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AUTORITARISME : LA FRANCE NE « COCHE PAS TOUTES LES CASES, MAIS… ». POINT DE VUE

LA FRANCE TRES MAL CLASSEE AUX NIVEAUX MONDIAL ET EUROPEEN

L’autoritarisme en France devient de plus en plus visible et des signes inquiétants s’accumulent dans ce sens, selon Patrick de Casanove dans un article dont un de nos lecteurs propose la lecture.

L’auteur – Président du Cercle Frédéric Bastiat, docteur en médecine. Il exerce à Ondres, commune dont il a été maire de 1995 à 2001, auteur de « Sécu, comment f:aire mieux » (éditions Tatamis). rappelle en particulier :

« Si l’on se réfère au Democracy index de The Economist en 2018, avant la crise, la France était déjà une démocratie défectueuse. Sa moyenne était en dessous de celle des pays d’Europe de l’Ouest. En 2020 la situation s’est considérablement dégradée. La France est 24ème, toujours en dessous de la moyenne des pays d’Europe de l’Ouest. Elle ne brille pas non plus par sa liberté économique, 64ème en 2020, entre l’Arabie Saoudite et le Mexique. »

Article

En marche vers l’autoritarisme en France

14 décembre 2021 Contrepoints Patrick de Casanove

Les Français sont très fiers de leur modèle démocratique, au point de confondre démocratie, république et liberté. Dans les faits, ce modèle est très relatif.

Si l’on se réfère au Democracy index de The Economist en 2018, avant la crise, la France était déjà une démocratie défectueuse. Sa moyenne était en dessous de celle des pays d’Europe de l’Ouest.

En 2020 la situation s’est considérablement dégradée. La France est 24ème, toujours en dessous de la moyenne des pays d’Europe de l’Ouest. Elle ne brille pas non plus par sa liberté économique, 64ème en 2020, entre l’Arabie Saoudite et le Mexique.

Cela n’étonnera personne quand on connaît la formidable régression des libertés en France, depuis que le gouvernement a décidé de gérer la covid à la place des médecins, avec deux moyens d’oppression : la coercition sociale et la vaccination obligatoire.

On reste dès lors abasourdi par cette phrase de Bruno Le Maire s’adressant à Éric Zemmour :

Jamais le général de Gaulle n’aurait autorisé que le Conseil constitutionnel étende ses pouvoirs à ce point […]Le général de Gaulle avait lui-même dit qu’à 70 ans, il n’avait pas l’âge de devenir un dictateur. Mais je pense qu’à 63 ans, vous, vous avez toutes les prédispositions pour le devenir.

C’est l’hôpital qui se moque de la charité.

Le totalitarisme est en marche

Il peut se définir comme suit :

– « L’État tend à confisquer la totalité des activités de la société. Un tel système restreint l’opposition individuelle à l’État. Il exerce ainsi un degré extrêmement élevé de contrôle sur la vie publique et privée. » 

– « Le pouvoir politique est souvent détenu par des autocrates […] qui utilisent des campagnes globales dans lesquelles la propagande est diffusée par les médias de masse contrôlés par l’État »

– « La dictature ne s’exerce pas seulement dans la sphère politique, mais dans toutes, y compris les sphères privée et intime, quadrillant toute la société et tout le territoire, en imposant à tous les citoyens l’adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis de la communauté. »

– « Un monopole idéologique, c’est-à-dire la conception d’une vérité qui ne supporte aucun doute, ne tolère aucune critique, est imposée à tous » 

– « Un parti […] qui contrôle la totalité de l’appareil étatique, c’est-à-dire dispose de l’ensemble des moyens de communication de masse utilisés comme des instruments de propagande[…] et dispose d’une direction centrale de l’économie. Le parti […] est dirigé idéalement par un chef charismatique, autour duquel est formé un culte du chef, faisant de lui plus qu’un simple dictateur, un guide pour son peuple, lui seul en connaissant les véritables aspirations. »

–  « Un monopole de la force armée, un système à la fois policier qui a recours à la terreur avec par exemple un réseau omniprésent d’agents dormants et de surveillance des individus, basé sur la suspicion, la dénonciation et la délation. »

Le système ne coche pas toutes les cases

Il n’y a pas encore de parti unique.

Mais il y a une pensée unique. Elle est flagrante quand on regarde les positions et programmes des différents partis dits de gouvernement.

Mais le parti au pouvoir a tous les pouvoirs, sans opposition efficace. Il se comporte de fait en parti unique. Il dispose de l’appareil étatique, s’appuie sur une caste autoproclamée, endogame, seule apte à diriger le peuple présenté comme incapable de se diriger lui-même. La quintessence de cette classe étant le président de la République qui décide seul.

Il est encore toléré une opposition organisée acceptable. Celle qui sort du politiquement correct est très corsetée.

