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Séparatisme islamiste: du discours au combat, pour quelle réussite?

PRESENTATION

Dans le prolongement de nos publications, et en particulier,

https://metahodos.fr/2020/10/05/reveil-republicain-attendre-le-9-decembre-pour-passer-du-discours-a-laction/

https://metahodos.fr/2020/10/02/le-president-de-la-republique-lance-le-reveil-republicain-contre-le-separatisme-islamiste/

https://metahodos.fr/2020/09/28/islamisme-la-france-a-t-elle-baisse-la-garde/

Nos lecteurs nous proposent d’autre articles.

Nous écrivions notamment qu’Emmanuel Macron avait annoncé ce 2 octobre le projet de loi et qu’il faudra attendre 2 mois encore pour concrétiser une « réflexion » étouffée depuis le début de quinquennat ! Il faudra en effet attendre le 9 décembre pour une présentation en conseil des ministres. Et ensuite, attendre encore la mise en œuvre…et nous serons à la veille des présidentielles.

Voici l’article de la Revue des Deux Mondes ( 1. ) qui s’interroge sur la réussite, au-delà du discours, sur la réussite du combat.

Et en complément, le texte de l’intervention du PR ( 2. )

  1. ARTICLE

Séparatisme islamiste : un discours réussi, un combat incertain

ParValérie Toranian OCT 5, 2020? Revue des Deux Mondes

S’il ne fallait retenir qu’une chose du discours du président Macron sur le séparatisme, c’est qu’il y nomme (enfin) clairement ce qui pose problème : le séparatisme islamiste. C’est un pas de géant dans la communication du chef de l’État dont le moins qu’on puisse dire est qu’il revient de loin. L’homme qui déclarait que la société « n’avait pas à être laïque » vient d’opérer un revirement spectaculaire. Il aura fallu trois ans et demi. Et peut-être que le procès Charlie, puis le récent attentat de la rue Nicolas Appert l’ont aidé à trancher dans le vif… Peu importe. Le ton employé, les exemples donnés, la fermeté affichée ont rassuré tous ceux qui craignaient une dérobade de plus. Emmanuel Macron n’a pas eu peur de citer comme contraire aux valeurs républicaines, les petites filles de 7 ans en voile intégral dans des écoles clandestines, les parents qui retirent leurs enfants de l’école à cause de cours de musique contraires à la religion, les menus confessionnels imposés à la cantine, la revendication d’horaires distincts entre les femmes et les hommes dans les piscines, les agents de la RATP qui refusent l’accès aux femmes en tenues indécentes, la radicalisation à la RATP, SNCF, Roissy… Bravo M. le président.

Il faudra attendre le 9 décembre, date anniversaire de la loi de 1905, pour connaître les détails du projet de loi présenté en Conseil des ministres. Mais on en connaît déjà les mesures phares. Obligation de neutralité étendue aux salariés des entreprises délégataires de services publics (RATP, SNCF…) ; dissolution des associations culturelles et sportives qui jouent un rôle fondamental dans l’entrisme islamiste ; charte de la laïcité pour toute association sollicitant une subvention publique ; enseignement de l’arabe dans le cadre scolaire ; fin des imams détachés rémunérés par l’étranger. Et surtout, ce que le président considère comme une mesure déterminante, l’obligation de l’instruction à l’école et non au domicile dès 3 ans (sauf raisons de santé) pour lutter contre l’endoctrinement islamiste.

« Les imams « républicains » ressembleront un peu aux prêtres assermentés de 1791 : les « vrais » catholiques n’en voulaient pas ; les « vrais » (comprendre les plus radicaux) musulmans n’en voudront pas plus. »

Si Emmanuel Macron n’a pas raté son discours sur le séparatisme, va-t-il pour autant réussir son combat contre l’islam politique ? Les mesures qu’il préconise vont-elles en venir à bout ? Sont-elles adaptées à la complexité du fléau ? On aimerait dire oui mais le doute demeure. Pour plusieurs raisons.

