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L’Union Européenne face à la Chine: autocensure ?

INTRODUCTION

En Echo à la publication du texte de Thierry Wolton relatif aux démocraties face à la Chine, il nous est proposé de rappeler l’épisode du mois d’avril dans lequel l’Union Européenne s’est censurée.

Voici l’article de RFI

ARTICLE

Coronavirus: sous la pression de Pékin, l’UE édulcore un rapport sur la désinformation

(Illustration), étal de marchandises, Pékin le 24 avril 2020, les affaires continuent.
(Illustration), étal de marchandises, Pékin le 24 avril 2020, les affaires continuent. A man wearing a face mask buys food at a street stall, as the s

La Chine a tenté de bloquer la publication d’un rapport de l’Union européenne affirmant que Pékin répandait de fausses informations sur l’épidémie de coronavirus.

Le rapport a finalement été publié, mais tout juste avant le début du week-end en Europe. Certaines critiques à l’égard du gouvernement chinois ont été modifiées ou supprimées. Un signe de la position d’équilibriste que Bruxelles tente de maintenir alors que la crise sanitaire brouille les relations internationales.

Le Haut représentant de l'union européenne pour les affaires extérieures Josep Borrell, lors d'une vidéoconférence à Bruxelles, le 22 avril 2020.
Le Haut représentant de l’union européenne pour les affaires extérieures Josep Borrell, lors d’une vidéoconférence à Bruxelles, le 22 avril 2020. OLIVIER HOSLET / POOL / AFP

Selon quatre sources diplomatiques contactées par l’agence Reuters, le document devait initialement être diffusé le 21 avril. Sa publication a été retardée après que des représentants chinois ont pris connaissance d’un article du site d’information américain Politico mentionnant des éléments du rapport.

Un haut représentant chinois a alors contacté des représentants européens à Pékin le jour même pour leur dire que, « si le rapport est tel que décrit et qu’il est publié aujourd’hui, cela sera très mauvais pour la coopération », montre une correspondance diplomatique européenne dont Reuters a pris connaissance.

Selon cette correspondance, le haut représentant du ministère chinois des Affaires étrangères Yang Xiaoguang a déclaré que la publication du rapport mettrait Pékin « très en colère » et a accusé les représentants européens de chercher à contenter « quelqu’un d’autre ». Un commentaire que les diplomates européens ont interprété comme une référence à Washington.

Conséquence : non seulement le document a été publié en retard, mais la version finale diffusée ce vendredi soir présente des différences avec une version initiale du rapport que Reuters a obtenue.

Allusion à la Chine repoussée en fin de rapport

Dans la première page du rapport interne partagé avec les gouvernements de l’UE le 20 avril, la branche diplomatique du bloc déclarait par exemple : « La Chine a continué d’organiser une campagne mondiale de désinformation pour détourner les reproches sur la propagation de l’épidémie et améliorer son image internationale. Des tactiques manifestes et clandestines ont toutes deux été observées. »

Le résumé public diffusé vendredi sur euvsdisinfo.eu, le portail de l’UE consacré à la lutte contre désinformation, est beaucoup plus mesuré. Il attribue la désinformation sur le virus à des « sources » soutenues par « différents gouvernements, dont la Russie et – dans une moindre mesure – la Chine ».

Le rapport mentionne bien des « preuves importantes d’opérations dissimulées chinoises sur les réseaux sociaux », mais cette référence est repoussée aux six derniers paragraphes du document.

Relation commerciale avec Pékin

La question de la désinformation sur le coronavirus est devenu un point de tension entre les États-Unis et la Chine, des représentants des deux camps s’étant réciproquement accusés de cacher des informations sur l’épidémie. Cette querelle entre Washington et Pékin a parfois placé les Européens au milieu du gué.

Or l’UE ne veut pas gâcher sa relation commerciale avec Pékin. L’Union européenne est le principal partenaire commercial de la Chine, avec plus d’un milliard d’euros d’échanges bilatéraux quotidiens, tandis que la Chine se trouve seulement derrière les États-Unis comme principal marché pour les biens et services européens. »

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