Aller au contenu principal

DELPHINE ERNOTTE (2) FACE AU PARLEMENT : LES GRAVES MANQUEMENTS D’UN SERVICE PUBLIC SANS CONTRÔLE

1. UN SERVICE PUBLIC – INCONTRÔLÉ PAR L’EXÉCUTIF – QUI IMPROVISE SES PRATIQUES « MAISON » EN MARGE DES RÈGLES QUI S’IMPOSENT À LUI

L’audition d’Ernotte le 10 décembre 2025 a été tendue, avec des accusations de biais idéologiques et de dérive financière, mais elle s’est soldée par des promesses de réponses écrites sans mesures concrètes.

Ernotte fait face à une convocation du parquet de Paris pour abus de biens sociaux lié à un séjour d’état-major à Cannes en 2023

Les griefs adressés à Delphine Ernotte (PDG de France Télévisions) par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public portent principalement sur :

– la neutralité éditoriale,

– des soupçons de collusion, et

– la gestion financière du groupe

– le refus de répondre à la Commission et renvoi à des réponses écrites

Sources : Le Figaro, LCP, Europe 1, Le Monde


Neutralité et pluralisme de l’information


• Accusations d’« entorses au principe de neutralité » dans le traitement de l’information par l’audiovisuel public, en particulier France Télévisions.
• Mise en cause de certains contenus (notamment France TV Slash) considérés comme relayant une ligne militante et manquant de pluralisme sur des sujets sensibles (ex. affaire Adama Traoré).
• Rappels des mises en garde d’Arcom et critiques sur le fonctionnement du comité d’éthique de France Télévisions (moyens jugés insuffisants, sous‑signalement possible des manquements).
Collusions et conflits d’intérêts présumés
• Interrogations sur de possibles « collusions » entre dirigeants de France Télévisions et certaines sociétés de production, pouvant s’apparenter à des prises illégales d’intérêts selon le rapporteur.
• Questions sur les relations avec des responsables politiques après l’« affaire Legrand‑Cohen » (journalistes filmés en train d’échanger sur de la stratégie avec des cadres du PS), qui sert de déclencheur à la commission.


Gestion et dérive financières


• Soupçons de « graves dysfonctionnements financiers et budgétaires » ou de « dérive financière » dans la gestion de France Télévisions.
• Demandes de précisions sur l’usage des ressources publiques, la masse salariale, les coûts de certains programmes et la trajectoire globale de financement de l’audiovisuel public.


Gouvernance et transparence


• Critiques sur le manque de transparence : promesse récurrente de réponses « par écrit » plutôt que d’apporter des réponses détaillées en séance, perçue comme une manière d’éluder les questions.
• Questionnement sur une éventuelle tentative de retarder la publication d’un rapport de la Cour des comptes sur France Télévisions au moment de la reconduction de Delphine Ernotte, évoquée en commission.


Positionnement éditorial et rôle du service public


• Contestation de la qualification réitérée par Ernotte de CNews comme « chaîne d’opinion », jugée révélatrice d’un positionnement idéologique du service public face à certains concurrents privés.
• Interrogations plus générales sur la mission de service public, la place donnée à certaines sensibilités politiques et la façon dont l’audiovisuel public couvre les polémiques impliquant ses propres journalistes.

2. France TV Slash : un biais militant impossible à nier

Delphine Ernotte défend l’idée que France TV Slash reste, comme le reste de France Télévisions, tenu par une exigence de neutralité et de pluralisme, tout en relativisant les contenus polémiques en les ramenant à des cas isolés.


Ce qu’elle dit explicitement sur Slash


• Devant la commission d’enquête sur la neutralité du service public, elle présente les affaires visant France TV Slash comme des « anecdotes » ou des cas particuliers qui ne résument pas l’offre globale du groupe.
• Elle maintient que l’information de France Télévisions, y compris sur ses déclinaisons numériques, est « rigoureuse » et « impartiale », et que le service public doit « s’adresser à tous ».

Neutralité, chartes internes et contrôle


• Elle affirme que le principe de neutralité est un « principe cardial » de l’audiovisuel public et que France TV doit être « exemplaire » en matière de transparence et d’équilibre des points de vue, en renvoyant aux textes de référence et chartes internes qui s’appliquent aussi à France TV Slash.
• Elle reconnaît des « erreurs » ou « fautes » ponctuelles (bandeau de France Info, polémiques récentes) mais souligne que l’Arcom n’a « jamais sanctionné France TV pour malhonnêteté de l’information ou pour des manquements extrêmement graves », ce qu’elle utilise pour appuyer la thèse d’une neutralité globale du groupe, y compris de Slash.


Face aux critiques spécifiques sur le biais « militant » de Slash


• Interpellée sur le fait que France TV Slash relayerait une ligne militante (ex. affaire Adama Traoré, contenus jugés très marqués à gauche), elle ne conteste pas frontalement l’existence de polémiques, mais insiste sur le caractère marginal de ces contenus par rapport à l’ensemble de l’offre.
• Elle ne remet pas en cause l’existence de France TV Slash ni son positionnement vers un public jeune, mais refuse d’y voir un projet éditorial partisan, en l’intégrant dans la même obligation de neutralité et de pluralisme que l’ensemble de France Télévisions.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.