
PRÉVU EN JANVIER ET RÉGULIÈREMENT REPORTÉ
Echaudées par les différents reports d’un plan qui devait initialement être présenté en janvier dernier, les associations jugent son contenu peu ambitieux, certains acteurs critiquent un catalogue de mesures déjà connues.
« Il faut que le gouvernement montre qu’il prend la mesure de ce qu’il se passe sur le plan de la pauvreté et de la précarité », estime ainsi le président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), Pascal Brice. « On en attend beaucoup, même si on n’a pas pour l’instant de signaux qui montrent une ambition énorme », abonde le délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, Christophe Robert.
LE PLAN PRÉCÉDENT DE 2018 : LE REVENU UNIVERSEL D’ACTIVITÉ N’A PAS ÉTÉ MIS EN PLACE
« Il avait tenu à le faire lui-même. Le 13 septembre 2018, au musée de l’Homme, à Paris, Emmanuel Macron dévoile sa stratégie pour lutter contre la pauvreté. Le plan, doté de 8,5 milliards d’euros, apparaissait ambitieux.
« Le chef de l’État assure alors avoir été transformé par sa rencontre avec des personnes en situation de précarité. Pourtant, deux jours plus tard, échangeant avec un jeune homme sans emploi, il a cette petite phrase qui lui collera à la peau : « Je traverse la rue et je vous trouve un travail. »
« La séquence a illustré les deux visages du président de la République. D’un côté, l’assistance pour accompagner les plus fragiles. De l’autre, la conviction que l’on peut s’extraire de sa condition par la volonté « ( extraits de l’article 5 ci contre )
La pauvreté touche quelque 9,2 millions de personnes, soit près de 15 % de la population française selon l’Insee. Lancé en 2018 et doté de 8 milliards d’euros sur quatre ans, le précédent plan contenait plusieurs mesures dont des « bonus mixité » pour les crèches accueillant davantage d’enfants défavorisés dans les quartiers sensibles, des petits-déjeuners gratuits à l’école en zone prioritaire ou encore la création d’un « revenu universel d’activité », qui n’a jamais vu le jour.
DES RÉALITÉS EN 4 CHIFFRES
1) 14% de la population française est en situation de privation
Le taux de “privation matérielle et sociale” est défini par l’INSEE. Il traduit le nombre de “personnes ne pouvant pas couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante” comme chauffer son logement, accéder à Internet, ne pas pouvoir se réunir avec des amis une fois par mois, etc. Début 2022, l’indicateur a atteint son plus haut niveau depuis 2013 avec 14% de la population de l’Hexagone. 9% des ménages, contre 7% en 2020, annoncent ne pas pouvoir manger de la viande de poisson ou un équivalent végétarien tous les deux jours. Ces chiffres dépendent du lieu de vie et de la composition des foyers et sont beaucoup plus forts dans les ménages avec enfant (jusqu’à 31% pour les familles monoparentales).
2) Un enfant sur dix ne part pas en vacances
La proportion de ménages ne pouvant pas s’offrir une semaine de vacances en dehors du domicile augmente, début 2022. Elle est évaluée à 24% contre 22% en 2020. Ce phénomène est visible sur les enfants : un enfant âgé de un à 15 ans sur dix ne part en vacances pour des raisons financières indique l’INSEE. “Parmi les ménagesdans lesquels les parents ont déclaré ne pas pouvoir partir en vacances au moins une semaine pour des raisons financières, un sur deux seulement déclare que les enfants ne peuvent pas partir en vacances non plus”, détaille l’institut de statistiques.
3) Aucune baisse du taux de pauvreté monétaire
Le taux de pauvreté est, en France, fixé à 60% du niveau de vie médian français, exclusivement dans l’Hexagone. Il correspond à “1.102 euros par mois pour une personne vivant seule et de 2.314 euros pour un couple avec deux enfants âgés de moins de 14 ans” selon l’INSEE. En dessous de ce salaire, une personne est donc considérée comme “pauvre”. En 2019, 9,2 millions de personnes, c’est-à-dire presque 15% de la population française, étaient dans cette situation. Le taux de pauvreté monétaire est un des plus faibles de l’Union Européenne.