Certaines mesures risquent d’être retoquées par le Conseil constitutionnel et d’affaiblir le discours du président. C’est le cas de l’obligation de scolarité pour tous dès 3 ans. On comprend bien l’intention car l’endoctrinement commence très jeune : plus l’enfant intègre le système scolaire tôt, plus il a des chances de voir sa scolarité partir sur de bonnes bases. Mais le libre choix par la famille du cadre d’instruction de leurs enfants est garanti par la loi. Et surtout des lois existent déjà pour surveiller ceux (y compris les parents) qui dispensent des enseignements sectaires ou des enseignements « bidons ». La sanction consiste en l’obligation de rescolariser leurs enfants. Il suffit d’inspecteurs en nombre suffisants pour inspecter (et qui connaissent l’arabe ou le turc…), de préfets qui prennent des décisions rapides de fermeture… : le législateur a tout prévu. Encore faut-il que la loi soit appliquée. Que les moyens existent. Et que les agents publics aient le courage de sanctionner. Ce qui n’est actuellement pas le cas. Le port de la burqa est prohibé. Combien de PV sur la voie publique ? Pratiquement aucun.

L’enseignement de l’arabe dans le cursus scolaire n’empêchera en rien l’islamisation. L’argument selon lequel si l’arabe était enseigné à l’école, les enfants n’iraient pas l’apprendre à la mosquée est faux. Ce n’est pas l’arabe qui est recherché mais l’enseignement coranique. Les cours actuellement dispensés dans le collège ne sont pas un franc succès pour cette raison. Quant à mettre en place l’arabe en cours primaire, si cela se traduit par la création de classes homogènes (rassemblant tous ceux qui veulent apprendre l’arabe), cela reviendra à créer des classes ghetto. L’exact contraire du projet républicain. Et qui donnera de tels cours ? Des profs étrangers, exclusivement tunisiens pour l’arabe (la Tunisie n’est pas en soi un gage de laïcité, vu la force d’Ehnahda sur place) et plus essentiellement turcs, tous ralliés à l’islamo-nationalisme d’Erdogan. Pourra-t-on vraiment assurer la surveillance de ces cours ? Sont-ils vraiment indispensables? La priorité n’est-elle pas au renforcement des enseignements fondamentaux ?

Contrôler l’islam en France, en mettant fin au système des imams détachés de l’étranger, permettra à la majorité tranquille des musulmans de bénéficier d’imams formés en France. C’est une bonne chose, même si elle reste difficile à réaliser. Mais créer un diplôme universitaire, former des imams, les rémunérer par la cagnotte du Pèlerinage à la Mecque (business probablement assuré par l’Amif, association proche des frères musulmans…) n’empêchera pas la radicalisation de s’accomplir par ailleurs. Car les imams « républicains » ressembleront un peu aux prêtres assermentés de 1791 : les « vrais » catholiques n’en voulaient pas ; les « vrais » (comprendre les plus radicaux) musulmans n’en voudront pas plus. Ils ont d’autres sources religieuses où s’abreuver : les réseaux sociaux, les antennes paraboliques, les sites fréristes, salafistes…

« Ne soyons pas naïfs. La France est l’un des pays les plus généreux en matière de politique de la ville, d’aides sociales, de subventions. Quoi qu’elle fasse, elle ne trouvera jamais grâce aux yeux de ceux qui veulent détruire le consensus républicain. »

L’agenda islamiste n’est pas un agenda français. Le président l’a lui-même reconnu. Il s’appuie sur une progression mondiale de l’islamisme, notamment en Europe. Bien sûr qu’il faut désenclaver les territoires les plus pauvres, combattre la ghettoïsation, lutter par des mesures sociales contre la précarité qui fait le lit des extrêmes. Mais ne soyons pas naïfs. La France est l’un des pays les plus généreux en matière de politique de la ville, d’aides sociales, de subventions. Quoi qu’elle fasse, elle ne trouvera jamais grâce aux yeux de ceux qui veulent détruire le consensus républicain. Pour qu’existe cet « amour » de la France évoqué par Emmanuel Macron, il faudrait que les Français s’aiment eux-mêmes, soient conscients de la beauté de leur pays, de leur langue, de leur histoire, de leur civilisation. Sans fierté imbécile. Mais sans renoncement, lâcheté ou résignation. Pour que l’islamisme soit vaincu, il faut cinq conditions :

1. une vraie détermination. Le président semble l’avoir.
2. Un État profond et une administration qui jouent le jeu, surveillent et sanctionnent. En ont-ils la volonté ?
3. Des profs bien rémunérés et soutenus par leur institution. Le sont-ils ?
4. Une élite française « musulmane » (issue des communautés d’origine musulmane) capable de s’opposer à l’islam politique, car elle seule peut véritablement créer la contradiction. Existe-t-elle en force suffisante ?
5. Une élite française qui ne se perde pas dans un islamo-gauchisme qui fait le bonheur des séparatistes islamistes, des décoloniaux et de tous les ennemis de la République.

