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GOUVERNANCE FANTÔME, TURNOVER VERTIGINEUX, MANAGEMENT DÉBRIDÉ ? : 8 PREMIERS MINISTRES, 256 MINISTRES – PLUS DE 1000 MOBILITÉS AU SEIN DE L’EXÉCUTIF

« Une gravité exceptionnelle » : après deux suicides d’agents des services du Premier ministre et plusieurs tentatives, des enquêtes judiciaires et internes ouvertes »

TIYRE FRANCE INFO QUI POURSUIT : « Une plainte a été déposée le 25 juin par une fonctionnaire après une tentative de suicide fin avril, révèle France Inter…. »

ANALYSE :

UN TURNOVER QUI TOUCHE PLUS DE 1000 PERSONNES AU SEIN DE L’APPAREIL EXÉCUTIF

A. 256 CHANGEMENTS DE MINISTRES, 8 DE PREMIER MINISTRE

Avec un tel turn over des responsables de l’exécutif ( plus de 1000 personnes en 9 ans si on inclus les collaborateurs ) aucun dirigeant du privé ne serait resté en place.

B. 21 secrétaires généraux et adjoints, 400 membres des cabinets à l’Elysée et Matignon, 460 nominations aux postes de direction gle dans les ministères

Les premiers éléments connus des affaires de suicide et de souffrance psychosociale de Matignon ( quid de l’Elysee ? ) montrent que les incessants mouvements de cadres et responsables figurent parmi les causes premières des événements, sans parler des changements quotidiens de cap politique sur les sujets de l’action publique.

C. UN MANAGEMENT QUI INTERROGE VRAIMENT – DANS UNE GOUVERNANCE GLOBALE DE L’EXÉCUTIF PEU SEREINE

Les témoignages recueillis décrivent notamment :

  • une très forte pression hiérarchique ;
  • une culture de l’urgence permanente ;
  • des objectifs difficilement conciliables avec les moyens disponibles ;
  • une charge de travail très élevée ;
  • un manque de reconnaissance ;
  • une rotation importante des effectifs.

D. La situation de Matignon

Au regard des informations publiques disponibles, la situation de Matignon est, assez préoccupante. Il faut néanmoins distinguer soigneusement les faits établis, les témoignages, les allégations et les rumeurs.

1. Les faits établis

Des drames humains

Les faits aujourd’hui confirmés publiquement sont les suivants :

  • deux agents des services du Premier ministre se sont suicidés en mars 2026 ;
  • deux autres agents ont tenté de se suicider dans les mois précédents ;
  • ces événements sont intervenus dans un contexte où une souffrance au travail avait déjà été identifiée en interne. 
  • 60 signalements internes

Une enquête pénale

À la suite de signalements :

  • le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire ;
  • Mais sans nomination d’un juge – souhaitons que cela ne conduise pas à un étouffement ( comme pour l’affaire Epstein )
  • l’enquête porte notamment sur des faits susceptibles de relever du harcèlement moral ;
  • elle est confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). 

Plusieurs enquêtes administratives

Parallèlement :

  • plusieurs enquêtes administratives internes ont été ouvertes ;
  • elles portent sur les conditions de travail et les risques psychosociaux ;
  • elles sont distinctes de l’enquête judiciaire. 

Une cellule d’écoute

Les services du Premier ministre disposaient déjà d’un dispositif de signalement.

Selon les informations rendues publiques, cette cellule a reçu un nombre important de saisines. France Inter a évoqué environ 60 saisines. Ce chiffre est largement repris mais demande encore à être consolidé par une communication officielle. 

2. Les témoignages concordants

Les témoignages recueillis décrivent notamment :

  • une très forte pression hiérarchique ;
  • une culture de l’urgence permanente ;
  • des objectifs difficilement conciliables avec les moyens disponibles ;
  • une charge de travail très élevée ;
  • un manque de reconnaissance ;
  • une rotation importante des effectifs.

Ces éléments proviennent de témoignages de fonctionnaires et d’agents ; ils sont concordants, mais ne valent pas en eux-mêmes preuve d’un harcèlement institutionnel.

3. Les éléments transmis au parquet

Selon les informations publiées :

les signalements évoquent notamment :

  • des comportements managériaux jugés inadaptés ;
  • des alertes RH insuffisamment suivies ;
  • plusieurs situations de souffrance psychologique ;
  • des dysfonctionnements dans la prévention des risques psychosociaux.

Le parquet devra déterminer :

  • si ces éléments caractérisent une infraction ;
  • s’il existe un lien entre l’organisation du travail et les drames intervenus. 

4. Les informations non encore établies

Divers médias ont rapporté ou relayé des affirmations concernant :

  • un management « toxique » dans certains services ;
  • des pressions hiérarchiques répétées ;
  • des alertes ignorées ;
  • une culture de la peur.