4) Deux étudiants sur trois sont en situation d’extrême précarité
D’après le rapport de l’association Linkee “Précarité étudiante, deux après quels constats ?”, remis la semaine dernière au gouvernement, des situations de pauvreté extrême touchent les étudiants. Cette situation concerne 77% des étudiants interrogés. Il ne reste à ces derniers, en première ligne pendant l’épidémie et face à l’inflation parfois, que 100 euros pour vivre – soit 3,33 euros par jour – une fois les factures réglées. 91,7% des étudiants bénéficiaires des distributions de l’association vivent sous le seuil de pauvreté, donc avec moins 1.000 euros par mois.
« DOUCHE FROIDE « : DES RÉPONSES INSUFFISANTES – NOUS VOUS PROPOSONS 5 ARTICLES
« L’absence de coup de pouce sur les minima sociaux, c’est la douche froide », a réagi le président du collectif Alerte, alors que la pauvreté touche aujourd’hui 9,2 millions de personnes en France. VOIR ARTICLE 1
Dans son plan présenté lundi, Elisabeth Borne a notamment annoncé une «prime de reprise d’activité» pour 50 000 bénéficiaires par an, mais tout en restant flou sur de nombreux sujets. Des propositions jugées peu ambitieuses par les associations de lutte contre la précarité, invitées à la réunion. VOIR ARTICLE 2
La ministre des Solidarités Aurore Bergé a dévoilé ce mardi 19 septembre que 20 milliards d’euros seront alloués, sur cinq ans, au plan pauvreté. Un gros volet sera consacré à l’enfance notamment pour lutter contre le mal-logement et la déscolarisation. VOIR ARTICLE 3
Alors que le gouvernement présente son « pacte des solidarités », les indicateurs alarmants. VOIR ARTICLE 4
Au moment où le gouvernement présente un « pacte des solidarités », il convient de revenir en 2018 : le président de la République avait lancé un plan de lutte contre la pauvreté. Il en reste un goût d’inachevé.VOIR ARTICLE 5
Voir certaines de nos précédentes publications relative à la pauvreté, aux inégalités et au pouvoir d’achat en fin d’articles
1. ARTICLE
Lutte contre la pauvreté : le gouvernement présente son nouveau plan, les associations le jugent « insuffisant »
France Info Publié le 18/09/2023
Après huit mois de reports successifs, le gouvernement a dévoilé, lundi 18 septembre, sa nouvelle stratégie de lutte contre la pauvreté. Les annonces, qui font suite à un premier plan de 8 milliards d’euros annoncé en 2018, étaient particulièrement attendues par les associations dans un contexte de forte inflation. Ce « pacte des solidarités » bénéficiera d’une « augmentation de 50% des crédits dédiés à la lutte contre la pauvreté par rapport à la stratégie précédente », a déclaré Elisabeth Borne.
>> Plan de lutte contre la pauvreté : quatre chiffres qui montrent la gravité de la situation en France
« Pour se loger, pour sa santé, pour accéder à l’éducation ou à l’emploi, parfois même pour se nourrir, la pauvreté est un défi du quotidien pour toutes celles et ceux qui y sont confrontés », a reconnu la Première ministre, alors que la pauvreté touche 9,2 millions de personnes en France.
Outre l’enveloppe de 156 millions d’eurosdéjà promise par le gouvernement pour soutenir les associations d’aide alimentaire cette année, la Première ministre a annoncé qu’« une aide exceptionnelle sera intégrée au projet de loi de finances 2024 pour couvrir les besoins des associations d’aide alimentaire ». Ce soutien intervient alors que ces associations font face à une explosion de la demande liée à l’inflation.
Une prime de reprise d’activité
Convaincue que « c’est le travail qui permet de sortir de la pauvreté », Elisabeth Borne a annoncé « la création d’une prime de reprise d’activité » à l’horizon 2025. Sur la question des travailleurs pauvres, la cheffe du gouvernement a renvoyé à la conférence sociale sur les bas salaires qui doit se tenir en octobre.
Concernant la petite enfance et l’éducation, le plan présenté lundi reprend également plusieurs mesures déjà annoncées ces derniers mois par le gouvernement, comme la création de 200 000 places de crèches d’ici 2030 ou la mise en place d’un « pass colo » pour les élèves de CM2. Il prévoit par ailleurs le renforcement du dispositif « cantine à 1 euro », instauré depuis 2019, et l’extension des petits déjeuners gratuits à l’école.