Et ça, c’est une autre histoire.

2. COMPLEMENT

Le discours et la conférence de presse du Président : 

Le problème n’est pas la laïcité. La laïcité, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, la possibilité d’exercer son culte à partir du moment où l’ordre public est assuré. La laïcité, c’est la neutralité de l’État et en aucun cas l’effacement des religions dans l’espace public. La laïcité, c’est le ciment de la France unie. 

Il faut donc faire respecter la laïcité fermement, justement. Sans se laisser entraîner dans le piège de l’amalgame tendu par les polémistes et par les extrêmes qui consisterait à stigmatiser tous les musulmans. 

Le problème, c’est le séparatisme islamiste. Ce projet conscient, théorisé, politico-religieux, qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République, qui se traduit souvent par la constitution d’une contre-société et dont les manifestations sont la déscolarisation des enfants, le développement de pratiques sportives, culturelles communautarisées qui sont le prétexte à l’enseignement de principes qui ne sont pas conformes aux lois de la République. C’est l’endoctrinement et par celui-ci, la négation de nos principes, l’égalité entre les femmes et les hommes, la dignité humaine. Le problème, c’est cette idéologie, qui affirme que ses lois propres sont supérieures à celles de la République. Je ne demande à aucun de nos citoyens de croire ou de ne pas croire, de croire un peu ou modérément, ça n’est pas l’affaire de la République, mais je demande à tout citoyen, quelle que soit sa religion ou pas, de respecter absolument toutes les lois de la République.

Les actes sont là, depuis le premier jour, et ils valent mieux que des mots.

Dès fin 2017, dans 15 quartiers, des plans de lutte contre la radicalisation impliquant l’ensemble des services de l’État ont été déployés. Sur le terrain, nos fonctionnaires sont à pied d’œuvre et obtiennent des résultats : 212 débits de boisson, 15 lieux de culte, 4 écoles et 13 établissements associatifs et culturels ont été fermés ; des centaines de contrôles réalisés, des millions d’euros saisis. 

Nous avons décidé d’aller plus loin, plus fort. D’apporter à chaque problème constaté sur le terrain une solution concrète. Un projet de loi sera présenté en Conseil des Ministres le 9 décembre, pour renforcer la laïcité et consolider les principes républicains. 

Des communes ont pour projet d’imposer des menus confessionnels à la cantine, d’autres excluent les hommes de certains créneaux d’accès aux piscines. 

➜ Ce qui est contraire aux principes de laïcité et d’égalité sera interdit.

Au sein de services publics exercés par des entreprises, comme les transports en commun, se multiplient des dérives comme le refus de serrer la main à une femme ou encore le port du voile quand on est une femme en contact avec le public.

➜ L’obligation de neutralité des agents publics sera étendue aux salariés des entreprises délégataires.

Mais interdire ne suffit pas. Il faut agir à la racine. À l’islamisme politique brandi comme une fierté, nous devons opposer un patriotisme républicain assumé. 

Agir dans les associations qui doivent unir la Nation, pas la fracturer.

➜ Les motifs de dissolution en Conseil des ministres seront étendus aux atteintes à la dignité de la personne et aux menaces physiques ou psychiques. 

➜ Toute demande de subvention sera conditionnée à la signature d’un contrat de respect des valeurs de la République. Ceux qui ne le respectent pas devront rembourser.

Agir à l’école, qui doit redevenir un creuset républicain. 50 000 enfants suivent l’instruction à domicile. Chaque jour des recteurs découvrent des enfants totalement hors système. Chaque semaine des préfets ferment des écoles illégales, souvent administrées par des extrémistes religieux.

