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L’ECOLE DES QUARTIERS DIFFICILES : DIAGNOSTIC ET RECOMMANDATIONS

ZONES D’EDUCATION PRIORITAIRES

L’entrepreneur Stéphane Treppoz, qui a été PDG d’AOL puis de Sarenza, s’est rendu dans plus de 60 établissements scolaires, principalement en zones d’éducation prioritaires REP ou REP +. Il en a tiré quelques leçons.

Stéphane Treppoz est un entrepreneur du numérique, il a été le PDG d’AOL France et de Sarenza. Dans cette tribune, il nous livre les enseignements tirés de ses interventions dans plus de 60 établissements scolaires en ZEP.

ARTICLE

« Ce qu’il faut réformer à l’école dans les quartiers difficiles », par Stéphane Treppoz

Stéphane Treppoz Ex-PDG d’AOL et de Sarenza L’OBS Publié le 

J’ai toujours été choqué par la polarisation croissante de la société qui porte en elle les ferments des populismes. Ayant passé une partie de mon enfance dans la cité de La Duchère à Lyon, j’ai souhaité faire œuvre utile à ma petite échelle en allant à la rencontre d’un maximum de jeunes défavorisés d’aujourd’hui qui ont difficilement l’occasion de progresser sur l’échelle sociale (il faut six générations à une famille modeste pour rejoindre le revenu moyen en France, soit 50 % plus longtemps que dans la moyenne des pays de l’OCDE). L’idée de départ était simplement de les écouter, de parler avec eux et de leur donner envie d’entreprendre en intervenant dans leurs classes.

Ce que j’ai vu et entendu n’a aucune prétention scientifique ou sociologique, mais a été suffisamment homogène pour me conduire à partager ce constat à la fois rassurant et inquiétant. L’importance de l’enjeu conduit l’entrepreneur que je suis à formuler en toute humilité des recommandations de réformes urgentes, d’autant plus d’actualité qu’Emmanuel Macron a annoncé que l’éducation sera une des priorités de son deuxième mandat.

S’éloigner des clichés stigmatisants véhiculés sur la banlieue

J’ai rencontré plus de 2 000 élèves âgés de 14 à 22 ans ces six derniers mois durant des séances de deux heures à chaque intervention dans 118 classes de plus de 60 établissements scolaires des régions parisienne, lyonnaise et marseillaise principalement en zones d’éducation prioritaires REP ou REP+. L’échange a toujours été passionnant, parfois loin des clichés stigmatisants et anxiogènes véhiculés sur la banlieue.

Les élèves avec qui j’ai interagi sont généralement issus de familles monoparentales défavorisées et de minorités visibles qui coexistent plutôt bien à l’école, les cas de violence survenant principalement en dehors du cadre scolaire. La majorité est de confession musulmane et se dit attachée à cette religion. Il y a très peu de mixité sociale car les parents des familles plus aisées ont presque tous mis leurs enfants dans des écoles privées.

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Ces jeunes sont attachants, en demande de conseils pour leur avenir, désireux de progresser sur l’échelle sociale et souvent appréciés lors de leurs stages quand ceux-ci leur plaisent. En revanche beaucoup sont démotivés en classe (le confinement n’ayant fait qu’amplifier ce phénomène), ont une perception de la réalité déformée par les réseaux sociaux et doivent être poussés par leurs professeurs pour travailler.

Florilège d’impressions inattendues pour la plupart : de rares problèmes de cohabitation entre jeunes ou entre jeunes et personnels éducatifs, mais qui peuvent être violents quand il y en a, peu de signes religieux ostensibles en classe (les jeunes « tentent le coup » en se couvrant les cheveux comme disent les professeurs, mais ils renoncent si le professeur reste ferme en faisant respecter le règlement intérieur de l’établissement), mais assez fréquents dans les couloirs. Respect de l’intervenant extérieur et du professeur tant qu’ils s’estiment traités équitablement et avec considération. Volonté d’apprendre quand ils comprennent l’utilité des apprentissages pour leur avenir. J’ai reçu de nombreux remerciements à l’oral ou par écrit après mes interventions. J’ai assisté à un seul dérapage en classe vis-à-vis d’un professeur et je n’ai relevé qu’une seule provocation parmi plus de 1 000 contributions anonymes d’élèves au tableau en fin d’intervention.

