
EN 2019 LA CROIX ÉVOQUAIT LES FAITS ENTERRÉS PAR LA JUSTICE
…. « Autant d’éléments qui pourraient conduire le parquet de Paris à ouvrir une enquête, comme le réclament deux membres du gouvernement. Le parquet a répondu qu’il effectuait des vérifications avant de se prononcer sur cette éventualité. » Lit on dans La Croix d’août 2019 ( ARTICLE 1. )
… « Affaire Epstein :face au scandale, le prince Andrew s’efface de la vie publique « titre LA CROIX en 2019 qui écrit également : « Après des explications télévisées peu convaincantes concernant ses liens avec Jeffrey Epstein, le fils de la reine Elizabeth met «fin à ses engagements publics ». Les implications hors US de l’affaire Epstein occupent bien des pays et la Francecreste en marge … (ARTICLE 2)
IL Y A BIEN UNE AFFAIRE FRANÇAISE : L’OMERTA ?
Un omerta française s’est installée sur ces dossiers Epstein / Brunel en 2019. Et avant déjà : 2013, 2015, 2016.
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LES DOSSIERS EPSTEIN (3) CACHÉS PAR LA JUSTICE EN 2019/2022 FUITENT : L’ESCLAVE SEXUELLE FRANÇAISE D’EPSTEIN (3)
1. ARTICLE – Scandale Epstein: le Français Jean-Luc Brunel, un chasseur de mannequins au coeur des accusations
Modifié le 16 août 2019 LA CROIX AFP
Au coeur de l’affaire Jeffrey Epstein, poursuivi pour viols sur mineures et retrouvé mort en prison la semaine dernière à New-York, figure un Français, proche du milliardaire américain, Jean-Luc Brunel, recruteur international de mannequins, accusé de viols et d’avoir fourni des jeunes filles à son ancien ami.
Ce retentissant scandale de trafic sexuel d’adolescentes a d’abord pour cadre les Etats-Unis, notamment les propriétés de M. Epstein à Manhattan et en Floride ou à bord de son jet surnommé « Lolita Express ».
Mais une partie des faits a pu se dérouler dans son appartement de l’avenue Foch, près de l’Arc de Triomphe, longtemps fréquenté par Jean-Luc Brunel. « Il appartient aux enquêteurs (…) de faire la lumière sur l’usage de l’appartement acquis par monsieur Epstein », avait indiqué le 23 juillet l’association Innocence en danger en réclamant une enquête au parquet de Paris.
Jeffrey Epstein, membre de la jet-set américaine dont l’entourage a compté un temps Bill Clinton, Donald Trump ou encore le prince Andrew, fils de la reine Elizabeth II, sollicitait très régulièrement des « massages » qui, selon l’enquête américaine, tournaient aux rapports sexuels forcés.
A la rubrique « massages » de son carnet d’adresses, révélé en 2015 par le site américain Gawker, une trentaine de noms figure au chapitre « France ».
Autant d’éléments qui pourraient conduire le parquet de Paris à ouvrir une enquête, comme le réclament deux membres du gouvernement. Le parquet a répondu qu’il effectuait des vérifications avant de se prononcer sur cette éventualité.
Jean-Luc Brunel, septuagénaire disparu des radars, serait-il le premier concerné par une telle procédure en France ? Le nom du fondateur en 1978 de la prestigieuse agence Karin Models, parti aux Etats-Unis lancer MC2 Model Management, apparaît en effet dès la première enquête sur M. Epstein, en 2007-2008.
Des extraits en ont été révélés en 2015 grâce à la procédure civile lancée par Virginia Roberts Giuffre, une femme qui affirme avoir été l' »esclave sexuel » du milliardaire et avoir été forcée à coucher avec M. Brunel.
A l’époque, au moins deux messages troublants ont été retrouvés par la police de Floride, dont celui-ci, noté en 2015 par un domestique après un coup de fil de « Jean-Luc »: « Il a une prof pour vous, pour vous apprendre à parler russe. Elle a 2×8 ans, pas blonde. Les leçons sont gratuites et vous pouvez avoir la première aujourd’hui si vous appelez. »
Pour les avocats de Mme Giuffre, il s’agirait de la mise à disposition d’une Russe de 16 ans pour un de ces « massages » suspects.
– « Droguée et violée » –
« J’ai décidé d’intenter des poursuites judiciaires en France et aux Etats-Unis contre des allégations qui me causent un préjudice considérable », avait déclaré M. Brunel en 2015 au Guardian, dans sa seule déclaration connue. Il déposa plainte aussi contre M. Epstein, mais aucune de ces procédures n’a prospéré.
Quant aux accusations de viols, des mannequins en faisaient état dès 1988 dans un documentaire de CBS. Et Mediapart a diffusé mardi le témoignage d’un ancien mannequin néerlandais, Thysia Huisman, qui affirme avoir été « droguée et violée » à cette époque par M. Brunel. Elle avait 18 ans.
