
UNE PROVOCATION SYSTÉMIQUE QUI ENTRAINE étonnement, indignation, polémiques, incompréhension .. .
Emmanuel Macron a prononcé, depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, un nombre important de phrases qui ont suscité étonnement, indignation, polémiques ou incompréhension.
NB : NE SONT PAS REPRISES ICI LES PHRASES RÉCEMMENT RAPORTEES PAR UN JOURNALISTE Françoise Degois
Cela illustre la distance – avec des doses d’irrespect, de mépris, de surdité – entre le président et les citoyens, notamment les catégories populaires et les mouvements de contestation.
Exemple : « pognon de dingue » dévalorisation des politiques de solidarité et de leurs bénéficiaires.
DES PHRASES QUI EXPRIMENT DES OPINIONS QUI NE SONT PAS COMPATIBLES AVEC L’ACTION PUBLIQUE ET LE RESPECT DES FRANCAIS
– Signes de brutalité, de familiarité ou de condescendance ( les dérapages sont légion voir notamment le dernier ouvrage paru ).
– les conception caricaturales et irrespectueuses de la société, du travail, de l’État ou de la démocratie… ou de la politique sociale
– mépris ou la stigmatisation des groupes de personnes ( illettrés, ouvriers, chômeurs,comoriennes, gilets jaunes jaunes, salariés, hommes politiques … tout le monde y passe ?
– stigmatisation. ( ceux qui n’ont pas réussi économiquement, les migrants, les non vaccinés, grévistes, manifestants sur retraite – « Les factieux et les factions »
– critique des Français ( gaulois… de civilisation, leur mode de consommation, d’épargne , « la vie des gens « )
– arrogance ( crise climatique, risque de guerre…
– la mise en opposition des valeurs d’effort des entrepreneurs et salariés
– l’irrespect des institutions et contrepouvoirs ( affaire Benalla, Kohler … )
– l’irrespect pour l’histoire de la France et sa culture
– la peur comme moyen de soumettre les français (« Nous sommes en guerre » à propos du Covid )
– le refus de toute responsabilité ( « Je ne dirais pas que c’est un échec, cela n’a pas marché »
Les déclarations ne portent pas toutes sur la même chose : certaines concernent le vocabulaire employé, d’autres la représentation des Français, le rapport au pouvoir, la justice sociale, les institutions ou encore la conception de la fonction présidentielle.
On peut les examiner en distinguant trois dimensions :
La formule : des mots qui ont choqué par leur brutalité, leur familiarité ou leur condescendance ressentie.
Le fond : des déclarations qui ont révélé une conception de la société, du travail, de l’État ou de la démocratie.
Le contexte : des phrases parfois sorties de leur contexte, dont la portée mérite d’être vérifiée.
LES 5 PRINCIPAUX MÉCANISMES TOXIQUES QUE FAIT VIVRE MACRON
… ET QUI SONT AUTANT DE FAUTES MAJEURES
… QUI DISCREDITENT LES 10 ANNÉES DE PRÉSIDENCE
Cinq mécanismes.
Familiarité, mépris, arrogance présidentielles : « bordel », « emmerder », « pognon de dingue ». Le président utilise un langage incompatible pour la fonction.
Division des Français, hiérarchisation sociale : « ceux qui ne sont rien », « costard », « traverser la rue ». Des propos interprétés comme une distinction entre ceux qui réussissent et ceux qui ne réussissent pas.
Le plaisir de la provocation assumée : Macron revendique parfois le caractère direct de ses déclarations plutôt que de les retirer.
Le mépris de la réalité et du vrai – décalage avec les réalités vécues : emploi, pouvoir d’achat, prestations sociales, conditions de vie.
Le vocabulaire fécal, intello, idéologique : « décivilisation », « immigrationniste », « droits-de-l’hommiste ». Des termes dont l’histoire politique mérite d’être étudiée.
1. Les phrases qui ont choqué par leur forme
Voici une première chronologie des déclarations les plus commentées.
Date // Phrase d’Emmanuel Macron // Contexte et motif de la polémique
Avril 2015 « Les salariées de Gad sont pour beaucoup illettrées. » À propos des difficultés de reconversion des salariées de l’abattoir breton. Formulation jugée stigmatisante.
Mai 2016 « La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler. » Réponse à un jeune opposant lors d’une visite à Lunel. Critique d’un discours perçu comme moralisateur envers les salariés.
Juin 2017 « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent. » Remarque sur les embarcations utilisées pour rejoindre Mayotte depuis les Comores. Polémique sur le ton employé à propos des migrants.
Juin 2017 « Il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien. » Inauguration de Station F. Formule interprétée comme une hiérarchisation des individus selon leur réussite économique.
Octobre 2017. « Ceux qui foutent le bordel » À propos des salariés mobilisés contre la fermeture de leur usine GM&S.
Août 2018 « Les Gaulois réfractaires au changement. » Référence à la difficulté de faire accepter les réformes en France.
Septembre 2018 « Je traverse la rue et je vous trouve un travail. » Réponse à un jeune horticulteur qui cherchait un emploi.
Juin 2018 « Un pognon de dingue. » À propos des dépenses sociales et de l’efficacité des aides publiques.
Février 2019 « Jojo avec un gilet jaune. » Expression employée dans une réflexion sur les revendications et les attentes des Français.
