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PÉRICLÈS : INVENTEUR DE LA DÉMOCRATIE ET HOMME D’ÉTAT ATHÉNIEN.

Le Vème siècle est surnommé le « siècle de Périclès ».

La démocratie (qui vient du grec dêmos, « le peuple » et krâtos, « le pouvoir » est inventée par les Athéniens dès le renversement des tyrans en 510 av JC.

Athènes est à son apogée quand le stratège s’impose comme maître incontesté de la brillante cité entre 461 et 429 av. J.-C. Considéré comme le père de la démocratie, Périclès ouvre la vie politique à tous les citoyens athéniens.

40.000 citoyens sur 240.000 habitants.

Si Périclès étend en effet la démocratie à l’ensemble des citoyens, il faut rappeler qu’Athènes ne compte qu’environ 40.000 citoyens sur 240.000 habitants. Et, en 451 av. J.-C., il restreint la citoyenneté aux hommes nés de parents tous deux athéniens.

ARTICLE

Périclès : inventeur de la démocratie et homme d’état Athénien

Par Charlotte Chaulin – Publié le 06/03/2021 GEO

Périclès, l’homme fort d’Athènes

Né vers 495 av. J.-C., Périclès descend de deux familles nobles d’Athènes. Son père, Xanthippe, chef démocrate, a défait la flotte perse dans la grande bataille de Mycale (479 av. J.-C.), au cours des guerres médiques. Par sa mère, Agaristé, nièce du réformateur Clisthène, il appartient à la famille respectée des Alcméonides.

Le jeune Périclès reçoit une excellente éducation auprès de ses maîtres, les philosophes Anaxagore et Zénon d’Élée. Au printemps 472 av. J.-C., en qualité de chorège, il présente la tragédie grecque Les Perses, d’Eschyle, lors des Grandes Dionysies. Il démontre ainsi qu’il est l’un des hommes les plus riches d’Athènes.

Impliqué dans les affaires de la cité dès 463 av. J.-C., il s’associe au réformateur Éphialtès pour limiter les pouvoirs de la vieille assemblée aristocratique qu’est l’Aréopage. Après l’assassinat d’Éphialtès en 461 av. J.-C., Périclès se distingue comme le principal politicien d’Athènes. En 443 av. J.-C., il accède à la plus haute magistrature en devenant stratège, fonction à laquelle il est réélu chaque année jusqu’à sa mort.

Qui a inventé la démocratie ?

La démocratie (qui vient du grec dêmos, « le peuple » et krâtos, « le pouvoir » est inventée par les Athéniens dès le renversement des tyrans en 510 av. J.-C. Tout au long de sa vie, Périclès s’attache à renforcer les institutions démocratiques. La principale est l’Ecclesia, l’assemblée du peuple à laquelle tous les citoyens peuvent participer. Le pouvoir exécutif est aux mains des magistrats. Le pouvoir judiciaire est aux mains de l’Héliée, un tribunal de 6.000 citoyens tirés au sort pour un an. Le pouvoir législatif est aux mains de la Boulè, un conseil populaire de 500 citoyens, aussi tirés au sort pour un an, qui vote les lois préparées par l’Ecclesia.

[…] Le seul vrai parti est le bien commun », l’historien Thucidyde dans La Guerre des Péloponnèse.

Afin de permettre aux plus pauvres de participer à la vie politique, Périclès crée le misthos, une somme d’argent reversée aux citoyens qui se dévouent comme magistrats, bouleutes ou héliastes. La démocratie athénienne est un système de démocratie directe car ce sont les citoyens qui tirent au sort ou élisent la Boulé, l’Héliée et les magistrats. Comme l’écrit l’historien Thucidyde (460 – 395 av. J.-C.) dans La Guerre du Péloponnèse : « C’est par nous-mêmes que nous jugeons les questions politiques et que nous y réfléchissons comme il convient. Il ne peut être acceptable que le citoyen appartienne à un parti qui lui dicterait un choix ; le seul vrai parti est le bien commun. »

