre, mais il ne semble pas que cela aille jusqu’à créer chez lui cette empathie qui devrait être au commencement de tout engagement électif. Juste une capacité à tenir un discours pour séduire. Il a donc exploité un élément de diagnostic pertinent : ce qu’il y avait de stérile et parfois d’artificiel dans l’opposition entre la droite et la gauche. Ce constat, de nombreux Français l’ont fait. Mais dépasser la part d’artificialité de cette opposition est une chose ; dire qu’on avait autre chose à proposer, une rupture ou un nouveau monde, c’est une tromperie. Il n’en a réalisé qu’une synthèse, se proclamant d’ailleurs « en même temps » « et de droite et de gauche ».
De quelle gauche et de quelle droite nous parlait Emmanuel Macron ? Évidemment pas de la droite qui demande une justice plus ferme, des peines plancher pour les multirécidivistes, des expulsions de clandestins et la défense de ce qui fait l’identité nationale ; pas de la gauche qui demande la régularisation immédiate de tous les sans-papiers et la nationalisation de toutes les entreprises en difficulté…
Il ne visait qu’un centre gauche parfaitement converti à l’économie de marché, la « deuxième gauche », la gauche strauss-kahnienne – qui constitue le carré de ses fidèles –, et une frange libérale de la droite incarnée par l’entourage d’Alain Juppé.
Peu de choses les différencient : les deux s’adressent aux CSP+ urbaines, admettent la mondialisation sans voir les distorsions qu’elle engendre, refusent tout regard critique sur l’Union européenne, reconnaissent comme nécessaire une part importante de redistribution pour corriger les effets de la mondialisation. Bref, la pensée unique enseignée à l’ENA depuis vingt-cinq ans.
2. ARTICLE – Macron se référant à de Gaulle : une imposture !
par Christian VANNESTE REVUE MÉTHODE juillet 2020


Dans Le Fil de l’épée, le général de Gaulle écrivait : « Le prestige ne peut aller sans mystère, car on ne révère pas ce que l’on connaît trop bien. Tous les cultes ont leur tabernacle et il n’y a pas de grand homme pour ses domestiques. » La distance et une part de secret qui intrigue, une différence qui tient en respect : tels étaient, selon le fondateur de la Ve République, les éléments qui distinguent le chef, celui qui peut et doit conduire les autres. Il y ajoutait « la sobriété du discours » et parfois « le silence » qui rehausse l’autorité.
À comparer l’occupant actuel de l’Élysée à son illustre prédécesseur, on ne peut s’empêcher de voir apparaître les images d’un dessin animé – L’Apprenti sorcier – où Mickey veut imiter son maître et répète les formules magiques entendues. Il ne maîtrise rien. La magie s’emballe et part dans tous les sens. L’apprenti est dépassé. Macron a lu de Gaulle, a sans doute étudié un peu son histoire.
Il en a retenu la présidence jupitérienne qu’il a voulu, selon lui, restaurer à grands coups de monuments historiques et de mise en scène grandiose dans des décors prestigieux.
De Gaulle a sauvé l’honneur de la France le 18 juin. Il a fondé la République actuelle, dont la stabilité et le fonctionnement régulier ont redonné au pays un crédit international et, jusqu’en 1981, assuré une politique sérieuse et continue. On ne peut, comme le fait le Président actuel, se réclamer à la fois de De Gaulle et de Mitterrand. Si l’on se libère de la foule des courtisans et des communicants qui ont osé la comparaison, on doit se rendre à l’évidence que le premier tentait une restauration du pays quand le second, ambigu plus que mystérieux, jouisseur du pouvoir plus qu’homme d’État, a amorcé une décadence qui n’a pas cessé depuis lors.
Embardées économiques, cohabitations malsaines, coups tordus et vie privée indigne protégée par l’État : cet homme est l’exact contraire du Général. Son mépris glaçant n’avait rien de commun avec la distance imposée par un véritable chef d’État.

Le signe de cette imposture est l’excès, « l’ubris », comme dit Collomb. Démesure théâtrale du Louvre ou de Versailles, démesure de l’envolée rhétorique accompagnée du poing qui martèle le pupitre de l’ONU, démesure inverse de la proximité « tactile » auprès de Trump, qui s’en amuse au point de la rendre ridicule, démesure extrême des enlacements déplacés jusqu’à devenir suspects aux yeux de certains, dans une séquence incroyable à Saint-Martin.
