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RELIRE « LES OUBLIÉS » : UNE REPUBLIQUE QUI NE RECONNAÎT PLUS CEUX QUI LA FONT VIVRE

1. « Les Oubliés » de François-Xavier Ménage

METAHODOS, pose régulièrement les questions qui « prolongent » et « anticipent » les interrogations du livre. Celui-ci nous apporte des éclairages sur des points majeurs :

– la défaillance des services publics,

– la crise de la représentation

– la rupture du contrat social

– la perte d’efficacité de l’action publique

– la rupture des perspectives de prospérité individuelle et collective

1. La thèse centrale de l’ouvrage : une République qui ne reconnaît plus ceux qui la font fonctionner

Le livre part d’un paradoxe politique et social : des Français indispensables au fonctionnement quotidien du pays ont le sentiment d’être devenus invisibles aux yeux de ceux qui le gouvernent.

François-Xavier Ménage s’intéresse notamment aux éboueurs, aux chauffeurs de bus, aux infirmières, aux enseignants, aux policiers et aux élus locaux. Ces professions ont en commun d’assurer des fonctions essentielles, tout en étant confrontées, à des degrés divers, à la dégradation de leurs conditions de travail, au manque de moyens ou à une reconnaissance insuffisante.

Le titre « Les Oubliés » désigne donc davantage qu’une catégorie de personnes défavorisées. Il renvoie à une expérience politique : celle de citoyens qui ont le sentiment de contribuer à la collectivité sans recevoir en retour les services, la considération et la protection qu’ils estiment légitimes.

La question fondamentale est la suivante : que devient le contrat social lorsque ceux qui le font vivre cessent de croire qu’il fonctionne dans les deux sens ?

Cette interrogation donne au livre sa portée. Elle relie les difficultés professionnelles, les inégalités territoriales, la crise des services publics et la défiance envers les institutions.

2. Qui sont les oubliés ? Une France sociale plus complexe que la seule opposition entre riches et pauvres

L’intérêt de l’enquête est de ne pas réduire le malaise français à la seule pauvreté monétaire

Catégorie // Forme possible de l’oubli // Enjeu politique

Travailleurs modestes // Travail indispensable, rémunération ou logement insuffisants // Dignité du travail et pouvoir d’achat

Agents des services publics // Manque de moyens, surcharge, perte de sens // Capacité réelle de l’État à remplir ses missions

Forces de l’ordre //Exposition aux risques, contraintes professionnelles // Autorité de l’État et sécurité

Enseignants et soignants // Difficultés à exercer correctement leur métier // Égalité des droits sur le territoire

Élus locaux // Responsabilités importantes, moyens limités // Écart entre décision nationale et réalité locale

Habitants des territoires délaissés // Services éloignés, sentiment de déclassement // Égalité territoriale et représentation politique

Cette diversité est essentielle :

un infirmier épuisé, un policier en sous-effectif, un salarié pauvre et un maire confronté à la disparition des services publics ne vivent pas la même situation. Ils peuvent cependant partager une même perception : les institutions exigent beaucoup d’eux, mais ne leur apportent pas suffisamment de soutien.

Le livre cherche à faire apparaître ce dénominateur commun. Il s’inscrit dans une enquête de terrain menée pendant quatre ans, qui entend dépasser les discours généraux sur la colère française.

3. Le cœur du problème : le contrat social est-il en train de se rompre ?

L’intérêt du livre est de permettre une lecture institutionnelle du malaise.

Dans une République sociale, le citoyen accepte des obligations — travail, impôts, cotisations, respect des lois — en contrepartie d’un ensemble de garanties : sécurité, justice, éducation, santé, infrastructures et perspectives d’avenir.

Lorsque les garanties deviennent insuffisantes, plusieurs phénomènes peuvent se produire.

1. Le sentiment d’injustice

Le citoyen estime que sa contribution à la collectivité n’est plus récompensée à la hauteur de ses efforts. Il peut avoir le sentiment que le système est devenu déséquilibré.