➜ Face à ces dérives qui excluent des milliers d’enfants de l’éducation à la citoyenneté, de l’accès à la culture, à notre Histoire, à nos valeurs, à l’expérience de l’altérité qui est le cœur de l’école républicaine, j’ai pris une décision : dès la rentrée 2021, l’instruction à l’école sera rendue obligatoire pour tous dès trois ans. L’instruction à domicile étant strictement limitée aux impératifs de santé.

➜ Parce que l’école doit d’abord inculquer les valeurs de la République, non celle d’une religion, nous allons mettre fin aux ELCO, les Enseignements Langues et Cultures d’Origine.

La République résistera par l’école à ceux qui veulent l’abattre !

J’ai confiance dans les Français de confession musulmane et dans leur capacité à se mobiliser pour contribuer à cette bataille républicaine contre le séparatisme islamiste, dans leur volonté de s’organiser aussi, pour bâtir un islam des Lumières. Ce n’est bien sûr pas le travail de l’État que de structurer l’Islam, mais nous devons le permettre, l’accompagner, et c’est pourquoi j’ai beaucoup dialogué avec les représentants de l’Islam dans notre pays. Nous partageons des constats et des propositions communes :

➜ La nécessité de libérer l’islam en France des influences étrangères. Il sera mis fin au système des imams détachés. 

➜ La volonté de protéger les responsables des mosquées des prises de contrôle hostiles par des extrémistes. Des dispositifs anti-putsch seront créés.

➜ L’ambition de former et promouvoir en France une génération d’imams et d’intellectuels qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la République. 

Il faut aussi faire aimer la République en démontrant qu’elle peut permettre à chacun de construire sa vie. Nous agissons pour faire à nouveau entrer la République dans le concret des vies en déployant partout une offre éducative, culturelle et sportive républicaine de qualité. 

➜ Le dédoublement des classes pour 300 000 élèves, l’ouverture de 80 cités éducatives, la labellisation de 530 maisons France services ; dans le secteur culturel, l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques pour plus de 600 communes, la création d’une centaine de microfolies : nombre d’initiatives sont mises en œuvre partout depuis trois ans. 

➜ Nous les amplifierons : le dédoublement des classes est actuellement étendu aux élèves de grande section, 40 cités éducatives supplémentaires vont être créées, 300 maisons France services supplémentaires ouvriront dans les prochaines semaines. Notre horizon : assurer une présence républicaine au bas de chaque tour, au bas de chaque immeuble.

Faire aimer la République, c’est tenir la promesse d’émancipation qui lui est intrinsèque. J’ai commencé à égrener des pistes pour l’égalité des chances, lutter contre les discriminations, faire en sorte que chacun, quelle que soit sa couleur de peau, son origine, sa religion, puisse trouver sa place.

Je présenterai au cours de l’automne de nouvelles décisions. Déclinées dans chaque département par les préfets, elles viseront une ambition : la République en actes.

Tous ensemble, Françaises, Français, portons ce réveil républicain. 

Vive la République, vive la France.

1 réponse »

  1. Loi sur le séparatisme : trois ans d’annonces et d’attente

    par la rédaction numérique de France Inter publié le 22 septembre 2020

    Le discours d’Emmanuel Macron contre les séparatismes, initialement prévu ce mardi, est reporté au 2 octobre. Un projet de loi doit être présenté à l’automne mais le sujet est presque devenu un serpent de mer depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron.

    Le 18 février dernier à Mulhouse, Emmanuel Macron dévoilait les premiers contours du plan de lutte contre le séparatisme.

    C’est un énième report. Le président de la République Emmanuel Macron, qui devait se rendre mardi à Lunel dans l’Hérault pour dévoiler les contours du projet de loi contre les séparatismes, a finalement annulé sa visite. La présentation est repoussée au 2 octobre, confirme l’AFP ce lundi, et le projet doit être normalement présenté à l’automne.

    Au fil des mois, le mot « séparatisme » s’est imposé dans le vocabulaire du président qui le définit comme « quand, au nom d’une religion, de telle ou telle influence extérieure, on dit ‘je ne respecte plus les lois de la République (lors d’un discours à Mulhouse en février dernier) : un sujet, qui crispe régulièrement les débats, et sur lequel est pourtant attendu Emmanuel Macron depuis le début de son mandat. Retour sur trois ans d’attente.

