Aller au contenu principal

Elections américaines: 5 Présidents déjà élus avec moins de « popular vote »

INTRODUCTION

Une élection indirecte bien spécifique à la Démocratie Américaine

Les citoyens des Etats-Unis ont été appelés à voter pour élire leur Président et ce sera Donald Trump ou Joe Biden. Il s’agit d’une élection indirecte qui comporte des caractéristiques bien spécifiques à la Démocratie Américaine.

L’élection présidentielle américaine est une élection indirecte, il est donc possible d’obtenir davantage de suffrages à l’échelle du pays (popular vote), mais de ne pas décrocher une majorité de grands électeurs au sein du collège électoral.

Hillary Clinton: 2,86 millions de « popular vote » de plus

Dans l’histoire des Etats-Unis, c’est arrivé cinq fois, dont deux fois au XXIe siècle : en 2000, lorsque le démocrate Al Gore a obtenu 543 895 voix de plus que le républicain George W. Bush, et en 2016, quand la démocrate Hillary Clinton a recueilli 2,86 millions de suffrages de plus que le républicain Donald Trump.

Voici l’article de Pierre Breteau du Monde

ARTICLE

Elections américaines 2020 : ce qu’il faut savoir sur les grands électeurs, qui élisent directement le président

Par Pierre Breteau Publié le 29 octobre 2020 Le Monde

Le 3 novembre, les électeurs américains sont appelés à voter, indirectement, pour le futur président américain. Formellement, ce sont en fait les 538 grands électeurs, élus Etat par Etat, qui conduiront, le 19 décembre, à l’élection du prochain président des Etats-Unis.

Dans la quasi-totalité des Etats, (48 sur 50, ainsi que dans le district de Columbia, qui n’est pas un Etat mais est représenté au collège électoral), quand un candidat est en tête, il « remporte » tous les grands électeurs : ainsi avec 50 % des suffrages plus une voix, le candidat en tête envoie tous les grands électeurs acquis à sa personne au collège électoral. C’est la règle du « winner-take-all ». Une fois les 538 grands électeurs désignés, ils votent alors en décembre (le 14, pour l’élection de 2020) et choisissent ainsi le président des Etats-Unis.

  • Combien y a-t-il de grands électeurs ?

Le « collège électoral » américain compte 538 électeurs, il faut donc en avoir 270 pour remporter l’élection présidentielle. Leur nombre est proportionnel à la population d’un Etat, mais un Etat ne peut pas avoir moins de trois grands électeurs. Cette exception surreprésente légèrement les Etats très peu peuplés, comme l’Alaska, le Wyoming ou le Vermont, qui ont tous plus de quatre grands électeurs pour un million d’habitants, là où la majorité des Etats ont en moyenne un à deux grands électeurs par million d’habitants.OhioMichiganWashingtonColoradoFlorideGéorgieCaroline du NordNew YorkPennsylvanieHawaïTexasArizona

Grands électeurs par million d’habitants: de 1 à 5 ou plus, selon les Etats

Enfin, les équilibres politiques dans certains Etats assurent quasiment la victoire à un camp ou à l’autre (la Californie ou l’Etat de New York votent historiquement pour les démocrates, l’Alaska ou l’Alabama pour les républicains). De ce fait, ces Etats sont souvent moins courtisés par les candidats, puisque leur victoire y est, soit acquise, soit presque impossible.

  • Qui peut être grand électeur ?

L’alinéa 2 de l’article II de la Constitution des Etats-Unis dispose que le président et le vice-président sont choisis par des grands électeurs « de la manière prescrite par sa législature », mais sans conseiller ni lister aucune manière. En revanche, cet article précise bien qu’« aucun sénateur ou représentant, ni aucune personne tenant des Etats-Unis une charge de confiance ou de profit, ne pourra être nommé électeur ». Dans les faits, avant l’élection proprement dite, chaque parti désigne des grands électeurs potentiels dans tous les Etats.

  • Un grand électeur doit-il respecter le vote de son Etat ?

Trente-trois Etats ainsi que le District de Columbia ont des lois qui l’y obligent, pour éviter une situation de « grand électeur déloyal » (faithless elector) en imposant soit une amende (comme 500 dollars en Caroline du Nord et l’annulation du vote), soit un électeur remplaçant, comme c’est le cas dans le Montana, le Nevada ou l’Etat de Washington.

