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« Planification toxique » ?

« Industrie : l’Etat doit cesser d’asphyxier l’esprit français  » selon Loïk Le Floch-Prigent sur Linkedin

« La pandémie a servi de révélateur à des tendances profondes de la société française, l’une d’entre elles est la propension des « sachants » (ou croyant savoir) à penser pour nous !

Dans les Deux-Sèvres, en « Gâtine », des jeunes gens épris de nouvelles technologies possédaient deux imprimantes 3D. L’idée de réaliser des visières de protection en PVC et des les fournir gratuitement aux soignants de proximité, action sociale, cabinets d’infirmières, centre hospitalier leur est venue et c’est ce qu’ils ont fait pendant le pic de la pandémie. La visière protège le haut du visage et peut être un complément utile au masque. Les représentants de la Direction Générale du Travail (DGT) et de la Direction Générale des Entreprises (DGE) leur ont fait savoir que le don ou la vente à prix coûtant était passible de poursuites en concurrence déloyale ou travail déguisé ! On parle d’une centaine de visières, pas de millions, et l’on parle de Parthenay en Gâtine ! Les jeunes gens ont donc arrêté de produire. 

Cet exemple est la caricature de ce qui nous arrive, on casse à la fois l’innovation, l’initiative, la responsabilité et la générosité avec une bureaucratie et une technocratie qui se surpassent pour castrer la population. Les objectifs sont tracés par le pouvoir et les modalités sont fixées par ailleurs par l’administration sans échappatoire possible. Or, c’est là que réside l’esprit français dont on a vu l’inventivité pendant cette période, dans la capacité à trouver des solutions alternatives, imaginatives, à une difficulté rencontrée. Nous sommes (pour ne pas dire nous étions !) dans un pays où il est possible de trouver des réponses multiples à une orientation, nous vivons actuellement, après des contraintes sur la mobilité et l’expression, une période où certains estiment pouvoir penser pour nous, c’est-à-dire considèrent en avoir la légitimité.  

Revenons sur le coronavirus, l’épidémie se répand, les « spécialistes », à savoir les « épidémiologues » font des prévisions qui montrent que les hospitalisations risquent d’être nombreuses, et surtout les besoins de réanimation. La solution est suggérée-imposée par cette hypothèse : le confinement. On peut ergoter, mais il faut se décider vite admettons. Mais c’est ensuite que le caractère français peut être mis à contribution, initiative, créativité…rien du tout ! On ignore même les cliniques privées et la médecine de ville, on parle hôpital et on calibre le confinement sur les lits officiels. En fait la débrouille française va rapidement doubler le chiffre tandis que la parole officielle, toujours, annonce que les masques sont inutiles pour les non hospitaliers et même nuisibles pour la population. L’esprit national revient, et les innovateurs de masques pullulent dans les régions : puisque ce fléau est invisible, le masque protège quelles que soient les consignes, il éloigne, il avertit, c’est peut-être uniquement psychologique, mais puisque l’on parle de gestes barrières, c’est par lui-même une barrière, les sachants ont tort ainsi que tous leurs adeptes administratifs ! Mais, on vient de le constater dans les Deux-Sèvres, les argousins veillent au grain avec leurs rappels aux normes et règlements si bien qu’on tue dans l’œuf les initiatives éventuelles. Même les spécialistes de l’achat rapide ont baissé pavillon puisque la douane était là pour « réquisitionner ». Ce n’est pas le spectre de la punition infantilisante qui a fait reculer le monde industriel, c’est celui de l’inefficacité, de l’impossibilité d’utiliser un matériel non « validé », non « homologué « et d’être traîné devant un tribunal aussi incompétent qu’aveugle et sourd. Ce que nous avons vécu c’est tout le contraire du génie français ! 

