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SCIENCES PO : UNE DIRECTION QUI DEVRAIT – À TERME – SORTIR DE L’ENTRE SOI ? MISE À JOUR 11 12 23

Alors qu’une enquête pour violences conjugales vise le directeur Mathias Vicherat, des étudiants ont décidé d’occuper l’école pour réclamer des sanctions.

C’est pour l’image de l’école. » Depuis mercredi soir 6 décembre, des étudiants de Sciences Po Paris occupent le bâtiment historique de cet établissement d’enseignement supérieur pour demander la démission ou une suspension de son directeur Mathias Vicherat, visé par une enquête au sujet de violences conjugales.

« Une occupation a été votée hier à main levée lors d’une assemblée générale qui a réuni entre 250 et 300 étudiants, à l’appel des syndicats de gauche de Sciences Po, Solidaires et l’Union étudiante », a affirmé à l’AFP Inês Fontenelle, de l’Union étudiante. De son côté, la direction assure que seuls « une quarantaine » sont présents dans l’enceinte, sur un total de 2.000 étudiants à Paris et 15.000 tous campus confondus.

L’occupation « a été levée jeudi après des négociations avec l’administration. On a obtenu d’avoir un amphi à disposition », a déclaré à l’AFP Louise Letourneur, du syndicat Solidaires, en annonçant une « prochaine assemblée générale lundi prochain à 19h00 ». L’administration de Sciences Po a confirmé une levée du blocus.

Une étudiante de cinquième année, qui souhaite rester anonyme, a déclaré à l’AFP vouloir « au moins sa suspension, au mieux une démission » :

M. Vicherat « a été élu à la suite du scandale Duhamel-Mion, presque exclusivement sur un programme de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, il n’a plus aucune légitimité pour porter ce programme-là ».

MISE À JOUR 11 12 23

« À Sciences Po, des étudiants se réjouissent de la mise en retrait de Mathias Vicherat »

TITRE LE FIGARO Emma Ferrand. 11/12/2023 QUI POURSUIT :

Ce lundi, le directeur de l’institut d’études politiques a annoncé sa mise en retrait provisoire de ses fonctions.

Les syndicats étudiants de Sciences Po Paris ont obtenu ce qu’ils demandaient. Ce lundi 11 décembre matin, le directeur de l’institut d’études politiques, Mathias Vicherat, a annoncé sa mise en retrait provisoire. De quoi ravir les syndicats étudiants, notamment de gauche, qui demandaient son retrait voire sa démission de la direction de l’institution.

La semaine dernière, Mathias Vicherat était placé en garde à vue avec sa compagne Anissa Bonnefont, pour violences conjugales réciproques. Si le parquet de Paris confirme qu’aucune plainte n’a été déposée, une enquête est en cours. C’est le directeur de l’IEP lui-même qui a informé les étudiants de cette mise en retrait. «Il n’est pas aisé d’exprimer en quelques mots les faits sur une situation difficile, qui est devenue en quelques jours un sujet d’émotion bien légitime au sein des différentes communautés de Sciences Po. Une institution ne se résume pas à la seule personne qui est à sa tête, mais la fonction de direction expose plus que toute autre et, surtout, impose, plus qu’aucune autre, un devoir d’exemplarité», introduit-il dans un mail adressé aux étudiants, enseignants et salariés.

Avant d’ajouter : «J’ai proposé à la Présidente de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), Laurence Bertrand Dorléac, de me mettre provisoirement en retrait de mes fonctions selon des modalités, un calendrier et une durée qu’il lui revient de définir et qu’elle présentera dans les différentes instances cette semaine.» Dans son courrier, Mathias Vicheratrappelle également : «Je veux souligner qu’à l’issue de nos gardes à vue, aucune plainte n’a été déposée, nulle mesure de contrôle judiciaire ou d’éloignement n’a été prise.»

Une annonce «insuffisante»

L’organisation Nova se dit «satisfaite de cette décision». «Nous pensons que c’est la meilleure solution, le temps d’éclaircir les faits. Nous sommes très attachés à la présomption d’innocence, c’est pourquoi nous ne demandions pas la démission du directeur. Mais nous sommes vigilants sur les faits reprochés. Le campus a besoin de retrouver une sérénité, et il est question de protéger l’image de l’école», indique au Figaro Yanis Tabyaoui, élu étudiant Nova. Pour le syndicat Union étudiante, si cette annonce est «une bonne nouvelle tardive», elle reste «insuffisante». «Le temps de la justice et celui de la politique sont bien différents. Nous appelons toujours à la démission de Mathias Vicherat. Les accusations portées contre lui sont graves et incompatibles avec son poste», déclare Inês Fontanelle, représentante de l’Union étudiante.

Du côté du syndicat de droite UNI, les réactions sont plus mitigées. «Il y en a qui considèrent que c’est une bonne solution. D’autres non, car ils pensent que la justice n’est que populaire. Nous nous interrogeons sur l’instabilité de Sciences Po. Un départ définitif de Mathias Vicherat va-t-il être annoncé ? On ne sait même pas à l’heure actuelle qui est le directeur de Sciences Po…», partage Quentin Coton, responsable de l’UNI à Sciences Po.

Ce mardi matin, le conseil de l’institut se réunira, en présence des syndicats étudiants, pour définir les conditions de cette mise en retrait. Par la suite, mercredi matin, un conseil d’administration de la FNSP sera organisé.

1. ARTICLE

Violences conjugales : Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po Paris, est sorti de garde à vue

Publié le 04/12/2023 LE POINT

Le parquet confirme que les gardes à vue de Mathias Vicherat et de sa compagne, qui s’accusent mutuellement de violences conjugales, ont été levées ce lundi.

