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La leçon de démocratie des Etats-Unis à la France, et de Biden à Trump


BILLET

Les Etats Unis n’ont ils pas donné aux observateurs et analystes – toujours prompts à critiquer, voire caricaturer, la démocratie américaine – une lecon de démocratie ?

Une leçon pour la France : une très forte participation citoyenne

Le système de vote par correspondance, malgré les attaques et recours qui ont été tres nombreux, a démontré son efficience et a permis une participation record en pleine pandémie.

Les dernières tentatives d’obstruction de Donald Trump

Par contre le comportement tragicomique de Donald Trump nuit à la démocratie américaine et montre quelques faiblesses dans une organisation institutionnelle en grande partie basée sur les traditions non écrites.

Le Président sortant a organisé, vendredi, une réunion informelle avec son dernier carré de supporters. Y a été ouvertement évoquée, et rejetée, la possibilité d’imposer la loi martiale pour contester le résultat de la présidentielle.

Pour Donald Trump, la semaine avait très mal commencé. Lundi, le vote officiel des grands électeurs américains avait confirmé la fin de sa présidence et la victoire du démocrate Joe Biden. Elle s’est achevée par un nouveau psychodrame, exceptionnel, même au regard du chaos de ces quatre dernières années : des discussions dans le Bureau ovale, et devant des dignitaires épouvantés, sur le recours à la loi martiale ou la possible nomination d’une avocate adepte des théories du complot à la tête d’une enquête d’Etat sur la prétendue fraude lors des dernières élections.

Le New York Times a eu la primeur de la réunion organisée, vendredi, par le Président à la Maison Blanche pour trouver une échappatoire au verdict des urnes, après 59 vains recours en justice.

Les révélations du journal décrivent autant l’épilogue tragicomique de l’ère Trump qu’ils ne sèment l’inquiétude, y compris dans les rangs républicains, sur un nouveau coup de force du président déchu et sur la stabilité de l’Etat avant l’investiture de Joe Biden le 20 janvier.

Les archives de la présidence Trump en danger

La défaite amère du camp républicain et les craintes de procès laissent augurer une transition compliquée. Parmi les sujets de discorde : la conservation des documents officiels destinés aux archives nationales. Les historiens auront-ils un accès complet à cette ressource essentielle ?

Alors que le collège des grands électeurs s’est réuni pour élire Joe Biden, président des États-Unis, Donald Trump confirme son statut de mauvais perdant. Son administration fait l’objet d’une plainte de la part de plusieurs associations qui tentent d’alerter les autorités judiciaires et l’opinion publique sur la mise en péril des archives de son mandat. 

Dans un article du Washington Post, paru le 5 décembre, Gillian Brockell relaie la crainte de destruction d’une partie des archives présidentielles avant le changement de locataire de la Maison Blanche.

Selon les plaignants – historiens, archivistes et associations citoyennes -, pour s’éviter « une exposition juridique et financière potentielle une fois qu’il quittera ses fonctions », l’administration de Donald Trump pourrait négliger les sauvegardes et la conservation des documents.

La loi états-unienne sur les actes présidentiels exige que les présidents et le personnel de la Maison-Blanche conservent tous les dossiers sur « les activités, délibérations, décisions et politiques qui reflètent l’exercice des fonctions constitutionnelles, statutaires officielles ou cérémonielles du président »

Une telle réglementation ne serait-t-elle pas nécessaire en France ?

La gestion de la pandémie dans un « secret défense » abusivement élargi par le jeu du « Conseil de Défense » doit nous interpeler.

Comment la traçabilité et la transparence des informations exploitées, des échanges organisés, des decisions prises, seront ils assurés ?

Aux Etats Unis, l’acces public à ces archives est restreint pendant une période d’au moins cinq ans après la fin du mandat concerné, un délai de rétention prolongé pour certains documents en fonction de leur caractère sensible. Des sources incontournables pour analyser les actions du POTUS ( President of the United States), une fois passé le temps de son exercice du pouvoir : un « regard inégalable », selon James Grossman, directeur de l’American Historical Association. Mais une ressource fragile protéger par une loi incomplète, régulièrement remise en cause. 

Des précédents qui ont laissé un souvenir cuisant

Gillian Brockell rappelle que les archives George Washington ont en partie été  détruites par les rats et que c’est seulement après l’affaire du Watergate et la chute de Nixon que le Congrès a voté la loi sur les archives présidentielles qui octroie la propriété de ces documents au peuple mettant fin à la propriété privée de l’ancien occupant du bureau ovale.

Une action en justice avait déjà été intentée contre Donald Trump qui n’archivait pas les appels téléphoniques et les réunions tenues avec certains dirigeants étrangers. La plainte actuelle voudrait, je cite : « mettre fin au feu de joie des dossiers dans la Roseraie », d’un ancien président sur le départ adepte des réalités alternatives. Encore une fois tout parallélisme avec la France serait il totalement fortuit ?

Côté Joe BIDEN, C’est, au contraire, une leçon de démocratie

que relate l’article du Nouvel Observateur que nous vous proposons.


ARTICLE

La petite leçon de démocratie de Biden à Trump

Par Justine Daniel  15 décembre 2020 Nouvel Observateur

Les grands électeurs ont confirmé la victoire de Joe Biden malgré les tentatives de son adversaire pour discréditer l’élection. Dans son discours post-scrutin du Collège électoral, le futur 46e président des Etats-Unis a appelé à «tourner la page».

Habituellement, c’est une formalité démocratique peu suivie. Mais le vote du collège électoral américain a été au centre de tous les regards lundi. La confirmation de la victoire présidentielle de Joe Biden par les grands électeurs a cette année des vertus rassurantes. Après des semaines de croisade judiciaire aux relents complotistes menée par Donald Trump pour contester les résultats de l’élection du 3 novembre, le vote des 538 grands électeurs était retransmis en direct à la télévision.

Sans surprise et comme ils l’avaient promis, 306 d’entre eux ont donné leur voix au démocrate contre 232 au président sortant.

Dans chaque Etat, ces représentants ont déposé leurs voix au fur et à mesure de la journée pour consacrer Joe Biden 46e président des Etats-Unis. Et vers 17h30 heure américaine, ce sont les 55 voix de l’Etat de Californie qui ont fait basculer le pays officiellement dans l’ère post-Trump, faisant dépasser le seuil des 270 grands électeurs, majorité absolue synonyme de victoire.

Malgré les promesses de chaos des soutiens de Donald Trump, la journée s’est déroulée dans le calme. Une fois sa victoire confirmée par les grands électeurs, Joe Biden s’est fendu d’une leçon de démocratie directement adressée à son adversaire. «Ce qui bat dans le cœur des Américains est ceci : la démocratie.

Le droit d’être entendu, d’avoir son vote compté, de choisir les dirigeants de cette nation, de se gouverner. En Amérique, les politiques ne prennent pas le pouvoir.

Les Américains le leur donnent», a déclaré le futur président depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware, appelant le pays mais aussi le président sortant à «tourner la page»: «Comme nous l’avons fait à travers notre histoire. Pour unifier. Pour guérir.»

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