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JEAN-LUC NANCY, PHILOSOPHE DE LA COMMUNAUTÉ.

COMMENT REFAIRE «COMMUNAUTÉ» ?

La question de la « communauté » est justement une de celles que Nancy a le plus explorées. L’idée étant qu’après l’effondrement de ce qui faisait autrefois les communautés – une philosophie, des idéologies, des mythes communs – il fallait retrouver un ciment sans pour autant recréer des « totalités closes » risquant de conduire à l’autodestruction. Et ce que nous avons en commun, n’est-ce pas ce qu’il appelait « l’incomparable » et qui nous élève au-dessus de notre contingence ? Christophe Lucet, Sud Ouest

Voir les publications de metahodos.fr :

MORT DE JEAN-LUC NANCY : PHILOSOPHE DE « L’ÊTRE AVEC » .https://metahodos.fr/2021/08/24/mort-de-jean-luc-nancy-philosophe-de-l-etre-avec-2/

Relire Jean-Luc NANCY: démocratie, ici et maintenant! https://metahodos.fr/2020/08/14/relire-jean-luc-nancy-democratie-ici-et-maintenant/

COMMENT LIRE, COMMENT ETUDIER LES ECRITS

JEAN-LUC NANCY était avant tout philosophe, donc enseignant et chetcheur. En mémoire, livrons la « leçon » qu’il enseignait avec Philippe LACOUE LABARTHE :

« Lire en bienveillance ou en sympathie », comme  condition d’une pleine compréhension de la pensée  de l’auteur. Ce qui n’empêche pas d’examiner les éventuelles incohérences  internes ou externes du raisonnement  que soutient  le texte. Ils proposaient aussi d’interpréter les textes, et selon plusieurs hypothèses. ( Enseignement  de Philippe Lacoue-Labarthe et de Jean-Luc Nancy pour la lecture des philosophes, en particulier lors du séminaire consacré à Philosophie et politique ( Freud, Heidegger ), en 1977 à Strasbourg ).

1. EXTRAIT D’UN ARTICLE DU MONDE ( Florent Georgesco )

LE THÈME DE LA COMMUNAUTÉ

Une question domine toutefois cet ensemble en apparence hétéroclite : celle de la communauté, sans cesse reprise, interrogée, retravaillée à travers les décennies, en particulier dans la sorte de trilogie que forment La Communauté désœuvrée (Bourgois, 1986), La Communauté affrontée (Galilée, 2001) et La Communauté désavouée (Galilée, 2014). Comment à la fois prendre acte de l’effondrement des mythes, des philosophies, des politiques qui fondaient les communautés humaines et ne pas renoncer à l’idée de communauté ? Comment repenser, dans la situation historique que cet effondrement a créée, en particulier après les totalitarismes du XXe siècle, ce que, malgré tout, nous continuons à avoir en commun ?

L’idée de « désœuvrement », d’un inaccomplissement de la communauté,

devenue incapable de se penser comme totalité close, harmonieuse, sauf à verser de nouveau dans « l’autodestruction », lui permettait de maintenir la promesse qu’elle représente. « Non seulement elle n’est pas dépassée, mais elle vient au-devant de nous, elle nous reste à découvrir », écrivait-il dans La Communauté désœuvrée. « Ce que nous avons en commun, c’est l’incomparable », disait-il aussi, en 2008, dans un entretien au Monde, où il proposait une redéfinition du « sacré » : « Ce qui est étranger à l’humain trop humain, le sens de l’incommensurable, le sens que nous sommes nous-mêmes incommensurables, irréductibles tant aux valeurs marchandes qu’aux droits et aux savoirs que nous entassons. »

De là, il pouvait déboucher sur une pensée de la démocratie

comme « forme en transformation », irréductiblement ouverte et, par conséquent, apte à nous faire entrer, si nous savons mesurer la constante « mise en crise » qui la définit, dans ce « temps de mutation » où nous vivons désormais. Un temps où, dès lors, toute la question sera de « saisir la chance d’un monde nouveau ».

2. ÉMISSION

JEAN-LUC NANCY, PHILOSOPHE DE LA COMMUNAUTÉ

LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE par Adèle Van Reeth – France Culture

ECOUTER

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=57825343-4154-4b0c-b462-82cb0bb7e014

Portrait de Jean-Luc Nancy, philosophe du sensible mais surtout philosophe du politique, la pensée de la communauté servant de fil conducteur dans toute son oeuvre car pour lui, vivre ensemble, c’est « être avec », se savoir exister dans une communication avec les autres.

Le philosophe Jean-Luc Nancy est mort LE lundi 23 août, à l’âge de 81 ans.  En 2018, il était au micro d’Adèle van Reeth dans « profession philosophe », il y retraçait son parcours et dépliait sa pensée de la communauté.

Les Chemins de la philosophie du vendredi vous emmènent chaque semaine à la rencontre de ceux qui ont fait de la philosophie leur métier. La philosophie est-elle une vocation ? Comment viennent les idées ? Comment se fabrique un concept ? À quoi ressemble l’atelier du  philosophe ? Et quel rôle le philosophe doit-il jouer dans la cité ? Aujourd’hui, c’est Jean-Luc Nancy, professeur émérite de philosophie à l’Université des Sciences humaines de Strasbourg, qui fait son autoportrait.

Philosophe n’est pas un métier

Etudiant en philosophie à la Sorbonne, élève de Paul Ricoeur qui dirigea son mémoire de maîtrise au sujet de la religion chez Hegel, lecteur de Heidegger puis structuralistes, Jean-Luc Nancy commence à enseigner la philosophie en 1968, à l’université de Strasbourg, quatre ans après avoir obtenu l’agrégation. Il y fait la connaissance de Philippe Lacoue-Labarthe, avec lequel il écrira un premier essai, Le Titre de la lettre (une lecture de Lacan) paru en 1973.

Philosophe n’est pas un métier, mon métier ça a été d’être professeur, la philosophie elle a commencé bien avant que je sois dans la situation même de prendre un métier dans le sens ou elle a commencé quand j’ai découvert qu’on pouvait interpréter les textes, il peut y avoir plusieurs mais peut être même un nombre indéfini d’interprétations d’un texte. Jean-Luc Nancy

Mai 68

Pour nous 68 ça a été complètement situationniste, c’est à dire le refus de tout y compris de toute refondation, de toute manière on était résolument contre l’idée de faire une université critique, nous 68 c’était la suspension générale de tout, toute politique, de toute activité… La fête… C’était une période extrêmement festive. Fête et en même temps chambardement généralisé.                
Jean-Luc Nancy

La vraie rencontre, c’était la rencontre avec une certaine crise morale, intellectuelle, spirituelle dont témoignait 68 et ce qu’on a appelé ensuite le tournant linguistique . On était entré dans une sorte de nécessité d’interrogation du sens, de tous les moyens de dire du sens, faire le sens de travailler le sens.                
Jean-Luc Nancy

Le corps 

Le corps il faut lui parler et non pas en parler.                
Jean-Luc Nancy 

L’écriture

L’écriture elle est toujours tendue vers la limite du sens, il s’agit de porter le sens dont est capable la langue toujours en poussant la syntaxe et la sémantique ensemble jusqu’aux limites de leurs possibilités parce que finalement dans la philosophie ce dont il s’agit c’est pas de ce qui est écrit, c’est de ce qui pousse ce qui est écrit. Ça se sent chez un philosophe, même chez Kant ça se sent.                
Jean-Luc Nancy

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