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Vers un dialogue social autonome entre les partenaires sociaux ? (Suite 1) – ET – Opposition à la reforme non négociée du chômage.

PRESENTATION

construction d’un dialogue social autonome entre les partenaires sociaux

Alors que le gouvernement relance sa réforme de l’assurance chômage, un projet rejeté par les partenaires sociaux, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux a surpris en proposant de nouvel élan au dialogue social. Une proposition innovante bien reçue par les syndicats de salariés, à commencer par la CFDT.

Voir notre précédente publication à ce sujet:

Nous avons publié, le 23 02,un article des Echos relatifs à l’initiative des partenaires sociaux –indépendamment de l’exécutif de relancer le dialogue social et compenser la tendance étatique à confisquer ce volet de la démocratie en négligeant la concertation avec les parties prenantes. Il s’agit bien là – analysons nous – d’une alerte patronale sur les dérives a-démocratiques dans le domaine social et économique.

METÂHODOS – MILLE PUBLICATIONS. Renouer avec la démocratie sociale? https://metahodos.fr/2021/02/23/metahodos-fete-ses-mille-publications-6/

Le timing de la démarche du Medef n’est pas anodin :

elle intervient juste avant un cycle de rencontres bilatérales lancé par le Premier ministre, Jean Castex, avec les leaders patronaux et syndicaux en vue de préparer la grande conférence sociale de mi-mars prochain. En filigrane, la relance de la réforme de l’assurance chômage par le gouvernement, alors que l’Unédic, l’organisation paritaire qui la gère, fait face à un déficit de 17,4 milliards d’euros à fin 2020.

Le Medef semble rappeler au gouvernement que les partenaires sociaux peuvent travailler de concert pour réformer le pays sans être chaperonnés par un exécutif qui ne les a pas toujours bien traités.

 » Les deux premières années du quinquennat, il est vrai qu’Emmanuel Macron n’a pas montré un intérêt débordant pour le dialogue social, poursuit le patron des patrons.  » indique Geoffroy Roux de Bézieux.

Formation professionnelle, impact du numérique sur le marché du travail, justice prud’homale…

Le patron des patrons veut lancer huit discussions sur des grands sujets avec l’idée d’aboutir à des accords interprofessionnels nationaux.

« Nous avons un vrai rôle à jouer sur trois volets, l’économique, le social et la démocratie« 

« Nous avons un vrai rôle à jouer sur trois volets, l’économique, le social et la démocratie, explique-t-il. Cette démarche a pour but d’aboutir à des consensus utiles pour les entreprises et les salariés en apportant des réponses concrètes comme nous l’avons fait fin 2020 avec le télétravail et la santé au travail. Les partenaires sociaux ont montré qu’ils pouvaient être responsables en s’engageant. »

Les syndicats soutiennent le Medef

Ce coup de jeune au dialogue social a été plutôt bien reçu par les syndicats. A commencer par la CFDT. Nous vous proposons un nouvel article faisant état de la réponse de la CFDT.

ACTUALITE D’UN DIALOGUE SOCIAL EN PANNE: la Réforme de l’assurance-chômage:

La CFDT envisage un recours. Sur franceinfo mercredi 3 mars, Laurent Berger, le patron du syndicat, a annoncé «regarder ce qu’il est possible de faire en termes de recours, notamment au Conseil d’Etat», après la présentation de la réforme que le gouvernement veut mettre en place à l’été.

« Cette réforme de l’assurance-chômage « est injuste, incohérente, déséquilibrée, anachronique, et donc elle n’a pas lieu d’être. »

On va essayer de la repousser et on sait que ça va être compliqué ». Sur franceinfo mercredi 3 mars, Laurent Berger ne décolère pas sur les nouvelles règles de l’assurance-chômage présentées la veille par la ministre du Travail Elisabeth Borne. Le secrétaire général de la CFDT va tout faire pour qu’elles ne s’appliquent pas dès le 1er juillet.

« On va regarder ce qu’il est possible de faire en termes de recours, notamment au Conseil d’Etat. On verra comment le faire et avec ceux qui veulent le faire « 

Cette réforme « est injuste parce qu’elle tape sur les chômeurs les plus précaires qui sont déjà des grandes victimes de la crise que nous traversons. Elle est anachronique parce que ce n’est pas le moment de faire une réforme qui fera des économies sur le dos des chômeurs alors qu’on ne sait pas quelle sera la situation du chômage en juillet. Elle est incohérente parce que les mesures qui permettaient d’inciter à un retour à l’emploi sont annulées. Enfin, elle est déséquilibrée parce qu’on nous dit qu’il y a un bonus-malus pour lutter contre la précarité, mais il est repoussé en juillet 2022 », explique le syndicaliste mercredi matin sur la chaîne publique d’informations en continu.