Le gouvernement entend également lutter contre le non-recours aux prestations sociales. Dès l’été 2024, les demandes RSA commenceront à être pré-remplies dans des départements pilotes. Sur le volet du logement, les 203 000 places d’hébergement déjà existantes « seront maintenues en 2024 », a annoncé Elisabeth Borne. Le second plan quinquennal « Logement d’abord », dont l’objectif est d’accompagner vers le logement des personnes sans domicile, est aussi inclus dans ce pacte.
« Mesures insuffisantes »
« Des mesures répondent à l’urgence liée à l’inflation galopante mais on ne voit pas comment cette stratégie va parvenir à réduire la pauvreté », a commenté Noam Leandri, président du collectif Alerte, qui rassemble 34 associations de lutte contre la pauvreté. « On pense que c’est insuffisant. »
« L’absence de coup de pouce sur les minima sociaux, c’est la douche froide », a souligné Noam Leandri. Les associations de lutte contre la précarité réclament notamment une revalorisation des minimas sociaux, une hausse des aides au logement (APL) et la régularisation des travailleurs sans-papiers dans les secteurs en tension, une mesure qui doit figurer dans le projet de loi immigration que le gouvernement présentera théoriquement début novembre au Parlement.
2. ARTICLE EXTRAITS
Pacte des solidarités : le gouvernement dans l’écueil de pauvreté
LIBÉRATION par Anne-Sophie Lechevallier publié le 18 septembre 2023
La réunion à Matignon a été repoussée de quelques heures. La quinzaine de représentants des associations de lutte contre la pauvreté ne sont plus à ça près. Huit mois qu’ils attendent que soit annoncé le «pacte des solidarités», censé prendre le relais, à partir du 1er janvier et jusqu’à la fin du quinquennat, de la précédente stratégie nationale contre la pauvreté. Un pacte pour lequel ils ont rendu des propositions en début d’année. Entre-temps, Aurore Bergé a remplacé Jean-Christophe Combescomme ministre des Solidarités. Entre-temps, il y a eu l’explosion de colère après la mort de Nahel à Nanterre. Entre-temps, l’inflation a continué de peser sur les budgets et les associations d’aide alimentaire, comme les Restos du cœur, s’alarment d’une fréquentation accrue de leurs points de distribution.
…/…
3. ARTICLE
Plan pauvreté : 20 milliards d’euros alloués, annonce Aurore Bergé
Ouest-France Publié le 19/09/2023
20 milliards d’euros : c’est le montant de l’enveloppe allouée sur cinq ans au plan pauvreté, a annoncé la ministre des Solidarités Aurore Bergé ce mardi 19 septembre, sur France 2. La Première ministre Élisabeth Borne avait dévoilé hier les grands axes de ce « Pacte de solidarités ».
Objectif affiché par la ministre : soutenir « les publics fragiles, surtout les enfants ». 50 millions d’euros spécifiques seront dédiés à « l’école, aux manuels scolaires, à la cantine à 1 € et aux petits-déjeuners gratuits », a déroulé Aurore Bergé. Le plan de pauvreté entend notamment lutter contre le mal-logement des enfants et le « temporaire qui dure » des hébergements d’urgence, au nombre de 203 000 en France.
Lire aussi : ENQUÊTE. Les Français sont-ils de plus en plus pauvres ? Notre dossier pour tirer le vrai du faux
Tripler le nombre de médiateurs sociaux
Le mal logement s’accompagne souvent d’une déscolarisation, puisque sur « 80 000 enfants mal logés, 40 000 sont déscolarisés. » Pour les « repérer », Aurore Bergé a annoncé l’objectif de tripler le nombre de médiateurs sociaux (12 000 en France selon le Commissariat général à l’égalité des territoires).
Le plan pauvreté veut également garantir « à chaque famille une solution de garde pour son enfant ». Le service public petite enfance, c’est « 6 milliards d’euros sur le quinquennat », a-t-elle déclaré.