Des filières professionnelles dévalorisées socialement

Ces jeunes manquent de confiance en eux, en particulier dans les filières professionnelles qui sont dévalorisées socialement. Ils ont du mal à se projeter dans l’avenir et sont fascinés par l’argent et la célébrité. Ils ont besoin d’être rassurés sur la possibilité de concilier vie de famille et vie professionnelle. Ils s’autocensurent vis-à-vis d’éventuelles études supérieures, soit par méconnaissance de celles-ci partagée avec leurs parents, soit par peur de leur coût et ignorance, souvent, de l’existence de bourses. Ils préfèrent majoritairement rester à côté de chez eux, dans la zone de confort des lycées qu’ils connaissent. Quand ils n’en voient pas l’utilité, ils ignorent à l’école ou en stage les codes de base de la vie en société et du milieu professionnel (ponctualité, assiduité, politesse vestimentaire et comportementale, parler un français correct, respect de la hiérarchie…). Enfin ils ont une orthographe catastrophique et savent difficilement effectuer des calculs élémentaires. En conséquence, l’école dans les quartiers difficiles semble plus essayer de former des citoyens responsables que de transmettre des méthodes et un savoir à des élèves qui ont un sentiment d’insécurité et sont peu motivés car sans perspectives d’avenir.Une image du film « Allons enfants », de Thierry Demaizière, qui montre ce que le lycée Turgot à Paris réussit avec des jeunes de banlieue qui concilient études et hip-hop. (Copyright Alban Teurlai

Les parents sont très absents dans le dispositif éducatif des quartiers difficiles. Ils s’impliquent plus ou moins dans l’éducation de leurs enfants en fonction de leurs horaires de travail, leurs revenus et niveaux d’étude, leur vécu et perception de l’utilité de l’école, leur facilité à s’exprimer et leur compréhension limitée des multiples options d’orientation possibles. Ceux qui en ont le temps couvent leurs enfants à la maison, mais les laissent se gérer à l’extérieur car pour eux l’école est là pour leur permettre de trouver leur voie. Malheureusement l’école ne peut pas le faire toute seule. Non sans conséquence sur le mal-être des professeurs, dont on reparlera, de nombreux parents (majoritairement plus aisés) ont une vision consumériste de l’école : ils considèrent que ce sont leurs impôts qui payent les professeurs et que ceux-ci doivent donc être à leur service. Ils donnent tort à l’enseignant en soutenant ouvertement leur progéniture quand elle est sanctionnée en lui trouvant toujours des excuses, ce qui conduit à des négociations pour faire augmenter une note ou faire retirer de mauvaises appréciations des carnets. D’autres refusent de voir la réalité en face quant au potentiel académique de leurs enfants et entrent en guerre contre les conseils d’orientation des professeurs s’ils ne leur conviennent pas. L’instauration du « dernier choix aux parents » dans l’orientation pousse dans des impasses des élèves qui n’ont juste pas le niveau dont rêvent leurs parents. Tout ceci contribue à des relations parents-professeurs dégradées. Au bout du compte, beaucoup de parents de conditions modestes sont perdus, débordés, pensent que leurs enfants doivent se gérer seuls (à partir du lycée surtout) et font moins confiance à l’Education nationale qu’autrefois pour leur assurer un avenir.

Baisse de niveau des élèves dans les matières fondamentales

Les nombreux professeurs avec qui j’ai parlé déplorent la baisse de niveau des élèves dans les matières fondamentales (français, calcul, logique…), résultant de l’évolution des programmes, de la moindre motivation et faculté de concentration des jeunes induite par le temps énorme qu’ils passent sur les téléphones portables et les réseaux sociaux. Ils regrettent la course aux chiffres demandée par l’Education nationale sous la pression politique pour atteindre un symbolique taux de réussite au bac de 90 % qui a conduit à diminuer considérablement le niveau d’exigence, transformant pour certains le bac en une mascarade où l’on fait croire à des jeunes qui n’ont pas le niveau et ont peu travaillé qu’ils le méritent. Ils trouvent que le rapport investissement-temps, que la reconnaissance sociale et matérielle de leur métier d’enseignant sont de moins en moins attractifs. Ils souffrent de l’abandon progressif des valeurs au sein des établissements qui mène le personnel administratif d’encadrement à prendre des mesures qui diminuent la grogne des parents souvent au détriment de l’autorité des professeurs.

