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UN « EN MÊME TEMPS «  TALIBAN : NE PAS RECONNAÎTRE LE REGIME MAIS L’INSTALLER AU CŒUR DE PARIS

C’est un accord secret dévoilé par Le Canard enchaîné

C’est une information secrète dévoilée par Le Canard enchaîné concernant l’ambassade d’Afghanistan à Paris, et aux relations entre les autorités françaises et les représentants du régime taliban.

L’exécutif s’est précipité à en parler pour atténuer son aspect secret.

L’affaire dépasse largement une simple question de gestion d’ambassade. Elle concerne un possible changement de doctrine française : accepter une coopération concrète avec un régime dont la France continue officiellement de condamner les pratiques

1. Ce que révèle précisément Le Canard enchaîné

L’article de David Rousset, publié le 3 novembre 2026, sous le titre :

« Immigration – Macron déroule le tapis rouge aux talibans pour expulser des Afghans en masse »

, avance plusieurs éléments importants :

  • Paris préparerait un accord avec les autorités talibanes.
  • La France accepterait l’installation de personnel diplomatique afghan désigné par Kaboul.
  • Mohammad Homayoon Azizi, ambassadeur nommé avant le retour des talibans au pouvoir, aurait perdu son accréditation.
  • Lui et son équipe auraient dû cesser leurs activités consulaires le 9 octobre 2026.
  • Azizi serait désormais considéré comme persona non grata.
  • En contrepartie de cette évolution, Kaboul accepterait de faciliter les expulsions d’Afghans en situation irrégulière.

Le journal présente donc cette évolution comme un échange politique : coopération migratoire contre accès des représentants talibans à la représentation afghane à Paris.

2. Une confirmation / atténuation d’urgence par Le Monde

Le 4 novembre, Le Monde un article intitulé :

« Afghanistan : la France reconnaît des “discussions techniques” avec les talibans afghans ».

Il apporte une confirmation officielle d’une partie du dossier :

  • Laurent Nuñez a reconnu, le 2 novembre, devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, l’existence de discussions techniques avec les autorités talibanes.
  • L’objectif annoncé est de permettre le renvoi d’Afghans en situation irrégulière.
  • Selon une source diplomatique française citée par Le Monde, les talibans auraient obtenu un accord de principe pour installer un groupe de travail dans les locaux du consulat afghan à Paris.

Le Quai d’Orsay affirme toutefois que ce dialogue ne remet pas en question la position française sur l’Afghanistan. Le Monde.fr

3. Le point essentiel : que devient l’ambassade d’Afghanistan ?

C’est ici que le dossier prend une dimension diplomatique particulière.

L’ambassade, située au 32 avenue Raphaël, à Paris, était encore tenue par les représentants de l’ancien gouvernement afghan, celui qui a été renversé en août 2021.

La situation décrite par les articles est donc un changement de représentation :

Avant le changement // Situation annoncée

Ambassadeur Mohammad Homayoon Azizi // Accréditation retirée

Équipe de l’ancien gouvernement // Activités consulaires arrêtées

Représentation de l’ancien régime // Arrivée envisagée de représentants désignés par les talibans

Absence de reconnaissance du régime taliban/// Dialogue technique avec Kaboul

Le retrait des accréditations et la date du 9 octobre sont rapportés par Le Canard. Le projet d’installation d’un groupe de travail est également rapporté par Le Monde, sur la base d’une source diplomatique. Il faut toutefois distinguer ces informations de ce qui a été officiellement confirmé.

4. Ce qui est politiquement et juridiquement important

Trois questions se posent.

A. La France reconnaît-elle les talibans ?

Non, pas officiellement.

Le ministère des Affaires étrangères indiquait encore le 22 octobre 2026 que la France n’entretenait pas de relations diplomatiques avec les talibans.

Il rappelle que toute normalisation est conditionnée notamment au respect des droits des femmes et des filles. France Diplomatie +1

Mais il existe une différence entre reconnaissance officielle d’un gouvernement et coopération administrative ou technique avec lui.

B. Pourquoi cette coopération ?

L’objectif revendiqué par Laurent Nuñez est de pouvoir organiser le retour forcé de certains Afghans en situation irrégulière, notamment ceux considérés comme présentant une menace pour l’ordre public.

Le ministère des Affaires étrangères avait déjà confirmé, le 8 octobre, l’existence de discussions techniques avec les talibans. France Diplomatie +1

C. Quelles conséquences pour les réfugiés afghans ?

C’est probablement la question la plus sensible.

Une représentation contrôlée par les talibans pourrait soulever des problèmes concernant :

  • La protection des opposants politiques réfugiés en France.
  • La confidentialité des dossiers consulaires.
  • Les risques d’identification de personnes ayant fui le régime.
  • Les garanties entourant les expulsions et le principe de non-refoulement.

Ces risques sont notamment soulevés par Françoise Hostalier, présidente du Club France-Afghanistan, dans les propos rapportés par Le Monde. Le Monde.fr

5. Les contradictions du EN MÊME TEMPS :

Il y a une question de cohérence entre les principes diplomatiques affichés et les nécessités de la politique migratoire

La position officielle française

La France affirme ne pas reconnaître le régime taliban et conditionne toute normalisation au respect des droits fondamentaux.

La réalité opérationnelle

Elle négocie avec ce même régime pour obtenir des laissez-passer et faciliter les expulsions.

La contrepartie diplomatique alléguée

Le Canard et Le Monde évoquent l’installation de représentants désignés par Kaboul dans les locaux consulaires de Paris.

Il y a donc une question de cohérence entre les principes diplomatiques affichés et les nécessités de la politique migratoire.

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