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MAJ – ACTUALITÉ : UN ÉTAT « DÉLIQUESCENT » ? – INCAPABLE DE LUTTER CONTRE LES VIOLENCES, MANIPULE-T-IL LES RENSEIGNEMENTS ET LES FRANÇAIS ?

MISE A JOUR

2. ARTICLE – Laurent Nuñez, le lent déclin d’un ministre de l’Intérieur pris à son propre piège

Le ministre de l’Intérieur, dont la démission a été refusée par Emmanuel Macron, semble dépassé par les événements, en particulier depuis le 17 octobre.

Par Romain Herreros Le HuffPost 

La chorégraphie est connue de tous les observateurs politiques. En temps de crise majeure dont on est partie prenante, il convient de remettre sa démission au chef de l’État. Mais face à l’obligation de poursuivre la mission et de rester solide contre l’adversité, la requête est refusée. Laurent Nuñez et Emmanuel Macron viennent de rejouer cette scène, après les images de chaos qui ont émergé dans plusieurs villes après les mobilisations du 17 octobre.

Un refus de congédier le ministre de l’Intérieur justifié par « la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel », a précisé l’Élysée ce lundi 19 octobre. Et, mû par la volonté de démontrer qu’il ne se dérobe pas aux devoirs qui sont les siens, Laurent Nuñez a fait savoir que sa demande avait été refusée. Alors que, dans les faits, absolument rien n’empêche un ministre en exercice de quitter ses fonctions, et surtout pas l’absence de bénédiction du locataire de l’Élysée.

Déjà contesté avant le 17 octobre

Éculé et artificiel, ce narratif illustre la séquence très compliquée que traverse actuellement le ministre de l’Intérieur, déjà accusé d’avoir fait dérailler la mobilisation lycéenne par un dispositif disproportionné et dangereux, ayant conduit à la mutilation de plusieurs adolescents, comme à Lens ou à Tours. Une stratégie offensive qui, selon nos informations, a fait tiquer jusqu’au chef de l’État, qui a expressément demandé à son ministre de lever le pied. Car aux revendications légitimes des lycéens se sont agrégées des indignations provoquées par les violences policières.

De quoi jeter de l’huile sur le feu, qui plus est dans un contexte où le ministre éprouve toutes les peines du monde à clairement condamner les confiscations arbitraires de pancartes faites par des policiers. Ce qui, chez ceux qui l’éprouvent, renforce le sentiment que les forces de police sont moins au service des citoyens qu’à celui exclusif des intérêts du pouvoir en place, plus pressé d’attribuer les dégradations et les affrontements aux élus insoumis mobilisés auprès des lycéens, que d’offrir un débouché politique et sécurisé à l’expression de leur colère.

Ce qui, vu de l’étranger, est cliniquement décrit comme un fiasco. « Les forces de l’ordre – menée par un ministre de l’Intérieur qui n’a officiellement donné aucune consigne de retenue face aux lycéens – voient tout de suite une menace à l’ordre public. Les notions de désescalade et de proportionnalité de la riposte ne font pas partie du vocabulaire de la police française », cingle l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, jugeant que l’action de Laurent Nuñez s’inscrit dans une logique où « le citoyen représente un risque » voire « un ennemi de l’État ». Ce qui, dès le début de la mobilisation, a conduit à une forme d’escalade, du fait de l’incapacité à concevoir la mobilisation de la jeunesse autrement que comme un affrontement phagocyté par un Jean-Luc Mélenchon qui aurait pour projet secret de renverser les institutions par la rue.

Excessive dramatisation des enjeux

D’où le nombre record de gardes à vue comptabilisé dès les premiers jours du mouvement, concernant à 86 % des mineurs. Comme s’il s’agissait de passer aux jeunes manifestants l’envie de recommencer. Cité par le Canard enchaîné, un commissaire de police a expliqué que « le but de la manœuvre était d’effrayer les élèves et leurs parents pour stopper au plus vite la fronde ». Sans qu’il soit possible de savoir pour le moment si cette intention existait, c’est bien comme cela que les familles des adolescents interpellés ont compris la séquence, dénonçant une volonté de « briser la mobilisation de ces lycées ».

De façon paradoxale, l’excessive dramatisation de l’enjeu sécuritaire lié à la colère de la jeunesse se retourne aujourd’hui contre le ministre de l’Intérieur. Car si la violence supposée des jeunes mobilisés était si forte, comment expliquer l’insuffisance du dispositif déployé samedi ? Et si le ministre de l’Intérieur a tant insisté sur les réseaux d’ultragauche, qui attiseraient ces violences urbaines, pourquoi la procureure de Paris pondère-t-elle ce constat, soulignant que de très nombreuses personnes interpellées « ne revendiquent pas de positionnement politique » ?

Pire, au-delà de ces contradictions, Laurent Nuñez avait lui-même prophétisé le chaos qui allait s’abattre sur le pays. Alors que les images de premières dégradations tournaient en boucle au début du mois, posant déjà la question de la doctrine du maintien de l’ordre en ouvrant les premiers procès en « chaos », le ministre de l’Intérieur avait tenu à relativiser. « Perdre le contrôle, c’est si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes, qui pillaient les magasins et qui commettaient des exactions », expliquait-il le 6 octobre sur France inter. C’est précisément ce qu’il s’est passé onze jours plus tard, ce samedi, sans que son approche n’arrive à prévenir ces violences. Il pensait justifier sa fermeté, mais Laurent Nuñez n’a fait que définir les conditions de son échec. Et dessiner les contours du piège qu’il s’est tendu lui-même.