    Mars 2017, « la laïcité est un bouclier »

    Lors de la présentation de son programme, le 2 mars 2017, Emmanuel Macron estime que « notre laïcité, telle que définie en 1905, est un bouclier ». Le candidat prône alors un respect de la loi sur la séparation des Églises et de l’État tout en affirmant : « Je n’accepterai pas que certaines ou certains soient stigmatisés dans notre République parce qu’ils croient à une religion (…) De la même façon je n’accepterai pas qu’au nom de leur croyance certaines ou certains considèrent qu’on peut déroger aux règles de la République. »

    Un « grand discours sur la laïcité » évoqué dès 2017

    Des proches d’Emmanuel Macron le poussent, une fois élu, à exprimer sa vision de la laïcité le 9 décembre 2017, à l’occasion du 112e anniversaire de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, mais l’échéance est finalement repoussée à janvier 2018, selon le JDD et Le Parisien. »Un grand discours sur la laïcité » est évoqué par la presse. Finalement, Emmanuel Macron évoque le sujet lors de ses vœux aux autorités religieuses le 4 janvier. Le discours a lieu sans la presse, même s’il est transmis a posteriori par l’Elysée.

    Voici ce que le président dit alors exactement : « Je ne demanderai jamais, à quelque citoyen français que ce soit, d’être modérément dans sa religion ou de croire modérément ou comme il faudrait en son Dieu, ça n’a que peu de sens, mais je demanderai à chacun, constamment, d’absolument respecter toutes les règles de la République. » Face aux représentants du culte musulman, il plaide pour « un travail sur la structuration de l’Islam en France, qui est la condition même pour que vous ne tombiez pas dans les rets des divisions de votre propre religion et de la crise qu’elle est en train de vivre sur le plan international. »

    Octobre 2019, l’arrivée du mot « séparatisme »

    En octobre 2019, face à la pression des élus de tous bords qui lui réclament de s’exprimer publiquement sur le sujet, Emmanuel Macron s’explique notamment chez nos confrères de RTL : « On ne me demande pas de parler de laïcité, on veut que je parle d’Islam. Pourquoi je ne veux pas céder à la précipitation ou aux injonctions de parole dans ces moments ? Parce que je serais moi-même complice d’une espèce de confusion collective ».

    Il évoque le mot « séparatisme » : « Dans certains endroits de notre République, il y a un séparatisme qui s’est installé, c’est-à-dire la volonté de ne plus vivre ensemble, de ne plus être dans la République. Et au nom d’une religion, l’Islam, en la dévoyant, de dire ‘je crois à un Islam politique et nous allons vivre avec ses règles qui ne sont pas dans celles de la République’ « . Le président assure pourtant travailler sur le sujet : « Je m’apprête à voir les représentants français du culte musulman, je vais continuer ce travail mais il doit d’abord se faire à bas bruit parce qu’on a souvent échoué. Et je prendrai des mesures et je ferai des annonces ensuite dans les semaines qui suivent ».

    En novembre, le fameux grand discours sur la laïcité n’est toujours pas prêt, assure Le Figaro, malgré « un travail interministériel en cours. »

    Le communautarisme évoqué en novembre 2019

    Emmanuel Macron évoque à nouveau le sujet du communautarisme lors du Congrès des maires de France, en novembre 2019. Il se prononce contre l’interdiction des listes communautaires au élections municipales. « Le sujet des listes communautaires est venu. Je suis pragmatique et ouvert aux proposition à condition qu’elles soient efficaces » déclare-t-il. Il annonce également de nouvelles mesures contre le séparatisme « dans les prochaines semaines. »

    S’en suit l’envoi d’une circulaire aux préfets émanant du ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner sur « la lutte contre l’islamisme et le repli communautaire », leur demandant notamment la mise en place d' »une cellule départementale » dédiée à cette action.

    Un plan officiellement annoncé en février à Mulhouse

    Un plan pour lutter contre le « séparatisme islamiste » est officiellement annoncé par Emmanuel Macron à Mulhouse le 18 février dernier, lors de son déplacement dans le quartier populaire de Bourtzwiller. Le mot « séparatisme » est alors officiellement employé par l’Elysée à la place de « communautarisme », un changement de vocabulaire salué par des responsables musulmans.

