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ASSASSINAT D’ARRAS : LES « EN MÊME TEMPS » ET LES « SURENCHÈRES » ÉLOIGNENT L’EXÉCUTIF DE L’ACTION

UN NI NI PRÉSIDENTIEL ? NI ANALYSE DES CAUSES, NI ACTION : « PRIORITÉ A L’ÉTAT DE VIGILANCE «

Pour le Président de la République le verbe prime – comme à l’accoutumée – sur la recherche de causes, de responsabilités, de solutions.

Comme le démontre le fait que – 4 mois après – les émeutes n’ont toujours trouvé la réponse promise à plusieurs reprises par les deux têtes de l’exécutif.

L’enjeu consisterait donc à trouver l’équilibre – tout verbal – entre fermeté, capacité d’action et Etat de droit. Le président renonce à se rendre sur place contrairement aux nombreux chefs d’Etat…

Car il faut en priorité contenter :

– l’aile gauche de la macronie en même temps que l’aile droite,

– les défenseurs des palestiniens et ceux qui combattent le terrorisme et l’islamisme

– les pro immigration et ceux qui veulent la stopper et assurer l’unité nationale

Et la solution a ces défis ( ici un peu résumés/caricaturés ) réside dans la non action, ou plutôt l’annonce/promesse d’action…

Macron a appellé «à ne pas céder à la terreur» et «à ne rien laisser nous diviser» et à la « vigilance »… celle de chacun d’entre nous…, ou à été la vigilance de ceux qui gèrent l’Etat ? Ou sera t elle demain ?

« Nous devons vivre dans une société de vigilance. Une vigilance de tous les services de l’Etat, vigilance aussi dans tous les secteurs d’activité », martèle Emmanuel Macron. « Jamais dans un état de droit il ne sera possible d’avoir un système où le risque terroriste est éradiquée totalement », poursuit le chef de l’Etat qui pose l’objectif d’être « le plus en sécurité possible hors de l’état d’urgence ». ( ARTICLE 1 )

Le ministre de l’intérieur – freiné dans l’action – multiplie les postures, déclarations, annonces ..

Depuis l’attentat d’Arras, le 13 octobre, le ministre de l’intérieur multiplie les déclarations polémiques, avec l’objectif de laisser une image de fermeté. Quitte à s’exprimer sans nuances et à s’exposer à des démentis. C’est en ces termes que LE MONDE traite l’événement ( ARTICLE 2 )

LE CHEF DE L’EXÉCUTIF S’EST EMPRESSÉ DE DÉCLARER QU’IL N’Y A EU AUCUN MANQUEMENT DE L’ÉTAT …

L’affaire Mogouchkov ne met elle pas – une nouvelle fois – en lumière les limites de la politique d’immigration.?

Entre les obligations de quitter le territoire français (OQTF), massivement signifiées aux «sans papiers» (134. 000 en 2022) mais exécutées dans seulement 6,9 % des cas (soit 9160), et les expulsions pour motif d’ordre public réalisées au compte-goutte (un millier par an tout au plus), une évidence s’impose :

la France, qui compte entre 600.000 et 900.000 clandestins, ne maîtrise plus grand-chose en matière migratoire. Et cette impuissance fait le jeu de ses pires ennemis, à commencer par l’islamisme radical. ( ARTICLE 3 )

TANDIS QU’EN BELGIQUE LE MINISTRE DÉMISSIONNE

Certes la comparaison entre les deux attenants à des limites. Mais comment fera t on croire que l’exécutif sera plus efficace à l’avenir s’il tire prétexte d’avoir bien agi par le passé pour ne rien changer vraiment ? Sauf dans les postures et les mots.

