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Bien Public et Territoires

PRÉSENTATION

Pro bono signifie en latin «pour le bien public». Il désigne l’engagement volontaire de ses compétences et savoir faire pour le bien public.

Ce concept s’est développé depuis les années 1970 : des professionnels du monde entier partagent leurs compétences en stratégie, finance, marketing, communication, ressources humaines, web ou encore droit pour aider gratuitement les associations qui n’ont pas les moyens d’accéder à ces services. 

Le pro bono, c’est l’engagement de volontaires qui donnent du sens à leur métier et à leurs savoirs faire en le dédiant à l’intérêt général. Le bénévolat et le mécénat de compétences sont donc considérés comme des pratiques pro bono.

Un engagement citoyen

Mais le concept dépasse aussi ces pratiques et pose la question du rôle de la société civile dans la construction de l’intérêt général. Ce concept est certainement à développer dans le cadre des réflexions de METAHODOS sur les relations privé/public et sur le développement de la démocratie et de l’engagement de proximité.

A l’origine, le pro bono s’est développé dans le domaine juridique. L’activité pro bono des avocats consistait à donner gratuitement des conseils à des individus qui n’avaient pas les moyens d’accéder aux services d’un avocat. Depuis, le partage de compétences avec des personnes qui n’y ont pas accès s’est étendu aux autres professions.

Nous vous proposons l’article d’ Emilie Vuillequez publié sur Linkedin à propos de PRO BONO LAB.

ARTICLE

Faire le choix des territoires

« Retour sur cinq ans de développement territorial d’une entreprise sociale » 

Cinq ans déjà. Cinq ans que nous nous sommes lancé un défi : développer notre association Pro Bono Lab en dehors de l’Île-de-France, sur de nouveaux territoires. L’objectif ? Que toute personne, où qu’elle vive en France, puisse partager ses compétences pour contribuer aux causes qui lui sont chères. C’était ambitieux. 

C’était ambitieux, mais nous avions la conviction que la compétence n’était pas réservée aux salariés des tours de La Défense. C’était impossible, mais nous avons pris le temps de mesurer les obstacles qui nous attendaient. C’était audacieux, mais, face aux demandes répétées d’associations, nous avions ce devoir d’aller chercher les compétences partout, là où elles sont, pour les transmettre aux structures qui œuvrent pour le bien public. 

Nous sommes sortis de notre zone de confort, de notre microcosme auquel les réseaux sociaux nous habituent tant.

Certains nous avaient annoncé que nous courrions à l’échec. Le pro bono c’est conceptuel, c’est une mode parisienne déconnectée des vraies gens : qui, en dehors d’une poignée de DRH convaincus du CAC 40, de quelques dirigeants de fondations, de conseillers au sein de ministères, allaient s’intéresser au pro bono publico (littéralement « pour le bien public ») ? Eh bien, après avoir mené quelques études territoriales, et deux éditions du panorama du pro bono, nous avons la réponse : beaucoup de monde, des responsables associatifs en zone rurale aux dirigeants de grandes entreprises.

Alors certes, peu de personnes connaissent le terme « pro bono », mais après une courte explication, 30% des Français déclarent en avoir déjà fait et 31% n’en avoir jamais fait mais être intéressés*. Des chiffres qui résonnent avec l’universalité du pro bono, qui dépasse les frontières entre villes et campagnes, villages et agglomérations : s’engager pro bono, c’est transmettre ce qui fonde notre capital humain, nos compétences.  

D’autres personnes nous avaient prévenus : cela serait compliqué. Elles ont eu raison. Nous avons pris quelques portes, une ou deux vestes. Cependant, nous avons compté bien plus de personnes intéressées par notre démarche, que nous avons écoutées. Avec elles, nous avons créé des programmes adaptés à leurs enjeux locaux, évalué les résultats, testé à nouveau, avec patience. Nous sommes sortis de notre zone de confort, de notre microcosme auquel les réseaux sociaux nous habituent tant. Nous avons investi de l’argent, du temps, de l’énergie. Dans cette aventure, nous avons pu compter sur le soutien de grandes entreprises de taille nationale et internationale, de collectivités locales qui n’ont pas eu peur de jouer la carte de l’innovation sociale, d’entreprises de taille intermédiaire, d’acteurs de l’ESS, et d’individus qui ont eu envie de faire bouger leur territoire. 