« Nous avons été contactés par plusieurs mannequins qui ont été représentés par MC2 et Karin au sujet d’accusations de potentiels trafic sexuel et abus sexuels », a déclaré à l’AFP Sara Ziff, une ancienne top model ayant fondé en 2012 l’association new-yorkaise Model Alliance, consacrée à la défense des droits des mannequins.
Dans le monde du mannequinat, « tout le monde était au courant de ces pratiques depuis des années, mais ne disait rien, il y a une espèce d’omerta », a affirmé à l’AFP Ekaterina Ozhiganova, co-fondatrice en France de l’association Model Law.
« Ce n’est pas la première fois que des gens de pouvoir bénéficient d’un traitement favorable » garantissant l’impunité sur des années, note cette mannequin de 26 ans, soulignant la similitude avec l’affaire Weinstein, ce scandale qui a secoué Hollywood et lancé le mouvement #MeToo en 2017.
« Les agresseurs potentiels gravitent autour de ces métiers liés au corps, comme le mannequinat », dit-elle. « Ça leur permet de côtoyer des proies faciles », analyse-t-elle.
2. ARTICLE – Affaire Epstein : face au scandale, le prince Andrew s’efface de la vie publique
Par Pierre Cochez. 21 novembre 2019 LA CROIX
Après des explications télévisées peu convaincantes concernant ses liens avec Jeffrey Epstein, le fils de la reine Elizabeth met «fin à ses engagements publics ».
Le prince Andrew a annoncé, mercredi 20 novembre, « mettre fin à ses engagements publics ». Le troisième enfant de la reine Elizabeth explique dans un communiqué : « il est devenu clair pour moi ces derniers jours que les circonstances de mes liens passés avec Jeffrey Epstein sont devenues une perturbation majeure du travail de ma famille et du (mien) ».
Affaire Jeffrey Epstein : quelle justice pour ses accusatrices ?
Plusieurs entreprises avaient annoncé au préalable prendre leurs distances avec le Prince Andrew et les œuvres qu’il soutient. C’est le cas, notamment, de la banque britannique Standard Chartered, de l’opérateur British Telecom ou du cabinet de conseil de d’audit KPMG.
L’image du prince s’est assombrie un peu plus depuis son entretien, samedi 16 novembre, à la BBC, qualifié de « désastreux » par les observateurs. Le prince Andrew l’avait voulu, pour expliquer ses liens avec le financier Jeffrey Epstein, pedo criminel américain condamné dans une affaire de prostitution en 2008, et retrouvé pendu dans la cellule où il attendait un nouveau jugement en août dernier.
Pour ces explications, le prince avait choisi le cadre de Buckingham Palace, résidence officielle des souverains britanniques. Il spécifiait que c’était avec l’ex-compagne de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, qu’il entretenait une amitié. Mais, le prince justifiait son séjour de quatre jours chez Jeffrey Epstein, en 2010, par le fait qu’il voulait lui signifier, en face-à-face, la fin à leur relation amicale. Un geste qu’il qualifiait « d’honorable » face au financier américain dont le comportement avait été « inconvenant ». La journaliste de la BBC lui rétorquait alors qu’il s’agissait d’un « délinquant sexuel ».
Démenti quant à une relation sexuelle avec une mineure
Dans cet entretien de 45 minutes, le prince Andrew montrait peu de compassion pour les victimes de Jeffrey Epstein. Il niait connaître Virginia Roberts qui affirme avoir été forcée d’avoir des relations sexuelles avec lui, à Londres en 2001 alors qu’elle avait 17 ans, puis à deux autres reprises à New York et sur l’île privée de Jeffrey Epstein dans les Caraïbes. Il n’expliquait pas la photographie les montrant ensemble.
Trois questions sur les liens entre la reine d’Angleterre et l’anglicanisme
Les liens décrits ou niés dans l’entretien de samedi étaient connus depuis plusieurs années. En 2011, il avait été déjà mis fin aux activités du prince comme représentant spécial du gouvernement pour le commerce international. Quatre ans plus tard, le Palais de Buckingham opposait, de manière exceptionnelle, deux démentis aux accusations de Virginia Roberts.
Pour l’instant, le deuxième fils de la reine reçoit une allocation de la Couronne de 249 000 livres (291 330 €) par an, à laquelle s’ajoute une retraite d’officier de marine de 20 000 livres (23 400 €), le prince ayant notamment pris part au conflit des Malouines. Il a assumé cette année 259 engagements pour la Couronne en Grande-Bretagne et 135 à l’étranger. Il est à la tête ou siège au conseil d’administration de 175 associations ou ONG, œuvrant dans l’éducation, l’armée, les arts, la santé et les sports.
Ces activités devraient donc s’arrêter après l’annonce du mercredi 20 novembre. « J’ai demandé à Sa Majesté si je pouvais me retirer de mes engagements publics dans un avenir proche », ajoute le prince, précisant que la reine lui avait « donné sa permission ».