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« LA DIASPORA DES CENDRES » : TEXTES SUR LA SHOAH.

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UN DOCUMENT EXCEPTIONNEL SUR LA SHOAH

LA DIASPORA DES CENDRES    

PRÉSENTATION

Aujourd’hui, comment enseigner la Shoah alors que les témoins disparaissent ? Le documentariste William Karel utilise un procédé inédit pour créer une oeuvre forte à partir de témoignages de la Shoah.

Dans La Diaspora des cendres, il n’y a ni commentaire ni témoin, ni historien. Uniquement les voix de comédiennes et comédiens lisant des textes, en les croisant, en les opposant – ceux des victimes et ceux des bourreaux : nombreux journaux intimes, billets jetés des trains par les déportés, lettres de prisonniers juifs, de sonderkommandos, de SS, circulaires ministérielles, etc. Des lois de Nuremberg de 1935 à la fin de la guerre en 1945, elles racontent les premières mesures du régime nazi, le port obligatoire de l’étoile, l’exclusion, la peur, la vie dans les ghettos, les premières arrestations, les exécutions publiques, les déportations, les chambres à gaz, l’extermination. 

Une oeuvre réalisée par Sophie-Aude Picon, avec les voix d’Elsa Lepoivre (de la Comédie-Française), Mathieu Amalric, Denis Podalydès (de la Comédie-Française), Valérie Dréville… 

« LA DIASPORA DES CENDRES » :

TEXTES SUR LA SHOAH RÉUNIS PAR WILLIAM KAREL

LE 09/05/2021 – France Culture

ÉCOUTER:

https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/documenter-la-shoah-donner-des-voix-a-lindicible-avec-william-karel-et-sophie-aude-picon


« Aussi longtemps qu’on s’entend, qu’on partage, on vit ensemble » écrivait Simone Veil. Aujourd’hui, comment enseigner la Shoah alors que les témoins disparaissent ? Le documentariste William Karel utilise un procédé inédit pour créer une oeuvre forte à partir de témoignages de la Shoah.


Entre 1992 et 2021, j’ai réalisé quinze films sur la Shoah, de La Rafle du Vel d’Hiv (avec Blanche Finger) à La Diaspora des cendres. J’ai rassemblé une grande quantité de documents dont seule une toute petite partie était utilisée. C’est en classant ces documents qu’il m’a semblé que l’on pouvait faire un « documentaire » uniquement avec cette matière, lequel a pris forme pour la radio d’une part et pour la télévision d’autre part.                                            

Dans La diaspora des cendres, il n’y a ni commentaire ni témoin, ni historien. Uniquement les voix de comédiennes et comédiens lisant des textes, en les croisant, en les opposant – ceux des victimes et ceux des bourreaux : nombreux journaux intimes, billets jetés des trains par les déportés, lettres de prisonniers juifs, de sonderkommandos, de SS, circulaires ministérielles, notes de service des responsables d’Auschwitz, réclamations à propos de problèmes techniques, lettres de soldats allemands à leur famille,  documents cachés par les survivants des ghettos, extraits de livres, coupures de presse de revues communautaires, lettres de Juifs à leurs familles à l’étranger, etc. Des lois de Nuremberg de 1935 à la fin de la guerre en 1945, elles racontent les premières mesures du régime nazi, le port obligatoire de l’étoile, l’exclusion, la peur, la vie dans les ghettos, les premières arrestations, les exécutions publiques, les déportations, les chambres à gaz, l’extermination. 

William Karel
Avec Mathieu Amalric, Valérie Dréville, Elsa Lepoivre (de la comédie française), François Marthouret,  Denis Podalydès (de la comédie française)
Conseiller artistique : Guillaume Poix
Réalisation : Sophie-Aude Picon
Conseillère littéraire Caroline Ouazana
Prise de son, montage et mixage : Etienne Colin et Antoine Viossat
Assistants à la réalisation : Pablo Valero


EXTRAITS DE L’ÉMISSION

L’INVITÉ(E) DES MATINS

Documenter la Shoah : donner des voix à l’indicible. Avec William Karel et Sophie-Aude Picon


Note de Sandrine Treiner, directrice de France Culture

Lorsque William Karel m’a écrit parce qu’il souhaitait me parler d’un projet qu’il ne concevait, à ce moment, que pour la radio, j’ai senti, avant même d’en connaître tous les contours, que nous allions mettre en œuvre un projet qui ferait date. J’ai écouté ce grand cinéaste me raconter comment il avait retracé, patiemment, méticuleusement, fiévreusement aussi, fragment par fragment, cette histoire de la Shoah, collective et pourtant, ligne à ligne, à la première personne du singulier, pour constituer un immense récit, à vrai dire, inépuisable, un texte unique composé de milliers de bribes de textes, de toutes origines. William Karel avait entrepris de composer un récit possiblement infini, en ce sens qu’il ne connaîtrait pas de fin, à moins de parvenir à intégrer au corps du manuscrit toutes les traces que la mémoire et l’Histoire avaient semées sur le chemin de la catastrophe. En nous le confiant, il acceptait par là-même de lui donner un terme – au moins provisoire.                      

