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CETTE TRIBUNE DE MILITAIRES ET GRADÉS QUI EMBARRASSE

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DES GÉNÉRAUX, HAUTS GRADÉS, MILITAIRES ALERTENT

Ils ont dénoncé, dans une lettre ouverte adressée – exclusivement – aux représentants du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif , « le délitement » de la France.

L’EMBARRAS À PRENDRE POSITION EST-IL UN SIGNE DE FATIGUE DÉMOCRATIQUE ?

L’Elysée, même en éléments de langage, est silencieuse. Matignon de même. Pourquoi ne pas avoir réagi il y a une semaine quand, Philippe de Villiers avait lui – très explicitement lancé un « appel à l’insurrection » ?

Pourquoi l’exécutif est il si gêné à défendre une démocratie qu’on lui reproche de plus en plus souvent et fortement d’entraver ? Y a-t-il eu des consignes de discrétion ?

On ne peut manquer d’observer la difficulté, l’embarras des classes dirigeantes – du président, chef des armées, aux journalistes, en passant par les ministres, les élus et responsables politiques – à analyser, réagir, voire prendre position :

  • est-elle légitime venant de militaires ( retraités ou non ) ?
  • relève-t-elle de la liberté d’opinion ?
  • entre-t-elle dans le cadre de l’expression démocratique ?
  • contrevient-elle aux obligations de réserve, de neutralité ou de loyauté ?
  • interpelle-t-elle toute la classe politique ?
  • invite-t-elle d’autres militaires à signer la missive ?
  • masque-t-elle un appel à l’insurrection ?
  • décrit-elle une situation inexacte ?
  • anticipe-t-elle des perspectives irréalistes ?
  • comprend-elle un soutien – légitime ? – aux dirigeants qui prendront en considération leurs attentes ?

Hésitations, puis déclaration de la ministre des armées

Après un silence de plusieurs jours de l’exécutif, c’est la ministre des armées, Florence Parly, qui porté un message. Elle a fustigé dimanche 25 avril la publication dans Valeurs Actuelles d’une tribune de militaires, dont 20 généraux évoquant « le délitement » de la France » et dénoncé une « politisation « irresponsable » des armées« . « Les armées ne sont pas là pour faire campagne mais pour défendre la France » a-t-elle ajouté.

Cette tribune a suscité une lettre de Marine Le Pen les invitant à la rejoindre pour la présidentielle. « Les armées ne sont pas là pour faire campagne mais pour défendre la France », a rappelé la ministre, après avoir été pressée de réagir ces derniers jours par plusieurs élus de gauche.

« Défendre le patriotisme »

La tribune a été lancée par Jean-Pierre Fabre-Bernadac, ancien officier de carrière et responsable du site Web Place d’Arme. Elle appelle Emmanuel Macron à défendre le patriotisme. Selon le journal, cette lettre a été signée par « une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d’un millier d’autres militaires ». Les noms des signataires ont été publiés sur le site de M. Fabre-Bernadac, à l’origine de la lettre ouverte.

Ces militaires dénoncent le « délitement » qui frappe selon eux la patrie et « qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés ».

« Délitement qui, avec l’islamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution, estiment-ils encore. Délitement, car (…) le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. » … « Nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation », ajoutent-ils, avant de conclure :

« Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national. On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers. »

Réactions

La publication de ces deux tribunes avait ces derniers jours provoqué l’ire de plusieurs figures de la gauche, qui dénonçaient le manque de réaction du gouvernement. Le fondateur de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, avait fustigé la « stupéfiante déclaration de militaires s’arrogeant le droit d’appeler leur collègue d’active à une intervention contre les islamogauchistes ». Sur Twitter, le député avait rappelé que le fait de provoquer la désobéissance des militaires est puni par l’article 413-3 du code pénal :

« 60 ans après le début du “putsch d’Alger”, 20 généraux menacent explicitement la République d’un coup d’Etat militaire », s’était aussi indigné sur Twitter l’ancien candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon. Il s’était également étonné de l’absence de réaction de Mme Parly ou d’Emmanuel Macron.

Nous vous proposons un article du Huffpost sur ce sujet et le texte de la Lettre.

