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LIBÉRATION D’UN TERRORISTE DU 13 NOVEMBRE 2015 – « TRAHISON » ?

ARTICLE – «Il y a un sentiment de trahison» : inquiétude des victimes avant la possible libération anticipée du logisticien des attentats du 13 novembre 2015

Par Le Figaro avec AFP 18/09/2026

Ayant la nationalité belge, Mohamed Bakkali est retourné purger sa peine dans son pays, où il est admissible, depuis août 2023, à la surveillance électronique.

La perspective d’une possible libération anticipée en Belgique d’un des condamnés des attentats du 13 novembre 2015 en France suscite une vive émotion parmi les victimes, et a contraint cette semaine les autorités belges à un exercice d’explication pour tenter de les apaiser. Le djihadiste concerné est Mohamed Bakkali, condamné en juin 2022 à Paris à 30 ans de prison, pour son rôle de «logisticien» dans l’équipée meurtrière revendiquée par l’organisation État islamique. Cet homme a loué des planques, des véhicules et recherché des armes pour les auteurs de ces attentats, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés.

Ayant la nationalité belge, le condamné est retourné après le procès purger sa peine dans son pays, où les modalités d’exécution sont logiquement régies par le droit belge, et où il est admissible, depuis août 2023, à la surveillance électronique. Un droit qu’a décidé de faire valoir ce père âgé de 39 ans. Incarcéré depuis fin novembre 2015, il a formulé en 2024 ses premières demandes de libération conditionnelle, et a déjà pu bénéficier de courtes permissions de sortie depuis l’an dernier, selon des documents judiciaires consultés par l’AFP.Passer la publicité

Il y a de fait un décalage avec ce que laissait envisager la peine prononcée en France, soit 30 ans de réclusion avec une période de sûreté des deux tiers, empêchant a priori toute libération conditionnelle avant la décennie 2030. Et du côté des victimes du 13-Novembre, c’est l’incompréhension. «On est respectueux de l’État de droit, mais il y a un sentiment de trahison», a déclaré à l’AFP Arthur Dénouveaux, ex-président de l’association de victimes Life for Paris (aujourd’hui dissoute). Il estime que le système judiciaire a failli : «Ils nous mettent devant le fait accompli, pourquoi ne nous l’ont-ils pas dit plus tôt?», interroge-t-il.

«Incompréhension totale»

«On aurait pu avoir cette information à la fin du procès. Il y a un sentiment d’incompréhension totale», renchérit Thomas, un autre rescapé de l’attaque dans la salle parisienne du Bataclan. Ce dernier a participé mercredi soir à une réunion d’information à Paris, au cours de laquelle plusieurs représentants de la justice belge ont expliqué les droits octroyés aux victimes dans la procédure en cours devant le tribunal d’application des peines (TAP) de Bruxelles. Un exercice «inédit» pour les services judiciaires belges, admet l’une des organisatrices, Lamya Amrani, responsable d’une administration d’aide aux victimes dans la capitale belge.

Une audience est programmée devant le TAP le 29 septembre pour un nouvel examen des demandes de Mohamed Bakkali. Et la justice belge, en accord avec le parquet antiterroriste de Paris, a voulu en amont assurer aux victimes qu’elles auront à ce moment-là voix au chapitre. Il a été proposé à toutes de compléter «une fiche victime», permettant d’exprimer par écrit des limites, par exemple en termes de déplacements pour le futur libéré sous bracelet, sachant qu’il est aussi permis de venir les formuler oralement lors de l’audience à huis clos, a expliqué Mme Amrani.

Pour qu’elles soient toutes susceptibles d’émettre un avis, les quelque 3000 parties civiles au procès ont été contactées, assure cette responsable belge, qui reconnaît qu’en fonction du taux de réponse la charge de travail du TAP pourrait être alourdie et son calendrier bousculé.«Les fiches arrivent au fur et à mesure, et on les transmet au fur et à mesure», ajoute celle qui fait office d’intermédiaire avec le tribunal

Après la séance d’information mercredi avec une cinquantaine de victimes, d’autres se verront expliquer la démarche dans une conférence en ligne prévue ce mois-ci, selon elle. Sollicitée par l’AFP, Delphine Paci, avocate belge de Mohamed Bakkali, a refusé tout commentaire. De son côté, le parquet de Bruxelles, qui prendra ses réquisitions devant le TAP, a indiqué être «opposé à toute mesure de libération conditionnelle ou de surveillance électronique à ce stade».

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