Le ministre belge de la Justice a en effet présenté sa démission vendredi, quatre jours après l’attentat perpétré à Bruxelles par un Tunisien radicalisé. Vincent Van Quickenborne a reconnu que la Tunisie avait réclamé l’extradition de son ressortissant en 2022, mais que le parquet belge n’avait pas traité la demande – une erreur “monumentale”.( ARTICLE 4 )

ARTICLE 1

« Jamais dans un état de droit il ne sera possible d’avoir un système où le risque terroriste est éradiqué totalement », selon Emmanuel Macron

À l’occasion d’un point presse, Emmanuel Macron a réagi à l’attaque ayant fait deux morts à Bruxelles. Le Président de la République appelle à développer un « état de vigilance » pour lutter contre le terrorisme sans renoncer à l’Etat de droit.

Henri Clavier

Par Henri Clavier Publié le 17/10/2023

En déplacement en Albanie pour évoquer la coopération économique et l’intégration européenne, le président de la République s’est voulu mesuré après l’enchaînement de l’attaque d’Arras le 13 octobre puis de Bruxelles ce 16 octobre.

 « Nous devons vivre dans une société de vigilance »

Emmanuel Macron a voulu se montrer ferme et lucide dans son intervention affirmant que le terrorisme était, depuis une dizaine d’années, une réalité que les États européens doivent combattre sans pouvoir le neutraliser. « Malheureusement, on l’a vu hier encore tous les Etats sont vulnérables il y a en effet un retour du terrorisme islamique. On a une vulnérabilité qui va de pair avec nos démocraties », poursuit le chef de l’Etat. Une vulnérabilité que l’Etat doit impérativement minimiser, c’est en tout cas la vision d’Emmanuel Macron qui se félicite d’avoir « mis en place un appareil juridique et technique qui nous a permis depuis 2016 de sortir de l’état d’urgence ». Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, l’état d’urgence, régime d’exception, est décrété jusqu’au 1er novembre 2017. La loi sécurité intérieure du 31 octobre 2017 a transféré certaines dispositions du régime d’exception vers le droit commun, notamment les perquisitions administratives et les assignations à résidence pouvant être prises par le ministère de l’intérieur.

Pour le Président de la République l’enjeu consiste donc à trouver l’équilibre entre fermeté, capacité d’action et Etat de droit. « Nous devons vivre dans une société de vigilance. Une vigilance de tous les services de l’Etat, vigilance aussi dans tous les secteurs d’activité », martèle Emmanuel Macron. « Jamais dans un état de droit il ne sera possible d’avoir un système où le risque terroriste est éradiquée totalement », poursuit le chef de l’Etat qui pose l’objectif d’être « le plus en sécurité possible hors de l’état d’urgence ».

Pour Emmanuel Macron il n’y a pas « de défaillance de nos services dans l’attaque d’Arras »

Si le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau pointe les failles liées à l’attentat d’Arras, Emmanuel Macron estime qu’il n’y a pas eu « de défaillance de nos services dans l’attaque d’Arras ». Alors que l’assaillant était fiché S et avait été visé par une procédure d’expulsion, l’exécutif rappelle qu’il n’était pas possible d’expulser l’auteur de l’attaque en 2014. « Ce sont des problèmes de coopération des pays de retour, pas de nos services », explique le président de la République insistant sur les possibilités réduites de faire appliquer une expulsion du territoire, dès lors que le pays d’origine n’autorise pas la personne visée par la mesure à entrer sur son territoire. « Nous avons massivement investi sur le suivi des profils les plus dangereux et leur expulsion, nous avons réinvesti dans les services de renseignement, dans notre police, dans la gendarmerie », poursuit le chef de l’Etat.

En plus de la vigilance et de la réactivité, Emmanuel Macron insiste sur l’importance de la coordination européenne dans la lutte contre le terrorisme. « Nous avons pris, immédiatement, en coopération avec nos amis belges des mesures de suivi », explique Emmanuel Macron qui rappelle que « la France a, depuis 2015, un contrôle des frontières que nous n’avons jamais cessé », en conformité avec les exceptions prévues par les accords de Schengen.

