
Les résultats les plus bas jamais enregistrés, en mathématiques et en compréhension de l’écrit
L’enquête Pisa, sortie cette semaine, révèle les résultats les plus bas jamais enregistrés, en mathématiques et en compréhension de l’écrit, chez les élèves français de 15 ans. Mais, même s’il est impératif de ne pas sombrer dans le sentiment de déclinisme, ce rapport est une alerte.
L’enquête Pisa, sortie cette semaine, révèle les résultats les plus bas jamais enregistrés, en mathématiques et en compréhension de l’écrit, chez les élèves français de 15 ans. On pourrait se consoler en se disant que le niveau baisse dans presque tous les pays.
PISA : le déclin de la France ne s’explique pas par un manque de moyens
- 8 septembre 2026. Élodie Messéant
Le verdict de l’OCDE était attendu avec impatience : le 8 septembre, le rapport PISA (Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves) a été publié. Plus de 760 000 jeunes âgés de 15 ans, représentant quelque 33 millions d’élèves, ont été évalués dans 91 pays et économies. Les résultats sont alarmants puisque l’OCDE note qu’ils sont les plus faibles jamais observés depuis la création du classement. Entre 2006 et 2025, le score des élèves a baissé de 17 points en science, de 29 points en lecture et de 32 points en mathématiques. Un élève sur cinq a désormais un niveau insuffisant en sciences, en mathématiques et en lecture, contre 16 % en 2022.
L’OCDE rappelle ainsi que les résultats ne se dégradent pas uniquement depuis le Covid. La proportion d’élèves qui survolent les textes et répondent trop rapidement a presque doublé depuis 2018. Même chose concernant l’IA : les élèves qui déclarent utiliser des chatbots pour des tâches spécifiques (résumé d’un texte, rédaction, recherche) obtiennent, en moyenne, de moins bons résultats en science.
Dans cette chute, la France affiche une baisse de -4 points en science, de -18 points en lecture et de -16 points en mathématiques par rapport à 2022 (date du dernier classement). C’est encore pire que la moyenne de l’OCDE, avec respectivement -3, -14 et -9 points sur ces mêmes indicateurs. Notre pays souffre-t-il d’un manque de moyens ou d’investissements dans l’éducation ? Avec un budget de 88 milliards d’euros en 2026 (soit plus de 10 % du budget général), l’affirmer serait fort de café. Éric Charbonnier, analyste à l’OCDE, confirme que « la France a une dépense d’éducation assez forte par rapport aux performances obtenues ». Le rapport de l’OCDE précise d’ailleurs que l’important n’est pas le montant des dépenses unitaires, mais des politiques et des choix de dépenses. Le Luxembourg fait office d’illustration : avec 288 521 dollars dépensés par élève, il obtient un score moyen en sciences inférieur à celui de la France, de l’Irlande et de l’Italie, qui dépensent chacune moins de la moitié de cette somme.
La question n’est donc plus de savoir combien de milliards supplémentaires l’État doit injecter dans l’Éducation nationale. Elle est de savoir pourquoi un système qui mobilise déjà autant de ressources peine à transmettre les fondamentaux. Le déclin de l’Éducation nationale ne concerne pas seulement les élèves, mais aussi les professeurs, et les causes ont été largement expliquées par Philippe Nemo dans son dernier ouvrage. Ce sont les socialistes (et les syndicats) qui en sont, en grande partie, responsables. Existent-ils des leviers pour inverser la tendance ? Tout ce que ces mêmes socialistes détestent : la liberté d’enseignement et la subsidiarité.