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ACTUALITÉ : UN ÉTAT « DÉLIQUESCENT » ? – INCAPABLE DE LUTTER CONTRE LES VIOLENCES, MANIPULE-T-IL LES RENSEIGNEMENTS ET LES FRANÇAIS ?

ARTICLE – LFI accusée à tort pour les violences du 17 octobre ? Cet article de « Mediapart » fait bondir les Insoumis

Selon le média, l’exécutif pousse pour mettre en cause La France insoumise dans les pillages du week-end. Une analyse contestée par les renseignements, tandis que LFI veut attaquer le gouvernement en justice.

Par Timothée Barnaud Le HuffPost 

Après les violences et les pillages du 17 octobre, dont le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a reconnu lui-même un « manque d’anticipation », l’échec des services de renseignement à voir venir l’ampleur du mouvement met sous pression l’exécutif. Le gouvernement a en tout cas son responsable : « l’ultragauche »,que Sébastien Lecornu accuse de vouloir « organiser un désordre profond », mais aussi La France insoumise, dont le Premier ministre mettait en cause dès le samedi soir la « responsabilité politique ».

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Un article de Mediapart, publié ce lundi soir et titré sur « la fabrique d’un bouc émissaire », devrait encore agiter les débats. Le média d’investigation affirme que la mise en cause de La France insoumise dans l’organisation du mouvement du 17 octobre serait poussée par l’exécutif, mais très contestée au sein même des services de renseignements.

« Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des renseignements territoriaux, forcément on a des décisions politiques », a ainsi écrit le 18 octobre un commissaire du renseignement territorial (RT), dans des échanges consultés par Mediapart.

Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que toutes les figures de La France insoumise s’emparent de cet article pour dénoncer une « véritable affaire d’État », des mots de Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement.

« Je vais saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nuñez, parce que fabriquer des faux documents… faire ce qu’on appelle de l’abus d’autorité, c’est-à-dire donner des consignes qui vont au-delà de ses prérogatives, ce sont des délits », a déclaré ce mardi matin le député des Bouches-du-Rhône sur franceinfo.

« Inadmissible », selon Olivier Faure

« Un article de Mediapart révèle comment la hiérarchie du renseignement demande de mettre en cause LFI en sachant que ce n’est pas vrai », a dénoncé ce lundi soir Jean-Luc Mélenchon sur son compte X.

« Le ministre de l’Intérieur donne donc aux services l’ordre de donner de fausses informations, de mentir, pour nuire à la première force d’opposition », écrit de son côté la députée Clémence Guetté. « C’est un scandale. Le pouvoir est incapable de gérer le chaos qu’il a mis dans le pays, il doit cesser de tenter d’en sortir par des dérives autoritaires dangereuses », poursuit-elle.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, a également réagi à cet article de Mediapart. « Si tel est le cas, c’est inadmissible. On a le droit de contester LFI, mais dans une démocratie on ne manipule pas la vérité pour éliminer un opposant. Et on ne jette pas un écran de fumée sur les revendications des lycéens et des salariés. On y répond. », a-t-il écrit sur X.

« Je ne vois pas ce qu’a à voir LFI dans ce fiasco »

Interrogé sur cette citation de ce commissaire du renseignement par Mediapart, le ministère de l’Intérieur a démenti avoir donné de telles consignes. Mais ce témoignage n’est pas le seul allant dans ce sens dans l’article.

Auprès de Mediapart, un responsable national d’une organisation syndicale de police explique notamment avoir été « très étonné par ces accusations concernant LFI qui serait responsable du chaos de samedi et des saccages ».

« Je ne vois pas ce qu’a à voir LFI dans l’histoire de ce fiasco. C’est dangereux de politiser ainsi un échec aussi grossier et surtout de ne pas en assumer l’entière responsabilité »,poursuit-il, mettant en avant qu’il « ne porte pas LFI dans [son] cœur compte tenu des attaques incessantes contre les policiers ».

La mobilisation et les violences du 17 octobre sont intervenues après plusieurs semaines d’invectives entre le gouvernement et La France insoumise, l’exécutif accusant le mouvement de gauche radicale ainsi que « ses proxys de l’ultragauche »d’instrumentaliser la colère des lycéens.

Après les violences du week-end, Sébastien Lecornu a de nouveau accusé ce lundi le « mouvement de l’ultragauche » de vouloir « organiser un désordre (…) jusqu’à l’élection présidentielle ». Samedi soir, il avait sommé la classe politique et notamment LFI de « choisir son camp », entre les « forces de l’ordre » et les « casseurs ».

Invité ce lundi matin sur France 2, le ministre de la Justice Gérald Darmanin en avait remis une couche, mettant en cause « la responsabilité politique » de LFI dans les violences, accusant le parti de vouloir « déstabiliser nos institutions » et d’avoir « mis une allumette sur un baril d’essence ».

De son côté, la procureure de Paris, Laure Beccuau, avait affirmé ce lundi matin sur TF1 qu’elle ne pouvait « absolument pas confirmer » que les auteurs de violences dans la capitale sont « des personnes politisées vers l’ultragauche » à partir des premiers dossiers traités.

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