Zemmour soulignait le contraste saisissant entre la leçon faite de haut à un gamin « blanc » qui l’avait appelé « Manu » et les photographies avec deux jeunes Antillais bien bâtis et torses nus, l’un délinquant, l’autre faisant un « doigt d’honneur » où le Président perd toute contenance et noie son prestige. Une autre image hante désormais les esprits : le couple Macron, en extase, au milieu d’un groupe de chanteurs et de danseurs noirs qui affichent leur homosexualité avec ostentation.


C’est à l’Élysée : imagine-t-on le Général dans cette posture ? Mais, pour le coup, on n’imagine aucun de ses successeurs ni aucun des concurrents de l’élu de 2017 dans une situation aussi grotesque.
Macron, qui veut une fois de plus modifier la Constitution, va devant le Conseil constitutionnel pour célébrer son 60e anniversaire. On a déjà beaucoup trop réformé le texte et le premier acte de respect envers son créateur serait de ne plus y toucher. La politique du Général n’a pas été parfaite aux yeux de tous. Sa politique algérienne a notamment laissé bien des meurtrissures. En revanche, l’appel de 1940 et la Constitution de 1958, qui à deux reprises ont permis à la France de compter dans le monde, devraient fonder une union sacrée des Français et leur interdire de s’affronter sur ces sujets. Jean-Louis Debré le rappelait récemment.
3. ARTICLE – L’imposture macronienne
POLITIS 2018. Denis Sieffert • 10 juillet 2018
Denis Sieffert revient sur la prestation versaillaise du président de la République.

Article paru
dans l’hebdo N° 1511
Voilà bien une enquête d’opinion qui a de quoi faire peur. Il paraît que 36 % des Français estiment que d’autres systèmes « peuvent être aussi bons que la démocratie ». Laquelle ne serait donc plus « le pire des systèmes à l’exception de tous les autres », selon la célèbre formule de Churchill. Et cette conviction atteint même 46 % chez les jeunes (1). On a évidemment envie de poser la question que les politologues n’ont pas osé poser : mais quel autre système ? Les choix que nous suggère l’histoire ne sont pas de nature à nous rassurer. La monarchie ? Les mauvaises langues diront qu’avec la prestation versaillaise d’Emmanuel Macron, lundi 9 juillet devant le Congrès, nous y sommes presque. Ou alors quoi ? Une variante d’un système autoritaire prétendant vouloir le bien du peuple ? Le sondage ne le dit pas. En vérité, la réponse est sans doute plus simple qu’on le pense. Elle est même dans la question.
Cet autre système dont rêve près de la moitié de notre jeunesse, c’est peut-être tout simplement la démocratie, mais la vraie, fort éloignée de la pâle copie que nous connaissons aujourd’hui. Les deux politologues de renom qui ont piloté l’enquête nous mettent d’ailleurs sur la voie car, nous disent-ils, les pauvres et les ouvriers sont les catégories les plus critiques du système actuel. Fines mouches, ils finissent par découvrir la lune : « La dimension sociale, concluent-ils, est consubstantielle à la démocratie. » L’un des commanditaires de l’étude étant le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, il aurait pu citer son auteur de référence : « Notre action, disait Jaurès, est de compléter la démocratie politique par la démocratie sociale. »
Autant dire que nous allons aujourd’hui à rebours de cet objectif. Comment ne pas perdre foi en la démocratie, quand l’image que nous en avons est celle que nous propose Emmanuel Macron dans son discours devant les parlementaires, lundi à Versailles ? Tout sonnait faux. Les mots paraissaient piégés. Quel est donc cet « État-providence du XXIe siècle » qui surgit de nulle part, alors que tous les acquis sociaux sont malmenés ? À quoi peut bien ressembler cette « politique sociale d’émancipation » dont soudain il a été question, sinon au fameux « aide-toi, le ciel t’aidera » de la fable ? C’est-à-dire la négation des valeurs collectives qui ont fondé la démocratie sociale de l’après-guerre. Et lorsque le président de la République nous dit qu’il déteste « les rentes et les privilèges », on le soupçonne fortement de penser aux allocations chômage et aux minima sociaux…
Le discours de Macron, c’est « lâchez la proie pour l’ombre ! ». Le Président nous dit qu’il ne veut plus aider les pauvres « à mieux vivre », mais à « les sortir de la pauvreté ». Il ne se satisfait pas de « lutter contre les inégalités sociales », il se propose de combattre « les inégalités de destin ». Vaste ambition ! Ce n’est plus Macron, c’est Che Guevara ! Las, en attendant cette acmé révolutionnaire, il liquide méthodiquement tout ce qui peut aider les pauvres à mieux vivre ici et maintenant. Et avant de transformer les destins, il creuse les inégalités. Cela ressemble à une pensée téléologique, mais ce n’est qu’une imposture.
