
MISE A JOUR
3. ARTICLE – Affaire MSC: Anticor réclame un procès pour Alexis Kohler, contre l’avis du PNF
François BECKER 7 octobre 2026
Anticor ne désespère pas d’un procès contre Alexis Kohler: l’association demande aux juges de renvoyer l’ancien bras droit d’Emmanuel Macron pour prise illégale d’intérêts, malgré le non-lieu réclamé par le parquet national financier (PNF).
Alexis Kohler, qui conteste toute infraction, est mis en examen depuis quatre ans dans ce dossier autour de ses liens familiaux avec l’armateur MSC, qui a marqué le premier quinquennat du chef de l’État.
Six ans après l’ouverture de l’information judiciaire, le PNF a demandé fin août aux juges d’instruction de clore cette affaire par un non-lieu.
Mais Anticor, qui bénéficie d’un agrément du Premier ministre pour représenter en justice l’intérêt général dans les dossiers de probité et de corruption, résiste.
L’association soutient depuis son origine la procédure, comme partie civile, et a déjà ferraillé par le passé avec le parquet pour permettre que les investigations continuent.
Fin septembre, les juges d’instruction ont été destinataires d’observations formées par son conseil, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. Elle demande aux juges de « ne pas suivre les réquisitions » de non-lieu, et de renvoyer M. Kohler, aujourd’hui directeur général adjoint à la Société générale, en procès.
Sollicitée par l’AFP, l’association explique « poursuivre pleinement son action dans ce dossier ». Elle a transmis ses observations après avoir constaté que le PNF était « constant dans sa position »: « tout au long de la procédure, (il s’est) systématiquement positionné contre les poursuites visant Alexis Kohler, contrairement au juge d’instruction ».
Sollicitée, la défense d’Alexis Kohler n’a pas souhaité réagir.
– « Chef de gare » –
Proche parmi les proches d’Emmanuel Macron, Alexis Kohler, 53 ans, a accompagné son ascension politique, jusqu’au sommet de l’État. Il a été son directeur de cabinet au ministère de l’Économie puis secrétaire général de l’Élysée de 2017 à 2025, une longévité exceptionnelle dans ces fonctions.
Dans cette affaire, il est mis en cause pour avoir participé comme haut fonctionnaire à plusieurs décisions relatives au groupe franco-italien MSC, dirigé par les cousins de sa mère, la famille Aponte.
La portée du dossier a été nettement réduite cet été, lorsque la cour d’appel de Paris a décidé que tous les faits antérieurs à 2014 étaient prescrits, après une série de rebondissements judiciaires allant jusqu’à la Cour de cassation.
Anticor estime cependant que M. Kohler ne doit pas moins rendre de comptes pour la partie des faits non prescrits: ceux commis entre le 1er septembre 2014 et le mois d’août 2016, alors qu’il était directeur de cabinet de M. Macron au ministère de l’Économie, selon la source proche du dossier.
Depuis le début, la défense affirme que M. Kohler s’est toujours tenu à l’écart de toute décision relative à MSC, qu’il a informé ses supérieurs de l’existence de liens familiaux « très au-delà de ses obligations déontologiques », et qu’aucun enrichissement personnel ne lui est reproché.
La partie civile, elle, estime qu’Alexis Kohler est allé bien au-delà du rôle de « chef de gare » qu’il décrit, en organisant des réunions, recevant des notes préparatoires, ou en rendant des arbitrages en amont d’une opération de recapitalisation à laquelle MSC était candidate, a précisé la source proche du dossier.
Anticor demande également aux juges de considérer les soupçons de trafic d’influence autour du poste de directeur financier de MSC que M. Kohler a occupé après son départ de Bercy.
M. Macron avait exprimé à plusieurs reprises sa « confiance » en M. Kohler, et lui avait aussi apporté son soutien via une « note personnelle » mi-2019 envoyée au PNF, assurant qu’il n’était jamais intervenu, au moment où il était son directeur de cabinet à Bercy, dans des dossiers liés à MSC. Cette note avait suscité une vive polémique.
La suite est désormais entre les mains du magistrat instructeur: soit il choisit de suivre les réquisitions du ministère public, et met un terme sans poursuites à ce dossier, soit il ordonne un procès.
1. Affaire Alexis Kohler : le parquet requiert un non-lieu en faveur de l’ex-secrétaire général de l’Elysée, mis en examen pour prise illégale d’intérêts
Le juge d’instruction doit désormais se prononcer, soit en suivant les réquisitions du parquet, ce qui mettrait un terme au dossier qui a marqué le premier quinquennat du chef de l’Etat, soit en renvoyant Alexis Kohler, 53 ans, en procès.lire plus tard92 commentaires
franceinfo avec AFP 23/09/2026
Un non-lieu a été requis au bénéfice de l’ex-bras droit d’Emmanuel Macron, Alexis Kohler, dans l’enquête pour prise illégale d’intérêts autour de ses liens familiaux avec l’armateur MSC, a annoncé le Parquet national financier (PNF) à l’AFP mercredi 23 septembre. Le juge d’instruction doit désormais se prononcer, soit en suivant les réquisitions du parquet, ce qui mettrait un terme au dossier qui a marqué le premier quinquennat du chef de l’Etat, soit en renvoyant Alexis Kohler, 53 ans, en procès.
