
ARTICLE – Le macronisme n’aura été pour la jeunesse qu’une école de désespoir, par Michaël Fœssel
Pendant deux mandats chaotiques, le pouvoir n’a cessé d’exiger de la jeunesse des sacrifices. Comment s’étonner que, devant un spectacle aussi désastreux, tant d’entre eux s’écrient à la face des adultes : «Remboursez !»
ParMichaël Fœssel professeur de philosophie à l’Ecole polytechnique – LIBÉRATION
La dette française la plus alarmante n’est pas financière, mais politique. Les suites devenues imprévisibles de la mobilisation lycéenne montrent que, pour cette dette aussi, on ignore si elle sera remboursée un jour et à quel taux.
L’ironie veut que ce soit la jeunesse qui, aujourd’hui, présente la facture politique au pouvoir. Le plus souvent, les gouvernants s’abritent derrière les générations futures pour justifier le rétablissement austère des comptes. Parce qu’ils sont les symboles de l’avenir, les jeunes servent de prétextes au sacrifice des adultes : qui voudrait voir des enfants rembourser une dette contractée par leurs aînés ?
Mais beaucoup de jeunes semblent s’être lassés de ne symboliser l’avenir que dans des éléments de langage destinés à justifier les coupes budgétaires et l’appauvrissement des services publics. C’est de leur présent qu’ils parlent et du désir de le voir fait d’autres choses que d’horaires impossibles, de professeurs non remplacés, de locaux sales et d’échanges dépolitisés sur les réseaux sociaux.
A LIRE AUSSI
A quelle date une dette politique a-t-elle été contractée en France ? Autant demander depuis quand nous avons cessé …
…/…