1. ARTICLE – LFI accusée à tort pour les violences du 17 octobre ? Cet article de « Mediapart » fait bondir les Insoumis

Selon le média, l’exécutif pousse pour mettre en cause La France insoumise dans les pillages du week-end. Une analyse contestée par les renseignements, tandis que LFI veut attaquer le gouvernement en justice.

Par Timothée Barnaud Le HuffPost 

Après les violences et les pillages du 17 octobre, dont le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a reconnu lui-même un « manque d’anticipation », l’échec des services de renseignement à voir venir l’ampleur du mouvement met sous pression l’exécutif. Le gouvernement a en tout cas son responsable : « l’ultragauche »,que Sébastien Lecornu accuse de vouloir « organiser un désordre profond », mais aussi La France insoumise, dont le Premier ministre mettait en cause dès le samedi soir la « responsabilité politique ».

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Comment les violences urbaines rejaillissent déjà sur l’élection présidentielle

Un article de Mediapart, publié ce lundi soir et titré sur « la fabrique d’un bouc émissaire », devrait encore agiter les débats. Le média d’investigation affirme que la mise en cause de La France insoumise dans l’organisation du mouvement du 17 octobre serait poussée par l’exécutif, mais très contestée au sein même des services de renseignements.

« Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des renseignements territoriaux, forcément on a des décisions politiques », a ainsi écrit le 18 octobre un commissaire du renseignement territorial (RT), dans des échanges consultés par Mediapart.

Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que toutes les figures de La France insoumise s’emparent de cet article pour dénoncer une « véritable affaire d’État », des mots de Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement.

« Je vais saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nuñez, parce que fabriquer des faux documents… faire ce qu’on appelle de l’abus d’autorité, c’est-à-dire donner des consignes qui vont au-delà de ses prérogatives, ce sont des délits », a déclaré ce mardi matin le député des Bouches-du-Rhône sur franceinfo.

« Inadmissible », selon Olivier Faure

« Un article de Mediapart révèle comment la hiérarchie du renseignement demande de mettre en cause LFI en sachant que ce n’est pas vrai », a dénoncé ce lundi soir Jean-Luc Mélenchon sur son compte X.

« Le ministre de l’Intérieur donne donc aux services l’ordre de donner de fausses informations, de mentir, pour nuire à la première force d’opposition », écrit de son côté la députée Clémence Guetté. « C’est un scandale. Le pouvoir est incapable de gérer le chaos qu’il a mis dans le pays, il doit cesser de tenter d’en sortir par des dérives autoritaires dangereuses », poursuit-elle.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, a également réagi à cet article de Mediapart. « Si tel est le cas, c’est inadmissible. On a le droit de contester LFI, mais dans une démocratie on ne manipule pas la vérité pour éliminer un opposant. Et on ne jette pas un écran de fumée sur les revendications des lycéens et des salariés. On y répond. », a-t-il écrit sur X.

« Je ne vois pas ce qu’a à voir LFI dans ce fiasco »

Interrogé sur cette citation de ce commissaire du renseignement par Mediapart, le ministère de l’Intérieur a démenti avoir donné de telles consignes. Mais ce témoignage n’est pas le seul allant dans ce sens dans l’article.

Auprès de Mediapart, un responsable national d’une organisation syndicale de police explique notamment avoir été « très étonné par ces accusations concernant LFI qui serait responsable du chaos de samedi et des saccages ».

« Je ne vois pas ce qu’a à voir LFI dans l’histoire de ce fiasco. C’est dangereux de politiser ainsi un échec aussi grossier et surtout de ne pas en assumer l’entière responsabilité »,poursuit-il, mettant en avant qu’il « ne porte pas LFI dans [son] cœur compte tenu des attaques incessantes contre les policiers ».

La mobilisation et les violences du 17 octobre sont intervenues après plusieurs semaines d’invectives entre le gouvernement et La France insoumise, l’exécutif accusant le mouvement de gauche radicale ainsi que « ses proxys de l’ultragauche »d’instrumentaliser la colère des lycéens.

Après les violences du week-end, Sébastien Lecornu a de nouveau accusé ce lundi le « mouvement de l’ultragauche » de vouloir « organiser un désordre (…) jusqu’à l’élection présidentielle ». Samedi soir, il avait sommé la classe politique et notamment LFI de « choisir son camp », entre les « forces de l’ordre » et les « casseurs ».

Invité ce lundi matin sur France 2, le ministre de la Justice Gérald Darmanin en avait remis une couche, mettant en cause « la responsabilité politique » de LFI dans les violences, accusant le parti de vouloir « déstabiliser nos institutions » et d’avoir « mis une allumette sur un baril d’essence ».

De son côté, la procureure de Paris, Laure Beccuau, avait affirmé ce lundi matin sur TF1 qu’elle ne pouvait « absolument pas confirmer » que les auteurs de violences dans la capitale sont « des personnes politisées vers l’ultragauche » à partir des premiers dossiers traités.

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