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EPSTEIN/AIDAN (22) : L’ENQUÊTE ADMINISTRATIVE ( DE BARROT ) TRONQUÉE ET CACHÉE … POUR MASQUER LES RESPONSABILITÉS POLITIQUES AU PLUS Ht NIVEAU

1. L’exécutif français s’est montré – avec grande constance – timoré sur l’ensemble des événements ( notamment : 2016, 2019 à 2023, 2026 … ) relatifs aux viols et à la pedocriminalité

Suite aux révélations de janvier 2026, il a fallu attendre un mois pour que la justice ( le parquet ) et l’exécutif se saisissent des dossiers.

Macron a d’abord déclaré qu’il s’agissait d’une affaire américaine et par la suite son proche ministre des affaires étrangères étrangères a prétendu lancer une enquête administrative pour faire la vérité.

Emmanuel Macron a en effet minimisé l’ampleur en France, estimant que l’affaire concerne « surtout les États-Unis » et que la justice doit travailler « dans le calme », en marge d’un déplacement. Il n’a pris aucune mesure, notamment sur le plan administratif ( la seule action qu’il a sollicitée c’est l’enquête tronquée et cachée de Barrot ) . Il n’a pas davantage soutenu l’intervention du Parlement.

En réalité, cette enquête ne traite que d’une partie infime des dossiers pour lesquels les affaires étrangères, le gouvernement et la présidence ont eu à connaître.

De surcroît, les conclusions ne sont pas communiquées. Ni aux citoyens, ni aux parlementaires chargés de contrôler l’action de l’exécutif. Rappelons par ailleurs que la macronie refuse l’enquête parlementaire qui s’impose pourtant sur un tel dossier ou l’administration comme la justice ont pratiqué l’opération et l’étouffement.

2. L’enquête de la police, du parquet et des juges sur Epstein ( clients, complices, témoins ) entre 2019 et 2023 était déjà jugée partielle, bâclée et brutalement enterrée.

L’enquête française de la police et des juges sur Epstein ouverte en 2019 et close par un non-lieu en 2023, est critiquée pour son manque d’ambition et ses renoncements multiples, malgré des signalements précoces d’associations comme Innocence en danger et Femme et libre.

Le périmètre a volontairement été strictement restreint, avec ocalisation quasi exclusive sur Jean-Luc Brunel, sans explorer systématiquement l’appartement parisien d’Epstein (usage comme lieu de trafic présumé) ni ses fréquents séjours en France (une douzaine par an).

On peut déplorer – sans en comprendre les raisons – une absence totale d’investigation sur d’autres complicités françaises signalées, comme des rabatteurs potentiels ou des personnalités nommées dans les documents américains dès 2019-2022.

Par ailleurs il y eu une négligences caractérisée – qui n’a pu qu’être relevée par les autorités de la police, du parquet et des juges – sur les pistes et données.

Il n’y a eu aucune exploitation ou vérification minimales de signalements de victimes, plaintes associatives et éléments de presse étrangère (mails, témoignages, cahiers noirs), malgré une masse de données reçues des États-Unis.

Aucun croisement entre les données françaises (fichiers police, bancaires) et américaines, avec des alertes spécifiques (ex. : sur Fabrice Aidan) non traitées judiciairement.

La snthèse a été limitée aux auditions US par l’OCRVP, sans poursuites élargies malgré des mentions d’actes sexuels à Paris et dans le sud de la France impliquant des mineures.

Les moyens avaient été sus-dimensionnement des moyens ( Enquête confiée sans équipe dédiée ni stratégie globale, aboutissant à un “mutisme” sur les victimes oubliées et les démissions étrangères (10+ personnalités aux EU).

La clôture s’est avérée prématurée après le suicide de Brunel en 2022, sans réanalyse intégrale avant 2026, forçant aujourd’hui une reprise titanesque par cinq magistrats référents.

Ces échecs, qualifiés d’“errements” ou de “silence imposé”, contrastent avec l’ouverture récente de deux enquêtes cadres (traite sexuelle et infractions financières) pour rattraper les angles morts.

3. EN MÊME TEMPS – EN 2019 DÉJÀ – L’EXÉCUTIF INFORMÉ AU PLUS HAUT NIVEAU AVAIT FAIT MINE D’IGNORER LES AFFAIRES

En 2019, membres du gouvernement français – rapidement rappelés à l’ordre par la garde des sceaux et invités à inverser leur discours – sont intervenus principalement par des déclarations publiques appelant à la justice pour les victimes ou encourageant les signalements,

Marlène Schiappa (secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes) et Adrien Taquet (secrétaire d’État à la Protection de l’enfance) ont en effet réclamé l’ouverture d’une enquête en France, soulignant les liens avec la France mis en lumière par l’enquête américaine et l’importance pour les victimes.