Alexis Kohler, mis en examen depuis 2022 dans ce dossier, est aujourd’hui directeur général adjoint de la Société générale. Proche d’Emmanuel Macron, il a été son directeur de cabinet au ministère de l’Economie puis secrétaire général de l’Elysée de 2017 à 2025. La justice l’a mis en cause pour avoir participé, comme haut-fonctionnaire, à plusieurs décisions relatives au groupe franco-italien MSC, dirigé par les cousins de sa mère, la famille Aponte.
Soutenu par Emmanuel Macron
Sa défense affirme qu’il s’est toujours tenu à l’écart de toute décision relative à MSC et qu’il a informé ses supérieurs de l’existence de liens familiaux « très au-delà de ses obligations déontologiques ». « Personne [n’a] jamais été avantagé par son comportement et il ne lui est pas reproché un quelconque enrichissement personnel », affirmait sa défense dans un communiqué fin 2024.
Emmanuel Macron avait exprimé à plusieurs reprises sa « confiance » en son secrétaire général de l’époque, et lui avait aussi apporté son soutien via une « note personnelle » mi-2019 envoyée au Parquet national financier, assurant qu’Alexis Kohler n’était jamais intervenu, au moment où il était son directeur de cabinet à Bercy, dans des dossiers liés à MSC. Cette note avait suscité une vive polémique.
L’association anticorruption Anticor avait porté plainte dès 2018, après la publication d’articles de Mediapart(Nouvelle fenêtre) sur un possible conflit d’intérêts. Elle avait obtenu en 2020 l’ouverture d’une information judiciaire en se constituant partie civile. « Depuis le début de ce dossier, où l’on a déploré l’intervention directe du chef de l’Etat, le parquet s’oppose à ce qu’un juge et un tribunal indépendants puissent en avoir connaissance », a réagi Jean-Baptiste Soufron, qui représente l’association Anticor, partie civile.
2. ARTICLE – Enquête pour prise illégale d’intérêts : le parquet requiert un non-lieu pour Alexis Kohler
Le 2 juillet dernier, la cour d’appel de Paris avait jugé prescrite une partie des faits reprochés à Alexis Kohler dans l’enquête pour prise illégale d’intérêts liée à ses liens avec l’armateur MSC.
Un non-lieu a été requis au bénéfice de l’ex-bras droit d’Emmanuel Macron, Alexis Kohler, dans l’enquête pour prise illégale d’intérêts autour de ses liens familiaux avec l’armateur MSC, a-t-on appris mercredi 23 septembre auprès du Parquet national financier.
Les réquisitions de non-lieu ont été «rendues et signées» le 31 août, a précisé le PNF. Le juge d’instruction doit désormais se prononcer, soit en suivant les réquisitions du parquet, ce qui mettrait un terme au dossier qui a marqué le premier quinquennat du chef de l’État, soit en renvoyant Alexis Kohler, 53 ans, en procès.
Alexis Kohler, mis en examen depuis 2022 dans ce dossier, est aujourd’hui directeur général adjoint de la Société générale. Proche d’Emmanuel Macron, il a été son directeur de cabinet au ministère de l’Économie puis secrétaire général de l’Élysée de 2017 à 2025. La justice l’a mis en cause pour avoir participé comme haut fonctionnaire à plusieurs décisions relatives au groupe franco-italien MSC, dirigé par les cousins de sa mère, la famille Aponte.
D’abord entre 2009 et 2012, lorsqu’il représentait l’Agence des participations de l’État (APE) aux conseils d’administration de STX France (devenu Chantiers de l’Atlantique) et du Grand port maritime du Havre (GPMH), deux entreprises ayant des liens commerciaux avec MSC. Puis entre 2012 et 2016, lorsqu’il était à Bercy au cabinet de Pierre Moscovici puis d’Emmanuel Macron.
«L’intervention directe du chef de l’État»
La portée du dossier avait toutefois été nettement réduite en juillet, lorsque la cour d’appel de Paris a décidé que tous les faits antérieurs à 2014 étaient prescrits. Les poursuites pour complicité contre deux autres hauts fonctionnaires, Jean-Dominique Comolli et Bruno Bézard, ont été en conséquence abandonnées. Sollicité, Alexis Kohler n’a pas réagi dans l’immédiat.
«Depuis le début de ce dossier, où l’on a déploré l’intervention directe du chef de l’État, le parquet s’oppose à ce qu’un juge et un tribunal indépendants puissent en avoir connaissance», a réagi Maître Jean-Baptiste Soufron, qui représente l’association Anticor, partie civile.
Emmanuel Macron avait exprimé à plusieurs reprises sa «confiance» en son secrétaire général de l’époque, et lui avait aussi apporté son soutien via une «note personnelle» mi-2019 envoyée au PNF, assurant qu’Alexis Kohler n’était jamais intervenu, au moment où il était son directeur de cabinet à Bercy, dans des dossiers liés à MSC. Cette note avait suscité une vive polémique.