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ARTICLE 3 – Pour Lagarde (BCE), la solution aux problèmes d’endettement de la France se trouve au niveau national
REUTERS •14/10/2026
La France devrait résoudre ses propres difficultés sur le marché obligataire par le biais de la politique budgétaire, a déclaré mercredi la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, minimisant ainsi les spéculations concernant une intervention de la BCE.
Les obligations d’Etat françaises ont été parmi les plus touchées par la vague de ventes mondiale, les investisseurs craignant que les manoeuvres politiques à l’approche de l’élection présidentielle de l’année prochaine n’entravent les efforts du gouvernement pour réduire le déficit.
A la question de savoir si la BCE s’apprêtait à venir en aide à la France, Christine Lagarde a répondu qu’il appartenait à Paris de rassurer les investisseurs.
« Certaines circonstances particulières font que certains pays sont plus touchés que d’autres, la France en est un exemple typique », a-t-elle déclaré lors d’un événement organisé par CNN.
« Et dans ce cas précis, la solution principale et prioritaire se trouve en France même. Et elle passe par les politiques budgétaires. »
LA BCE À L’AFFÛT DE « SIGNES AVANT-COUREURS » SUR L’INFLATION
Interrogée sur la politique monétaire, Christine Lagarde a déclaré que le niveau élevé actuel de l’inflation dans la zone euro était dû « principalement, mais pas exclusivement » à la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Iran.
Bien qu’il n’y ait pour l’instant aucun signe d’ »effets de second tour » sur les autres prix, la BCE resterait à l’affût de « signes avant-coureurs », tels que les revendications des syndicats lors des négociations salariales.
« Nous ne pouvons pas attendre qu’ils soient clairement visibles, mais nous pouvons les anticiper », a-t-elle déclaré lors d’un événement organisé en marge des réunions annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Bangkok, en Thaïlande. « Nous suivons donc très attentivement ces signaux. »
La BCE a relevé ses taux à deux reprises au cours des quatre derniers mois et devrait le faire à nouveau en décembre.
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ARTICLE 2 – « La situation s’aggrave de jour en jour » : les inquiétudes de l’ancien président de la BCE sur la France
Pour Jean-Claude Trichet qui a présidé la Banque centrale européenne (BCE) entre 2003 et 2011, la France peut encore éviter un scénario catastrophe. Mais le temps est compté : il est urgent de s’adresser au redressement des comptes publics.
Ouest-France Patrice Moyon. 13/10/2026
« La France est à la croisée des chemins. Et la situation s’aggrave de jour en jour », estime Jean-Claude Trichet. L’ancien président de la Banque centrale européenne (de 2003 à 2011) intervenait dans le cadre d’un débat organisé par le Cercle des économistes. « On peut parler d’un retournement de la situation. Et l’incertitude politique aggrave les difficultés françaises. »
Lors de son intervention, Jean-Claude Trichet est revenu sur la crise des dettes souveraines qui avait frappé cinq pays de la zone euro (Grèce, Irlande, Portugal, Chypre, Italie, Espagne) entre 2010 et 2012. « La situation était gravissime », rappelle-t-il. Et la Banque centrale européenne ne disposait pas alors d’outils pour intervenir. Il a fallu les créer en mettant en place le « Securities Markets Programme ». « On a pu ainsi bloquer la spéculation. » À l’époque rappelle-t-il également, en proportion du PIB, l’encours de la dette française et celui de la dette allemande se situaient dans les mêmes eaux.
Il faut « une prise de conscience du Parlement »
Les pays concernés ont aussi dû prendre des mesures de redressement. La France est désormais confrontée au même risque. Le temps est compté car plusieurs indicateurs placent notre pays dans une position délicate. En termes de PIB, le niveau de dépenses publiques est aujourd’hui le plus élevé en Europe. S’y ajoute le plus important niveau de déficit au sein de la zone euro. Enfin, la France est le pays le plus lent à prévoir de revenir à un déficit de moins de 3 % en 2029.
La réponse passe selon Jean-Claude Trichet « par une prise de conscience du Parlement ». On en est loin quand on observe les débats actuels à l’Assemblée nationale pour boucler le budget 2027. « L’absence de majorité, rarissime dans notre pays, est tragique. » Certes, la France n’a jamais fait défaut sur sa dette depuis 229 ans. La menace est pourtant bien réelle. Comment expliquer une telle dérive ? Pour l’ancien président de la BCE, la France est trop souvent dans « le déni » ou « laxiste » notamment quand il s’agit des retraites.
Lire aussi : La France est-elle vraiment menacée par une crise financière ?
Le risque d’un « choc de marché imposé de l’extérieur »
Ne pas s’attaquer à la question de la dette, c’est « fragiliser les plus défavorisés de nos concitoyens ». Mais aussi mettre à mal l’autorité et la crédibilité de la France dans les domaines économique, financier et politico-stratégique, explique-t-il par ailleurs dans un entretien accordé à la revue Mermoz.
Exprimant ses inquiétudes « sur un choc de marché imposé de l’extérieur ». Il se refuse cependant à imaginer le scénario catastrophe « qui serait le dépôt de bilan de la France et la sortie de l’euro ». Inconcevable pour l’ancien président de la BCE. « En Grèce, le peuple lui-même a refusé très énergiquement une telle hypothèse lorsqu’elle a été envisagée par son propre gouvernement. »
ARTICLE – Dette publique : à la recherche de la crédibilité perdue
Les marchés n’ont pas réagi positivement au budget présenté comme rigoureux par le gouvernement Lecornu. Seules deux solutions peuvent permettre à la France de retrouver sa crédibilité, estime Emmanuel Combe.
L’Opinion. Emmanuel Combe (professeur à l’Université de Paris 1) le 6 oct.
En 1980, la dette publique française représentait à peine plus de 20 % du PIB. Elle atteint aujourd’hui 119 % du PIB. En quarante-six ans, elle n’a connu que de brefs reculs, contrairement à d’autres pays européens, engagés dans une trajectoire d’ajustement budgétaire.
Les marchés financiers en tirent aujourd’hui la conséquence logique : les promesses de redressement des comptes publics ne sont plus perçues en France comme crédibles, quelle que soit l’équipe gouvernementale en place.
Rappelons tout d’abord ce qu’est fondamentalement la crédibilité : c’est dire ce que l’on va faire et faire ce que l’on a dit. Les prix Nobel Finn E. Kydland et Edward C. Prescott ont expliqué ce qui se passe lorsque l’une politique économique n’est pas perçue comme crédible …
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