Faut-il en finir avec les ZEP ?

En privilégiant le « pas de vague », le système éducatif contribue au manque de repères des élèves, communique mal autour de ses valeurs et se discrédite. Pas étonnant que certains postes soient vacants et que des professeurs souhaitent quitter ce métier qui est souvent, au départ, un métier de vocation. La gestion des ressources humaines au sein de l’Education nationale est largement critiquée tant en termes de choix d’affectation que de formation continue. Méconnaissance du monde de l’entreprise et syndrome d’imposteurs de certains quand il s’agit d’aider les jeunes à s’orienter. Refus de faire la police sur les téléphones portables de crainte d’endosser une responsabilité financière en cas de vol, mais surtout de créer des incidents avec des élèves difficiles et de rentrer dans une longue négociation pour confisquer ce téléphone qui va bloquer le cours à plusieurs reprises. Abandon, par certains, des devoirs à la maison, déconseillés par l’Inspection pour ne pas créer d’inégalités entre jeunes plus ou moins aidés par leurs parents, mais également pour ne pas voir revenir un pâle copier-coller de Wikipédia. Envoi par d’autres des questions des contrôles à l’avance pour éviter que les élèves obtiennent des notes catastrophiques. On est sournoisement passé de l’enfant respectant l’autorité et la compétence de ses professeurs à l’enfant en roue libre vis-à-vis de l’école et cherchant de manière malsaine la bonne note avec un minimum d’effort.

Les réformes du lycée ont déstructuré la notion de classe

L’hétérogénéité des classes, puisqu’il n’y a plus de redoublement, ne favorise pas les apprentissages et contraint l’enseignant à choisir pour qui il veut faire cours. Les réformes du lycée ont déstructuré la notion de classe et rendu difficile le travail en groupe, car un élève appartient de facto à plusieurs classes. A l’arrivée, de nombreux professeurs se résignent, loin de leurs idéaux d’origine où ils se percevaient comme un maillon essentiel de l’ascenseur social : « On fait au mieux pour qu’ils intègrent le vivre ensemble essentiel plutôt que de les laisser se perdre. »Heureusement, de temps à autre, il y a la satisfaction de voir un élève ambitieux se donner les moyens de son avenir, mais c’est l’exception et non la règle. Un pourcentage de ces jeunes finira par s’en sortir lorsqu’il se confrontera à la dure réalité de la vie ; beaucoup d’autres resteront au bord du chemin.

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La direction des établissements scolaires souhaite avant tout ne pas se faire remarquer par sa tutelle. Certains semblent privilégier le taux de réussite au bac à toute autre considération. Hétérogénéité dans la tenue des établissements, en fonction de la visibilité de la direction par les élèves, et de la fermeté ou du laxisme perçus par ces derniers sur le respect du règlement intérieur (horaires, absentéisme, bien vivre ensemble). Volonté compréhensible de circonscrire les débuts de dérapage pour éviter un engrenage de décrochage scolaire et de violence. Tout le monde s’accorde à dire qu’un bon directeur ou principal change tout à l’atmosphère de son établissement et au comportement des élèves, si les professeurs collaborent au cadre qu’il donne aux élèves. En deux mots, exigence et bienveillance semblent plus que jamais nécessaires. Mais la bienveillance ne doit pas rimer avec tolérance extrême, qui ferait naître un sentiment d’impunité chez les élèves (absentéisme chronique, contestation des évaluations, remise en cause de l’autorité et de la hiérarchie…).

L’école ne véhicule plus l’image de la réussite

Il est anormal que l’école ne véhicule plus l’image de la réussite. Il est tout aussi anormal que les valeurs essentielles comme le travail, l’effort, la concentration, la régularité, le respect et l’esprit d’équipe ne soient que rarement transmises au sein des familles. Pas plus que l’importance de manger sainement, bouger, dormir suffisamment et régulièrement. Et encore moins que la vie en société passe par accepter de suivre les consignes de celui qui détient l’autorité ou le mandat ad hoc, ce qui n’est en rien se faire manquer de respect comme le pensent de nombreux jeunes de ces quartiers difficiles.