Le directeur de Sciences Po Paris, Mathias Vicherat, a été placé en garde à vue dans un commissariat parisien pour des faits de violences conjugales, a appris lundi l’AFP de source proche du dossier, ce qu’a confirmé le parquet de Paris.

La garde à vue s’est déroulée au commissariat du 7e arrondissement de la capitale, ce qu’a confirmé à l’AFP le parquet de Paris. Le parquet a également confirmé que Mathias Vicherat et sa compagne, placés en garde à vue dimanche soir, chacun accusant l’autre de violences conjugales, ont été laissés libres lundi 4 décembre, en fin d’après-midi.

Le ministère public, relayé par l’Agence France-Presse lundi soir, a précisé que « l’unité médico-judiciaire n’a relevé d’incapacité totale de travail sur aucun des deux », et qu’aucun des deux gardés à vue « n’a souhaité déposer plainte à ce stade ». Toutefois, l’affaire pourrait connaître un tournant judiciaire à l’avenir, car « l’enquête se poursuit en préliminaire », a ajouté le parquet auprès de l’AFP. « Sciences Po a appris par voie de presse les informations concernant son directeur Mathias Vicherat. S’agissant d’une affaire strictement privée, Sciences Po n’a à ce stade aucune précision ou commentaire à apporter », a commenté l’institution dans un message à l’AFP.

Déboires en série à Sciences Po

Souvent présentée comme la fabrique des élites françaises, Sciences Po Paris cumule déboires et scandales autour de ses dirigeants depuis une dizaine d’années sans que son prestige académique n’en soit pour l’heure entaché. Mathias Vicherat avait succédé en novembre 2021 à la tête de Sciences Po Paris à Frédéric Mion, contraint de démissionner en février de cette année-là pour avoir dissimulé les soupçons d’inceste visant le politologue Olivier Duhamel .

Olivier Duhamel était alors le président de la fondation nationale des Sciences politiques (FNSP) qui exerce la tutelle sur Sciences Po Paris également surnommée « l’école de la rue Saint-Guillaume », où elle a son siège historique à Paris. Dans le sillage du scandale Duhamel, un mouvement de dénonciations de violences sexuelles dans les instituts d’études politiques (IEP) avait émergé, d’abord sur les réseaux sociaux.

Frédéric Mion avait lui-même été désigné à la tête de Sciences Po Paris après le décès accidentel dans une chambre d’hôtel à New York de Richard Descoings , emblématique patron de Sciences Po de 1996 à 2012 qui a profondément modernisé et développé l’institution fondée en 1872.

Le bilan de l’ère Descoings avait cependant été assombri par un rapport au vitriol de la Cour des comptes sur la gestion financière de l’établissement, ce qui avait suscité une première crise de gouvernance.

À lire aussi : Sciences Po Lille : « Certains étudiants ont un vrai souci avec la pluralité »

Un camarade d’Emmanuel Macron à l’ENA

Ancien élève de Sciences Po, dont il est sorti en 2000, Mathias Vicherat est un ancien camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA. Il est décrit comme un touche-à-tout ambitieux doté d’un solide réseau.

Il a été en poste à la Direction générale de la police nationale (DGPN) avant d’exercer les fonctions de directeur de cabinet du maire de Paris Bertrand Delanoë puis d’Anne Hidalgo, de directeur général adjoint de la SNCF puis de secrétaire général de Danone . Peu après son arrivée à la tête de Science Po, il avait décrété « priorité absolue » les violences sexistes et sexuelles.

Né en 1978 aux Lilas (banlieue est de Paris), il est le fils d’un employé de la Fnac et d’une éducatrice spécialisée. Ce quadragénaire à l’allure soigné suscite des commentaires variés de ses anciens collègues et collaborateurs : « intelligent », « brillant », « travailleur », mais aussi « arrogant » ou « petit marquis ». Il a été en couple avec la journaliste Marie Drucker, avec qui il a un fils en 2015. Il a publié en 2001 un livre sur le rap, Pour une analyse textuelle du rap français.

« On ne peut pas fermer les yeux sur ce sujet »

« On attend bien sûr d’avoir des éléments supplémentaires, mais on ne peut pas fermer les yeux sur ce sujet », a réagi auprès de l’AFP Inês Fontenelle, vice-présidente étudiante au conseil de l’Institut (Union étudiante) et membre du conseil d’administration de la FNSP . Dans un communiqué son syndicat juge que « la confiance entre la direction et la communauté étudiante est rompue ».

« Mathias Vicherat doit donc faire preuve d’exemplarité et démissionner immédiatement. En attendant, la direction de l’établissement doit le suspendre de ses fonctions », a-t-il mis en avant.

Sciences Po Paris scolarise quelque 15 000 étudiants, dont la moitié d’étudiants internationaux et 25 % de boursiers.

2. ARTICLE

Violences conjugales : Sciences Po sans conscience

Par Michel Richard Publié le 09/12/2023 LE POINT

Nouvelle affaire au sommet de la prestigieuse école et même dérobade de ses dirigeants. Comment s’obstiner à ne pas assumer son comportement : drôle de leçon !

On venait d’avoir un sénateur droguant la coupe de champagned’une collègue parlementaire pour mieux la soumettre. Nous avons le directeur de Sciences Po Paris accusé de violences conjugales, lui-même s’en disant victime. À qui se fier, n’est-ce pas, quand les notables font des leurs ?

On n’est pas naïf au point d’avoir cru quiconque, quels que soient son rang et sa fonction, à l’abri des tentations les plus primaires ou des pulsions les plus brutales. L’homme, tout public qu’il soit, peut n’être pas bien sous tous rapports. Soit. Mais qu’au moins l’éminence …

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