À ce stade :

  • ces affirmations ne sont pas établies judiciairement ;
  • elles font partie des éléments examinés par les enquêtes.

5. Les rumeurs

Circulent également, notamment sur les réseaux sociaux et dans certains cercles politiques :

  • l’existence d’autres suicides directement imputables au management ;
  • une dissimulation volontaire de dossiers ;
  • une responsabilité personnelle de responsables politiques.

À ce jour :

  • aucun de ces points n’est démontré ;
  • il convient de les distinguer des faits vérifiés.

6. Les responsabilités potentiellement en cause

Les investigations pourraient concerner différents niveaux :

  • encadrement de proximité ;
  • direction des services ;
  • chaîne RH ;
  • organisation générale des services du Premier ministre.

E. La situation de l’Élysée

est sensiblement différente de celle de Matignon.

À ce jour, il n’existe pas d’affaire publique d’ampleur comparable à celle qui touche actuellement Matignon, avec une enquête du parquet pour harcèlement institutionnel, plusieurs suicides ou tentatives de suicide, des signalements syndicaux et des enquêtes administratives. 

En revanche, depuis 2017, de nombreuses informations – de nature très variable – ont été publiées sur le fonctionnement de l’Élysée. Il est utile de les distinguer selon leur niveau de solidité.

1. Faits bien établis

Une organisation extrêmement exigeante

Tous les témoignages convergent sur plusieurs caractéristiques :

  • journées très longues ;
  • disponibilité permanente ;
  • fonctionnement sept jours sur sept lors des crises ;
  • rythme dicté directement par Emmanuel Macron ;
  • très forte pression sur les délais.

Plusieurs anciens collaborateurs décrivent un président envoyant régulièrement des messages tard dans la nuit et attendant une grande réactivité de ses équipes. Ces éléments ont été décrits notamment dans des enquêtes du Point, du Monde et d’autres médias. 


Un turn-over élevé des conseillers

Depuis 2017 :

  • plusieurs dizaines de conseillers présidentiels ont quitté leurs fonctions ;
  • plusieurs secrétaires généraux adjoints se sont succédé ;
  • les cabinets ont été profondément renouvelés à plusieurs reprises.

Les causes sont diverses :

  • promotions ;
  • départs vers le privé ;
  • nominations préfectorales ou ministérielles ;
  • fatigue.


Une centralisation très forte

C’est probablement le point le mieux documenté.

De nombreux anciens collaborateurs décrivent :

  • une décision très concentrée autour du Président ;
  • un rôle déterminant du secrétaire général de l’Élysée (Patrick Strzoda puis Alexis Kohler jusqu’en 2025) ;
  • un faible niveau d’autonomie des conseillers.

Ces analyses sont récurrentes dans Le Monde, Le Point, L’Obs, Le Figaro et plusieurs ouvrages consacrés au macronisme. 


2. Témoignages récurrents mais difficilement objectivables

Plusieurs anciens collaborateurs évoquent :

  • une très forte culture de l’excellence ;
  • une faible tolérance à l’erreur ;
  • des arbitrages très rapides ;
  • une concurrence entre conseillers.

Certains parlent :

  • d’épuisement ;
  • d’usure psychologique ;
  • d’une forte pression intellectuelle.

Mais ces témoignages restent individuels.

Il n’existe pas d’enquête administrative concluant à un harcèlement systémique.


3. Les “petites mains” de l’Élysée

C’est un sujet distinct des conseillers politiques.

En 2023, plusieurs médias, notamment Le Canard enchaîné puis Marianne, ont évoqué :

  • l’absence de représentation syndicale ;
  • des tensions sociales ;
  • des difficultés concernant certains personnels techniques.

Le suicide d’un agent de l’argenterie après son licenciement a particulièrement marqué les esprits.

Les syndicats ont alors demandé une amélioration du dialogue social.


4. Cas individuel médiatisé

Jean Spiri

Le directeur de cabinet de Brigitte Macron a quitté ses fonctions en 2023.

Il a publiquement évoqué :

  • un état de fatigue ;
  • de stress ;
  • d’anxiété.

Il décrit l’Élysée comme une « maison terrible où courent toutes les rumeurs » tout en indiquant avoir été soutenu par sa hiérarchie. Son départ n’a pas été présenté comme la conséquence d’un conflit managérial. 


5. ET DES RUMEURS DEPUIS 2017

Plusieurs rumeurs circulent régulièrement depuis 2017 :

  • burn-out nombreux cachés ;
  • climat de peur généralisé ;
  • harcèlement organisé ;
  • management brutal d’Emmanuel Macron.

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