Que faire pour sortir de cette spirale infernale, qui conduit tout droit à une fracture sociale grandissante ? Un retour aux fondamentaux de toutes les parties prenantes (parents, professeurs, direction des établissements, administration centrale de l’Education nationale et évidemment des élèves) s’impose. Elle implique prise de responsabilité, respect mutuel et esprit d’ouverture. Assumer, cela veut dire ne pas renvoyer la faute sur les autres, en commençant par les jeunes qui ont toujours une bonne excuse pour un retard ou un devoir raté. Besoin d’un choc d’autorité et pas d’autoritarisme, qui commence par la présence du chef d’établissement ou de son adjoint tous les jours auprès des enseignants et des élèves, que cela soit à l’entrée de l’établissement le matin, dans la salle des professeurs, ou dans les couloirs. Interdire les portables au lycée sauf demande expresse d’un professeur durant un cours (le règlement intérieur le prévoit généralement, mais il n’est appliqué nulle part, pourquoi ne pas changer la loi comme on l’a fait pour le collège ?). Proscrire les capuches sur la tête ou les écouteurs dans les oreilles dans les couloirs, pour qu’en classe ils ne soient pas gardés naturellement. Les jeunes testent les limites, mais quand ils comprennent que cela ne marche pas, ils ont envie d’apprendre et non de provoquer. Donner des marges de manœuvres aux chefs d’établissement pour recruter enseignants et personnels manquants, car il n’est pas normal que les élèves pâtissent des dysfonctionnements d’un système trop centralisé et qui a peu évolué. Valoriser le métier d’enseignant en les rémunérant mieux, en les soutenant face aux comportements déplacés de certains élèves et parents, en reconnaissant la pénibilité d’enseigner à des élèves défavorisés qui sont plus difficiles à gérer que les autres, en généralisant le dédoublement de classes à tous les niveaux scolaires en zones REP et REP+, en instaurant des modules de soutien en lecture, écriture, calcul, en fonction des besoins dès la détection des carences bien avant le lycée et en sortant plus tôt du système scolaire les jeunes qui seraient manifestement plus épanouis ailleurs (en réintroduisant une orientation plus précoce, en fin de 5?).

Faire entrer les mondes associatif et professionnel à l’école

Le savoir et les connaissances sont partout disponibles sur internet et ne suffisent plus à asseoir l’autorité en classe du professeur. En conséquence, le rôle de l’enseignant doit évoluer de passeur de savoir à passeur de méthodes et animateur : show (wo)man, expert en communication, créateur d’intérêts et de valeurs autour d’activités seules ou en groupe. Pour emporter l’adhésion des élèves, il faut sanctionner ou faire partir les professeurs peu, voire démotivés, qui n’ont pas le savoir-être nécessaire pour former des jeunes ou qui s’abritent derrière leur statut de seul maître à bord dans leur classe pour agir à leur guise. Faire résolument entrer les mondes associatif et professionnel à l’école (via des interventions de sensibilisation comme le fait l’association 100 000 Entrepreneurs, en mobilisant entre autres les retraités et les anciens élèves de l’établissement qui sont des référents crédibles aux yeux des jeunes, en organisant des forums des métiers et des jobs datings…) afin de donner des perspectives d’orientation concrète aux étudiants. Encourager le temps passé par les jeunes en entreprises (stages ou apprentissage selon l’âge et les formations) ou associations. L’école doit stimuler les initiatives personnelles (organisation de rencontres sportives, activités culturelles, sorties, bénévolat, rencontres, échanges…) qui enrichiront le parcours individuel des élèves. La majorité des jeunes a des difficultés à remplir le CV demandé pour Parcoursup faute de réalisations personnelles : ce serait le moyen idéal de contourner cet écueil et surtout de leur permettre de gagner la confiance en eux fondamentale pour regarder l’avenir avec optimisme.