En fait, il faudrait interdire à Emmanuel Macron de prononcer le mot « social ». Chaque fois qu’il en fait usage, c’est aux dépens des pauvres ou des salariés. À tel point qu’on se demande si son « plan pauvreté », il faut l’espérer ou le redouter. Beaucoup de commentateurs, et ses « marcheurs » les plus ardents, l’aident à nous égarer quand ils nous promettent un « tournant social » pour la rentrée. Les engagements budgétaires pris à Bruxelles permettent d’autant moins d’y croire que les cadeaux fiscaux faits aux riches ont déjà mis la France en difficulté au regard de l’épure européenne. Quant à l’idée que la deuxième partie du quinquennat serait pour les classes moyennes ou inférieures, on nous l’a déjà servie. C’était, souvenez-vous, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie de François Hollande… Mais, surtout, cette vision naïve d’un rééquilibrage social résulte d’une sous-estimation de ce qui se joue actuellement. Emmanuel Macron ne prend pas seulement des décisions qui profitent aux riches, et qui pourraient un jour être compensées par des mesures « de gauche » ; il attaque des structures qu’il détruit de façon irréversible.
Cet homme est habité par une philosophie libérale finalement assez bas de gamme. Il l’a résumée devant le Congrès : « Pour partager le gâteau, il faut un gâteau. » Dans l’enquête d’opinion déjà évoquée, les Français ont une vision nettement moins libérale de la répartition des richesses. Pour 62 % d’entre eux, « il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres ». Sans doute ont-ils l’impression, en regardant l’explosion des profits du CAC 40, et le hit-parade des plus grosses fortunes, que « le gâteau » existe, et qu’il est déjà bien écœurant. Comment s’étonner qu’après un tel discours les perdants du système se prennent à douter de la démocratie ?
(1) Enquête annuelle sur les « fractures françaises », Ipsos, Fondation Jean-Jaurès, Sciences Po. Voir Le Monde daté du 10 juillet.
4. Article – Dr. Emmanuel et M. Macron: chronique d’une imposture écologique
Par Le Figaro. Le 5 mai 2022
– Mardi 12 décembre s’ouvrait à Paris le sommet pour le climat, permettant à Emmanuel Macron de se positionner à la tête de la lutte contre le réchauffement climatique. Pour Johann Emery, l’ambition écologique du Président de la République se heurte à ses convictions européennes.
Johann Emery est membre Critique de la raison européenne.
Avec l’ouverture ce mardi à Paris du sommet pour le climat, Emmanuel Macron réaffirme son ambition de faire de la France un acteur décisif sur la question écologique. Ce projet trouve ses racines dans son intention consistant à «Make our planet great again», exprimé habilement suite au retrait du président américain Donald Trump de l’Accord de Paris. Si nous ne pouvons que déplorer la décision de ce dernier, il importe tout de même d’admettre que malgré sa puissance symbolique indéniable, l’Accord de Paris demeure largement insuffisant pour espérer endiguer le processus de destruction de notre planète.
Cette destruction menace l’Homme lui-même et des experts estiment que près de 200 millions de personnes seront considérées comme des déplacés environnementaux, mais l’indifférence sur ce sujet semble généralisée. Brandir l’étendard du bien en se posant comme le défenseur de l’Accord de Paris comme le fait Emmanuel Macron est moralement coupable en plus d’être concrètement inefficace.
