
« Le procès-verbal de sa déconnexion totale avec le pays. »
TEXTE DE GUILLAUME HERBLOT SUR X
Les SMS de Macron qui ont été dévoilé par Françoise Degois sont le procès-verbal de sa déconnexion totale avec le pays.
Pendant deux ans, sur Telegram, il ne parle pas du pays : il parle de lui. De sa réputation, de son image, de son « après », de ceux qui sont « trop durs avec lui ». La France n’est qu’un décor.
La preuve la plus crue : la réforme des retraites.
« Si moi, je veux me refaire la cerise, alors oui je la suspends. Si je pense au pays, je ne le fais pas une seule seconde. Si on suspend la réforme, c’est bien le pays qu’on met dans la merde. »
Tout est là. Le critère n’est pas l’intérêt général, le déficit, la démographie, la justice intergénérationnelle, la sécurité le pouvoir d’achat.
C’est : est-ce que ça m’arrange, moi ? Est-ce que ça me « refait la cerise » ? Le pays est réduit à une variable de son ego. Quand il dit « le pays », on entend « mon récit, mon bilan, mon centre ».
Il refuse de démissionner (« jamais, pour aucune raison, je ne déserte »), critique Attal (« on lui a trop tout donné »), traite les socialistes de « nazes », les gens de droite de coureurs à la « gamelle RN », le RN de « dingues ».
Il n’analyse pas les forces en présence, il distribue des étiquettes pour rester le seul point fixe au milieu du chaos qu’il a lui-même créé avec la dissolution. Il veut être au centre du jeu, pas avoir une vision du jeu.
Aucune phrase ne pose la question : où va la France en 2030 ? Quels arbitrages pour la production, l’éducation, la dette, la souveraineté ? Rien. Juste la défense de sa personne, le dégoût des critiques, et le fantasme d’un business « hors de France » où il ne sera « ni employé ni obligé ».
Ces messages ne révèlent pas un président sous pression.
Ils révèlent un homme qui a confondu l’Élysée avec un miroir.
La France n’est pas son sujet, elle est son audience.