
ARTICLE – La France ne souhaite pas poursuivre l’expérimentation de l’accord migratoire « one in, one out » avec le Royaume-Uni au-delà du 1er octobre
Cet accord prévoit le renvoi sur le territoire français de personnes arrivées Outre-Manche à l’aide d’une embarcation clandestine, en échange de l’accueil légal par l’Etat britannique de migrants se trouvant en France, sur le principe « un qui entre, un qui sort ».lire plus tard8 commentairespartage
Gaële Joly Radio France 16/09/2026
La France ne souhaite pas poursuivre au-delà du 1er octobre l’expérimentation de l’accord migratoire « one in, one out » actuellement en place avec le Royaume-Uni, a appris la rédaction internationale de Radio France mercredi 16 septembre de source proche du dossier. L’accord prévoit le renvoi en France de personnes arrivées au Royaume-Uni au moyen d’une embarcation clandestine, en échange de l’accueil légal par ce pays de migrants se trouvant en France, sur le principe « un qui entre, un qui sort ».
Selon la même source contactée par la rédaction internationale de Radio France, il n’a jamais été envisagé de prolonger cet accord conclu à l’été 2025 et officiellement lancé en août 2025. Cette position avait déjà été exprimée publiquement par Laurent Nuñez. Lors de son audition devant une commission de l’Assemblée nationale en juin, le ministre de l’Intérieur avait déclaré : « Pour notre part, nous voulons sortir de cette relation bilatérale avec le Royaume-Uni. »
Le Royaume-Uni souhaite la poursuite de cet accord
Londres, en revanche, souhaite prolonger l’accord. La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, défend le dispositif et souhaite même le rendre permanent et augmenter le nombre de personnes renvoyées vers la France. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a lui aussi demandé à Emmanuel Macron de prolonger l’accord. Paris considère quant à elle que la France ne doit pas porter seule ce dispositif bilatéral et souhaite désormais privilégier un accord plus large entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Londres, au contraire, estime que l’expérimentation a démontré qu’il était possible d’organiser concrètement des retours vers la France et souhaite poursuivre l’expérience.
Signé à l’été 2025, le dispositif avait pour objectif affiché 2 500 échanges. Environ 1 400 personnes ont été renvoyées du Royaume-Uni vers la France, selon les derniers chiffres communiqués par le gouvernement britannique. Un nombre comparable de demandeurs d’asile ont été transférés légalement de France vers le Royaume-Uni. Cela représente environ 4% de l’ensemble des traversées de la Manche depuis le lancement du dispositif.
Le coût de cet accord pose aussi question. Interrogée mardi par les députés britanniques, Shabana Mahmood a indiqué que chaque retour vers la France coûtait désormais environ 56 000 livres, soit près de 65 000 euros. Avec plus de 1 400 retours, cela représente environ 78 millions de livres de dépenses.