Il conteste tout particulièrement le nouveau mode de calcul des indemnisations : « La précarité c’est une contrainte, c’est une plaie pour les travailleurs qui la subissent et c’est de la responsabilité des employeurs s’ils ont des contrats courts. Il y a 840 000 personnes qui vont être concernées par des baisses d’indemnisations de 20 à 40 %. Pour certains d’entre eux on va passer de 900 euros d’indemnisation à 650 euros. Le seuil de pauvreté est de 1 060 euros. On est dans une réforme, au moment d’une crise énorme, où le choix a été fait de soutenir massivement l’économie, les entreprises, le revenu des travailleurs à travers l’activité partielle et où on tape sur le revenu des chômeurs. »

« Ce qui me met en colère c’est que cette réforme était injuste en 2019 mais elle était sur un choix politique qui était de contraindre les demandeurs d’emploi à retrouver du travail. Aujourd’hui, elle est totalement injuste et anachronique »

Selon les derniers arbitrages de la rue de Grenelle, dès le 1er juillet, l’allocation-chômage d’un smicard pourra par exemple fondre de 985 euros (versés pendant 8 mois) à 674 euros (versés pendant 14 mois), s’il a le malheur d’alterner entre emploi et inactivité. Le calcul de son salaire journalier, base de son allocation, divisera le montant de ses rémunérations par le total de ses jours travaillés et non-travaillés. Ces derniers pourront représenter jusqu’à 43% du montant porté en dénominateur. En clair, avec cette nouvelle mouture, des smicards privés d’emploi pourront perdre jusqu’à 250 euros d’allocation-chômage par mois. Un sacré coup dur, même s’ils seront indemnisés plus longtemps.

Ce coup de rabot brutal concernera progressivement jusqu’à 840 000 personnes. « Certains demandeurs d’emploi, notamment ceux qui connaissent le plus de précarité dans leur emploi, verront ainsi leur allocation baisser de 250 € par mois, accuse Marylise Léon, secrétaire générale-adjointe de la CFDT. Cette réforme reste donc injuste, inadaptée au contexte et déséquilibrée. En pleine crise sanitaire ce sont près de 3 à 4 milliards d’économies budgétaires qui se feront sur le seul dos des demandeurs d’emploi ». Pour les plus précaires, c’est même la double peine, relève la centrale de Belleville, puisque ces derniers n’ont pas été basculés par leurs employeurs en 2020 en activité partielle…

Et ce n’est pas le seul point qui fâche. « C’est énorme et même complètement fou qu’au moment même ou le chômage flambe, le gouvernement ait pour priorité de baisser de façon importante les droits des chômeurs renchérit Denis Gravouil, négociateur pour la CGT de l’assurance chômage. Cela prouve à quel point l’Elysée cherche à séduire l’aile droite de son électorat. »

Mais revenons çà la relance de la démocratie sociale et à l’attitude de la CFDT

ARTICLE

La CFDT prête à ouvrir le dialogue avec le Medef sur un nouvel agenda social

Par Leïla de Comarmond Publié le 25 févr. 2021 Les Echos

« La CFDT est prête à s’engager dans la définition d’un agenda social et économique relevant de notre pleine et entière responsabilité. » Alors qu’ un troisième sommet social entre l’Etat et les partenaires sociaux se tiendra le 15 mars, son secrétaire général, Laurent Berger, a répondu à l’invitation du président du Medef dans un courrier daté de mardi 24 février.

Geoffroy Roux de Bézieux avait écrit le 17 février à ses homologues patronaux et syndicaux pour leur proposer rien moins que 8 thèmes de discussion autonome. Le leader de la CFDT s’affirme « convaincu de l’impératif et de la pertinence de ces échanges ». Il invoque lui aussi la « période inédite » actuelle, insistant pour sa part sur « les conséquences de la crise sanitaire » « multiples, tant sur le plan social qu’économique », mais aussi « un contexte où le risque démocratique demeure élevé ».

Un paritarisme « utile »

« Sur ces trois volets, l’économie, le social et la démocratie, nous avons, partenaires sociaux, un rôle à jouer et une responsabilité à assumer en propre à laquelle nous ne pouvons nous soustraire », estime le numéro un du premier syndicat français, voyant lui aussi dans la conclusion de deux accords nationaux, sur le télétravail et la santé au travail, la « traduction » de la capacité des partenaires sociaux « à agir utilement pour les entreprises et les salariés ».

Intervenant devant l’Association des Journalistes Economiques et Financiers (AJEF) la semaine dernière, Geoffroy Roux de Bézieux a revendiqué le caractère très concret des discussions qu’il souhaite ouvrir. Laurent Berger le rejoint, appelant à se « centr [er] sur des réponses concrètes aux besoins et aux aspirations des travailleurs et des entreprises ». Il évoque lui aussi l’enjeu d’un paritarisme « utile ».

Une « transition écologique porteuse de justice sociale »

Le syndicaliste ne revient pas sur chacun des thèmes évoqués par le président du Medef mais se focalise sur quelques-uns, livrant une vision qui n’est pas forcément identique. Ainsi en est-il du sujet de la « promotion de la mobilité sociale dans le monde professionnel ». Laurent Berger insiste sur « le renforcement de l’égalité d’accès à l’emploi de toutes et tous dans un contexte économique dégradé » là où son homologue patronal évoque un outil comme la validation des acquis de l’expérience et la proposition de « nouvelles démarches en faveur de la mobilité sociale ». Outre l’enjeu des « mutations technologiques, le numérique notamment », le Cédétiste apporte une attention particulière à la « transition climatique et énergétique », plaidant pour une « transition écologique porteuse de justice sociale ».

« La CFDT souhaite que [le] premier échange [entre les partenaires sociaux] permette à la fois de définir collectivement les thèmes, les priorités, les modalités et méthodes les plus adaptées afin d’aboutir à des résultats et faire la démonstration d’un dialogue social et économique utile », insiste Laurent Berger.

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