En lien avec ce sujet, la ministre a également affirmé que la gestion des crèches était l’une des priorités du gouvernement, après la polémique survenue au début du mois et la publication de deux livres rapportant des pratiques de maltraitantes dans des structures privées. Un projet de loi doit aboutir d’ici la fin du mois « si les parlementaires en décident », a déclaré Aurore Bergé. « Une discussion aura lieu cette semaine à l’Assemblée nationale ».
4. ARTICLE
Plan de lutte contre la pauvreté : quatre chiffres qui montrent la gravité de la situation en France
Article rédigé par franceinfo. Publié le 18/09/2023
Alors que le gouvernement doit présenter son « pacte des solidarités », franceinfo fait le tour des indicateurs alarmants.
Après plusieurs reports, le nouveau plan du gouvernement dédié à la pauvreté, baptisé « pacte des solidarités », est finalement présenté lundi 18 septembre. Dans un contexte de forte inflation, liée à la guerre en Ukraine depuis février 2022, cette nouvelle stratégie de lutte contre la pauvreté suscite d’importantes attentes. D’autant que plusieurs associations s’alarment ces derniers mois. Si le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, « récuse cette idée qu’il y a un appauvrissement de la société française », plusieurs indicateurs se détériorent. Franceinfo en détaille quatre.
1 Le taux de pauvreté monétaire ne diminue pas
Ce taux correspond au nombre de ménages qui possèdent un niveau de vie inférieur à 60% du niveau de vie médian de la population, soit 1 102 euros par mois pour une personne vivant seule et 2 314 euros pour un couple avec deux enfants âgés de moins de 14 ans. En 2019, 9,2 millions de personnes, soit près de 15% de la population française, étaient dans cette situation, selon les chiffres de l’Insee. Les données de 2020 (dans le contexte de crise sanitaire) « ne convergeaient pas vers une évolution de la pauvreté », explique Anne Jaubertie, cheffe de la division revenus des ménages à l’Insee.
Selon elle, le taux de pauvreté monétaire français, plus faible en moyenne que dans l’Union européenne (16,8%), tourne « autour des 14% » depuis une vingtaine d’années. Cette stabilité traduit une impossibilité à sortir de la pauvreté pour une partie de la population française. Une étude de l’Insee menée sur l’évolution des revenus, pour une même personne, entre 2003 et 2019 montrait ainsi que « parmi les 20% des gens les plus aisés et les 20% les plus modestes, les deux tiers sont restés dans la même catégorie », souligne Anne Jaubertie.
Par ailleurs, le baromètre annuel du Secours populaire, publié début septembre, va dans le sens d’une aggravation de la situation des Français sur le plan monétaire. Selon ce sondage, 60% des personnes interrogées estiment qu’au cours des trois dernières années, leur pouvoir d’achat a diminué. Cette année, 18% déclarent vivre à découvert, soit trois points de plus qu’en 2022.
2 Plus d’un Français sur 10 se prive
Le taux de « privation matérielle et sociale » est une manière alternative de mesurer la pauvreté, avec des indicateurs plus récents. Il a atteint 14% de la population de l’Hexagone début 2022, soit son plus haut niveau depuis la création de cet indicateur en 2013, avait annoncé l’Insee en juillet. Ce taux atteignait 13,4% en 2020 et 12,4% en 2013.
Cette étude atteste que « les privations qui ont le plus augmenté sont en lien avec le contexte conjoncturel », relève Anne Jaubertie. Ainsi, 10,2% des ménages déclarent ne pas pouvoir chauffer suffisamment leur logement, contre 6,1% en 2021 et 5% en 2018. L’Insee y voit en particulier l’impact de la hausse du prix fioul domestique, « combustible de chauffage que les ménages vulnérables utilisent davantage que les autres ».
Début 2022, les ménages étaient également plus nombreux à déclarer être dans l’incapacité financière de remplacer des meubles usagés (26% contre 24% début 2020), ou de manger de la viande, du poisson ou un équivalent végétarien tous les deux jours (9% contre 7% début 2020). De même, la proportion de ménages déclarant ne pas pouvoir se payer une semaine de vacances hors du domicile dans l’année a augmenté (24% contre 22% début 2020), alors qu’elle était à la baisse depuis une dizaine d’années.