Mais on n’a pas attendu la pandémie pour observer l’émasculation de l’esprit français, en ce qui concerne l’énergie on a assisté à la fois à l’exposé des objectifs, en ligne avec la pensée unique écologique annonçant le collapse à brefs délais en même temps que les solutions qui ne pouvaient souffrir aucune discussion. On peut concevoir qu’une ligne politique considère que la décarbonation soit le phare de la planète et que la nation doive suivre la lumière, mais les moyens sont-ils adaptés ? A-t-on encore le droit, par exemple, de dire que le nucléaire est une bonne solution pour une économie bas carbone ? En France, non , et en Europe encore moins, on programme donc la fermeture de Centrales nucléaires et on retarde le programme des nouvelles. On oblige le pays à investir dans l’éolien et le solaire, non en circuits courts permettant de les justifier, mais en « fermes » occupant un territoire étendu, corrompant l’environnement. Peut-on agir différemment pour arriver à un résultat satisfaisant ? Oui, mais c’est désormais interdit de le penser : à objectif clair, solution unique ! Il en est de même sur l’automobile devenue un instrument de mobilité essentiellement urbain et devant donc être complètement dépollué dans les métropoles. Ce n’est plus là le bilan carbone des véhicules qui est regardé, mais la pollution… parisienne ! Demander au génie français de trouver un mix astucieux, de nouvelles façons de concevoir la vie dans les villes et dans les champs, non ! Vous avez la solution, vous achèterez des véhicules électriques, de toutes façons vous n’aurez plus le choix, nous avons décidé de ne plus en fabriquer en France ! Vous avez ainsi dans tous les domaines de l’énergie à la fois l’objectif « jupitérien », ( pourquoi pas ?), mais aussi le mode d’emploi qui ne se discute pas et cela c’est l’inverse du génie français . Aux débuts de l’automobile, le remplacement de la charrette à cheval, les industriels français ont essayé tous les modes de propulsion, innovant sans cesse pendant des dizaines d’années et c’est le moteur thermique qui a gagné avec ses deux options, diesel ou essence. Qui sait quand le moteur thermique va disparaître et par quoi il va être remplacé ? Les sachants français, mais pas le peuple qui attend de savoir et qui se précipite sur les véhicules « protecteurs » type SUV lourds, et ce n’est pas l’existence du coronavirus rodeur qui va les en détourner dans les deux ans qui viennent …au moins. Mais les idées fusent chez tous les jeunes esprits sur de nouveaux types de véhicules, de propulsion, d’organisation, et c’est avec ces idées nouvelles utilisant les algorithmes et l’intelligence artificielle que l’avenir va s’écrire, avec les Français, en France, si on les laisse penser… autrement …

Si l’on revient dans le domaine de la santé où l’on essaie de nous dire : « je vous ai compris », avec la revalorisation des salaires des soignants, il semble qu’il y ait malgré tout un accord sur la suradministration du secteur hospitalier avec un souci « managérial » mal accepté. Par ailleurs le désert français de la médecine de ville a conduit les « urgences » à devenir l’appel ordinaire et donc l’hôpital à sombrer. Enfin l’administration de la santé se sent responsable du « public » et jalouse le « privé », ce qui a conduit à des absurdités pendant la pandémie. Avant de prendre des mesures sous le coup de l’émotion et de prendre une nouvelle fois des solutions technocratiques toutes faites, a-t-on encore le droit de penser et de voir comment le numérique pourrait évacuer les six ou sept échelons administratifs qui existent entre les praticiens et les décisions ? Le génie français encore une fois c’est la débrouille et si on peut s’aider des nouveaux instruments de collaboration instantanée, pourquoi accumuler la paperasse et l’administration tatillonne ? 

Dans tous ces domaines, et bien d’autres, personne ne peut faire confiance aux gouvernants pour s’occuper à la fois des objectifs et des solutions. Quand la Ministre de l’Ecologie vous annonce qu’elle a mis en place une formation pour 280 réparateurs de vélos, on reste ébahis : ce n’est pas son métier, ce n’est pas son rôle, personne ne peut et ne doit lui demander cela. Laissons aux industriels, aux innovateurs, aux inventeurs le soin de trouver des solutions compte tenu des orientations choisies par les gouvernants au nom du peuple français, ce n’est pas du niveau des responsables gouvernementaux de déterminer les moyens de la politique définie, cela c’était le régime soviétique avec les commissaires politiques aux commandes des grands conglomérats, on sait comment cela a fini. Nous sommes en train de prendre ce chemin, on fixe des conditions, on recommence à suradministrer, c’est le péril essentiel de cette reprise espérée de l’industrie et du pays tout entier, qu’elle soit inspirée par l’idéologie et l’incompétence. « 

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