Une telle posture vise certainement à nous aveugler sur ses incohérences en matière écologique. Il est en effet légitime de craindre que la sensibilité écologique revendiquée d’Emmanuel Macron, relativement nouvelle et probablement opportuniste, ne finisse par se heurter à son adhésion sans faille à l’Union européenne et à la mondialisation néolibérale. Emmanuel Macron n’échoue jamais à afficher son européisme béat comme nous l’avait montrée la cérémonie de célébration de sa victoire à la présidentielle, placée sous les auspices de l’hymne à la joie. Pourtant, l’Union européenne telle qu’elle est construite et pensée idéologiquement est incompatible avec tous les engagements qu’il conviendrait de prendre pour défendre un programme résolument écologique et capable de sauver notre «maison commune».Passer la publicité
L’Union européenne est tout d’abord anti-écologique de par son ADN authentiquement libéral. L’Acte Uniquede 1986, qui sanctifie la libre-circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes, représente la quintessence de cette vision du monde, tout comme l’ensemble des traités qui l’ont suivi et n’ont en rien abdiqué cette croyance folle aux vertus de la circulation sans limites.
L’Union européenne acte le refus d’un modèle de société fondé sur la réhabilitation du local et des circuits courts, pourtant salvatrice pour nos terroirs comme pour l’environnement.null
L’Union européenne acte le refus d’un modèle de société fondé sur la réhabilitation du local et des circuits courts, pourtant davantage respectueux des savoir-faire des producteurs et dont le rôle est salvateur pour nos terroirs comme pour l’environnement. L’UE soutient même une philosophie fondamentalement antithétique à l’écologie en ceci que ses règlements et les traités de libre-échange qu’elle promeut, à l’instar du CETA qui est déjà appliqué sans pourtant avoir été ratifié par la France, imposent une distance toujours plus accrue entre le producteur et le consommateur et promeuvent des modèles de production allant toujours plus loin en matière d’élevage intensif.
La construction de la ferme-usine des 1000 vaches en Picardie était déjà suffisamment inquiétante, mais plus rien ne semble en mesure de s’opposer à la marche néo-libérale de l’Europe lorsque l’on découvre l’existence d’une ferme industrielle aux 2000 vaches à Kemberg en Allemagne. Une telle course au gigantisme, qui consacre par ailleurs notre droit à traiter l’animal comme un produit à l’usage des besoins humains et à le soumettre à l’inquiétante ivresse de notre toute-puissance, est évidemment encouragée par les traités de libre-échange qui poussent au nivellement par le bas des normes mais aussi par la logique de la PAC.
L’attribution des aides de la PAC dépend en effet du nombre d’hectares et pousse donc inexorablement les exploitants agricoles à agrandir leurs fermes. Cela va évidemment de pair avec le développement de modes de production qui contaminent l’environnement, notamment en raison de l’emploi d’engrais et pesticides très concentrés et nocifs. L’agriculture fait figure d’exemple parmi tant d’autres des erreurs funestes de l’Union européenne en matière d’écologie, mais c’est bien la logique de libre-échange qui lui est inhérente qui constitue le fond du problème. Emmanuel Macron ne compte aucunement revenir sur ce postulat fondateur des traités européens. Pire encore, il y souscrit.
Le deuxième problème majeur que pose l’Union européenne à tout écologiste convaincu réside dans le poids pris par les lobbies dans ses institutions et dans ses cercles de décisions. Comme l’a brillamment montré la juriste Anne-Marie Le Pourhiet, la Commission européenne est ainsi courtisée par des lobbies de grandes entreprises qui manœuvrent dans l’ombre afin de défendre des intérêts privés, par essence, contraires à l’intérêt général, et particulièrement à l’intérêt de la planète.
Les débats sur l’interdiction du glyphosate, un herbicide particulièrement controversé, ont constitué une démonstration probante de la tyrannie des lobbies à Bruxelles.null
Les débats sur l’interdiction du glyphosate, un herbicide particulièrement controversé, ont constitué une démonstration probante de la tyrannie des lobbies à Bruxelles. Nous savons à présent que l’agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a copié-collé, dans son rapport sur le glyphosate, plus d’une centaine de pages émanant d’un document produit directement par Monsanto, une entreprise américaine qui utilise du glyphosate pour produire son produit phare, le Roundup.