ARTICLE 2

Gérald Darmanin, la stratégie de la surenchère

LAISSER UNE IMAGE DE FERMETÉ

Par Antoine Albertini, Claire Gatinois et Julia Pascual

Les obsèques de Dominique Bernard viennent de s’achever. Ce jeudi 19 octobre, dans l’avion qui le ramène à Paris, après avoir assisté au dernier hommage rendu au professeur de lettres du lycée Gambetta d’Arras, assassiné par un Russe radicalisé, Emmanuel Macron soupire : « Le combat qui doit être mené doit se faire au nom du commun et pas au nom de l’identitaire. »

Quelques heures plus tard, flânant un instant sur les bords de Seine, le chef de l’Etat confie à une poignée de journalistes ses craintes de voir le pays se déchirer en important sur notre sol la logique de l’affrontement israélo-palestinien, qui s’intensifie depuis l’attaque terroriste du Hamas sur Israël, le 7 octobre.

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« On a la plus grande communauté juive en Europe, on a énormément de jeunes qui sont originaires du Moyen-Orient, du Maghreb ou d’Afrique. On a beaucoup de jeunes aussi qui sont de confession musulmane, souligne-t-il. Si on gère mal cette situation, ça peut être un élément de division. » Un avertissement à son impétueux ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin ?

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Voilà plusieurs jours que l’espace médiatique est saturé par la bataille qui se joue à distance entre le locataire de la Place Beauvau et le footballeur star Karim Benzema« Karim Benzema est en lien, on le sait tous, notoire avec les Frères musulmans », lâche M. Darmanin, lundi 16 octobre, sur CNews, pour commenter un message de l’ancien attaquant des Bleus sur les réseaux sociaux, offrant ses « prières pour les habitants de Gaza, victimes une fois de plus de ces bombardements injustes qui n’épargnent ni femmes ni enfants ».

Un message « extrêmement sélectif », coupable d’ignorer, aux yeux de l’ex-membre du parti Les Républicains (LR), les victimes israéliennes du Hamas. Soit « le même discours que les Frères musulmans », dit-il. Un supposé « lien » que le Ballon d’or a vigoureusement démenti par la voix de son avocat, annonçant sa volonté de porter plainte contre M. Darmanin. « Dans quel cadre s’exprime le ministre ?, interroge Cécile Mamelin, vice-présidente de l’Union syndicale des magistrats. S’il y a eu infraction et qu’une enquête est ouverte, il ne doit pas s’exprimer. S’il n’y a rien, il est dans le registre de la rumeur. Dans tous les cas, ces propos démagogiques et dangereux contribuent à une élévation du degré de psychose. »

« Dans la bataille »

Le lendemain, à l’occasion du dîner annuel républicain du Conseil des communautés juives du Val-de-Marne, le ministre de l’intérieur prend la parole : « La haine du juif et la haine du flic se rejoignent. Pas par conviction, mais par calcul électoral », lance-t-il. L’assistance applaudit, la gauche se hérisse. La charge, confie-t-on Place Beauvau, vise La France insoumise (LFI) et son leader, Jean-Luc Mélenchon, qui, après avoir affirmé que « la police tue »a refusé de qualifier le Hamas d’organisation terroriste. Le même jour, M. Darmanin saisit le procureur de la République pour « apologie du terrorisme » à l’encontre de la députée LFI de Paris Danièle Obono, qui a désigné le Hamas comme un « mouvement de résistance ».

Lire aussi :  Article réservé à nos abonnés  Danièle Obono qualifie le Hamas de « mouvement de résistance », Gérald Darmanin saisit la justice pour « apologie du terrorisme »Ajouter à vos sélections

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Après l’attentat d’Arras, le chef de l’Etat a appelé ses ministres à se montrer « impitoyables » envers ceux qui défient la République. Le locataire de la Place Beauvau s’y emploie, passant d’un plateau de télévision à une émission de radio pour marteler que sa « main ne tremble pas ».

