«Richard Ferrand et le troisième mandat présidentiel, faux procès mais vrai débat» »

A titré Le Figaro après avoir été d’abord le support de la déclaration « rétractée « sans totale crédibilité de M. FERRAND.
Le Figaro, dans cet article «Richard Ferrand et le troisième mandat présidentiel, faux procès mais vrai débat» » donne de la crédibilité et un fondement à l’hypothèse d’une révision permettant un troisième mandat présidentiel consécutif.
Dans l’article d’il y 3 heures présenté ci dessous, il reprend – très isolé** à cette heure dans le paysage politique et médiatique – cette orientation en développant le comment après avoir présenté le pourquoi.
** Sauf … : l’édito « Emmanuel Macron, le spectre du troisième mandat » par ALEXIS BREZET directeur des rédactions du Figaro sur EUROPE 1 – Ce mardi, il s’intéressait à l’hypothèse d’un changement de Constitution pour permettre un troisième mandat à Emmanuel Macron.
MISE A JOUR :
VOIR ÉGALEMENT CI CONTRE ; ÉMISSION Ce que Richard Ferrand ne dit pas
Le silence du camp de l’exécutif est parlant : laisser se dérouler les conséquences de ce qui est devenu un ballon d’essai, et surtout ne pas démentir l’hypothèse d’une réforme.
LA PRÉCÉDENTE PUBLICATION DE METAHODOS :
7 MISES À JOUR – TANDIS QUE LA SUISSE EST MOQUÉE QUAND ELLE VOTE PAR RÉFÉRENDUM – LA FRANCE LANCE LE 3eme QUINQUENNAT CONSÉCUTIF. https://metahodos.fr/2023/06/20/2-mises-a-jour-tandis-que-la-suisse-est-moquee-quand-elle-vote-par-referendum-la-france-lance-le-3eme-quinquennat-consecutif/
1. ARTICLE EXTRAIT :
Une réforme constitutionnelle pourrait-elle permettre à Emmanuel Macron de se représenter dès 2027 ?
Par Eloi Passot LE FIGARO
Opposé à la limite des deux mandats présidentiels consécutifs, Richard Ferrand se prononce en faveur d’une modification de la Constitution.
Jamais deux sans trois ? Pour le moment, la Constitution limite le nombre de mandats présidentiels à deux consécutifs. Mais cette règle n’est pas du goût de Richard Ferrand. L’ancien président de l’Assemblée nationale s’est déclaré favorable à la suppression de la limite dans le temps du mandat présidentiel dans un entretien au Figaro .
En retrait de la vie politique depuis sa défaite aux législatives en juin 2022, l’ancien président de l’Assemblée nationale a affirmé être opposé à «la limitation du mandat présidentiel dans le temps» et au «non-cumul des mandats», dénonçant «tout ce qui bride la libre expression de la souveraineté populaire». «Changeons tout cela», a-t-il proposé.
Un positionnement qui a suscité de nombreuses critiques, notamment de la part de la gauche, qui veut voir dans cette déclaration une proposition de réforme qui permette à Emmanuel Macron de se représenter en 2027. «Richard Ferrand, le visage de la dérive autocratique de la gauche», a twitté Mathilde Panot…
2. ÉMISSION
Ce que Richard Ferrand ne dit pas
Mardi 20 juin 2023 RADIO FRANCE
Ce proche parmi les proches d’Emmanuel Macron a déclenché une polémique : il a expliqué qu’il fallait changer la Constitution pour permettre au président de la République de faire plus de deux mandats consécutifs… Sans préciser à quelle échéance.
Après avoir été accusé de vouloir fomenter un coup d’Etat en faveur d’Emmanuel Macron, l’ancien président de l’Assemblée a été obligé de préciser qu’il parlait en général et qu’il ne s’agissait pas de permettre à l’actuel chef de l’Etat de se représenter en 2027.

Mais le plus intéressant, ce n’est pas ce qu’il dit mais ce qu’il ne dit pas
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Derrière cette maladresse se cache le sujet de préoccupation numéro 1 des macronistes.
Emmanuel Macron n’a pas à ce jour de successeur crédible capable de porter après son départ de l’Elysée le « et en même temps » qu’il incarne.
Alors son entourage rivalise de créativité. Certains ont exploré la piste d’une démission avant une nouvelle candidature, ce que la Constitution ne permet pourtant pas.
D’autres ont sérieusement envisagé de pousser la candidature de Jean Castex pour qu’il occupe le terrain à l’Elysée avant le retour triomphal d’Emmanuel Macron… en 2032.
Des élucubrations, qui illustrent le désarroi de tout un camp qui craint la dislocation à l’issue de ce mandat présidentiel.
Et ce que Richard Ferrand ne dit pas non plus, c’est ce qu’il espère faire d’ici 2027 : aller à Mztignon.
Le nom de ce macroniste historique, pourtant battu aux législatives, il y a un an, est fréquemment cité. Il explique d’ailleurs en creux dans son interview au Figaro qu’il ne faut pas tenter une alliance avec Les Républicains, sous-entendu nommer un premier ministre LR ou issu de LR car je cite « toutes les forces politiques qui se définissent comme républicaines sont des partenaires du président de la République », et pas seulement les LR.