Les grands électeurs étant désignés par les partis ou les candidats, les « trahisons » sont rares. Mais il y en a eu : lors de l’élection de 2000, la grande électrice démocrate Barbara Lett-Simmons s’est ainsi abstenue de voter plutôt que de donner son vote à Al Gore. Cet épisode n’a rien changé à l’élection puisque le républicain George W. Bush gagnait avec 271 voix sur 538.

  • Est-il possible de gagner en voix et d’avoir moins de grands électeurs ?

L’élection présidentielle américaine est une élection indirecte, il est donc possible d’obtenir davantage de suffrages à l’échelle du pays (popular vote), mais de ne pas décrocher une majorité de grands électeurs au sein du collège électoral.

Dans l’histoire des Etats-Unis, c’est arrivé cinq fois, dont deux fois au XXIe siècle : en 2000, lorsque le démocrate Al Gore a obtenu 543 895 voix de plus que le républicain George W. Bush, et en 2016, quand la démocrate Hillary Clinton a reçu 2,86 millions de suffrages de plus que le républicain Donald Trump.

Pierre Breteau

3 réponses »

  1. AJOUT SUR LES ETAPES

    I. DÉCOMPTES

    5 à 7 novembre, un des deux candidats atteint les 270 grands électeurs.

    Si Trump : Biden accepte le résultat. Fin de l’Histoire.
    Au 4 novembre, midi (heure côte Est), Biden légèrement favori.
    Si Biden : Trump multiplie les demandes de recompte (déjà dans le Wisconsin) et recours judiciaires (déjà des centaines engagés).
    Le décompte est fait par le bureau des élections de chaque État.

    Des centaines de bénévoles y participent sous le contrôle d’agents publics du Bureau et de représentants des candidats.

    Au total, il y a eu environs 100 millions de votes anticipés, dont 60 millions par correspondance, 40 millions dans des bureaux de vote et 60 millions d’électeurs le 3 novembre, jour du vote.

    Les irrégularités, le plus souvent involontaires (erreurs d’adresses, de signatures, etc.) étaient inférieures à 2 % des votes par correspondance en 2016. Elle sont annulées avant la proclamation des résultats par le secrétaire d’État de l’État (fonctionnaire indépendant).

    II. RECOURS

    Novembre – 14 décembre : multiplication des recours contre les résultats donnés dans plusieurs États, sauf si Trump sous pression, et vu ce que serait l’avance de Biden, reconnait sa défaite.

    Recours d’abord devant les Cours des États.
    Recours exceptionnel possible devant la Cour suprême des États-Unis pour motif impérieux et général.
    Appels des décisions défavorables jusqu’à la Cour suprême de l’État.
    Possibilité d’un recours direct devant la Cour fédérale de l’État pour violation du 14e amendement (principe d’égalité).
    Recours si nécessaire à la Cour suprême des États-Unis d’Amérique qui peut arrêter les décomptes, valider tel décompte, invalider tel autre. La Cour, bien qu’orientée en faveur de Trump, doit se prononcer en droit. Autrement dit elle dispose des marges de manœuvre, mais dans le cadre de contraintes.
    III. ÉLECTION

    14 décembre. Élection du Président et du Vice-président par les grands électeurs dans leur État à la majorité absolue (270).

    4 janvier. En cas d’absence de majorité absolue, élection par la Chambre des représentants, une voix par État.

    J'aime

  2. ÉTATS-UNIS

    En revendiquant la victoire, Donald Trump déclare la guerre à la démocratie américaine

    Par Frédéric Autran, envoyé spécial aux Etats-Unis — 4 novembre 2020 à 10:13 (mis à jour à 12:09)

    Alors que le décompte se poursuit dans plusieurs Etats cruciaux, le président sortant assure avoir remporté le scrutin, dénonce des fraudes et annonce son intention de saisir la Cour suprême. Une attaque sans précédent et inflammable.

    C’était le scénario du pire redouté par les démocrates, les observateurs et, disons-le franchement, tous ceux attachés à la démocratie américaine, aussi abîmée soit-elle. Il s’est donc matérialisé peu après 2h20 du matin à Washington (08h20 à Paris), quand Donald Trump, dans une courte et sidérante allocution, a revendiqué la victoire à la présidentielle de mardi, alors que le décompte se poursuit dans plusieurs Etats. Dénonçant une «fraude» des démocrates et une «honte pour le pays», le président américain a annoncé son intention de saisir la Cour suprême, sans préciser sur quel motif.

