
Delphine Horvilleur : «Quand je retourne en Israël, j’ai l’impression de voir des fantômes partout»
Trois ans après le 7 Octobre, la rabbine publie «Sermons sous les décombres», une réflexion sur l’évolution de sa pensée depuis l’attentat et la guerre menée par le gouvernement Nétanyahou contre Gaza.
ParAlexandra Schwartzbrod. LIBÉRATION 27/09/2026
Au début, elle a pensé appeler son nouveau livre «Angle mort». L’angle mort, c’est ce qu’on ne voit pas dans le rétroviseur. Delphine Horvilleur voulait comprendre ce qu’elle n’avait pas vu dans les mois suivant le 7 Octobre, et pourquoi elle ne l’avait pas vu. «La seule solution pour conduire en sécurité, c’est de se retourner», dit-elle. Alors cette femme rabbin s’est retournée, elle a relu les sermons prononcés devant ses fidèles chaque semaine à la synagogue depuis septembre 2023 et elle a «vu» ce qu’elle ne voyait pas alors, la douleur des Palestiniens. «Avant, il n’y avait pas la place», nous a-t-elle confié.
Sermons sous les décombres, à paraître le 8 octobre, le deuxième livre publié par la nouvelle maison d’édition d’Olivier Nora, raconte ce long processus dans une première partie avant de nous donner à lire les sermons les plus importants de ces trois dernières années. Et l’on «voit» en effet le cheminement, comment peu à peu les Palestiniens se mettent à exister au fur et à mesure qu’ils disparaissent.
L’ÉDITO DE SONIA DELESALLE-STOLPER
DELPHINE HORVILLEUR, DES QUESTIONNEMENTS ET UN PLAIDOYER POUR L’HUMANISME
Au lendemain de Yom Kippour et à quelques jours du 7 Octobre, alors que la situation ne cesse d’empirer dans les territoires palestiniens, nous l’avons rencontrée chez elle, un peu chamboulée car sa fille de 17 ans venait de partir étudier à l’étranger : 17 ans, l’âge qu’avait Delphine Horvilleur lorsqu’elle a elle-même quitté le domicile familial en France pour faire son alyah afin d’y suivre des études de médecine.
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