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LES ÉTUDIANTS DANS LES PROGRAMMES

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Présidentielle : Quel est le programme des candidats concernant les étudiants ?

05/04/22 Journal 20 Minutes

Les candidats tentent de capter le vote des 18-25 ans, notamment en s’adressant dans leur programme aux étudiants

  • Chaque prétendant à l’Elysée a des propositions pour l’Enseignement supérieur dans sa besace.
  • Alors que le premier tour de la présidentielle aura lieu ce dimanche, le 10 avril, 20 Minutes a passé au crible les programmes pour faire un comparatif.
  • Parcoursup, frais d’inscription, logements étudiant… Voilà quelques-unes des thématiques traitées.

Trois Français sur dix (30 %) sont âgés de moins de 25 ans. Et lors de la dernière présidentielle, en 2017, seulement 62 % des 18-24 ans ont glissé leur bulletin dans l’urne aux deux tours du scrutin. Un chiffre qui pourrait être moins élevé cette année d’après plusieurs sondeurs. Pour limiter la casse, tous les candidats ont dédié un chapitre de leur programme à l’Enseignement supérieur, et 20 Minutes a passé au crible leurs propositions.

Créer des places dans le supérieur

« Face à la massification de l’Enseignement supérieur, au choc démographique qu’il subira jusqu’en 2025 et à l’allongement des études, plusieurs candidats, généralement de gauche, estiment qu’il est urgent de créer des places. D’autant que depuis deux quinquennats, les moyens alloués aux universités n’ont pas été suffisants pour créer des places dans les filières que visaient les bacheliers », observe le sociologue et économiste de l’éducation Hugo Harari-Kermadec, également professeur à l’Université d’Orléans. Certains prétendants à l’Elysée n’avancent pas de chiffre, comme Anne Hidalgo (PS) et Jean Lassalle (Résistons !), qui déclarent seulement vouloir ouvrir des places dans les filières en tension. Ou comme Emmanuel Macron (LREM), qui veut développer « davantage de filières courtes et professionnalisantes », à savoir les BTS, BUT, licence pro.

A contrario, Yannick Jadot (EELV) affiche des objectifs chiffrés ambitieux : « Nous créerons jusqu’à 100.000 places en première année d’ici à la fin du mandat, en particulier dans les formations courtes de l’enseignement supérieur préparant aux métiers de la transition (BTS et IUT), ainsi que les filières des métiers de la santé et du social ». En parallèle, il vise l’embauche de 10.000 postes d’enseignants-chercheurs.

Fabien Roussel (PCF), lui aussi, voit grand : « Quatre nouvelles universités seront construites dans les cinq prochaines années, un plan de recrutement de 10.000 enseignants-chercheurs sera mis en œuvre », détaille-t-il dans son projet. Quand Jean-Luc Mélenchon (LFI) vise la création de 30.000 postes dans les universités pour accompagner l’arrivée de nouveaux étudiants.

Réformer ou supprimer Parcoursup

« C’est le Koh-Lanta de l’orientation professionnelle, mais sans totem d’immunité ! », déclare Fabien Roussel à propos de Parcoursup. Et il n’est pas le seul à pester contre la plateforme d’affectation dans le supérieur. Comme lui, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot veulent sa mort. Une critique acerbe qu’explique Hugo Harari-Kermadec : « C’est l’une des premières réformes importantes du quinquennat Macron, un marqueur de sa politique néolibérale prévoyant la mise en concurrence des étudiants. Elle génère des semaines de stress dans les familles, même pour les étudiants qui postulent à une formation qui n’est pas en tension. » La volonté de Roussel et de Jadot d’autoriser tous les bacheliers à accéder aux filières de leur choix fait réagir aussi le sociologue de l’éducation Jules Donzelot : « C’est infaisable financièrement, catastrophique pour l’économie (les besoins en compétences ne seront pas satisfaits), et donc très démagogique », estime-t-il.

D’autres candidats ne souhaitent pas la disparition de Parcoursup, mais seulement son évolution. A l’instar d’Emmanuel Macron, qui souhaite plus de transparence et la création d’historiques où seront affichés le nombre de personnes ayant été diplômées d’une formation et leurs conditions d’insertion. Ou d’Éric Zemmour (Reconquête !), qui veut « rendre transparents les algorithmes de sélection », ou bien encore de Valérie Pécresse (LR), qui veut rendre publics les algorithmes locaux de Parcoursup, les taux de réussite pour chaque filière, les taux d’insertion… Elle souhaite aussi mettre en place « un principe de « sélection progressive », avec une entrée en licence avec des prérequis par filière et ensuite une sélection réelle à l’entrée du master 1 », résume son programme.  « Certains candidats prônent un système méritocratique d’accès à l’université. Ils assument tout à fait l’idée de la sélection des étudiants », commente Hugo Harari-Kermadec.

Augmenter ou baisser les frais d’inscription

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) souhaite la gratuité des universités, tout comme Jean-Luc Mélenchon. Car même si les frais d’inscription ont la réputation d’être peu élevés en France, ils sont très variables, souligne Hugo Harari-Kermadec : « Depuis dix ans, la tendance est à la hausse dans certaines formations, notamment en master et dans certains établissements réputés (université Paris-Dauphine, Sciences Po Paris, Paris II… ». Quant à la hausse des droits d’inscription pour les étudiants étrangers mise en place lors du quinquennat Macron, Yannick Jadot veut revenir dessus, alors qu’Eric Zemmour veut l’augmenter « car l’enseignement supérieur public est financé par les impôts des Français », se justifie-t-il.

Créer des logements étudiants

Les candidats jouent la surenchère dans ce domaine. Jean-Luc Mélenchon prévoit la construction de 15.000 logements universitaires par an, Marine Le Pen (RN) 20.000, Fabien Roussel 100.000. Et Jean Lassalle souhaite « développer les logements intergénérationnels, facteurs de cohésion sociale entre les personnes âgées, souvent isolées ». Si cette thématique émerge, ce n’est pas sans raison, selon Hugo Harari-Kermadec : « Emmanuel Macron avait promis 60.000 logements étudiants sur le quinquennat, il en a produit seulement la moitié. Et la crise du Covid-19 a souligné la précarité des étudiants ». A noter que Marine Le Pen souhaite instaurer une priorité nationale pour l’accès au logement étudiant.

Développer l’apprentissage dans le supérieur

C’est le souhait de Valérie Pécresse, d’Emmanuel Macron, de Marine Le Pen et d’Anne Hidalgo. Cette dernière souhaiterait même que l’alternance devienne « la règle plutôt que l’exception » pour les formations supérieures. Alors que le président espère généraliser l’alternance en licence professionnelle et simplifier « les démarches pour les entreprises et les jeunes ». Marine Le Pen veut instaurer un « chèque apprentissage » de 330 euros pour les 18-25 ans qui feront le choix de cette filière ou d’une formation en alternance. Et pour l’entreprise formatrice, « ce sont 2.750 ou 4.000 euros qui viendront récompenser chaque année son effort en faveur de l’insertion professionnelle de nos jeunes. »

Ce qui n’est pas sans risque, selon Hugo Harari-Kermadec : « L’alternance peut avoir un effet d’aubaine pour des entreprises qui peuvent utiliser les jeunes comme de la main-d’œuvre pas chère, sans embaucher en parallèle. »

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