Alors que les besoins sont et seront grands partout en France, nous miserons avec la Pro Bono Factory sur le local, sur le collectif, sur l’entraide.

Merci à toutes ces personnes, qui ont compris les vertus du pro bono et qui ont cru en nous. Aujourd’hui, Pro Bono Lab a déployé, en plus de son siège implanté à Clichy, 4 antennes régionales, et a mobilisé les compétences de 5 000 volontaires au profit d’associations implantées dans 58 départements. Les chiffres ne sont pas tout. Être ancré sur plusieurs territoires, en faire partie, c’est aussi et surtout travailler avec d’autres acteurs, connaître la réalité de leur terrain, leur faire confiance pour s’approprier une innovation afin d’en créer une nouvelle, et répondre ainsi, ensemble, aux enjeux locaux. C’est de cette manière qu’est né le programme Pro Bono Factory, qui mise sur la force du collectif pour développer les solutions qui existent déjà sur un territoire, au service d’une cause prioritaire au niveau local. 

Ce choix des territoires résonne d’autant plus avec la crise qui nous touche cette année, et qui n’épargne personne. Alors que les besoins sont et seront grands partout en France, nous miserons avec la Pro Bono Factory sur le local, sur le collectif, sur l’entraide. Nous sommes persuadés que les solutions pour reconstruire une société plus juste s’y trouvent déjà, mais qu’elles ont besoin d’un coup de pouce pour se déployer.

Il est temps aussi pour nous d’aller plus loin. D’une part, nous sommes en pleine capitalisation du travail mené depuis cinq ans par nos équipes avec nos partenaires sur plusieurs territoires. Pour renforcer et développer nos compétences en interne, et en faire bénéficier nos écosystèmes actuels. Pour accélérer le développement de nouvelles antennes régionales, dont certaines déjà en préfiguration. La crise économique qui s’annonce pourrait être l’occasion de freiner, de douter. Au contraire, nous savons que les besoins seront encore plus grands et que notre expertise sera attendue. 

D’autre part, nous avons identifié un certain nombre de défis, sur lesquels notre équipe expérimente déjà des solutions : renforcer notre présence quotidienne dans les grandes villes en dehors des capitales de région, développer l’engagement pro bono dans les villes moyennes et les zones rurales, permettre aux salariés de PME et aux agents du service public de partager leurs compétences. Nous plantons des graines à Châteauneuf-les-Martigues avec des retraités et des apprentis, à Landisacq pour un échange de compétences sur l’économie circulaire, à Puteaux en formant des agents publics au pro bono, ou encore à Lyon avec un collectif de PME.  

Il nous faut continuer à modéliser nos méthodologies, et prendre le temps d’accompagner comme il se doit ceux qui souhaitent s’engager, pour un impact social réel.

Les méthodologies adaptées à chaque type de territoire prennent corps, il nous faut continuer à les modéliser, et prendre le temps d’accompagner comme il se doit ceux qui souhaitent s’engager, pour un impact social réel. La technologie ne peut pas tout, et de nombreuses personnes en sont encore exclues, mais c’est une partie de notre solution, pour pouvoir utiliser notre temps pour ce que nous savons faire de mieux : aider chacun à offrir ses compétences. Nous pourrons démultiplier nos contacts, non pas ceux d’une base de données, mais ceux avec des femmes et des hommes qui souhaitent s’engager pour leur territoire, avec chacune et chacun leurs talents.    

Sur l’ensemble de ces défis, le chemin est encore long. Le jour où toute personne en France pourra partager ses compétences pour contribuer aux causes qui en ont besoin, n’est pas pour demain. Cependant, quand je regarde en arrière, j’observe les moyens que nous avons eus, et je vois toutes ces vies transformées. Je me souviens des tests et des imperfections, et je suis fière de notre savoir-faire. Alors, avec le soutien et l’expertise de personnes, à titre individuel, à la tête ou au sein d’entreprises, d’institutions, de collectivités, d’associations, je suis convaincue que l’équipe de Pro Bono Lab pourra aller très loin, avec elles, sur ce chemin.

* enquête nationale représentative, en partenariat avec l’IFOP, soumise à un échantillon de 1500 Français en novembre 2018. Publication Panorama du pro bono, avril 2019.

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