2. La perte de confiance

Les promesses politiques sont moins crédibles lorsque les problèmes concrets persistent : accès aux soins, sécurité, école, logement ou transports.

3. Le retrait civique

Certains citoyens cessent de participer, se détournent des partis, s’abstiennent ou ne croient plus à l’efficacité des procédures démocratiques.

3bis La recherche de responsables

Le mécontentement peut se transformer en colère dirigée contre les gouvernants, les élites administratives, les institutions ou d’autres groupes sociaux.

Cette séquence est une grille d’analyse, pas une causalité démontrée pour chaque personne interrogée dans le livre.

Le point décisif est que la colère ne résulte pas nécessairement d’une pauvreté absolue. Elle peut naître d’un écart entre les attentes légitimes, les efforts consentis et les résultats effectivement obtenus.

Un citoyen peut conserver un emploi, un logement et un niveau de vie relativement stable tout en ayant le sentiment que ses enfants auront moins de possibilités que lui. Le déclassement anticipé peut alors être aussi politiquement important que la précarité immédiate.

4. Une question centrale : qui décide, qui assume, qui répond ?

Le contraste entre Paris et les territoires constitue un autre axe de lecture.

Les élus locaux sont particulièrement intéressants dans cette perspective. Ils sont directement confrontés aux habitants, aux demandes de services et aux problèmes de sécurité ou d’aménagement. Pourtant, une partie des décisions, des normes et des financements dépend d’échelons administratifs ou politiques qui leur échappent.

Cette situation peut produire une dissociation entre trois fonctions :

– La décision, souvent prise à distance.

– L’exécution, qui repose sur les administrations, les agents et les acteurs locaux.

– La responsabilité politique, que les citoyens attribuent parfois au maire ou à l’élu qu’ils peuvent effectivement rencontrer.

Le résultat peut être une démocratie de proximité affaiblie : les élus sont sommés d’agir sans disposer de tous les leviers nécessaires.

Le livre permet ainsi de poser une question institutionnelle plus large : la centralisation française et la complexité administrative ont-elles rendu l’action publique moins lisible et moins efficace ?

Il faut cependant distinguer le diagnostic de ses causes. Un témoignage de terrain peut illustrer une difficulté ; il ne suffit pas, à lui seul, à démontrer que la centralisation en est la cause principale. Il faut examiner les compétences, les budgets, les effectifs et les décisions concernées.

5. Immigration, insécurité et vivre-ensemble : l’intérêt d’une approche de terrain

Ce point mérite une attention particulière.

Dans un entretien publié à l’occasion de la sortie du livre, François-Xavier Ménage explique qu’un sujet comme l’immigration doit être observé à travers plusieurs expériences : celles des migrants, des policiers aux frontières, des associations qui leur viennent en aide et des riverains. Il insiste sur la différence entre les réalités du terrain et les débats télévisés.

Cette démarche présente un intérêt méthodologique réel.

Un débat national sur l’immigration peut être dominé par des oppositions idéologiques : humanité contre fermeté, ouverture contre fermeture, droits des étrangers contre intérêts des nationaux. Or les situations concrètes sont plus complexes.

Une analyse complète doit distinguer :

la situation juridique et administrative des personnes concernées ;

les conditions d’accueil et les responsabilités des pouvoirs publics ;

les contraintes des policiers, des collectivités et des associations ;

les conséquences concrètes pour les riverains et les services locaux ;

les perceptions des habitants, qui doivent être entendues sans être automatiquement considérées comme des faits établis.

L’enjeu est d’éviter deux erreurs symétriques :

– disqualifier toute inquiétude relative à l’immigration en la réduisant à la xénophobie, ou

– considérer toute inquiétude comme la preuve d’une défaillance imputable aux migrants.

Le sentiment d’abandon doit être pris au sérieux sans que l’interprétation politique de ce sentiment soit tenue d’emblée pour vraie.

C’est une distinction essentielle pour comprendre la colère sociale et analyser les responsabilités publiques.

