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PRÉSIDENTIELLE. QUEL BILAN? LA POLITIQUE RINGARDISEE?

L’HEURE DU BILAN

Public Sénat, l’Institut Montaigne, l’IFRAP, E. Macron lui-même dans Challenges, le site Lui Président, LREM également, diffusent le bilan.

« Tracts en main, lREM arpente déjà les rues pour le chef de l’etat » titre Le Monde

Autre tract diffusé : « 5 ans de plus » et pourtant le sortant n’est pas candidat !

EXTRAIT : «  »Ce dimanche 12 septembre, Stanislas Guerini s’est armé de son plus large sourire. Tract rose tendu au bout du bras, en costume sans cravate, l’homme arpente la rue de la Jonquière, dans le 17e arrondissement de Paris, haranguant la foule comme autrefois les vendeurs à la criée. « On défend le bilan du quinquennat ! », explique-t-il tendant le petit feuillet à l’effigie du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, titré « 5 ans de plus ». Un homme ricane, se saisit du tract, puis le glisse dans la poubelle quelques mètres plus loin. « C’est bien, faut pas désespérer », plaisante un autre.

Le chef de l’Etat n’est pas encore candidat à sa réélection, mais le patron du parti présidentiel La République en marche (LRM), si. Et l’assume. « Le job des militants est de mener campagne pour laisser le président faire son job, explique M. Guerini. C’est tout sauf hypocrite. » « On ne pouvait pas attendre », admet-il toutefois.«  »

MACRON CRITIQUE LA CAMPAGNE DES REPUBLICAINS, HIDALGO CRITIQUE MACRON

« J’ai vu qu’au bout de deux cents réunions de réflexion, les ténors de LR [Les Républicains] ont trouvé leur slogan pour leur projet, “Libérer, protéger, rassembler” », a ironisé, sur un ton sec, le chef de l’Etat qui avait mené campagne en 2017 avec le triptyque : « Libérer, protéger, unir ». Eclats de rire autour de la table. Avant le coup de griffe présidentiel : « Soit ils ont une sobriété énergétique jusqu’à la privation des moyens d’information, soit c’est de la manœuvre politique éculée. » L’attaque est rude de la part de celui qui fait de plus en plus figure de « président-candidat », même s’il n’a pas encore officialisé ses intentions pour 2022. ( Le Monde )

«Le quinquennat qui s’achève devait unir les Français, il les a divisés comme jamais, a declaré la maire de Paris. Il devait régler des problèmes sociaux, il les a aggravés. Il devait protéger notre planète, il a tourné le dos à l’écologie.» Hidalgo a aussi dit vouloir «commencer par mettre fin au mépris, à l’arrogance, au dédain, à la condescendance de ceux qui connaissent si mal nos vies mais décident loin de nous, de tout, tout le temps, sans nous.» ( Libération)

Les Français vont ils retrouver leur passion pour la vie politique ? Nous vous proposons, pour éclairer la question,  un article sur la « ringardisation » de la politique.

LES FRANÇAIS PAS (ENCORE) LASSÉS PAR LES GRANDES BATAILLES

Les universités d’été organisées à droite et à gauche ont montré que les Français n’étaient pas (encore) lassés par les grandes batailles. Arthur Chevallier part de ce constat dans l’article  que nous reproduisons.

Arthur Chevallier est éditeur chez Passés composés. Son dernier livre, Napoléon et le bonapartisme, a paru aux éditions Que sais-je ?. Il est commissaire de l’exposition Napoléon à la Grande Halle de la Villette.

Par ailleurs, la campagne présidentielle, réellement ouverte depuis des semaines, se déploie, les débats et les candidatures se multiplient.

POURQUOI MACRON N’A PAS RÉUSSI À RINGARDISER LA POLITIQUE

Par Arthur Chevallier – Modifié le 31/08/2021 – LE POINT

La politique est une forme dégradée de la guerre. C’est pourquoi la neutralisation des antagonismes est une illusion. Il y a quatre ans, Emmanuel Macron a fait un pari ambitieux et risqué, celui de concentrer, dans son discours et autour de sa personne, les contradictions du débat public. La tenue, ce week-end, des universités d’été des partis politiques d’opposition, à un an de l’élection présidentielle, a démontré que les efforts de La République en marche pour les ringardiser étaient vains. Compétitions des chefs, confrontation des idées, alliances et trahisons, fluctuation des sondages : rien n’a changé. L’histoire démontre que de Jules César au général de Gaulle, en passant par Napoléon Bonaparte, il n’y a qu’une force supérieure aux hommes politiques, c’est la politique.

