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ILS ONT DIT : «La France risque d’être étranglée» … ALERTENT CEUX QUI ONT CRÉÉ LA SITUATION

Emmanuel Moulin, le gouverneur de la Banque de France qui moud du noir

Tête d’affiche

Par  Laurence Dequay 13/10/2026 MARIANNE

Nommé à la tête de la Banque de France, Emmanuel Moulin alerte sur le risque d’un étranglement financier du pays. Mais l’ancien pilier de l’exécutif macroniste, aux commandes de Bercy puis de Matignon, semble moins pressé d’assumer sa part de responsabilité dans la dérive des comptes publics.

En donnant, le 5 octobre, un entretien au Financial Times titré « La France risque d’être étranglée par la hausse des taux d’intérêt », Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de l’Élysée, nommé à la tête de la Banque de France par le président Macron, a estomaqué certains lecteurs français. « Combien de milliards va-t-il encore nous coûter ? » se sont inquiétés d’aucuns, de peur que les spéculateurs ne se déchaînent contre notre pays qui devrait acquitter la somme record de 91 milliards d’euros d’intérêts sur sa dette en 2027.

En réalité, l’avertissement médiatique du gouverneur de la Banque de France, qui visait notamment les parlementaires, n’a ni déchaîné les marchés, ni ne les a amadoués. Simplement, la France, à dix ans, emprunte toujours plus cher que l’Allemagne.

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« La situation est grave, mais nous pouvons agir en votant un budget et en nous engageant à ce que ce budget ne dépasse pas un déficit de 5 %» a alors martelé, sur France Inter, Emmanuel Moulin, en défendant l’indépendance de sa parole et de son institution, attaquée par Jean-Luc Mélenchon. Sans être interpellé sur son parcours…

L’HEURE DES COMPTES 

Or l’ancien dir-cab de Bruno Le Maire à Bercy, puis de Gabriel Attal à Matignon, a beau avoir été au cœur de l’exécutif depuis 2017, il n’accepte que du bout des lèvres d’avoir contribué à la descente aux enfers budgétaires du pays. « Je crois qu’on est très nombreux à devoir assumer une responsabilité dans cette trajectoire » a-t-il botté en touche, le 20 mai, devant la Commission des finances de l’Assemblée Nationale. Aux députés, cet expert monétaire s’est d’ailleurs présenté comme un « serviteur de l’intérêt général » : émettant des recommandations, mais exécutant les décisions prises par les politiques.

Se félicitant des milliards dépensés, à juste titre, pendant le Covid pour soutenir l’économie française, il a nonchalamment ajouté : « On aurait peut-être pu arrêter un peu plus tôt l’arme budgétaire, mais la crise d’Ukraine est arrivée. » « Sa parole publique était muselée, le défend un camarade. En privé, dès 2022, Emmanuel Moulin répétait qu’il fallait être sérieux » Sérieux ?

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Sous la direction de ce financier très à l’aise dans les cercles internationaux, le Trésor a surestimé de plus de 42 milliards d’euros les prévisions de recettes de l’État sur 2023-2024 ! Une erreur qu’Emmanuel Moulin impute principalement à « une forte perturbation de nos modèles ». Le gouverneur de la Banque de France siège désormais au Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE). « Les échéances politiques se rapprochant, il doit construire rapidement sa légitimité » décrypte un haut fonctionnaire. Pour y parvenir, il pourrait, avec les excellentes équipes de la banque de France, inciter la BCE à soutenir la croissance en Europe…

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