Selon l’Insee, le taux de privation dépend beaucoup de la composition des ménages : il atteint 6,8% parmi les couples sans enfants, 15,8% chez les personnes seules, mais grimpe à 31,1% parmi les familles monoparentales. Il dépend aussi du lieu de vie : les habitants des zones rurales, qui ont des dépenses d’énergie plus élevées, sont ceux dont le taux de privation augmente le plus par rapport à 2020.
3 Le nombre de bénéficiaires des Restos du cœur explose
Face à la hausse des prix à la consommation, les Restos du cœur déplorent une hausse des nouveaux inscrits à l’aide alimentaire. En 2023, près de 1,3 million de personnes ont bénéficié des repas distribués par l’association contre 1,1 million en 2022.
Le nombre de repas distribués augmentera jusqu’à la fin de l’année, selon l’association, qui assure 35% de l’aide alimentaire en France. Elle s’attend à distribuer près de 170 millions de repas en 2023, soit une hausse de 30 millions par rapport à 2022. Confronté à des difficultés financières, le président de l’association, Patrice Douret, a annoncé que les Restos du cœur pourraient refuser des bénéficiaires l’hiver prochain et lancé un appel aux dons à destination des entreprises et du gouvernement.
Cette hausse constante de la demande pour l’aide alimentaire ne concerne pas uniquement l’association fondée par Coluche, mais également le Secours populaire, les Banques alimentaires ou la Croix-Rouge. « L’ensemble de ces structures ont constaté entre 7 et 9% d’augmentation supplémentaire de leurs bénéficiaires pour le seul premier trimestre 2023 », souligne Laurence Lepetit, déléguée générale de France Générosités, auprès de l’AFP.
4 Plus de 4 millions de personnes sont mal-logées
Dans un contexte de hausse des prix de l’immobilier et de pénurie de logements, le mal-logement progresse en France. C’est le constat dressé par la Fondation Abbé-Pierre dans son 28e rapport annuel, publié début février. Elle estime à 4,15 millions le nombre de personnes mal ou non logées en 2022.
Autour de ce chiffre alarmant « se dessine un halo beaucoup plus large aux contours parfois flous » et qui regroupe des ménages qui vivent en situation de surpeuplement ou sont soumis à la précarité énergétique due à la hausse des prix. D’après la fondation, « près de 15 millions de personnes sont touchées, à un titre ou à un autre, par la crise du logement ».
La Fondation Abbé-Pierre s’inquiète du manque de moyens et d’ambition mobilisés par le gouvernement. « Depuis 2017, les différents gouvernements successifs ont montré un désintérêt et un manque de sensibilité sur le sujet en appliquant une politique de rigueur. Il existe l’obsession de réaliser des économies dans ce secteur », explique Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé-Pierre.
5. ARTICLE
Le bilan contrasté du plan de lutte contre la pauvreté d’Emmanuel Macron
LE PELLERIN par Alban de Montigny Publié le 05/09/2023
Il avait tenu à le faire lui-même. Le 13 septembre 2018, au musée de l’Homme, à Paris, Emmanuel Macron dévoile sa stratégie pour lutter contre la pauvreté. Le plan, doté de 8,5 milliards d’euros, apparaissait ambitieux. Le chef de l’État assure alors avoir été transformé par sa rencontre avec des personnes en situation de précarité. Pourtant, deux jours plus tard, échangeant avec un jeune homme sans emploi, il a cette petite phrase qui lui collera à la peau : « Je traverse la rue et je vous trouve un travail. » La séquence a illustré les deux visages du président de la République. D’un côté, l’assistance pour accompagner les plus fragiles. De l’autre, la conviction que l’on peut s’extraire de sa condition par la volonté. « En raison de son parcours personnel sans faute, Emmanuel Macron ne parvient pas à se projeter à la place des personnes en difficulté », considère Noam Leandri, président du collectif Alerte, qui rassemble 34 associations et fédérations de lutte contre l’exclusion.
