
ARTICLE – L’abattement des retraités profite à la moitié la plus aisée, affirme Amélie de Montchalin
Alors que les députés ont commencé à se pencher sur l’adoption d’un budget pour l’année 2027 et que l’exécutif souhaite supprimer l’abattement fiscal des retraités, Amélie de Montchalin a estimé auprès de La Tribune Dimanche que cette mesure profitait bien à la partie la plus aisée.
Emilien Decelle, Journaliste CAPITAL
Amélie de Montchalin, première présidente de la Cour des comptes, a accordé une interview à La Tribune Dimanche. Pendant ce temps, le budget 2027 est au cœur des débats parlementaires. Et le Conseil des prélèvements obligatoires, rattaché à cette même Cour des comptes, vient de publier une note sur plusieurs mesures fiscales prévues dans le Projet de loi de finances (PLF).
L’ancienne ministre de l’Action et des Comptes publics est notamment revenue sur le vote des députés, qui ont refusé la suppression de l’abattement fiscal des retraités suggérée par le gouvernement Lecornu. «Le Conseil des prélèvements obligatoires a démontré que cet abattement bénéficie principalement à la moitié la plus aisée des retraités», a -t-elle commenté. «Il est donc factuellement inexact de prétendre qu’une telle réforme concernerait la totalité des retraités français». Mais ce n’est donc pas avec cette mesure que l’exécutif va renflouer les caisses publiques.
Les intérêts de la de «nous étouffent», alerte Amélie de Montchalin (Cour des comptes)
«Si nous ne maîtrisons pas la trajectoire de la dette, nous courrons le risque d’un étouffement financier»
Mais Amélie de Montchalin alerte sur leur état : «Dès juillet dernier, donc hors période de débat budgétaire, la Cour avait de nouveau alerté sur la situation des finances publiques. Et dès le mois de mai sur la Sécurité sociale. Or la France paie aujourd’hui une prime de risque plus importante sur les marchés parce que ses difficultés à adopter un budget créent une incertitude supplémentaire».
Tout comme l’évolution de la dette. L’ex-ministre chiffre qu’une hausse de 100 points de base (+1%) des taux d’intérêt «représente un surcoût annuel de 40 milliards d’euros à un horizon de sept ans. Si nous ne maîtrisons pas la trajectoire de la dette, nous courrons le risque d’un étouffement financier : la charge de la dette atteindra déjà 90 milliards d’euros l’année prochaine. Ramener le déficit public sous la barre des 5% constitue une étape indispensable».