6. Le paradoxe des « héros ordinaires »

L’un des aspects les plus intéressants du livre est le rôle attribué aux personnes qui continuent à agir malgré leurs difficultés.

Les agents publics, les bénévoles, les soignants ou les élus locaux ne sont pas seulement présentés comme des victimes de la situation. Ils apparaissent aussi comme des personnes qui maintiennent des solidarités, improvisent des solutions et continuent à remplir leurs missions.

Cette dimension évite de réduire le tableau à celui d’une France entièrement décomposée.

Mais elle soulève un problème : peut-on durablement faire reposer le fonctionnement des institutions sur le dévouement individuel ?

Le dévouement peut compenser temporairement une organisation déficiente. Il ne remplace ni des effectifs suffisants, ni des financements adaptés, ni une politique publique cohérente.

Il existe même un risque institutionnel : plus les personnes concernées compensent les insuffisances par leur engagement personnel, moins les défaillances structurelles deviennent visibles. Jusqu’au moment où l’épuisement provoque une rupture.

Le titre pourrait ainsi se lire de deux manières : les oubliés sont ceux que le système néglige, mais aussi ceux sur lesquels ce même système continue de compter.

7. La solidité de l’enquête

Une analyse approfondie doit distinguer ce que le livre permet d’établir de ce qu’il invite à penser.

Les points forts

L’immersion dans les situations concrètes, l’attention aux professions peu visibles et la mise en relation de problèmes souvent traités séparément. L’enquête journalistique est utile pour faire apparaître des mécanismes que les statistiques nationales décrivent difficilement.

La limite des témoignages

Les récits établissent des expériences individuelles, mais leur fréquence et leur représentativité doivent être vérifiées. Quatre années de reportage ne constituent pas, en elles-mêmes, un échantillon représentatif de la population française.

La question des données

Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il faut confronter les récits aux données sur les salaires, les conditions de travail, les déserts médicaux, les effectifs publics, les délais d’accès aux services et les disparités territoriales.

La chaîne causale

Des difficultés convergentes ne prouvent pas qu’elles ont une cause unique. Le manque de moyens, l’organisation administrative, les choix budgétaires, les évolutions démographiques et les transformations économiques peuvent se combiner différemment selon les secteurs.

Une réserve supplémentaire concerne le mot « oubliés ». Il est puissant sur le plan narratif, mais il rassemble des situations très différentes sous une même appellation. Certains groupes peuvent être réellement privés de services ou de ressources ; d’autres peuvent surtout souffrir d’un manque de reconnaissance ; d’autres encore peuvent cumuler les deux.

Cette diversité importe, car les solutions ne sont pas identiques.

8. Le livre est-il politiquement neutre ?

Il faut distinguer trois niveaux.

Le choix éditorial. Donner la parole aux personnes peu entendues et examiner les défaillances de l’action publique constituent déjà un angle journalistique. Cela ne signifie pas que le livre soit partisan, mais il n’est pas dépourvu de perspective.

Le diagnostic. Présenter des personnes indispensables au fonctionnement du pays comme insuffisamment reconnues conduit à interroger les priorités publiques, les arbitrages budgétaires et la responsabilité des gouvernants.

La conclusion politique. Le constat d’un malaise ne permet pas, à lui seul, de désigner un parti responsable, de valider un programme électoral ou de démontrer l’échec complet d’un régime politique.

Le livre paraît surtout intéressant lorsqu’il donne à voir les contradictions du système. Il serait moins convaincant si l’on en tirait une explication unique de toutes les crises françaises.

À cet égard, il faut éviter de confondre une enquête sociale avec une démonstration statistique ou un audit des politiques publiques.

9. Comment situer le livre dans le débat politique français ?

Le livre peut être rapproché de trois grandes problématiques.

Problématique // Question posée

La fracture territoriale // Les citoyens bénéficient-ils de services comparables selon leur lieu de résidence ?

Le déclassement social // Les efforts professionnels permettent-ils encore d’améliorer durablement sa situation et celle de ses enfants ?

La crise de la représentation // Les responsables politiques comprennent-ils les difficultés quotidiennes et disposent-ils des moyens d’y répondre ?