Cinq ans après, et alors qu’un « pacte des solidarités » doit être présenté par le gouvernement le 18 septembre, une question s’impose : que reste-t-il de l’ambition présidentielle de 2018 ? Un bilan contrasté se dessine. La stratégie du « quoi qu’il en coûte » adoptée durant la pandémie a porté ses fruits : la pauvreté a stagné et n’a pas explosé en France (1) . Une crise chassant l’autre, l’inflation a ensuite durement touché les Français les plus fragiles. Une fois encore, l’exécutif a sorti le chéquier en déployant un puissant bouclier tarifaire sur le coût de l’énergie pour protéger l’ensemble de la population. « Cet effort massif de l’État depuis 2020 fut une parenthèse heureuse », estime Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, qui déplore toutefois l’absence d’une réponse structurelle, une hausse des minima sociaux, par exemple.
Une opinion crispée
Mais pour les différents acteurs de la lutte contre la pauvreté, les efforts présidentiels s’arrêtent là. « On a l’impression qu’au nom de la crise des classes moyennes, le gouvernement relègue au second plan les actions contre la pauvreté », résume Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité. Chantier d’ampleur annoncé en 2018, le revenu universel d’activité qui devait fusionner les minima sociaux n’a finalement pas vu le jour, et le chef de l’État s’est toujours opposé à une réelle revalorisation du revenu de solidarité active (RSA). Emmanuel Macron se sait aussi contraint par l’opinion. En 2022, 65 % des Français jugeaient qu’il y a trop « d’assistanat » en France et que « notre modèle social a trop d’effets pervers et n’encourage pas à faire des efforts (2) ».
La majorité marche sur une ligne de crête. « Dans nos territoires, nous entendons des Français qui estiment qu’il y a un écart trop faible entre ce que gagnent des personnes qui travaillent et ce que perçoivent des bénéficiaires du RSA. Pour autant, avec France Travail et la rénovation du service public de l’emploi, nous n’oublions pas ceux qui en sont le plus éloignés. Cela permettra de renforcer leur accompagnement », explique Christine Le Nabour, députée Renaissance d’Ille-et-Vilaine. Mais à élargir, aussi, l’éventail des sanctions. Toujours le « en même temps » cher à Emmanuel Macron.
(1) Observatoire des inégalités.
(2) Sondage Elabe pour Les Échos (7 octobre 2022).
Voir certaines de nos précédentes publications relative à la pauvreté, aux inégalités et au pouvoir d’achat :
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POUVOIR D’ACHAT : CONTRE VERITES ET APPROXIMATIONS. LA …17 nov. 2021 — INÉGALITÉS ET PAUVRETÉ: POISON MORTEL POUR NOTRE DÉMOCRATIE ET NOTRE PROSPÉRITÉ INDIVIDUELLE ET COLLECTIVE
NI DÉTÉRIORATION DU POUVOIR D’ACHAT, NI HAUSSE DES INÉGALITÉS DE REVENU DEPUIS 30 ANS ? VRAIMENT ? MAIS QUID DES INÉGALITÉS RÉELLES ? MAJ DU 5 8 31 https://metahodos.fr/2021/08/04/les-inegalites-saccroissent-elles-vraiment/
JACQUES LÉVY, « LA PAUVRETÉ EST MAXIMALE DANS LES CENTRES DES GRANDES VILLES ». https://metahodos.fr/2021/03/24/selon-le-geographe-jacques-levy-la-pauvrete-est-maximale-dans-les-centres-des-grandes-villes/
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2021/08/10POINT DE VUE. « LA PEUR L’A EMPORTÉ SUR LA RAISON, ET LA …10 août 2021 — “L’Unicef parle déjà de 20 puis 50 puis 137 millions de personnes qui ont retrouvé le seuil de l’extrême pauvreté, constate Denis Jacquet.
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INÉGALITÉS ET PAUVRETÉ: POISON MORTEL POUR NOTRE DÉMOCRATIE ET NOTRE PROSPÉRITÉ INDIVIDUELLE ET COLLECTIVE https://metahodos.fr/2020/12/25/le-creusement-des-inegalites-de-revenus-ce-poison-mortel-pour-notre-democratie/
BLANCHE GARDIN ET AGNÈS B.: « L’ABBÉ PIERRE NOUS MANQUE, ON AVAIT BESOIN DE SES GUEULANTES » https://metahodos.fr/2020/12/18/blanche-gardin-et-agnes-b-labbe-pierre-nous-manque-on-avait-besoin-de-ses-gueulantes/
L’ ÉTAT STATISTIQUE DES INÉGALITÉS EN FRANCE https://metahodos.fr/2020/06/05/l-etat-statistique-des-inegalites-en-france/
négalités et pauvreté: Poison mortel pour notre Démocratie et …25 déc. 2020 — Inégalités et pauvreté: Poison mortel pour notre Démocratie et notre Prospérité individuelle et collective.