Cependant, le refus de voir le réel semble être la chose la mieux partagée au monde par les dirigeants européens. Quiconque s’interroge sur la prégnance des lobbies dans l’Union européenne ou encore sur l’existence de conflits d’intérêts, qui conduisent souvent à sacrifier les intérêts de la planète par ailleurs, est immédiatement voué aux gémonies au nom de l’accusation de complotisme. Emmanuel Macron, s’il était sincèrement animé de la sensibilité écologique qu’il prétend porter, dénoncerait le poids des lobbies à Bruxelles. Il ne le fera pas, pas plus qu’il ne le fait à l’échelle nationale. Cela n’est évidemment pas une surprise lorsque l’on connaît le poids des intérêts privés et des grandes fortunes dans sa campagne, mais n’en reste pas moins grave pour autant. Entre l’Union européenne et sa promesse d’interdire le glyphosate en France d’ici trois ans, Emmanuel Macron choisira certainement la première pour ne pas risquer toute querelle avec les commissaires européens.
Au-delà des pudeurs, voire de la servitude, d’Emmanuel Macron sur la question européenne, on peut regretter que son entourage soit traversé par des contradictions irréconciliables. La nomination au ministère de l’écologie de Nicolas Hulot aurait pu être de bon augure, mais la ligne qu’il incarne semble de plus en plus marginalisée, ce qui n’est pas surprenant lorsque l’on mesure l’étendue des différences qui l’opposent au Premier ministre Edouard Philippe, l’ancien directeur des affaires publiques d’Areva.
L’hypocrisie sur la question écologique est à l’image de la gouvernance de la France, fondée sur la volonté de satisfaire toutes les sensibilités intellectuelles, par la manipulation sémantique.null
Le projet du président français de prendre la tête du mouvement écologique au niveau mondial n’est rien d’autre qu’une façade idéologique, un excellent coup de communication, discipline dans laquelle Emmanuel Macron règne en maître. Son hypocrisie sur la question écologique est à l’image de sa gouvernance de la France, entièrement fondée sur l’ambivalence et l’ambiguïté, la volonté de satisfaire toutes les sensibilités intellectuelles, par la manipulation sémantique. Après avoir théorisé l’idée de souveraineté européenne sans demos européen, Macron nous vend l’écologie libre-échangiste comme nouvelle fin de l’histoire. Le monde décrit par George Orwell n’est jamais bien loin.
Emmanuel Macron espère en effet s’appuyer sur des mesures techniciennes, sur les progrès de la science et sur le bon vouloir des entrepreneurs pour régler le drame écologique dont notre terre est le théâtre. Il refuse néanmoins d’interroger les idéologies et le rapport fou à la consommation qui encadrent la vie des habitants des sociétés occidentales. Il existe une contradiction fondamentale entre la philosophie libérale qui l’anime et l’écologie politique. Tandis que le libéralisme repose sur le refus de toute entrave au marché, au nom du dogme de la concurrence libre et non faussée, l’écologie est conservatrice par essence et nous invite à nous donner des limites. Or notre société se meurt précisément du fait qu’elle a oublié l’idée chère à Aristote de juste mesure et criminalise toute éthique de la transmission.
L’urgence n’est plus au changement ou à la recherche effrénée de croissance, mais à la modestie et à l’acceptation de la finitude du monde et de l’homme lui-même. Une formule somptueuse d’André Thérive gagnerait à être méditée de tous, tant elle s’applique à l’écologie: «Ce que nous voulons poser par simple prudence, c’est le mécanisme du frein. La pente n’a pas besoin de défenseur.» Nous sommes cependant en droit de douter qu’Emmanuel Macron, comme la Commission européenne, qui se rejoignent dans une même soumission à l’hubris, sauront se montrer à la hauteur de l’histoire et tirer les leçons que l’urgence de la situation climatique rend pourtant indispensables.
5. ARTICLE – Emmanuel Macron, la démission et l’ombre de De Gaulle
Politique. Plusieurs voix à droite réclament désormais une présidentielle anticipée pour sortir de la crise politique.