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Le 12 octobre, il adresse un télégramme aux préfets leur ordonnant d’interdire les « manifestations propalestiniennes, parce qu’elles sont susceptibles de générer des troubles à l’ordre public ». Le 14 octobre, il prend un arrêté d’expulsion contre la militante palestinienne Mariam Abudaqa, membre du Front populaire de libération de la Palestine, en tournée en France. L’arrêté évoque, pêle-mêle, « l’attaque du Hamas sur Israël », « l’attaque terroriste au sein du lycée Gambetta-Carnot d’Arras » et « la prégnance de la menace terroriste en France ».

Quelques jours plus tard, le couperet de la justice administrative tombe : le 18 octobre, le Conseil d’Etat estime qu’une interdiction systématique des manifestations n’est pas possible. Le surlendemain, nouveau désaveu : l’arrêté d’expulsion de Mariam Abudaqa est suspendu, considéré comme ayant « porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression et à la liberté d’aller et venir ».

« Gérald Darmanin tend la corde. Mais le rôle de ministre de l’intérieur, comme Darmanin, Sarkozy ou moi-même le comprenons, c’est de montrer qu’on agit et de préparer l’opinion », salue Manuel Valls, ancien ministre de l’intérieur de François Hollande. « Le chef de l’Etat est là pour appeler à l’unité de la nation, le ministre de l’intérieur, lui, est dans la bataille », poursuit celui qui a occupé Matignon au moment des attentats de 2015.

« L’Europe ne le veut pas, nous le faisons quand même »

Alors que se multiplient canulars, alertes à la bombe et évacuations préventives, chaque incident est l’occasion d’une prise de parole du ministre chargé de la sécurité des Français. Le 18 octobre, message de Gérald Darmanin, sur X (ex-Twitter) : « A Cannes, les courageux policiers de la BAC [brigade anticriminalité] viennent d’interpeller un homme très dangereux, porteur d’un couteau, qui avait voulu s’en prendre à un individu », écrit-il. La formulation est assez vague pour laisser planer le doute sur une attaque terroriste. Une « extrapolation », rectifie aussitôt le maire de Cannes, David Lisnard (LR), dénonçant « un emballement médiatique et politique assez grotesque ».

Où s’arrête la bataille ? Le soir de l’attaque d’Arras, l’ex-élu du Nord va jusqu’à braver la Cour européenne des droits de l’homme, promettant, au « 20 heures » de TF1, d’expulser les étrangers considérés comme dangereux par les renseignements, même si, pour le cas des Tchétchènes, ils risquent la torture en Russie. « L’Europe ne le veut pas, nous le faisons quand même, on est condamnés, mais la protection des Français l’emporte sur ces règles-là », enfonce-t-il, choquant tant à Strasbourg qu’au sein de son propre camp.

Lire aussi :  Article réservé à nos abonnés  Immigration, sécurité : « Darmanin sait qu’il a l’opinion publique derrière lui »Ajouter à vos sélections

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L’assaillant du lycée Gambetta, Mohammed Mogouchkov, était inscrit au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste depuis le 10 février 2021, après le signalement d’une professeure du même lycée. Mais le jeune homme, originaire d’Ingouchie, n’avait pas été expulsé, compte tenu des protections accordées par la loi française aux personnes entrées sur le sol avant leur treizième année, justifie Gérald Darmanin.