Nul doute que les deux têtes de l’exécutif ont été impliqués dans le rappel à l’ordre en direction des deux ministres et au déni sur la gravité de ces affaires.

Nicole Belloubet, alors garde des Sceaux, a rappelé publiquement l’indépendance de la justice, soulignant que le gouvernement ne pouvait ni demander ni ordonner d’enquêtes individuelles depuis la loi de 2013 sur la séparation des pouvoirs. Le parquet a indiqué analyser les éléments transmis par les États-Unis et procéder à des “premières vérifications” pour évaluer l’opportunité d’une enquête sur le sol français, sans s’engager plus loin.

De cette inertie volontaire et coordonnée il s’en est suivi l’absence de tout impact opérationnel

Aucune ouverture immédiate d’information judiciaire n’a découlé de ces déclarations ; l’enquête formelle n’a été confiée qu’en octobre 2019 à l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRVP), sous pression d’associations comme Innocence en danger, indépendamment des ministres.

Les prises de position des secrétaires d’Etat ont été critiquées comme une ingérence potentielle et un risque diplomatique, sans suite disciplinaire ou procédurale pour les secrétaires d’État concernés. Ces interventions sont restées symboliques, relayant l’alerte d’associations sans modifier le calendrier judiciaire, qui a abouti à un non-lieu en 2023 avant la réouverture en 2026.

4. L’ENQUÊTE TRONQUÉE ET CACHÉE DE BARROT SUR LE SCANDALE DE LA GESTION DE L’AFFAIRE AIDAN

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a émis un signalement au parquet de Paris mi-février,

c’est à dire 6 semaines après les révélations de janvier.

et 13 ans après les gravissimes événements et accusations de 2013 ( puis 2016 )

Le ministre s’était dit « effaré » et « indigné » par les révélations mettant en cause le diplomate français. Outre le signalement à la justice, il avait diligenté une enquête interne et lancé une procédure disciplinaire.

Cette enquête interne, lors de laquelle une « trentaine »d’auditions ont été menées, est terminée, a indiqué ce mardi le Quai d’Orsay, ajoutant avoir transmis le rapport à la justice. Des « mesures disciplinaires sont par ailleurs à l’examen », a ajouté le ministère dans un communiqué, sans plus de détail.

Nul sait – ou plutôt il paraît peu probable – si l’enquête a porté sur l’ensemble des faits autour d’Aidan depuis les révélations de 2013 puis 2016 : quels sont les responsables politiques et administratifs ( fonctionnaires, ministres, président de la République, premier ministre…) qui ont couvert :

– son exfiltration des États Unis,

– l’absence d’enquête administrative,

– le refus de sanctions disciplinaires

– le renoncement à saisir le parquet …

Il y a manifestement eu non-dénonciation de crime ou délit par la hiérarchie administrative et politique et vraisemblablement des décisions de dissimulation

Aujourd’hui, il semblerait – mascarade – qu’il soit envisagé des poursuites disciplinaires contre le seul AIDAN, aucun agent public en défaut, aucun membre de cabinet impliqué, ni membre de l’exécutif

Cocasse : Le ministre a déclaré attendre « des éléments étayés par l’enquête administrative » avant de commenter… alors que le rapport est bouclé .

Il s’agit d’un grave dysfonctionnements du Quai d’Orsay et des membres de l’exécutif qui ont eu à connaître l’affaire en 2013 puis en 2016

C’est un point central : pourquoi l’administration et l’exécutif n’ont pas saisi la justice en 2013 ou 2016 . Y a t il existence d’une culture de dissimulation responsabilités hiérarchiques

C’est ce que certains décrivent comme : “une affaire dans l’affaire”  

5. CE QUE LA JUSTICE ET LE PARLEMENT DOIVENT APPROFONDIR ( COMMISSION D’ENQUÊTE )

Sauf si le contenu du rapport d’enquête administrative réserve des surprises …

L’Assemblée nationale ou le Sénat ( la justice également ) devraient:

– ouvrir une commission d’enquête

– auditionner : ministres actuels et anciens, premiers ministres, hauts fonctionnaires responsables de la chaîne hiérarchique et anciens, membres de cabinet …

… afin de comprendre pourquoi la justice n’a pas été saisie en 2013 ou 2016 …

… et d’identifier d’éventuelles responsabilités politiques au plus haut niveau

( le ministre des affaires étrangères, le premier ministre et le président de la République n’ont pas pu rester à l’écart de cette grave affaire de pedocriminalité – ne serait ce que par voie de presse, notamment lors de la sortie du livre sur le Quai d’Orsay )

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