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250 MIGRANTS SANS ABRIS DÉLOGÉS SANS ÊTRE RELOGÉS ? LA FRANCE ACCUEILLE SANS ACCUEILLIR

ARTICLE – « Pas de réinstallations possibles » : les 250 personnes installées le long de la ligne 2 du métro évacuées pour une « mise à l’abri »

Tom Rousset 08/10/2026 FRANCE INFO

Ce jeudi matin, le maire PS de Paris Emmanuel Grégoire annonce cette opération de « mise à l’abri » en lien avec la préfecture de région d’Île-de-France à la préfecture de police de Paris.

« Près de 250 personnes auront ainsi eu une proposition d’hébergement », note le maire PS de Paris Emmanuel Grégoire. Sur le réseau social X, il annonce ce jeudi matin qu’une opération de « mise à l’abri » a lieu pour des personnes installées le long de la ligne 2 du métro parisien. La Ville de Paris a annoncé avoir « mis à l’abri » environ 140 personnes à la rue, en majorité des migrants évacuées.

Il s’agit pour la plupart d’hommes seuls en « parcours d’asile » (demandeurs d’asile ou reconnus réfugiés), originaires notamment d’Érythrée, de Somalie et d’Afghanistan.

Quelque 139 personnes ont accepté les places d’hébergement proposées par la Ville et l’État. La préfecture d’Ile-de-France, chargée de l’hébergement d’urgence, a proposé des places dans des « Sas » d’accueil temporaire en régions et des centres en Ile-de-France.

Cette opération menée quai de Jemmapes au niveau du métro Jaurès a été conduite en « lien étroit » avec la préfecture de police de Paris ainsi que la préfecture de région d’Île-de-France. « Les quartiers qui jouxtent la ligne 2 sont depuis trop longtemps sacrifiés entre Barbès et Colonel Fabien« , note l’édile. Sur son compte X, le CAD (Collectif d’accès au Droit) a publié des images de l’opération (voir vidéo ci-dessous), en précisant « qu’il n’y aura pas de réinstallations possibles ». Selon le collectif, les personnes devraient être relogées en priorité « vers les SAS régionaux ». Il s’agit de centres d’hébergement temporaire créés en avril 2023 pour désengorger les structures d’hébergement d’Île-de-France en mettant à l’abri des personnes migrantes à la rue dans d’autres régions en France.

« Seule la mairie a proposé des places pérennes. Sur les « Sas » de la préfecture, il n’y aucune garantie après trois semaines« , a réagi auprès de l’AFP Yann Manzi, co-fondateur de l’association d’aide aux migrants Utopia 56. 

« C’est un simulacre de mise à l’abri de la part de l’Etat« , a-t-il estimé, dénonçant une opération de « nettoyage social » de ce campement qui se reforme régulièrement sous la station de métro Jaurès.

Selon Emmanuel Grégoire, cette opération marque le « début de la mise à l’abri progressive des personnes installées » le long de cette ligne. Emmanuel Grégoire affirme faire « de la lutte contre le sans-abrisme » une des « priorités absolues » de son mandat.

Selon les chiffres de la dernière nuit de la Solidarité recensés en février dernier, 3 857 personnes sont sans solution d’hébergement dans les rues de la capitale. Un chiffre en hausse de 10% sur un an selon le recensement de la Ville de Paris réalisé avec l’appui de l’Atelier Parisien d’Urbanisme, l’APUR.

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