La Diaspora des Cendres, qui emprunte son titre à un article important rédigé en 1981 par Nadine Fresco pour La Nouvelle Revue de psychanalyse, retrace le cours de l’Histoire dans toutes ses dimensions, sans commentaire, dans la vérité nue des traces écrites de l’époque. Par quel miracle du sens, cette œuvre en fragments s’entend-elle comme un texte unique ?

Là est tout le travail de l’auteur de la composition, et de ses interprètes. Là est tout le pouvoir de la voix seule. Il y a eu des films documentaires – dont ceux de William Karel, des films de fiction, des livres d’histoire et des romans, des témoignages, des articles et des poèmes. Sur l’Histoire de la Shoah, La Diaspora des Cendres constitue un nouvel apport, provoquant un effroi et une émotion particulières.  C’est à ce titre que cette œuvre sonore et radiophonique constitue un évènement dont je suis très fière que France Culture en soit la productrice pour les auditeurs d’aujourd’hui comme de demain.                      

Merci à William Karel de sa confiance et de sa présence à toutes les étapes du travail, à Fabienne Servan-Schreiber de nous avoir mis en contact, à Blandine Masson d’avoir orchestré la mise en œuvre du projet, à Sophie-Aude Picon de l’avoir réalisé, aux comédiens de s’être relayés pour lire les fragments de manière si sobre et si juste de sorte de conserver au travail de composition de William Karel toute sa puissance. A Nadine Fresco, pour La Diaspora des Cendres.

Sandrine Treiner

NOTE D’INTENTION DE SOPHIE-AUDE PICON

Grâce au travail de William Karel, au tressage de témoignages de toutes origines, nous avons pu enregistrer cette Diaspora des cendres, paroles éparses écrites par des anonymes ou par des noms qui résonnent en nous, ce patchwork dont les pièces composent un souvenir commun, pour partager une fois encore, cette mémoire qui nous unit et nous divise.

Nous avons tenté de faire que l’inouï soit audible, écoutable, essayé de ne jamais tomber dans la complaisance ou le pathétique, et cherché la juste distance pour vous donner à entendre ces voix, dans leur singularité et leur humanité, leur cruauté et leur humilité, pour qu’elles continuent à habiter la mémoire des vivants.

Né en Tunisie, William Karel fait ses études à Paris, avant de partir pour une dizaine d’années dans un kibboutz israélien. En 1981, de retour en France, il travaille durant près d’une dizaine d’années en tant que reporter-photographe pour les agences de presse Gamma ou Sygma.  Dès 1988, il décide de troquer son appareil pour une caméra et se lance dans la réalisation de documentaires. Il signe le stupéfiant Jamaïque/FMI : Mourir à crédit (1994), coproduit par Arte où il démonte et expose, par le biais d’une mécanique rigoureuse, le rôle joué par le Fond Monétaire International et sa mise en place d’une politique économique de libre marché dans la situation d’endettement extrême à laquelle est soumis le pays.

Enchaînant avec Contre l’oubli, Mourir à Verdun (1996) le documentariste en profite aussi pour achever ses portraits d’écrivains (Albert Cohen, Primo Levi…) initiés pour la collection cathodique Un siècle d’écrivains. Par la suite, Karel se lance dans un triptyque consacré à la politique française, et en particulier à trois de ses figures emblématiques : Jean-Marie Le Pen dans Histoire d’une droite extrême (1998), François Mitterrand dans Mitterrand, un mensonge d’État (2001) et Valéry Giscard d’Estaing dans VGE, le théâtre du pouvoir (2002). Devenu un spécialiste des affaires d’état, il poursuit par la suite ses investigations jusqu’aux États-Unis avec Les Hommes de la Maison Blanche (2000), un voyage passionnant au cœur des arcanes de la diplomatie américaine, Dark Side of the Moon (Opération Lune, 2002), un faux documentaire (docu-menteur) sur la conquête spatiale et Hollywood, CIA : Guerres secrètes (2003) et Le Monde selon Bush dressant le bilan de la politique du gouvernement du 43e Président des États-Unis. Il reçoit en 2003 le prix Europa pour l’ensemble de son œuvre. Suivront quelques fictions, notamment La fille du juge (2005), Poisson d’avril (2006), et Meurtre à l’Empire State building (2007) ainsi que plusieurs documentaires comme 1929. La Grande Dépression (2008), Mais qui a tué Maggie ? (2008), Gallimard, le Roi livre (2009), Philip Roth, sans complexe (2010), Barack Obama. Au cœur de la maison blanche (2012), François Mitterrand. Que reste-t-il de nos amours ? (2015), Hillary Clinton. La femme à abattre (2016), Des mots pour le dire. Les écrivains israéliens (2017), Salman Rushdie. La mort aux trousses (2018), La mort en face – Le pogrom de Lasi (2019), et Le Monde selon Trump (2020). Avec Blanche Finger, il a notamment réalisé Albums d’Auschwitz (2011), Israël-Palestine, une terre deux fois promise (2017) et la série documentaire Jusqu’au dernier : La destruction des Juifs d’Europe (2014). 

Retrouvez l’entretien de William Karel et Sandrine Treiner, au micro de Blandine Masson, il revient sur la genèse de ce projet La diaspora des cendres

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Réalisé en partenariat avec LCP et Flach Film Production

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