Comme François Bayrou l’ancien député du Finistère reste accroché à l’idée originelle du dépassement des partis. C’est tout sauf une surprise : il y a un an, Richard Ferrand avait été l’un des plus actifs pour bloquer la route de Matignon à la LR, Catherine Vautrin.
Et Elisabeth Borne qu’en pense-t-il ?
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Il ne le dit pas clairement.
Ce qu’on sait, c’est qu’une campagne est menée depuis les tréfonds de la Macronie pour que Richard Ferrand la remplace.
Une campagne que l’ancien président de l’Assemblée encourage à sa manière, remerciant en privé pour leur « soutien » ceux qui le citent dans la presse.
Même s’il se présente davantage comme « un vétéran » qu’un « aspirant », Richard Ferrand, c’est un de ses amis qui me l’a confié, « pense » bien à Matignon.
3. ARTICLE
Macron, Ferrand et le 3e mandat présidentiel : aux origines d’un sujet maudit
ParLEXPRESS.frpublié le 19/06/2023 à 16:08
L’ancien président de l’Assemblée nationale a vite constaté qu’il existe des débats impossibles.
Le faire était peut-être une première bêtise, le défaire en serait une seconde, plus grosse encore. C’est dire si le sujet est maudit. Lors de la révision de 2008, l’article 6 de la Constitution est modifié : « Nul ne peut exercer plus de deux mandats [présidentiels] consécutifs. » Mais il est impossible aujourd’hui de s’interroger sur le bien-fondé de la mesure. La preuve par Richard Ferrand.null
L’ancien président de l’Assemblée nationale, qui compte parmi les plus proches d’Emmanuel Macron, déclare dans Le Figaro ce lundi : « A titre personnel, je regrette tout ce qui bride la libre expression de la souveraineté populaire. La limitation du mandat présidentiel dans le temps, le non-cumul des mandats, etc. Tout cela corsète notre vie publique dans des règles qui limitent le libre choix des citoyens […]. Changeons tout cela […]. » Aussitôt, c’est l’hallali, qui conduit Richard Ferrand à préciser dans un tweet qu’il ne préconise pas de « modifier la Constitution pour la présidentielle de 2027 » – la rétroactivité des lois n’existe d’ailleurs pas.
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En 2008 déjà, la mesure est contestée. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la commission Balladur de modernisation des institutions installée en juillet 2007 par Nicolas Sarkozy dans la foulée de son élection ne la propose pas. En son sein, une grande majorité est défavorable à une telle limitation, pour une raison historique – Roosevelt a effectué quatre mandats et cela ne l’a pas empêché de gagner la guerre… – et pour une raison démocratique – c’est une limitation forte de la souveraineté de l’électeur.
« Le seul élu à qui on impose cela, c’est ma pomme »
Un homme tient plus que tout à limiter le nombre de mandats, et comme il est président de la République, il obtient gain de cause. « Le temps que l’on passe à durer, on ne le passe pas à agir », a l’habitude d’expliquer alors Nicolas Sarkozy. Qui s’assure toutefois bien que le terme « consécutifs » figure bien dans la nouvelle version, il ne faut pas insulter l’avenir. Le 12 octobre dernier, à l’Institut de France, il revenait sur la question : « Je reconnais bien volontiers que c’est vraiment un sujet de débat, je ne prétends pas avoir la vérité là-dessus. » Il cite volontiers l’exemple de Margaret Thatcher, 11 ans et six mois au 10 Downing Street, pour expliquer qu’ « au bout de dix ans, on n’entend plus ». « Le pouvoir est dangereux, il faut mettre une limitation, c’est une protection », ajoutait l’ancien chef de l’Etat, qui ne croit pas à la fameuse théorie du « canard boiteux », comme on dit aux Etats-Unis (lors de son deuxième mandat, un président américain assiste souvent impuissant à la diminution graduelle de son influence politique). Pour Nicolas Sarkozy, « si votre autorité est sapée, c’est parce que vous êtes fragile. »null
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Emmanuel Macron déteste l’article 6 de la Constitution tel qu’il est désormais rédigé. Dès 2018, un an après son accession à l’Elysée, il lâche devant des visiteurs : « Le seul élu à qui on impose cela, c’est ma pomme. » En 2027, il aura 49 ans et celui qui n’aime rien tant que la liberté est ligoté. « Le trouble psychologique qu’on a vu chez lui après sa réélection, c’est à cause de cette situation l’interdisant de se représenter », avance l’un de ses soutiens, qui complète : « Un président qui ne peut plus se représenter a peut-être du courage, mais il n’est plus chef de guerre, tout le monde guette chez lui les signes du recul de son influence. »
Le psychodrame des dernières heures autour des propos de Richard Ferrand le prouve : « Lorsque les responsables politiques instituent une mauvaise règle, celle-ci devient religieusement bonne parce qu’ils s’interdisent de revenir dessus », comme le dit un constitutionnaliste. On en est là.