ARTICLE

CETTE TRIBUNE D’EX-GÉNÉRAUX DANS VALEURS ACTUELLES FAIT JUBILER L’EXTRÊME DROITE, LA GAUCHE SCANDALISÉE

24/04/2021 – Le HuffPost – THOMAS SAMSON


Signée par plusieurs généraux à la retraite ou proches de l’extrême droite, cette tribune a été publiée soixante ans jour pour jour après le « putsch d’Alger. »

Ils prennent la plume. Dans une lettre ouverte publiée sous forme de tribune par l’hebdomadaire ultra-conservateur Valeurs Actuelles, une vingtaine d’anciens généraux, à la retraite ou radiés de l’armée française pour leurs activités politiques, appellent les “gouvernants” à “impérativement” faire preuve de “courage” et “d’honneur” pour ”éradiquer” les dangers qui selon eux parcourent la France.

Premier sujet cité: “l’islamisme et les hordes de banlieue” qui “entraînent le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution”, selon les mots de ces signataires qui pour un certain nombre d’entre eux ont déjà été investis par le Rassemblement national lors de différents scrutins locaux.

Dans leur missive, rendue publique le 21 avril dernier, les signataires s’attaquent aussi aux tenants d’un “certain antiracisme” qui aurait pour seul but de “créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés” et fustige, au passage, l’attitude de l’exécutif dans la crise des Gilets jaunes.

Mais surtout, ces généraux à la retraite, rejoints par “une centaine de haut gradés et plus d’un millier d’autres militaires”, selon le décompte de Valeurs actuelles, multiplient les phrases en forme d’avertissement à l’égard du pouvoir en place. Et ce quelques jours après l’appel à l’insurrection de Philippe de Villiers, déjà publié -en longueur- par l’hebdomadaire.

Marine Le Pen veut les convaincre (si ce n’est pas déjà le cas)

“N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables”, écrivent notamment Christian Piquemal, Gilles Barrie, François Gaubert et les autres signataires, avant de prévoir, un peu plus, tard “une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles”, si rien n’est entrepris pour aller dans le sens de leur texte.

Le tout, sans hésiter, à agiter le spectre d’une “guerre civile”: “on le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers.”

Autant de mots, pour le moins offensifs, qui ont semble-t-il donné envie à Marine Le Pen de convaincre ces militaires. Dans une tribune, elle aussi publiée par Valeurs Actuelles, la présidente du Rassemblement national explique “souscrire” à leurs “analyses” et “partager” leur “affliction”, “comme citoyenne et comme femme politique.” “Messieurs les généraux, rejoignez-moi dans la bataille pour la France”, lance-t-elle notamment au milieu d’une avalanche de compliments, prenant soin toutefois de préciser, à la fin de sa réponse, que cette “bataille” est “politique et pacifique.”

Pour Florian Philippot, l’ancien bras droit de Marine Le Pen, aujourd’hui pourfendeur de la “coronafolie” comme patron des Patriotes, il s’agit d’une “belle initiative.” D’autres, à l’image de l’eurodéputé RN Jérôme Rivière ou du maire de Perpignan Louis Alliot se sont empressés de partager le texte des généraux sur les réseaux sociaux, comme une forme d’assentiment.

La gauche estomaquée


Sans surprise, la réaction n’est pas du tout de la même nature de l’autre côté du spectre politique. Et c’est peu de le dire. La gauche, par les voix de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon ou Pierre Laurent affiche sa consternation après cette tribune qu’il considère être un appel à l’insurrection à peine voilé. 

“Stupéfiante déclaration de militaires s’arrogeant le droit d’appeler leur collègue d’active à une intervention contre les islamogauchistes. Il est temps de se mobiliser pour défendre les valeurs que ces gens piétinent”, écrit par exemple ce samedi 24 avril, le leader de la France insoumise, candidat à l’élection présidentielle sur Twitter. Avant d’ajouter, dans un second message: “sans doute le parquet national va-t-il se saisir de l’appel à la sédition de l’armée publié dans Valeurs Actuelles sous la signature de 100 militaires retraités.”

Même indignation pour le député Insoumis Éric Coquerel. “Des militaires appellent à une chasse aux sorcières, à une éradication, à défendre des ‘valeurs civilisationnelles’ à rebours de la République, ça finit sur une menace de guerre civile, Le Pen salue ces apprentis factieux et? Rien. On se réveille?”, écrit l’élu de Seine-Saint-Denis sur les réseaux sociaux, quand Pierre Laurent “demande solennellement que le journal Valeurs actuelles et les 20 généraux signataires d’un appel à une intervention militaire soient poursuivis et condamnés par la justice.”