Par Paul Chaulet. 05/09/2025 L’EXPRESS
Derrière Emmanuel Macron, un livre ouvert. Les Mémoires de guerre du général de Gaulle ornent le portrait officiel du chef de l’Etat. Depuis 2018, une croix de Lorraine est intégrée au logo de l’Elysée. Ces symboles préemptent une filiation politique. Le président de la République puise son inspiration dans la figure de l’homme du 18 juin, entre son goût pour la verticalité et sa défense d’une présidence jupitérienne, paré de noblesse politique. « Ce n’est pas la gauche, la France ! Ce n’est pas la droite, la France », professait le grand homme en 1958. Emmanuel Macron a théorisé le « en même temps », empruntant à son prédécesseur la mythologie d’un espace transpartisan.
Jean-François Copé a donc pris Emmanuel Macron au mot. Le maire de Meaux appelle le chef de l’Etat à un « geste gaullien » pour sortir la France de la crise, à quelques jours de la chute probable de François Bayrou : une démission, suivie d’une élection présidentielle anticipée. Le général n’a-t-il pas quitté ses fonctions après le référendum perdu de 1969 ? « Cela remettrait la Ve République debout. Nous
« Débat désagréable »
A droite, un tabou se lève autour d’un départ anticipé du chef de l’Etat. Le maire de Cannes David Lisnard souhaite que le président prenne « acte de son échec ». Valérie Pécresse, avec des mots
6. MACRON SOCIALISTE OU PAS SOCIALISTE ? RÉPONSE : OUI BIEN SŪR

7. ARTICLE – Macron ou l’ultime symptôme de la crise de régime
Ignorant les urnes comme les mobilisations, le chef de l’État tente encore de profiter du système ultra-présidentiel de la Ve République, au risque de la catastrophe démocratique. Non content d’avoir provoqué l’impuissance de la monarchie républicaine, il continue de paver la voie au pire.
Ellen Salvi. 5 septembre 2025 MARIANNE
Il suffit d’observer les noms des futurs « premiers-ministrables » qui circulent dans les médias pour mesurer la crise de régime dans laquelle le pouvoir macroniste, son entêtement et ses stratégies de courte vue ont plongé le pays.
Depuis l’annonce du vote de confiance le 8 septembre, devenu rapidement synonyme du départ de François Bayrou, les commentateurs de la vie politique, souvent renseignés par des « entourages » qui ne le sont guère, ont relancé une nouvelle partie de leur jeu de société préféré : le « Qui est-ce ? ». …
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8. ARTICLE – «C’est pas ma faute ! Ce sont les autres » : le leitmotiv d’Emmanuel Macron
Le chef de l’Etat estime que s’il est responsable de la dissolution, il n’est pas comptable de ses conséquences, qu’il impute à l’incapacité des forces politiques à former une coalition
Publié le 7 septembre 2025 L’OPINION Corinne Lhaïk
Le 8 septembre, François Bayrou demande un vote de confiance aux députés. Le 10 septembre, plusieurs mouvements appellent au blocage de la France
Qui est Emmanuel Macron ? Le Président défiant ses opposants d’un « qu’ils viennent [me] chercher ! » au moment de l’affaire Benalla ? Ou celui qui, interpellé sur le prix de l’essence en novembre 2018, rétorque : « Le carburant, c’est pas Bibi ! »
Face à ses responsabilités, le chef de l’Etat adopte des attitudes à géométrie variable. Sous son premier mandat, il endosse plutôt le rôle d’un hyperprésident, avec cet argument : le chef de l’Etat étant toujours responsable de tout aux yeux de l’opinion, autant prendre les choses en main….
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9. ARTICLE – Immigration: l’imposture sauce Macron
Dominique Labarrière 13 mai 2024. CAUSEUR
Valérie Hayer, le brave petit soldat envoyé en première ligne sur le front des prochaines élections européennes, demeure tristement embourbée dans des sondages en berne. Elle ne ménage pourtant pas ses efforts pour reprendre en boucle les arguments prémâchés sur l’immigration dont les fins penseurs de la macronie l’abreuvent et dont ils espèrent qu’ils mettront en difficulté l’adversaire RN qui, pour l’heure, fait la course en tête, loin devant. Pour cette stratégie du désespoir, ils n’hésitent pas à recourir à l’imposture grossière qui consiste, sur ce sujet, à raisonner en pourcentages et seulement en pourcentages.