Ces trois dimensions se renforcent parfois mutuellement. Lorsqu’un territoire perd des services, les habitants peuvent y voir le signe d’un déclassement. Si leurs demandes restent sans réponse, ils peuvent ensuite interpréter cette situation comme la preuve d’une indifférence politique.

Le sentiment d’abandon devient alors un phénomène à la fois social et démocratique.

Il ne faut toutefois pas en déduire que tous les Français partagent cette perception, ni qu’elle produit partout les mêmes comportements électoraux. La diversité des expériences locales interdit une généralisation mécanique. François-Xavier Ménage lui-même souligne la difficulté de décrire une société française fragmentée à partir d’une catégorie unique.

À partir de ces éléments on peut retenir quatre apports principaux.

Premièrement, le livre déplace le regard vers ceux qui font fonctionner le pays au quotidien. Il rappelle que la question sociale ne se limite pas aux transferts financiers ou aux statistiques de pauvreté : elle concerne aussi la dignité professionnelle, la qualité des services publics et la reconnaissance.

Deuxièmement, il permet de comprendre pourquoi la colère peut se développer chez des personnes qui ne se considèrent pas nécessairement comme pauvres, mais qui estiment que leurs efforts ne sont plus récompensés et que les institutions ne tiennent plus leurs engagements.

Troisièmement, il invite à relier les difficultés concrètes à la crise de confiance démocratique. Une institution ne perd pas seulement sa légitimité lorsqu’elle commet des erreurs ; elle peut aussi la perdre lorsqu’elle paraît incapable de corriger durablement des problèmes connus.

Quatrièmement, il met en évidence le rôle des solidarités de proximité, tout en invitant à se demander combien de temps elles peuvent compenser les insuffisances de l’organisation collective.

Conclusion

La question la plus forte posée par « Les Oubliés » n’est pas simplement de savoir pourquoi certains Français sont en colère. Elle est de comprendre ce qui peut encore les conduire à accepter les contraintes de la vie collective lorsqu’ils ont le sentiment que les institutions ne remplissent plus leurs obligations envers eux.

C’est là que l’enquête prend une dimension politique majeure.

Une République peut supporter des désaccords importants ; elle devient plus fragile lorsque ses citoyens doutent de l’équité de ses règles, de l’efficacité de ses services et de la capacité de leurs représentants à entendre leurs difficultés.

METAHODOS, pose régulièrement des questions qui « prolongent » les interrogations du livre , les défaillance des services publics, crise de la représentation ou rupture du contrat social

Nos analyses permettent de distinguer et d’analyser les faits, les perceptions, les causes possibles et les responsabilités politiques, sans tomber dans un réquisitoire qui ne serait que partisan.

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2. ARTICLE – Le journaliste breton François-Xavier Ménage enquête sur ces « Français oubliés » de la République

Originaire de Ploërmel (Morbihan), François-Xavier Ménage, journaliste de TF1, revient sur son parcours. Le grand reporter évoque aussi son actualité, avec la sortie de son cinquième livre, dans lequel il évoque les personnes invisibles de la société.

Ouest-France Dominique Le Lay. 03/11/2025 

François-Xavier Ménage, journaliste de télévision, grand reporter à TF1 répond à nos questions à l’occasion de la sortie de son cinquième livre.

Avant d’évoquer votre actualité, d’où vient votre envie de faire ce métier ?

Je suis originaire de Ploërmel(Morbihan), où j’ai effectué toute ma scolarité. Ce qui est rigolo est que lors de mes études au lycée La Mennais, deux de mes meilleurs amis, Béatrice Montoir et Jean-Marc Marchaut, voulaient devenir journalistes. Béatrice est aujourd’hui rédactrice en chef pour France 3 et Jean-Marc, journaliste pour BFM TV. Je voulais être cuisinier ou avocat quand j’étais enfant mais je leur dois de m’avoir communiqué leur envie.

Vous avez multiplié les expériences ?