    Donald Trump finira peut-être par gagner, légitimement, le droit à un second mandat. Mais à ce stade, ni lui ni son rival démocrate Joe Biden n’obtiennent les 270 grands électeurs nécessaires. Victorieux en Floride, au Texas, et dans la quasi-totalité des Etats traditionnellement républicains, Trump en comptait 213 à 10 heures (heure de Paris). L’ancien vice-président de Barack Obama, qui est parvenu à renverser un Etat gagné par Trump en 2016, l’Arizona, en comptait lui 235.

    «Nous étions en train de tout gagner»

    «On est devant et de loin, mais ils essaient de voler l’élection. Jamais nous ne les laisserons faire», a pourtant déclaré Donald Trump, assurant avoir «gagné l’élection», et déclenchant les applaudissements de ses proches et la stupéfaction de dizaines de millions d’Américains. «Des millions et des millions de gens ont voté pour nous. Nous étions prêts pour une grande célébration. Nous étions en train de tout gagner. Et soudain, ça a été annulé», a ajouté le président dans une déclaration confuse et inédite dans l’histoire moderne des Etats-Unis.

    Cette attaque contre deux fondements de la démocratie américaine – le droit de vote des citoyens et le respect de la transmission pacifique du pouvoir – ébranle un peu plus un pays qui abordait cette élection dans un état de polarisation politique sans précédent. Elle attise aussi les craintes : comment les partisans de Donald Trump, ou ses opposants les plus féroces, vont réagir à ces propos, alors que le décompte dans certains Etats indécis – principalement la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin – se poursuit ?

    Aussi ahurissant soit-il, ce scénario catastrophe est pourtant loin d’être une surprise, tant l’ancien magnat de l’immobilier, allergique à la défaite plus qu’à toute autre chose, avait préparé le terrain – et les esprits – à cette déclaration de victoire prématurée. Dès qu’il est devenu évident, à la fin du printemps, que pour cause d’épidémie de Covid-19, le recours au vote par courrier serait bien plus massif que d’ordinaire, Trump a attaqué la légitimité et la fiabilité de ce mode de scrutin, répétant à l’envi que des millions de bulletins frauduleux risquaient de lui coûter la victoire.

    Pas de vague bleue

    Selon les chiffres de l’US Elections Project, au moins 65 millions de citoyens américains ont voté cette année par correspondance. Ces bulletins ont été envoyés par courrier ou déposé dans des boîtes sécurisées prévues à cet effet. Leur dépouillement est beaucoup plus …

    J'aime

  3. Suite de l’article de libération
    Pas de vague bleue

    Selon les chiffres de l’US Elections Project, au moins 65 millions de citoyens américains ont voté cette année par correspondance. Ces bulletins ont été envoyés par courrier ou déposé dans des boîtes sécurisées prévues à cet effet. Leur dépouillement est beaucoup plus chronophage que le vote en personne, fait le plus souvent sur des machines. Et dans certains Etats, dont les swing states de Pennsylvanie et du Michigan, la loi interdisait de commencer le décompte de ces bulletins avant le jour de l’élection. Il était donc évident que la totalité ne pourrait pas être comptée au soir du scrutin. Et c’est exactement ce qu’il s’est produit.

    Pour éviter une longue attente et une bataille judiciaire incertaine, le camp démocrate espérait une vague bleue, qui aurait permis à Joe Biden de remporter une victoire rapide, en faisant basculer certains bastions républicains. Cela ne s’est pas produit, à l’exception de sa victoire dans l’Arizona. En conservant facilement la Floride, où les sondages donnaient les deux hommes au coude-à-coude, Donald Trump peut continuer à espérer décrocher un second mandat. Il devra pour cela conserver l’essentiel des autres Etats clés qui avaient contribué à sa victoire surprise en 2016, notamment dans la Rust Belt.

    L’actu Libé, tous les matins.

    S’exprimant avant Donald Trump, depuis son fief du Delaware, le candidat démocrate s’est dit «en bonne voie» pour remporter l’élection. «Nous savions que cela prendrait du temps. […] Gardez la foi, nous allons gagner. Votre patience est formidable», a-t-il lancé à ses partisans. Anticipant le coup de tonnerre venu de la Maison Blanche, Joe Biden avait ensuite ajouté sur Twitter : «Ce n’est pas à moi ou à Donald Trump de déclarer le vainqueur de cette élection, mais aux électeurs.»

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :