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LA PROMESSE (254) D’UN PLAN ÉNERGÉTIQUE : DE REPORTS EN REVIREMENTS DEPUIS 10 ANS

Des éditions successives marquées par des retards récurrents d’adoption et des reports d’objectifs depuis 2016

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est le principal document stratégique de la politique énergétique française, créé par la loi de transition énergétique de 2015. Elle fixe les objectifs pour le mix énergétique, l’efficacité et les renouvelables.

Mais ses éditions successives ont été marquées par des retards récurrents d’adoption et des reports d’objectifs, comme la réduction de la part du nucléaire de 75% à 50% initialement prévue pour 2025 puis repoussée à 2035.

Chronologie chaotique des PPE


PPE 2016-2023 : Adoptée le 27 octobre 2016, après des reports (annoncée pour mai, puis septembre), couvrant initialement 2016-2018 puis 2019-2023.


PPE 2019-2028 : Projet en 2017, débat public 2018, adoptée le 21 avril 2020 après consultations en 2019-2020, avec reports dus à la crise sanitaire et concertations.

PPE 2025-2035 (PPE3) : attendue depuis 3 ans !

Le gouvernement publie enfin ce jeudi 12 février la très attendue feuille de route énergétique de la France

Cette PPE3 arrive après la PPE1, approuvée par décret en 2016, et la PPE2, votée en avril 2020 pour la période 2019-2028.

DES CHANGEMENTS DE DERNIÈRE HEURE ! Après 3 ANS DE Tergiversations

Elle sera différente de la version soumise à consultation du public en mars dernier, car elle intègre les derniers scénarios du gestionnaire du réseau d’électricité à haute tension RTE, qui a revu à la baisse ses prévisions de consommation électrique en France à horizon 2030.

Consultations lancées fin 2023, projet de loi abandonné en 2024, nouvelle consultation fin 2024, adoptée par décret le 12 février 2026 (n°2026-76), couvrant finalement 2025-2035 malgré les années perdues.


Principales promesses reportées


Ces retards s’expliquent par des désaccords politiques (nucléaire vs renouvelables), concertations prolongées et instabilités gouvernementales.

Les retards récurrents des Programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE) en France

s’expliquent par plusieurs facteurs interconnectés, identifiés à travers les éditions successives depuis 2016.


Désaccords politiques


Les controverses sur le mix énergétique opposent pro-nucléaires et partisans des renouvelables, bloquant les arbitrages. Par exemple, la PPE3 a été retardée par des oppositions de la droite et du RN aux EnR terrestres, repoussant l’adoption de 2023 à février 2026.


Concertations prolongées


Les débats publics et consultations (PPE2 en 2019-2020, PPE3 fin 2023-2024) s’éternisent, amplifiés par la crise sanitaire pour la PPE2 et les instabilités gouvernementales (dissolution Assemblée) pour la PPE3.


Crises externes


La guerre en Ukraine (2022) et la crise énergétique ont priorisé la souveraineté sur la transition, modifiant les priorités et reports (ex. : charbon à 2027 au lieu de 2022).


Procédures administratives lentes


Autorisations trop longues pour les projets EnR (solaire, éolien) et manque de visibilité freinent l’exécution, créant un cercle vicieux de retards sur les objectifs.

ARTICLE – Après 3 ans d’attente, le gouvernement dévoile enfin sa stratégie énergétique d’ici 2035… Et s’attire les foudres de Bruno Retailleau et Marine Le Pen

Publié le 12/02 BFM

Le gouvernement publie ce jeudi 12 février la très attendue feuille de route énergétique de la France, document crucial pour la souveraineté et la compétitivité du pays, maintes fois retardé pour cause d’antagonismes politiques et d’instabilité gouvernementale.

Fin du suspense. Sébastien Lecornu va dévoiler les contours de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2025-2035 lors d’un déplacement dans le Jura, où il se rendra sur les barrages hydroélectriques de Saut-Mortier et de Vouglans.