Effectivement. Après la fac à Rennes, je suis allé en école de journalisme à Paris. J’ai été correspondant pour Le Ploërmelais, rédigé des articles pour Ouest-France, effectué des stages en radio ainsi qu’à Canal + et France Télévision. Puis, je suis devenu reporter pour RMC, avant de devenir grand reporter pour BFM durant six ans, puis M6 et aujourd’hui chez TF1. Ces expériences enrichissantes font que je suis sincèrement passionné par mon métier.

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3. ARTICLE – « Quand l’oubli s’enracine, ça crée de la colère », raconte François Xavier Ménage dans son enquête « Les oubliés »

Wendy Bouchard , Manuelle Calmat 17 octobre 2025 LCI

Dans Ma France , on reçoit l’auteur d’un livre poignant, François Xavier Ménage, qui est allé à la rencontre d’une France délaissée, déconsidérée, en perte de sens. Comment la République oublie ceux qu’elle devrait protéger ? Enquête aux racines d’une colère qui enfle. 

« Je suis surpris de voir que les oubliés peuvent être partout,  il y a énormément de premiers de cordée qu’on a applaudi, oubliés et quand cet oubli s’enracine, cela crée de la colère, de l’énervement, une colère que l’on n’entend pas »  explique François Xavier Ménage, auteur d’une enquête aux racines de la colère française, celle des « oubliés », qui tiennent littéralement le pays debout.

Ils sont agents de la propreté, infirmiers, réparateurs, professeurs, policiers, élus, souvent  invisibles, voire  mal-aimés. Au-delà des carences indéniables de nos services publics et des actions de l’Etat, ce que dénonce François Xavier Ménage c’est ce formidable élan de solidarité, ni reconnu, ni récompensé.

Dans l’ombre, sans bruit

L’exemple des déserts médicaux est symptomatique de ce dysfonctionnement majeur et de cette colère qui monte. « Pour beaucoup de français ce n’est pas l’insécurité ou l’inflation qui pose problème, c’est d’avoir un médecin généraliste »constate le journaliste dans son enquête « Les oubliés ». Il raconte avoir croisé des infirmières, certaines libérales, assurant le maillage des soins, « dernière couture sur un tissu médical craquelé de partout« . Elles agissent dans l’ombre, sans  aucune reconnaissance. « Ces bénévoles finissent par craquer« , décrit-il.

Une colère qui nait de l’absence de reconnaissance

La France que François Xavier Ménage a croisé n’est pas cette France de la plainte,  « celle qui râle sur son canapé en disant que tout est foutu« . Toutes les personnes décrites dans « Les oubliés  » sont dans l’action « elles le font de manière silencieuse,  alors qu’elles font société, elles font travailler ce « vivre ensemble » dont on a tant besoin et qu’on ne décrit peut-être pas assez, qu’on ne représente pas assez« .

« Le supermarché c’est l’église d’il y a 50 ans « 

Le journaliste suit entre autres  Renée qui a vécu au SMIC toute sa vie, depuis l’âge de 17 ans et qui gère son budget avec des enveloppes attitrées comme celle dédiée aux loisirs qu’elle peine à remplir… le passage au supermarché « devenu l’église d’il y a 50ans » est un moment compliqué, car faire ses courses est un déchirement au quotidien pour parvenir à nourrir sa famille.

Il est nécessaire et urgent de prendre en compte ces travailleurs pauvres et les seniors si utiles à la bonne marche de notre société, avant que cette colère n’explose, prévient le journaliste. Et de saluer ces petites solutions scintillantes, ces actes individuels et collectifs initiés par le  « premier parti de France qui est le parti de la débrouillardise » .  Les oubliés ne disent pas « je », ils disent « on », c’est le signe qu’ii est encore temps d’espérer.

François-Xavier Ménage est grand reporter pour la télévision. Il a couvert guerres et conflits en Ukraine, Centrafrique, Libye, Afghanistan… Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment Fukushima. Le poison coule toujours (Flammarion, 2016) et, chez Robert Laffont, le remarqué Ça craque ! en 2023.

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