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Mais il faudrait encore poursuivre les partenariats avec les universités ou les grandes écoles type Cordées de la Réussite. S’inspirer de la réussite d’initiatives comme Espérance Banlieues. Revenir aux fondamentaux dans les enseignements (lire, écrire, compter, savoir bien s’exprimer en français et réfléchir aux données d’un problème, être formé à l’expression orale), rabâcher les codes du bien vivre ensemble (respect et savoir-être) et donner du sens à ce qui est enseigné, réintroduire dès la primaire des cours d’éducation civique, d’éducation à la citoyenneté. Peut-être faudrait-il réaménager le temps scolaire en supprimant a minima les heures de cours après 17 heures où les élèves deviennent ingérables, ce qui permettrait de les sensibiliser à des activités sportives, artistiques et multiplier les sorties pluridisciplinaires (pour lesquelles il faut des budgets ad hoc) les ouvrant à autre chose ?

Le rôle des conseillers d’orientation, afin d’évoquer le champ des possibles avec chaque jeune, est vital puisque les parents sont au moins aussi perdus que leurs enfants et tendent à les pousser à reproduire ce qu’ils ont connu. En cas de difficultés, l’échange avec les psychologues scolaires est tout aussi important pour libérer la parole à l’abri de la pression familiale et des camarades de classe. Il faut enfin fortement inciter les parents à reprendre leur rôle de premiers éducateurs, en les obligeant à rencontrer les enseignants au moins une fois par an (à la remise des bulletins ?), en les poussant à limiter le temps que passent leurs enfants sur leurs téléphones portables et les réseaux sociaux, en leur demandant de s’intéresser à ce qu’ils vivent et apprennent, et en les aidant à s’ouvrir à autre chose qu’aux mirages de l’argent facile.

Tout le monde a un talent pour exceller dans ce qu’il aime

En conclusion, la bonne nouvelle est que cette France des quartiers difficiles, qui dérive depuis trop longtemps, ne demande qu’à s’intégrer à condition qu’on la respecte, qu’on lui fixe un cadre clair et justifié, qu’on s’y tienne, qu’on lui donne de l’espoir en lui expliquant que tout le monde a un talent pour exceller dans ce qu’il aime, et enfin qu’on lui donne des perspectives positives pour les quarante ans de vie professionnelle qui l’attendent après quinze à vingt ans d’études. Le chômage n’a jamais été aussi bas depuis 2008, il existe donc d’excellentes raisons d’espérer et de vendre un avenir crédible à nos jeunes : ils auront tous un travail s’ils s’en donnent les moyens, l’important c’est qu’ils trouvent celui dans lequel ils s’épanouiront.

J’ai vu des classes où les jeunes sont heureux et s’investissent car la structure est en place : le proviseur est présent (pas seulement devant les grilles de l’établissement, mais également en faisant preuve de fermeté bienveillante dans ses décisions et en soutenant des équipes motivées) et les enseignants sont formidables dans leurs rôles d’éducateur-formateur qu’ils ont choisi. C’est donc possible. Une preuve par l’image est le film « Allons enfants », actuellement en salle, qui montre ce que le lycée Turgot à Paris réussit avec des jeunes de banlieue qui concilient études et hip-hop. Une leçon de vie et d’optimisme pluriel à regarder sans modération.

Je m’excuse auprès de ceux qui seraient en désaccord avec tout ou partie du diagnostic et des recommandations ci-dessus. J’ai essayé d’éviter les caricatures, et il y a forcément des exceptions à tous mes constats. Mon seul objectif est d’ouvrir le débat et contribuer à l’égalité des chances, car ces jeunes en souffrance sont également la France de demain.

Je pense qu’il est encore temps d’inverser cette spirale de l’échec sociétal annoncé avec l’engagement de toutes les parties prenantes. Mais il faut s’y mettre immédiatement et résolument !

1 réponse »

  1. Formidable expérience,vous remercie
    J’ai pu constater comme orthophoniste
    en région difficile ce que vous exposez très claire ment….sans doute vous pourriez être entendu en haut lieu pour
    Construire très utilement un enseignement adapté à une quantité de jeunes en grande difficulté
    Très cordialement merci

    J’aime

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