C’est à l’occasion d’une table-ronde que le Premier ministre indiquera la part qui reviendra à chaque filière dans la production d’énergie en France au cours des 10 prochaines années. Notamment quelle part pour le nucléaire, l’éolien, le solaire, l’hydraulique…

Une feuille de route maintes fois retardée

Voilà près de 3 ans que la publication de cette PPE était attendue par les acteurs du secteur, pour pouvoir lancer les projets, anticiper les besoins en investissements, en compétences et en emplois.

Mais ce texte, qui sera publié dans un décret au Journal officiel vendredi matin, a donné lieu à d’âpres débats dans la classe politique entre partisans du tout-nucléaire et ceux en faveur d’un mix énergétique donnant la part belle aux énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien.

« Ce décret s’inspirera de toutes les discussions que nous avons eues avec les uns et les autres », a assuré Roland Lescure, le ministre de l’Économie, devant les sénateurs mercredi.

« Et face à l’urgence géopolitique, face à l’urgence économique, face à l’urgence industrielle et face à l’urgence climatique, notre responsabilité à tous, c’est d’avancer », a-t-il ajouté.

La PPE, ce sont « des appels d’offres qui doivent être lancés, ce sont des éoliennes qui doivent être installées, c’est des réacteurs (nucléaires) qui doivent être financés », a fait valoir le ministre.

« Dépendance géopolitique »

Le patron de la droite Bruno Retailleau a au contraire demandé au gouvernement de renoncer à publier la PPE, dans une tribune publiée par L’Opinion. Le chef des Républicains, qui avait déjà réclamé un moratoire sur le solaire et l’éolien l’été dernier, s’attirant les foudres de ses alliés du centre au gouvernement, veut qu’il soit mis « un terme au financement public » des renouvelables.

Lundi, c’est la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen qui a dénoncé « une lourde faute du Premier ministre » en cas de publication de la PPE.

« La ‘vraie faute’ serait de ne rien faire », lui a répliqué sur X Sébastien Lecornu en pointant la « dépendance géopolitique » aux hydrocarbures devenue « dangereuse ».

Le Premier ministre, qui vient de clore le marathon du budget après des mois de tractations, entend désormais aller de l’avant en purgeant ce dossier très sensible mais jugé prioritaire.

Une production d’électricité déjà décarbonnée à 95%

Sébastien Lecornu a déjà confirmé dimanche que six réacteurs nucléaires de nouvelle génération de type EPR seraient « inscrits dans la PPE et huit supplémentaires en option », conformément aux annonces d’Emmanuel Macron en 2022, alors que la précédente PPE (2019-2024) prévoyait de fermer des réacteurs nucléaires.

Côté renouvelables, il a promis des investissements « dans l’éolien en mer, le photovoltaïque, la géothermie » et l’éolien terrestre. Mais ce dernier étant « parfois source de conflit localement », priorité sera donnée à l’augmentation de puissance des éoliennes existantes plutôt qu’aux nouveaux parcs.

Une partie du parc a plus de 20 ans et « au lieu d’ajouter des mâts supplémentaires qui parfois effectivement posent des débats locaux (…) on privilégie cette modification », a résumé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Cette PPE3 arrive après la PPE1, approuvée par décret en 2016, et la PPE2, votée en avril 2020 pour la période 2019-2028

Elle sera différente de la version soumise à consultation du public en mars dernier, car elle intègre les derniers scénarios du gestionnaire du réseau d’électricité à haute tension RTE, qui a revu à la baisse ses prévisions de consommation électrique en France à horizon 2030.

SUR LE MÊME SUJET

Selon ce dernier, la dynamique d’électrification de la France accuse un « retard » alors que le pays « dispose de l’avantage quasi-unique en Europe d’une production d’électricité particulièrement abondante et déjà décarbonée à 95% ».

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