Dans cet ouvrage, Thucidyde retranscrit un discours de Périclès qui donne une définition de la démocratie athénienne : « Notre constitution politique n’a rien à envier aux lois qui régissent nos voisins ; loin d’imiter les autres, nous donnons l’exemple à suivre. Du fait que l’Etat, chez nous, est administré dans l’intérêt de la masse et non d’une minorité, notre régime a pris le nom de démocratie. En ce qui concerne les différends particuliers, l’égalité est assurée à tous par des lois.(…) La liberté est notre règle dans le gouvernement de la république. »

Les limites de la démocratie athénienne

Si Périclès étend la démocratie à l’ensemble des citoyens, il faut rappeler qu’Athènes ne compte qu’environ 40.000 citoyens sur 240.000 habitants. Et, en 451 av. J.-C., il restreint la citoyenneté aux hommes nés de parents tous deux athéniens. Les limites de la démocratie athénienne se situent aussi dans son omniprésence dans la vie politique, comme l’explique encore Thucydide : « Périclès avait de l’influence en raison de la considération qui l’entourait et de la profondeur de son intelligence. Il était d’un désintéressement absolu ; sans attenter à la liberté́, il contenait la multitude qu’il menait. N’ayant acquis son influence que par des moyens honnêtes, il n’avait pas à flatter la foule. Grâce à son autorité́ personnelle, il pouvait lui tenir tête et même lui montrer son irritation. Chaque fois que les Athéniens s’abandonnaient à contre temps à l’audace et à l’orgueil, il les frappait de crainte ; s’ils s’effrayaient sans motif, il les ramenait à la confiance. Ce gouvernement portait le nom de démocratie, en réalité́, c’était le gouvernement d’un seul homme. »

Débarrassé de l’opposition systématique de Thucydide, chef du parti aristocratique frappé d’ostracisme vers 443 av. J.-C., Périclès poursuit son œuvre. La paix de Callias avec les Perses (449-448 av. J.-C.) et la paix de Trente Ans avec Sparte (446 av. J.-C.) apaisent les relations avec les fidèles ennemis. « Maintenant que la ville est suffisamment pourvue des choses nécessaires à la guerre, il faut qu’elle emploie ses ressources à des ouvrages qui, après leur achèvement, lui vaudront une immortelle renommée et qui, au cours de leur exécution, maintiendront le bien-être chez elle ; car ils feront naître des industries de toutes sortes et des besoins variés qui, éveillant tous les arts et occupant tous les bras, fourniront des salaires à presque toute la population, celle-ci tirant de son sein de quoi s’embellir et se nourrir en même temps. » exprime-t-il dans un discours rapporté par Plutarque dans Vie de Périclès (vers 100-120).

Il compte alors sur le prestige social et culturel d’Athènes pour imposer l’hégémonie athénienne. Laissée en ruine suite au départ des perses en 479 av. J.-C., Athènes devient la brillante cité que l’on connaît grâce à Périclès qui fait achever les « Longs Murs » qui la relient au Pirée et la reconstruction de l’Acropole, confiée à Phidias, qui fait édifier le Parthénon.

Une politique trop impérialiste

Périclès se soucie aussi de renforcer l’autorité d’Athènes sur ses alliés. Il contribue au renforcement de la ligue de Délos, instrument de l’expansion athénienne en mer Égée. Mais sa politique impérialiste entraîne un nouveau conflit avec Sparte qui envahit l’Attique en 431 av. J.-C..

Pour protéger les habitants des attaques spartiates, Périclès a l’idée de les confiner dans l’enceinte de la ville. Une promiscuité qui favorise la circulation des maladies. En septembre 429 av. J.-C., il meurt, emporté par l’épidémie de peste qui ravage Athènes. La guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.) sonne le glas de la gloire athénienne.

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