    Les premières mesures annoncées comprennent la fin des imams étrangers détachés, en augmentant parallèlement le nombre d’imams formés en France. Le président annonce aussi un contrôle renforcé des financements étrangers des lieux de culte, pour pouvoir bloquer des projets suspects. « Nous devons savoir d’où vient l’argent, qui le touche et pour quoi faire », indique-t-il. Il est aussi question de la disparition des enseignements en langues et cultures étrangères (ELCO), des cours où interviennent des professeurs étrangers et sans contrôle de l’Éducation nationale. Ils concerneraient 80.000 élèves.

    Ce discours fait office de première étape, le chef de l’État étant censé distiller ensuite sa stratégie et celle de l’exécutif. Mais la crise sanitaire bouleverse le calendrier. Le 25 février, l’Élysée annonce qu’il annule un déplacement en Île-de-France consacré au thème du séparatisme.

    Début septembre, un discours au Panthéon relance le débat….

    Le 4 septembre dernier, le dossier est remis sur la table. Au Panthéon, à l’occasion des 150 ans de la proclamation de la République, le chef de l’État assure qu' »il n’y aura jamais de place en France pour ceux qui souvent au nom d’un Dieu, parfois avec l’aide de puissances étrangères, entendent imposer la loi d’un groupe, non. La République, parce qu’elle est indivisible, n’admet aucune aventure séparatiste. Un projet de loi de lutte contre les séparatismes sera à cette fin présenté, dès cet automne. »

    ….et de nouvelles mesures sont dévoilées

    Lundi 7 septembre, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa confirment au Parisien que le projet de loi contre le séparatisme doit être présenté en conseil des ministres à l’automne : « Nous sommes en train de le finaliser. » D’autres mesures sont dévoilées. Parmi elles, la création d’un « contrat d’engagement sur la laïcité » que devront signer les associations, et qui implique la fin des subventions en cas de non-respect de cette charte, notamment sur l’égalité hommes-femmes.

    Le ministre de l’Intérieur va également « proposer de pénaliser » les certificats de virginité délivrés par certains médecins avant un mariage religieux. Marlène Schiappa explique à plusieurs reprises, notamment à France Inter, que la future loi concerne aussi les « dérives sectaires » ou encore « le suprématisme blanc ».

    Marlène Schiappa : « C’est aussi une loi contre l’islam politique, mais pas uniquement »

    « Le Président a clairement évolué sur ces positions », confie un ministre à France Inter. « La campagne, et surtout l’exercice du pouvoir, a façonné sa doctrine sur le sujet. Et c’est bien normal, ne serait-ce qu’en tant que maire, on ne peut pas avoir le même discours sur le communautarisme et l’insécurité avant et après son élection ».

    « Nous sommes attendus sur ce thème », nous confie un autre ministre, »car si on continue à avoir une partie de nos concitoyens persuadés qu’on ne fait rien pour eux, alors la violence continuera de progresser dans notre société. Une société ne tient pas si une partie des citoyens ne se sent pas à sa place ».

    Discours à nouveau reporté au 2 octobre

    Vendredi dernier, BFMTV annonce que le discours de présentation du futur projet de loi contre les séparatismes est annulé. Emmanuel Macron devait le prononcer ce mardi à Lunel dans l’Hérault. « D’après nos sources, les annonces présidentielles sur le séparatisme ne sont pas prêtes. » indique BFMTV. « Texte pas assez abouti, manque d’implication pour certains, crainte de voir des articles retoqués par le Conseil constitutionnel… » évoque de son côté Le Parisien.

    Ce lundi, l’AFP confirme qu’Emmanuel Macron définira sa stratégie le 2 octobre, avant la présentation d’un projet de loi au Conseil d’État puis devant le Conseil des ministres. Les discussions parlementaires devraient donc s’engager début 2021.

    Sur France Inter ce lundi, Gabriel Attal est revenu sur ce report. « Il n’y a pas de décalage », estime le porte-parole du gouvernement. « On n’a pas attendu aujourd’hui pour agir sur le séparatisme » estime-t-il, évoquant en 2017 une loi qui a permis « de fermer des lieux où on prêche la radicalisation et la haine de la France » et en 2018 le lancement d' »une stratégie d’entrave contre le séparatisme en identifiant des quartiers de reconquête républicaine ». « On aura un projet de loi finalisé à l’automne », promet le porte-parole.

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