Janvier 2022 « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. » Entretien au Parisien pendant la crise sanitaire.
Décembre 2022 « Qui aurait pu prédire […] la crise climatique ? » Vœux présidentiels. Réaction des scientifiques et des écologistes qui rappelaient les alertes anciennes du GIEC.
Mars 2023 « C’est pas des casseroles qui feront avancer la France. » Réponse aux manifestants opposés à la réforme des retraites.
Mai 2023 « Processus de décivilisation. » Expression utilisée face à la multiplication des violences dans la société.
Décembre 2024 « Si c’était pas la France, vous seriez 10 000 fois plus dans la merde ! » Échange tendu avec des habitants de Mayotte après le cyclone Chido.
Le 6 octobre 2026, une citation de Macron, rapportée par un ministre :
« Il a beaucoup gueulé ces derniers jours parce qu’il considère que la réponse policière était trop dure, sans empathie. »
Ces citations sont documentées dans les rétrospectives de presse, notamment celles du Dauphiné et de TF1, ainsi que dans les articles contemporains des événements.
2. Les phrases qui interrogent davantage sur le fond
Certaines déclarations dépassent la maladresse verbale. Elles ouvrent un débat sur la conception de la société et de la fonction présidentielle.
A. Le rapport au travail et aux personnes modestes
« La vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié » (janvier 2016).
« La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler » (mai 2016).
« Je traverse la rue et je vous trouve un travail » (septembre 2018).
« Le problème que nous avons dans notre pays aujourd’hui, c’est que la part du revenu que les Français allouent à l’alimentation, en 30 ans, elle a baissé » (février 2024).
Cette dernière déclaration est importante : la polémique sur les « smicards qui préfèrent les abonnements VOD à une alimentation plus saine » repose sur une attribution contestée. Macron a démenti avoir prononcé cette formule, tandis qu’une participante à la réunion a confirmé la teneur générale de l’échange, mais pas ces mots exacts.
B. Le rapport aux Français et à la démocratie
« Les gens qui ne sont rien » (2017).
« Les Gaulois réfractaires » (2018).
« Jojo avec un gilet jaune » (2019).
« Qu’ils viennent me chercher ! » (2018), pendant l’affaire Benalla.
Ces expressions ont alimenté un débat sur la distance entre le président et les citoyens, notamment les catégories populaires et les mouvements de contestation.
C. Le rapport à l’État et à la protection sociale
La formule « un pognon de dingue » est particulièrement intéressante.
Dans une vidéo diffusée en juin 2018, Macron s’interroge sur les résultats des politiques sociales malgré les sommes considérables consacrées aux aides.
Le débat de fond est légitime : l’efficacité de la dépense publique – il n’y aura guère travaillé – Mais la forme familière employée pour parler des prestations sociales a été perçue comme une dévalorisation des politiques de solidarité et de leurs bénéficiaires.
3. Les déclarations qui ont provoqué des controverses historiques ou politiques
La colonisation : février 2017
À Alger, Emmanuel Macron déclare :
« La colonisation est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie. »
Il évoque également la nécessité de regarder ce passé en face et de présenter des excuses.
La déclaration déclenche une controverse politique majeure : certains saluent la reconnaissance des violences coloniales, d’autres dénoncent une condamnation globale de l’histoire française.
La crise climatique : décembre 2022
« Qui aurait pu prédire […] la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays ? »
La critique porte ici sur le décalage apparent avec des décennies d’alertes scientifiques et les rapports successifs du GIEC.
4. D’autres déclarations particulièrement révélatrices
Il serait incomplet de s’arrêter aux petites phrases les plus connues.
Voici d’autres déclarations à examiner :
Déclaration Ce qu’elle soulève
« Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires » (2015) Rapport à la réussite, à l’argent et à l’ambition économique.
« Je ne suis pas là pour commenter la vie des gens » Rapport entre responsabilité politique et vie privée.
« Nous sommes en guerre » (mars 2020) Emploi du registre militaire pour qualifier la crise sanitaire.
« Je ne dirais pas que c’est un échec, cela n’a pas marché » (octobre 2020) Formulation sur les résultats de l’application StopCovid.
« Les factieux et les factions » (mars 2023) Qualification des contestations dans le contexte de la réforme des retraites.
« Il faut reciviliser » (août 2023) Diagnostic sur les violences et la cohésion sociale.
« Gérard Depardieu rend fière la France » (décembre 2023) Prise de position présidentielle dans une controverse concernant un acteur visé par des accusations sexuelles.
5. LES 5 PRINCIPAUX MÉCANISMES TOXIQUES QUE FAIT VIVRE MACRON
Cinq mécanismes.
La familiarité présidentielle : « bordel », « emmerder », « pognon de dingue ». Le président utilise un langage inhabituel pour la fonction.
La hiérarchisation sociale : « ceux qui ne sont rien », « costard », « traverser la rue ». Des propos interprétés comme une distinction entre ceux qui réussissent et ceux qui ne réussissent pas.
La provocation assumée : Macron revendique parfois le caractère direct de ses déclarations plutôt que de les retirer.
Le décalage avec les réalités vécues : emploi, pouvoir d’achat, prestations sociales, conditions de vie.
Le vocabulaire idéologique : « décivilisation », « immigrationniste », « droits-de-l’hommiste ». Des termes dont l’histoire politique mérite d’être étudiée.