Dans La guerre civile n’aura pas lieu, l’essayiste David Djaïz démontrait avec une grande intelligence que le conflit était inhérent à n’importe quelle société, et ce, sans considération du régime politique qu’elle s’était choisi. Suivant le Discours sur la première décade de Tite-Live de Machiavel, il rappelait que les antagonismes d’un corps social n’étaient pas l’état exceptionnel de la vie d’une cité, mais la condition de son existence. Quoi de plus évident ? La variété des individus et de leurs opinions implique, par nature, une opposition dès lors qu’ils ont l’obligation, pour vivre ou survivre, de se mettre d’accord.

Dès lors, on comprend le fantasme des grands hommes, ce qu’ils perçoivent comme la version parfaite de leur ambition, de leur pouvoir de séduction, en un mot de leur mission : que leur puissance absorbe tout, y compris les désirs, de ceux à qui ils prétendent commander. Leur charisme serait tel qu’en les regardant n’importe quel citoyen serait immédiatement convaincu de la résolution de ses problèmes. Les grands hommes sont rarement d’illustres démocrates. Pourquoi s’embarrasseraient-ils d’un régime dont le principe est la contestation permanente, organisée et, comble, légale de leur autorité ? Ce sont moins leurs faiblesses que ce fantasme qui les mènent à leur perte. Ce qu’ils appellent le « retournement de l’histoire », soit un moment où la chance les aurait abandonnés, est le cours naturel d’une société, laquelle ne supporte pas la disparition de ses contradictions. De même n’est-ce pas un hasard si les guerres, ou les crises, favorisent l’émergence de grands hommes.

Histoire d’amour contrariée

Dans sa biographie de Jules César, Jérôme Carcopino montrait qu’un pays menacé par des invasions, ou mobilisé par un militarisme de circonstance, voyait la popularité des militaires concurrencer celle des magistrats civils. La crainte de leur disparition conduit les peuples à douter de l’efficacité des discussions, des compromis, de n’importe quelle forme de pluralité. À la fin des années 1790, dans une France menacée par les monarchies d’Europe, les généraux, de Bernadotte à Joubert, en passant par Bonaparte et Moreau, étaient des célébrités. Quand Sièyes a envisagé de remplacer le Directoire, il était convaincu que seul un militaire aurait une popularité suffisante pour emporter l’adhésion de la majorité. Le Consulat établi, Napoléon aura une obsession : neutraliser les antagonismes issus de la Révolution autour de sa personne pour rétablir l’ordre et réformer l’État, ce qui constituait une justification idéale à l’établissement d’un pouvoir exécutif dont la puissance dominerait celle des assemblées. Même s’il accomplit bien des choses, il prit de mauvaises habitudes et, quand la politique revint, c’est-à-dire des contestations inévitables relatives à un gouvernement, il l’ignora en se croyant supérieur à elle. C’était le sens de la brillante démonstration de Charles-Éloi Vial dans son 15 août 1811.

La raideur d’Emmanuel Macron, ses réactions vexatoires qui lui ont valu sa réputation d’arrogance, est l’étrange conclusion de la séduction qu’il a exercée sur la France en un temps record. Vient un jour où il ne suffit plus ni de sourire, ni d’expliquer, ni même de commander pour rassurer. La politique, comme la vie, implique une tension souterraine, une confusion latente, une réaction d’autant plus violente qu’elle est inattendue de ceux que l’on croyait avoir subjugués. Cette histoire, comme toutes les histoires d’amour, a commencé par une fascination mutuelle ; or, quelle que soit la perfection d’une circonstance, vient un jour où le chaos demande des comptes au bonheur.

Référence livres :

David Djaïz, La guerre civile n’aura pas lieu, Paris, Cerf, 2017.

Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live, Paris, Paris, Gallimard, 2004.

Charles-Éloi Vial, 15 août 1811, Paris, Perrin, 2019.


 

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