
ARTICLE – Les retraités pourraient assumer près de 60 % de l’effort financier pesant sur les ménages
Jean-Victor Semeraro. Publié le 19 octobre 2026 LA TRIBUNE
Les copies budgétaires présentées par Sébastien Lecornu le 1er octobre mettent assez nettement à contribution les retraités parmi l’ensemble des ménages.
Les coupes budgétaires présentées par le gouvernement le 1er octobre mettraient particulièrement à contribution les retraités, si elles venaient à être appliquées in extenso, selon l’Institut français d’économie.
L’examen du projet de loi de finances (PLF) se poursuit ce lundi à l’Assemblée nationale. En parallèle, l’économiste Pierre Madec, rattaché à l’Institut français d’économie (IFE), s’est livré à un exerciceéclairant. À partir des copies budgétaires présentées par le gouvernement le 1er octobre — budget de l’État et budget de la Sécurité sociale — il a réalisé des simulations pour déterminer la répartition de l’effort qui pèse sur les ménages.
Pour cela, l’expert a travaillé sur les principales mesures « touchant directement le revenu des ménages ». À savoir, la sous-indexation des pensions de retraite, le plafonnement de l’abattement de 10 % sur les pensions, le gel du point d’indice de la fonction publique, la non-revalorisation de la prime d’activité et des allocations familiales, ainsi que le gel des aides au logement (APL) et le recentrage de l’allocation de rentrée scolaire (ARS).
De ce travail, il ressort que l’ensemble de ces mesures diminuerait le revenu disponible des ménages — le revenu pour consommer et épargner, net des impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d’habitation, CSG, etc.) — à hauteur de 8,7 milliards d’euros en 2027. « Trois ménages sur quatre (22,4 millions) seraient perdants, pour une perte moyenne de 390 euros par an », souligne Pierre Madec.
Les retraités mis largement à contribution
La copie du Premier ministre Sébastien Lecornu met particulièrement à contribution les retraités. Selon l’économiste, ces derniers « supporteraient près de 60 % de l’effort (5,2 milliards d’euros) ». Et ce, par la mesure de sous-indexation inscrite au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et celle portant sur le plafonnement de l’abattement de 10 % dans le budget de l’État.
Concernant la sous-indexation, 9,6 millions de ménages retraités seraient touchés pour « une perte moyenne de 430 euros par an ». L’économie réalisée pour les finances publiques atteindrait 4,1 milliards d’euros. Les plus modestes restent protégés par le seuil de revalorisation sur l’inflation fixé à 1 260 euros par mois. À l’autre bout de la distribution des niveaux de vie, les 5 % des retraités aisés, peu dépendants de leur retraite de base de la Sécurité sociale, sont concernés à la marge.
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