Un verrou que le ministre compte faire sauter avec le projet de loi « immigration », qu’il tente de faire avancer depuis l’automne 2022. L’ex-LR promet que son texte permettra aussi de retirer un titre de séjour à tout étranger qui « adhère à une idéologie djihadiste » et qui, plus généralement, ne respecte pas les « principes républicains ». Dans la foulée, il affiche son soutien à presque tous les amendements apportés par la droite sénatoriale en commission des lois : voter des quotas d’immigration ; durcir les conditions du regroupement familial ; s’attaquer à l’aide médicale d’Etat (AME), un panier de soins pour les sans-papiers…

Stratégie d’occupation de l’espace public

Et peu importe que le porte-parole du gouvernement et ex-ministre de la santé, Olivier Véran, ait fait état, le 10 octobre, d’un « vrai désaccord » avec Gérald Darmanin sur le sujet de l’AME. « Elisabeth Borne a chargé Gérald de faire adopter le texte. S’ils veulent changer le ministre de l’intérieur ou s’ils veulent envoyer quelqu’un d’autre au banc pour dire l’inverse, ils le font », évacue-t-on Place Beauvau.

« Je comprends l’émotion, la peur. Mais je vois aussi l’emballement. Sur le projet de loi sur l’immigration, qui votera ? Le gouvernement ou les députés ? », se cabre le président de la commission des lois, Sacha Houlié, porte-voix de l’aile gauche de la Macronie.

Lire aussi :  Article réservé à nos abonnés  Loi « immigration » : Gérald Darmanin durcit sa copie quelques jours après l’attentat d’ArrasAjouter à vos sélections

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Gérald Darmanin clive. Mais « assume », répète-t-on au ministère de l’intérieur. Le ministre a, de longue date, théorisé une stratégie d’occupation de l’espace public, conscient que chacune de ses déclarations éclipse aussitôt les précédentes pour ne laisser subsister dans l’opinion qu’une image de fermeté. Il faut « sortir chaque mois, chaque semaine, chaque jour l’idée pour laquelle on sera pour ou contre », écrivait-il dans Chroniques de l’ancien monde (L’Observatoire, 2017). Quitte à s’aventurer sur des terrains sur lesquels il ne semble avoir aucune maîtrise, comme le 19 octobre, lorsqu’il affiche sa volonté que des messageries privées, comme WhatsApp ou Telegram, offrent un accès aux conversations aux forces de l’ordre, quand c’est nécessaire. Alors même qu’aucun pays occidental, y compris les Etats-Unis, où sont basées la plupart de ces plates-formes, n’y est parvenu.

Cette frénésie médiatique doit sculpter le personnage d’un premier flic de France intraitable, compensant la faiblesse supposée d’Emmanuel Macron dans le secteur régalien. L’opinion suit, jusqu’ici. L’onde de choc d’Arras, présage-t-on Place Beauvau, va continuer de la tirer vers la droite.

ARTICLE 3

L’attentat à Arras, miroir grossissant des failles migratoires

Par Jean-Marc Leclerc 19/10/2023 LE FIGARO

Le meurtrier de Dominique Bernard était inexpulsable. Gérald Darmanin soutient un futur texte sur l’immigration dont il assure qu’il va tout changer.

L’affaire Mogouchkov aura une nouvelle fois mis en lumière les limites de la fermeté affichée en matière d’immigration. Entre les obligations de quitter le territoire français (OQTF), massivement signifiées aux «sans papiers» (134. 000 en 2022) mais exécutées dans seulement 6,9 % des cas (soit 9160), et les expulsions pour motif d’ordre public réalisées au compte-goutte (un millier par an tout au plus), les Français ont parfaitement assimilé une évidence: la France, qui compte entre 600.000 et 900.000 clandestins, ne maîtrise plus grand-chose en matière migratoire. Et cette impuissance fait le jeu de ses pires ennemis, à commencer par l’islamisme radical.

Une question a toute de suite mobilisé les esprits après l’attaque d’Arras, le 13 octobre dernier: l’assaillant aux couteaux aurait-il pu être expulsé avant que ne survienne le drame? Réponse consternante: non, car cet Ingouche est arrivé dans le «pays des droits de l’homme» avant l’âge de 13 ans. Le préfet du Pas-de-Calais avait bien questionné…

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ARTICLE 4

Attentat en Belgique : démission du ministre de la justice après une erreur “monumentale” du parquet

Le ministre belge de la Justice a présenté sa démission vendredi, quatre jours après l’attentat perpétré à Bruxelles par un Tunisien radicalisé. Vincent Van Quickenborne a reconnu que la Tunisie avait réclamé l’extradition de son ressortissant en 2022, mais que le parquet belge n’avait pas traité la demande – une erreur “monumentale”.