Il n’y a pas encore de système concentrationnaire avec son lot de tortures, éliminations physiques, emprisonnements, déportations. Mais déjà certains citoyens sont considérés comme nuisibles et sont victimes de ségrégation, comme par exemple les personnes non- vaccinées (pass sanitaire, non remboursement des tests, licenciements) ennemies de la communauté et responsables de tous les maux.

Mais il en coche beaucoup

Il est flagrant que beaucoup de caractéristiques du totalitarisme collent très bien à la politique coercitive instaurée par l’État au prétexte de la covid.

Ingérence totale dans la vie privée qui disparaît, contrôle total de la vie publique, contrôle complet de l’économie, en particulier de ce qu’il restait de l’économie privée, (confinement et quoi qu’il en coûte).

Campagnes de propagande de masse dans les médias et les réseaux sociaux mainstream. Censure dans et par les médias et les réseaux sociaux. Chasseurs de  fake newsprofessionnels et politiquement corrects.

Monopole idéologique avec adhésion très conseillée à la pensée unique, la « doxa du covid ». Vérité officielle, incontestable et qui s’impose à tous.

Pouvoir politique détenu par un autocrate : « souverain dont la puissance n’est soumise à aucun contrôle »  Dans les faits, en Cinquième République le président a tous les pouvoirs, et pas vraiment de contrôle. Le contrôle électoral n’est qu’un fantasme.

Direction du pays par une autorité centrale. Culte du chef, aux paroles duquel le pays est suspendu.

Gouvernement par la peur, mise en avant d’informations angoissantes et anticipation péjorative de l’avenir. Au mieux les bonnes nouvelles sont occultées, au pire elles sont discréditées comme fake news. Le tout maintient l’effroi des populations.

Surveillance des individus (QR code, pass sanitaire). Après les « aviseurs fiscaux »,  délateurs patentés, voici la délation des dissidents non vaccinés.

Monopole de la violence légale, qui est aggravée pour les délits d’infraction à l’état d’urgence sanitaire.

Ministère de la Vérité

La novlangue, la pensée unique, l’acculturation, l’embryon de crédit social sont déjà bien présents. En attendant un ministère de la Vérité officiel (Miniver), nous avons « Les Lumières à l’ère numérique ». La nouvelle commission anti-complot missionnée par l’Élysée a tenu sa première réunion lundi 4 octobre pour «poser les préliminaires des quatre prochains mois de travaux ».

Tous les pouvoirs pour un homme seul

Il s’entoure certes d’un CARE, et d’un conseil scientifique. Mais ils sont l’alibi à l’arbitraire de l’autorité centrale et à la mise hors circuit des dizaines de milliers de médecins de terrain. Ces derniers sont dès lors inutiles puisque l’autorité centrale, brillamment conseillée et éclairée, comprend tout, sait tout, peut tout et est la seule à pouvoir agir. Médecins, infirmières, directeurs d’établissements sanitaires et sociaux, tous les professionnels de terrain n’ont qu’à obéir. C’est pourquoi il agit essentiellement en secret, au sein d’un Conseil de défense.

Ce conseil court-circuite aussi les institutions représentatives à l’Assemblée nationale et au Sénat. Dans la Cinquième République ce sont des suiveurs, mais cette façon de faire n’arrange pas les choses. Il écarte également les maires, très proches de la population. Il paraît qu’Emmanuel Macron apprécie le « caractère très opérationnel » du Conseil de défense.

En vérité, ses décisions sont immédiatement applicables, avec toute la puissance de l’appareil répressif de l’État, sans discussion ni contestation, sans explication ni motivation, autre que son bon plaisir. 

Défaillance des organes de contrôle

Les organes de contrôle tels que le Conseil d’État ou le Conseil constitutionnel valident les décisions parce que, issus du sérail, ils se comportent conformément à ce que l’État attend d’eux. De toute façon le gouvernement n’hésite pas à faire fi de leur avis.

Dès qu’un homme ou un groupe tout-puissant agit légalement pour soumettre à ses croyances, ses règles, ses lois, l’ensemble des populations, il y a perversion de la loi.[…] Cette perversion aboutit inéluctablement au totalitarisme.

Dit autrement :

Mais quand la Loi, — par l’intermédiaire de son agent nécessaire, la Force, — impose un mode de travail, une méthode ou une matière d’enseignement, une foi ou un culte, ce n’est plus négativement, c’est positivement qu’elle agit sur les hommes. Elle substitue la volonté du législateur à leur propre volonté, l’initiative du législateur à leur propre initiative. Ils n’ont plus à se consulter, à comparer, à prévoir ; la Loi fait tout cela pour eux. L’intelligence leur devient un meuble inutile; ils cessent d’être hommes ; ils perdent leur Personnalité, leur Liberté, leur Propriété. La Loi (1850)

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