Ils le font à la manière des pseudo « sociologues » si fort prisés des plateaux radio et télé du service public, dont le principal de l’activité consiste, confortablement installé le cul sur une chaise, à observer des statistiques, des courbes pour, sous couvert de commentaires ou de prétendues analyses, y faire coller au plus près leurs préjugés, leurs a priori dogmatiques et idéologiques. Cela me remet en mémoire une anecdote, assez ancienne sans doute mais toujours d’actualité. Dans une université, un plaisantin plutôt bien inspiré avait écrit sur le distributeur de papier hygiénique: « Diplômes de sociologie : servez-vous ! » Sans commentaire.
A lire aussi, Jordan Bardella: «Je suis l’enfant de la génération 2005-2015»
Vous jouez avec les peurs !
L’argument de la macronie sur l’immigration, repris comme à plaisir par la candidate, me semble effectivement sorti tout droit des cogitations de tels diplômés de latrines. Cela tient en quelques chiffres. Pour donner à croire au bon peuple que le risque de submersion migratoire, le « grand remplacement » ne seraient que fantasmes d’agitateurs de peurs imaginaires et manipulations de débiles fascisants, ils recourent de fait à l’artifice inépuisable des pourcentages.
En 1930, balancent-ils, la France comprenait 5% d’étrangers sur son sol. Aujourd’hui, en 2024, ce ne serait que 7%. Soit juste deux petits points de plus. Où serait le « flux migratoire » qu’on agite en épouvantail ! Or, voilà bien le nœud de l’imposture, car en 1930, la France comptait environ quarante millions d’habitants, alors qu’aujourd’hui nous sommes quelque soixante-cinq millions. Vous voyez d’ici l’arnaque : 5% de quarante millions, c’est deux millions. Alors que 7% de soixante-cinq millions représentent quatre millions cinq cent mille. Ainsi, converti en nombre, cette présence étrangère a donc plus que doublé pour, est-il besoin de le souligner, un territoire qui ne s’est pas pour autant agrandi.
Artifices
L’imposture se trouve aggravée, qui plus est, du fait que, à ce jeu-là, ce fameux pourcentage en trompe-l’œil ne pourrait que diminuer alors même qu’en nombre la présence étrangère ne ferait qu’augmenter. Cela par la magie du droit du sol qui gonfle le chiffre de la population officiellement française à quoi vient s’ajouter évidemment le nombre des naturalisations et autres artifices d’intégration.
A lire aussi: Immigration et démographie urbaine: les cartes à peine croyables de France Stratégie
En outre, de quelle immigration parle-t-on ? Celle de 1930 voyait arriver chez nous nos voisins ou presque voisins, Polonais, Italiens, Espagnols… Émigrés de nation, certes, mais non de civilisation : sources historiques peu ou prou semblables, références religieuses à peu près communes, principes et règles de vie sociale pour le moins compatibles, reconnaissance équivalente de la valeur travail, etc. Nos voisins, disais-je ! Mieux que cela, nos cousins. Tout au long de notre histoire, nous avons eu des reines, des régentes (les dames Médicis) italiennes, tel ministre, Mazarin, italien lui aussi.
Telle épouse de roi, mère du suivant, espagnole. Et Henri III roi de Pologne avant de l’être de France. J’en passe. Certes, nos sémillants rois et princes se foutaient allègrement sur la figure de temps à autre, mais cela se faisait dans une sorte d’entre-soi du meilleur ton. On se fréquentait donc de longtemps. Rien à voir, en effet, entre cette immigration-là et celle des temps présents.
Mépris de classe
Dès lors, on voit bien à quel point l’argumentation macronienne en la matière est gangrenée de malhonnêteté intellectuelle, de mépris pour l’intelligence du citoyen, de ce cynisme de classe dont la haute technocratie s’est fait une spécialité. Mais qui croient-ils abuser, ces beaux esprits ? Le pire, me semble-t-il, est qu’ils sont si radicalement coupés de la vraie vie, du monde tel qu’il est, de la réalité objectivement observable qu’ils en arrivent à se persuader qu’ils ont raison, qu’ils détiennent et professent l’absolue vérité. Pathétique ! Aussi, constatant ce qui se passe en ce moment-même dans les couveuses à élites diplômées du genre sciences po-po, on se dit que le papier hygiénique à un fort bel avenir devant lui.