Publié aujourd’hui 21 octobre COURRIER INTERNATIONAL

Le ministre a déclaré lors d’une conférence de presse avoir découvert vendredi 20 octobre qu’une demande d’extradition d’Abdesalem Lassoued, auteur de l’attentat revendiqué par l’État islamique, avait été présentée à la Belgique le 15 août 2022 par les autorités tunisiennes, mais n’avait jamais été traitée par le parquet. “Une défaillance judiciaire qui a permis à [Lassoued] de rester dans le pays”résume Bloomberg.

Le lundi 16 octobre, cet homme de 45 ans, ex-demandeur d’asile et résidant illégalement en Belgique, a ouvert le feu en pleine rue avec un fusil automatique, tuant deux supporters suédois venus assister à un match de football opposant la Suède à la Belgique, avant de prendre la fuite.

Traqué par la police, il a été interpellé le lendemain matin dans un café de Schaerbeek, sa commune de résidence. Grièvement blessé par balle, il est mort peu après à l’hôpital.

“Vérité assassine”

La défaillance du parquet est “une erreur individuelle, monumentale, une erreur inacceptable, aux conséquences dramatiques”, a estimé le ministre, disant assumer “la responsabilité” de la faute en démissionnant.

La RTBF souligne qu’en 2022, “un total de 31 demandes d’extradition internationale ont été transmises au parquet de Bruxelles. Trente d’entre elles ont été traitées, mais une n’a pas été traitée et il s’agissait du dossier du terroriste tunisien”.

LIRE AUSSI : Belgique. Après l’attentat de Bruxelles, le débat se concentre sur la question des sans-papiers 

La radio télévision publique belge rapporte en outre que “plusieurs fois, des informations [sur Lassoued] ont circulé, mais jamais il ne sera inscrit dans la banque de données de l’Ocam (Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace) reprenant les personnes radicalisées, faute d’éléments suffisants”.

Avec les révélations de vendredi “la vérité reprend ses droits et elle est terrible – oserait-on dire assassine ? – pour notre pays”se désole Le Soir dans son éditorial, parlant de “culpabilité belge”. Car “si deux hommes ont été tués sur un trottoir de Bruxelles par Abdesalem Lassoued, c’est au bout du compte la faute de la Belgique”.

Pour le quotidien bruxellois, “la démission d’un ministre de la Justice, aussi respectable et impérative soit-elle, risque bien de ne pas suffire à laver la très grande faute belge”.

“Commotion politique”

Au-delà du scandale, El País s’interrogequant à lui sur les conséquences politiques de la démission du ministre de la justice. “On ne sait pas encore clairement quel effet le départ de Van Quickenborne pourrait avoir sur la fragile coalition gouvernementale dirigée par le libéral Alexander de Croo”, écrit le quotidien. Ce départ “intervient moins d’un an avant les élections belges, qui se tiendront en même temps que les élections européennes, en juin 2024”, précise le titre madrilène.

Dans un autre article, Le Soir juge que le départ du ministre constitue de fait une “commotion politique majeure” et qu’une question “s’est posée très vite dans la foulée : le gouvernement fédéral tiendra-t-il le coup ? ”. Selon le quotidien, la coalition au pouvoir “s’accroche, les partenaires veulent y croire”. Mais “l’onde de choc est rude”.

1 réponse »

  1. Il n’est plus à discuter des postures de cet exécutif mais à le remplacer. Il n’y a non plus rien à juger, il ne reste qu’à nettoyer…Bien amicalementJean-Marc

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