metahodos.frhttps://metahodos.fr › 2022/12/13« LA PAUVRETÉ EST MULTIDIMENSIONNELLE ». 13 déc. 2022 — Spécialiste de l’économie du développement et de la pauvreté, Esther Duflo veut changer la perception de la pauvreté. … metahodos.fr. Rejoignez …
metahodos.frhttps://metahodos.fr › 2022/07/25RAPPORT SUR LA PAUVRETÉ : DES INSUFFISANCES POUR LES 10 … 25 juil. 2022 — Si la politique du «quoi qu’il en coûte» mise en place pendant la crise sanitaire a permis de stabiliser le taux de pauvreté … metahodos.fr.
metahodos.fr › 2022/10/11INÉGALITÉS ET PAUVRETÉ : ÉTATS UNIS ET FRANCE11 oct. 2022 — ÉTATS UNIS : Hausse des inégalités et baisse de la pauvreté qui reste haute Les inégalités continuent d’augmenter aux Etats-Unis et sont à …
metahodos.frhttps://metahodos.fr › 2021/03/24JACQUES LÉVY, « LA PAUVRETÉ EST MAXIMALE DANS LES CENTRES … 24 mars 2021 — Le rééquilibrage des territoires et la réduction de inégalités et de la pauvreté figurent dans les priorités de Metahodos- Les Entretiens de la …
metahodos.frhttps://metahodos.fr › 2021/09/071 FRANÇAIS SUR 5 TOUCHÉ PAR LA PAUVRETÉ. 7 sept. 2021 — En 2019, en France métropolitaine, une personne sur cinq était en situation de pauvreté monétaire ou de privation matérielle et sociale, selon …
metahodos.frhttps://metahodos.fr › 2023/03/06« TRAPPE À PAUVRETÉ » : LE REPORT DE L’ÂGE DE RETRAITE ACCROÎT … 6 mars 2023 — Elle constatait « un risque croissant de trappe à pauvreté pour les seniors de 60 ans et plus » et un surplus de 120 000 personnes âgées de 60 à …
metahodos.frhttps://metahodos.fr › 2022/11/09ÉTAT DE DROIT ET ÉPANOUISSEMENT HUMAIN 9 nov. 2022 — Institutions, pauvreté et valeurs. En 1900, l’Australie et l’Argentine — deux pays avec des structures politiques et légales stables, de taille …
metahodos.frhttps://metahodos.fr › 2023/06/30LA PROMESSE (16) D’UN CHOC DE L’OFFRE VIRE EN AMPLIFICATION DE …30 juin 2023 — LA PROMESSE (16) D’UN CHOC DE L’OFFRE VIRE EN AMPLIFICATION DE LA PAUVRETÉ ET DE LA CRISE DU LOGEMENT … ÉTÉ STUDIEUX AVEC METAHODOS : LIRE « SUR …
metahodos.frhttps://metahodos.fr › 2021/10/20Climat et pauvreté. Philippe Charlez20 oct. 2021 — Atlantico : Vous publiez « L’Utopie de la croissance verte. Les lois de la thermodynamique sociale » aux éditions Jacques-Marie Laffont. Quels …
metahodos.fr › 2023/09/10FISCALITÉ, PRESTATIONS, PRIX… « LE FESTIVAL DES FAUSSES …10 sept. 2023 — … metahodos.fr/2023/08/31/mises-a-jour-31-08-23-criante-escobarderie … pauvreté, voire dans l’extrême pauvreté », note le rapport. ( octobre …
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metahodos.frhttps://metahodos.fr › 2022/02/21OLIVIER FAURE : « UN ENFANT SUR CINQ VIT SOUS LE SEUIL DE … 21 févr. 2022 — Parents seuls, chômage et familles nombreuses. Plusieurs facteurs sont susceptibles d’augmenter la pauvreté des mineurs. Au premier