
ARTICLE – Et si le Canada rejoignait l’UE ? Le ministre des Affaires étrangères relance l’idée
Martin Lagrave. 18/03/2026 PARIS MATCH
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a évoqué la possibilité d’un rapprochement inédit entre le Canada et l’Union européenne, dans un contexte de recomposition des équilibres internationaux et de tensions persistantes avec les États-Unis.
L’idée à de quoi faire sourire, mais parait de moins en moins farfelue. Alors que le Canadaest aux prises avec une relation de plus en plus antagoniste avec les États-Unis sous Donald Trump, l’idée d’un rapprochement, même symbolique, avec l’Union Européenne (UE) fait son bout de chemin. Alors qu’au début de sa deuxième présidence, Donald Trump parlait souvent de transformer le Canada en un « 51e État », ce dernier pourrait-il finalement devenir le 28eme état de l’UE ?
Ce mardi 17 mars, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot participait à la conférence Europe 2026 de Berlin et a fait valoir que l’UE attire de plus en plus de partenaires bien au-delà de ses frontières alors que les tensions géopolitiques augmentent. « Neuf pays sont aujourd’hui officiellement candidats à l’adhésion à l’UE. D’autres pourraient les rejoindre », a-t-il déclaré. « L’Islande d’ici quelques semaines ou quelques mois ». Avant d’ajouter, provoquant des rires dans la salle : « Et peut-être le Canada à un moment donné », raconte Politico.
« De nombreux pays à travers le monde souhaitent se rapprocher de notre union »
Si la déclaration de Jean-Noël Barrot n’était pas une proposition sérieuse et officielle, elle traduit un argument plus général selon lequel l’UE se veut comme une « troisième superpuissance » capable de contrebalancer les rivalités entre les États-Unis, la Chine et la Russie. Le ministre français a présenté l’Europe comme étant dans une position unique pour rapprocher les pays grâce à son poids économique, son modèle démocratique et son pouvoir réglementaire. « De nombreux pays à travers le monde souhaitent se rapprocher de notre union », a-t-il déclaré.
Plutôt dans la journée, le président finlandais Alexander Stubb suggérait au Premier ministre canadien Mark Carney qu’il devrait lui aussi « réfléchir » à l’adhésion à l’UE. Si le chef du gouvernement canadien a déjà fermé la porte à une telle hypothèse en début d’année, sondage réalisé en 2025 mesurait à 44 % la part de la population canadienne favorable à une adhésion à l’Union européenne. Un chiffre impensable il y a dix ans.
Si une adhésion du Canada au sens strict du terme semble impossible, notamment pour des raisons géographiques, ces déclarations témoignent d’une volonté de rapprochement stratégique. Le Canada aspirant depuis plusieurs mois à davantage d’autonomie vis-à-vis de son voisin. Dernièrement, Ottawa a remis en cause plusieurs contrats d’armement avec Washington, et notamment au sujet des F-35.