Comme l’ancien patron du PCF, Benoît Hamon, convoque l’histoire et le souvenir du “putsch des généraux”, avant de pointer le silence de Florence Parly, la ministre des Armées, du président de la République ou de son Premier ministre face à ce qu’il qualifie de “menace explicite.”

Car si la tribune est initialement signée par des généraux à la retraite, pour certains déjà identifiés dans le giron de l’extrême droite, à l’image de Christian Piquemal, le timing surprend ou du moins interroge. Leur texte a effectivement été publié par Valeurs Actuelles le 21 avril dernier, soit soixante ans jour pour jour après la tentative du “putsch d’Alger”, lorsque quatre généraux cinq étoiles, opposés à la politique du général de Gaulle en Algérie, prenaient les armes. La fin de la “continuité” et de “l’héritage” gaulliste au Rassemblement national?

LETTRE OUVERTE

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs du gouvernement,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,

L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent. Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays.

Nos drapeaux tricolores ne sont pas simplement un morceau d’étoffe, ils symbolisent la tradition, à travers les âges, de ceux qui, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs confessions, ont servi la France et ont donné leur vie pour elle. Sur ces drapeaux, nous trouvons en lettres d’or les mots « Honneur et Patrie ». Or, notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie.

– Délitement qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. Aujourd’hui, certains parlent de racialisme, d’indigénisme et de théories décoloniales, mais à travers ces termes c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles.

– Délitement qui, avec l’islamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. Or, chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans l’Hexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la République ne s’appliquent pas.

– Délitement, car la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants.

Les périls montent, la violence s’accroît de jour en jour. Qui aurait prédit il y a dix ans qu’un professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ? Or, nous, serviteurs de la Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs.

Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables.

Comme le disait le cardinal Mercier, primat de Belgique : « Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part. » Alors, Mesdames, Messieurs, assez d’atermoiements, l’heure est grave, le travail est colossal ; ne perdez pas de temps et sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation.

Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.

On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers.

Les généraux signataires :

Général de Corps d’Armée (ER) Christian PIQUEMAL (Légion Étrangère), général de Corps d’Armée (2S) Gilles BARRIE (Infanterie), général de Division (2S) François GAUBERT ancien Gouverneur militaire de Lille, général de Division (2S) Emmanuel de RICHOUFFTZ (Infanterie), général de Division (2S) Michel JOSLIN DE NORAY (Troupes de Marine), général de Brigade (2S) André COUSTOU (Infanterie), général de Brigade (2S) Philippe DESROUSSEAUX de MEDRANO (Train), général de Brigade Aérienne (2S) Antoine MARTINEZ (Armée de l’air), général de Brigade Aérienne (2S) Daniel GROSMAIRE (Armée de l’air), général de Brigade (2S) Robert JEANNEROD (Cavalerie), général de Brigade (2S) Pierre Dominique AIGUEPERSE (Infanterie), général de Brigade (2S) Roland DUBOIS (Transmissions), général de Brigade (2S) Dominique DELAWARDE (Infanterie), général de Brigade (2S) Jean Claude GROLIER (Artillerie), général de Brigade (2S) Norbert de CACQUERAY (Direction Générale de l’Armement), général de Brigade (2S) Roger PRIGENT (ALAT),  général de Brigade (2S) Alfred LEBRETON (CAT), médecin Général (2S) Guy DURAND (Service de Santé des Armées), contre-amiral (2S) Gérard BALASTRE (Marine Nationale).











2 réponses »

  1. Excellent article, Thierry.J’oserais dire que, si les retraités parlent haut sans crainte, les opératifs de la grande muette n’en pensent peut être pas moins. Des événements radicaux pourraient bien surgir. Je m’attendais à ce que les provinciaux gilets jaunes réinvente un girondisme actif. Mais peut être faut-il s’attendre à ce que l’armée « sauve » la république et rende le pouvoir au peuple. La grande muette dont la gendarmerie n’est pas la police ni la CRS.Bien amicalementJean-Marc

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