
Ursula von der Leyen critique les coupes massives réclamées par l’Allemagne et les autres pays frugaux dans le budget européen (elle veut une enveloppe totate de 2.000 milliards, en hausse de 60%)
Ursula von der Leyen a vivement critiqué les demandes de certains pays, dont l’Allemagne, de réduire le budget européen. Ce dernier est de 2.000 milliards d’euros sur la période 2028-2034, en hausse d’environ 60% par rapport au budget actuel.
Ursula von der Leyen a critiqué mardi les « coupes massives » dans le prochain budget européen réclamées par l’Allemagne et plusieurs autres pays membres, par rapport au projet présenté l’an dernier par la Commission européenne.
« Je suis également consciente de la situation budgétaire difficile dans les États membres, mais je tiens à mettre en garde contre des coupes massives. Cela risquerait de porter gravement atteinte à des priorités essentielles sur lesquelles nous nous sommes tous accordés », a souligné la dirigeante de l’exécutif européen, lors d’un débat avec les eurodéputés à Strasbourg.
« Je suis convaincu que les priorités que nous proposons dans le cadre financier pluriannuel sont les bonnes », a-t-elle ajouté.
Hausse de 60% du budget
Bruxelles a proposé l’an dernier une enveloppe totale de 2.000 milliards d’euros pour le budget de l’Union européenne sur la période 2028-2034, en hausse d’environ 60% par rapport au budget actuel. Cela vise notamment à financer les nouvelles priorités de l’UE dans la compétitivité, l’innovation et la défense.
Mais l’Allemagne, avec cinq autres pays dits « frugaux » (l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bays et la Suède), appelle à réduire le budget européen de « plusieurs centaines de milliards d’euros ». Dans une tribune commune, les cinq pays ont demandé à ce que le budget soit inférieur de « plusieurs centaines de milliards d’euros » au montant proposé par la Commission européenne, qu’ils jugent « pas réaliste ».
« Il [le budget] est trop axé sur des subventions et des transferts alloués en grande partie à l’avance, laissant trop peu de place à ce dont l’Europe a un besoin urgent : des investissements communs dans la sécurité et la défense, la compétitivité, l’innovation et la lutte contre l’immigration clandestine », estiment-ils.
À l’inverse, 17 pays du Sud et de l’Est de l’Europe se sont regroupés dans un bloc surnommé « les amis de la cohésion », pour défendre au contraire un budget plus généreux, au bénéfice des agriculteurs et des aides à la cohésion sociale et territoriale.
Pour aider à financer ses nouvelles priorités, la Commission européenne a proposé d’augmenter les ressources propres de l’UE, en ayant recours par exemple à la fiscalité environnementale ou aux taxes sur le tabac. Les discussions sur le budget et les propositions de nouvelles sources de recettes seront au menu du sommet des chefs d’État et de gouvernement européens les 15 et 16 octobre à Bruxelles.